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31/08/2018

Les régions vont-elles faire dérailler la SNCF ?

http://www.lagazettedescommunes.com/578090/les-regions-vo...

Publié le 30/08/2018 | Mis à jour le 22/08/2018
Par Stéphanie Stoll • Club : Club Techni.Cités

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Avec la loi pour un nouveau pacte ferroviaire, les régions pourront exploiter directement des lignes de transport express régional (TER) ou les attribuer à un opérateur privé. Plusieurs d’entre elles ont annoncé leur intention de s’emparer de cette possibilité. Quelques territoires disposent de lignes gérées en régie ou par un opérateur externe. Ces expériences passent par des solutions sur mesure en partenariat avec l’opérateur historique et ses filiales, et celles d’organismes publics.

 

La loi pour un nouveau pacte ferroviaire permet aux régions, à partir du 3 décembre 2019, de fournir des services publics de transport ferroviaire de personnes d’intérêt régional ou, après mise en concurrence, d’attribuer des contrats de service public relatifs à ces services (code des transports, art. L.2121-7). Toutefois, plusieurs collectivités régionales profitent déjà de tels services, en régie (Corse, Provence-Alpes-Côte d’Azur) ou en délégation à un autre opérateur que la SNCF (Bretagne, Centre – Val de Loire). Les 90 kilomètres de ligne entre Carhaix (Finistère) et Paimpol (Côtes-d’Armor) sont exploités par la CFTA, filiale de Transdev qui assure aussi la maintenance légère du matériel et des voies, les travaux lourds restant dans le giron des ateliers de la SNCF. Cette petite ligne est utilisée par 135 000 voyageurs (58 % d’abonnés scolaires, 38 % en correspondance avec le TGV et, selon les années, 26 000 à 31 000 voyages à bord du train à vapeur touristique).

En 2016, le Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (Cerema) a comparé cette ligne à deux autres petites lignes, celle à voie métrique du Blanc-Argent, sous-traitée à Keolis (filiale de la SNCF), dans le Loir-et-Cher, et une gérée par la SNCF dans la Creuse. Il a noté qu’elles « peuvent être attractives pour autant que leur clientèle soit bien ciblée », notamment quand elles combinent scolaires garantissant un trafic stable et touristes formant une clientèle rentable.

Le centre considère aussi qu’une « exploitation adaptée, avec un matériel roulant léger et une main-d’œuvre polyvalente sont une réelle source de productivité » et que « davantage que la concurrence, c’est la proximité et la connaissance du terrain qui permettent d’offrir un service adapté et performant, facilité par des structures légères (moins de 100 salariés) ». En Bretagne comme dans le Loir-et-Cher, les voyageurs ont aussi la possibilité de demander au contrôleur un arrêt aux haltes ferroviaires. « Cette technique n’est pas utilisée sur les TER gérés par la SNCF dont la politique consiste à réduire le nombre d’arrêts par ligne », observe le Cerema, selon lequel cela « permet une desserte fine du territoire en conservant une certaine souplesse et des coûts réduits ».

29/07/2018

La SNCF stoppée sur sa lancée par des pertes dues à la grève

https://www.ouest-france.fr/economie/la-sncf-stoppee-sur-...

Publié le 27/07/2018  16h09

La SNCF a annoncé vendredi avoir subi une lourde perte nette, de 762 millions d'euros, au premier semestre en raison de la grève contre la réforme ferroviaire au printemps, qui a stoppé le groupe dans son élan alors qu'il avait enregistré une forte croissance en début d'année.

Le chiffre d'affaires semestriel est en baisse de 3,3%, à 16,1 milliards d'euros, a indiqué le groupe ferroviaire dans un communiqué.

L'impact négatif de la grève révélé la semaine dernière est estimé par le groupe à 790 millions d'euros. Il a pu être "en partie compensé par les gains de productivité", évalués par la SNCF à 330 millions d'euros.

"Sans la grève, on aurait été à l'équilibre", a commenté un responsable du groupe auprès de l'AFP. Au premier semestre 2017, la SNCF avait affiché un bénéfice net de 119 millions d'euros.

La réforme ferroviaire adoptée au Parlement a également eu un impact comptable sur les résultats des différentes branches du groupe SNCF, ce qui l'a conduit à revoir l'ensemble des perspectives financières sur la période 2018-2028.

SNCF Mobilités, qui regroupe les activités de transport de voyageurs et de logistique du groupe, affiche ainsi un bénéfice net de 3,2 milliards d'euros.

Il a été gonflé par "un recalage technique de la valorisation des rames TGV", qui bénéficie de "l'augmentation limitée des péages TGV" décidée dans le cadre de la réforme ferroviaire. Hors effets comptables, SNCF Mobilités affiche une perte nette récurrente de 90 millions sur le semestre.

La grève explique pour une grande partie la baisse de 3,2% des ventes de l'activité voyageurs (15,2 mds d'euros).

A l'inverse de SNCF Mobilités, le gestionnaire d'infrastructures SNCF Réseau plonge dans le rouge, avec une perte nette semestrielle de 3,7 mds d'euros, contre un déficit de 97 millions d'euros un an plus tôt. C'est la conséquence de la dépréciation des actifs de SNCF Réseau à hauteur de 3,4 mds d'euros au 30 juin en raison de la limitation de la hausse des péages TGV, principales recettes de SNCF Réseau, explique le groupe.

La dette de SNCF Réseau continue par ailleurs de se creuser et atteint 49 milliards d'euros.

Le Premier ministre, Édouard Philippe, s'est engagé en mai sur la dette de la SNCF, annonçant la reprise de 35 milliards d'euros (25 en 2020, 10 en 2022) pour que le groupe arrive "à l'équilibre", "avant la fin du quinquennat".

- "Sans la grève, on aurait été à l'équilibre" -

"L'année (avait) commencé de manière très dynamique", a rappelé le responsable de la SNCF.

Le trafic des trains à grande vitesse a affiché une "forte croissance" au premier trimestre, dont une hausse de 9,6% pour les seuls TGV (dont Ouigo).

Le groupe a également présenté une forte croissance à l'international sur les six premiers mois de l'année (+5,7%), portée par Keolis, le spécialiste du transport public, ainsi que "par une bonne dynamique des activités non ferroviaires", a indiqué la SNCF.

SNCF Mobilités aurait affiché, sans la grève, "une activité en croissance de 5%" par rapport à 2017, selon le groupe, et l'activité aurait été stable pour SNCF Réseau.

SNCF enregistre également un montant d'investissements sur le semestre "plus limité que prévu", à 3,95 milliards d'euros, dépassant toutefois de 85 millions ceux de la même période de 2017.

Le groupe ferroviaire a annoncé la poursuite des travaux de modernisation et de rénovation du réseau ferroviaire, en particulier les réseaux des transports du quotidien, comprenant notamment le projet "Eole" pour le prolongement du RER E vers l'Ouest parisien.

Pour la deuxième moitié de l'année, le groupe espère renouer avec le rythme de croissance du premier trimestre.

En parallèle, la SNCF se prépare à l'ouverture à la concurrence du transport des voyageurs, entre décembre 2019 et 2039 selon les lignes, prévue par la réforme ferroviaire adoptée le 14 juin, qui prévoit aussi la fin du statut de cheminot pour les nouvelles recrues à partir du 1er janvier 2020.

16/06/2017

La SNCF se prépare à la concurrence dans les TER

https://www.lesechos.fr/industrie-services/tourisme-trans...

Lionel Steinmann Le 15/06 à 06:00

Le groupe va utiliser les compétences de sa filiale Keolis, dédiée au transport public, pour répondre aux futurs appels d’offres.

La fin du monopole de la SNCF sur les lignes ferroviaires intérieures se précise, mais le groupe public assure que cette perspective représente plus pour elle une opportunité qu'un risque. Les échéances se rapprochent : les premiers TGV opérés par un opérateur privé ou un concurrent étranger, comme Trenitalia, pourront circuler à partir de fin 2020. C'est dans cette perspective que la SNCF, souvent critiquée pour les prix de ses billets grande vitesse, a décidé de quintupler son offre de low cost Ouigo.

L'« envie de concurrence »

Mais la compagnie publique semble surtout vulnérable sur le marché des trains régionaux (TER), des lignes conventionnées qui pourront être ouvertes à la concurrence par appel d'offres, à partir de 2024, voire dès 2020 pour les régions prêtes à jouer les pionnières. Et plusieurs d'entre elles le réclament, lasses d'une ponctualité parfois défaillante et surtout de l'inflation de la facture présentée par la SNCF, ces dernières années.

Le patron du groupe, Guillaume Pepy, a reconnu « l'envie de concurrence des régions », lors d'un séminaire de presse organisé en début de semaine. Mais il assure que cette concurrence « peut et doit être un succès ». Franck Lacroix, directeur général TER, confirme : « Nous avons décidé de jouer l'attaque plus que la défense. Nous avons la chance que le marché de la mobilité collective soit en croissance, le TER peut retrouver un second souffle grâce à l'ouverture à la concurrence. »

Pour résister, la SNCF va devoir être plus à l'écoute. « Nous devons rénover une logique de co-construction qui s'était un peu essoufflée par le passé », concède Franck Lacroix. Surtout, la compagnie publique va devoir baisser ses coûts. Sa compétitivité pâtit de règles d'organisation moins souples que dans le privé, et d'importants frais de structure. Franck Lacroix promet de réduire ces derniers « de 20 %, c'est la cible minimum ».

Le dirigeant ne cache pas non plus que le différentiel de coûts également peut être réduit en remplaçant là où c'est économiquement pertinent des trains par des cars. Par ailleurs, Keolis, la filiale du groupe dédiée au transport urbain (rompue à l'univers concurrentiel), sera mise à contribution. « Nous piocherons chez TER et chez Keolis le meilleur des deux mondes », a expliqué Guillaume Pepy, tout en refusant de préciser les modalités de cette collaboration, qui devrait être à géométrie variable selon les cas.

Les syndicats inquiets

Autant de sujets qui risquent fort de crisper les syndicats. Ceux-ci s'échauffent déjà sur les modalités de reprise du personnel par le futur opérateur privé en cas d'appel d'offres perdu par la SNCF. Les cheminots perdront-ils des avantages au passage ? Et si oui, lesquels ?

La SNCF et ses futurs concurrents ont réussi à dégager une position commune sur ce sujet au sein de la fédération patronale du secteur, l'UTP, mais Guillaume Pepy s'est refusé à la dévoiler : « Elle sera connue quand le gouvernement précisera son calendrier », et notamment quand il comptera faire voter par le Parlement le cadre juridique indispensable à l'ouverture du marché. Le Premier ministre devrait sans doute sortir du bois sur ce point dans sa future déclaration de politique générale.

@lionelSteinmann
 
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