Ce n'est ni plus ni moins qu'une "petite arnaque". L'Arafer, l'Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières, a rappelé que la SNCF trichait sur ses indicateurs de ponctualité, comme le relaie le quotidien Le Figaro. En effet, comme nous l'avions déjà détaillé en mars, un train est considéré en retard par la SNCF lorsqu'il arrive plus de cinq minutes après l'heure prévue. Mais l'astuce de l'entreprise consiste à considérer un train à l'heure, même s'il arrive avec cinq minutes et 59 secondes de retard. Cet ajustement lui permet donc d'estimer que des trains arrivent à l'heure, alors qu'ils ne le sont pas. Or, près de 245 trains par jour arrivent avec un retard compris dans cette "zone grise" établie par l'entreprise.

Une combine qui fausse donc les statistiques sur la fiabilité et la ponctualité de ses trains (TER, Intercités, TGV), régulièrement publiées sur le site de la SNCF. En 2017, sur les 11.697 trains qui circulent chaque jour, 11% sont arrivés avec un retard supérieur à cinq minutes et 59 secondes. Si l'on ramène la barre du retard à 5 minutes, le taux ne s'élève plus à 11 mais à 13%.

Même constat si l'on s'intéresse uniquement aux TER. Avec cinq minutes pile de retard, le taux est de 12%. Avec cinq minutes et 59 secondes, il baisse à 10%. L'Arafer demande donc à la SNCF de réajuster son taux de retard à cinq minutes pile. Le gendarme du rail aimerait également une harmonisation des seuils à l'échelle européenne.