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22/02/2018

SNCF. Les maires réclament qu'on évalue les petites lignes au nom du « service public »

https://www.ouest-france.fr/economie/transports/sncf/sncf...

Ouest-France avec AFP

Publié le 21/02/2018 à 12h52

Le rapport Spinetta sur le devenir de la SNCF préconise d’auditer et fermer les petites lignes non rentables. Une proposition qui provoque la colère de l’Association des maires de France, qui a publié un communiqué mercredi 21 février, demandant une évaluation de ces lignes « sur des objectifs de service public et d’aménagement du territoire ».

Le rapport Spinetta sur l’avenir de la SNCF continue à faire réagir. C’est au tour de l’Association des maires de France (AMF) de demander que l’avenir des « petites lignes » ferroviaires, dont le maintien est remis en cause par le rapport, soit évalué « sur des objectifs de service public et d’aménagement du territoire ».

Le rapport « dresse un véritable réquisitoire contre les petites lignes ferroviaires de desserte régionale, sur une base exclusivement comptable et financière », écrit l’AMF dans un communiqué diffusé mercredi 21 février.

« Or ces lignes pour lesquelles l’État et les régions ont engagé à juste titre des investissements importants ces dernières années, au travers des contrats de plan, assurent aujourd’hui un service public régulier et quotidien dans l’intérêt des habitants et des territoires concernés », poursuit-elle.

Des lignes au rôle essentiel au quotidien

L’AMF demande donc que l’avenir de ces lignes ne puisse être scellé sans un état des lieux préalable « avec les élus concernés » qui prenne en compte « les contraintes de mobilité subies ou susceptibles d’être subies par les usagers ».

« Enfin, ces lignes jouent au quotidien un rôle essentiel pour les habitants, pour l’activité économique des zones rurales, et contribuent à irriguer l’ensemble des zones d’emplois des régions concernées », écrit l’association.

Le rapport veut supprimer les lignes peu rentables

Elle demande en conséquence « que les décisions soient aussi fondées sur des objectifs de service public et d’aménagement du territoire et pas seulement sur des considérations économiques ».

Le rapport Spinetta sur l’avenir du rail préconise notamment de ne plus consacrer de crédits « aux lignes dont l’intérêt socio-économique n’est pas démontré », ce qui suscite l’inquiétude des collectivités territoriales Matignon a indiqué pour sa part mi-février que s’agissant de l’avenir du réseau, « aucune décision ne sera engagée sans discussion étroite avec les régions et les territoires ».

SNCF : les régions refusent de payer seules pour les petites lignes

http://www.lejsl.com/actualite/2018/02/21/sncf-les-region...

Elles refusent de payer 100% pour la rénovation des petites lignes ferroviaires que le rapport Spinetta sur la SNCF menace. Les régions réclament ainsi une révision des contrats de plan Etat-région.

Le 21/02/2018 à 21:22

AFP

Les régions refusent d'être les seules à payer pour le maintien des petites lignes ferroviaires que le rapport Spinetta sur la SNCF remet en cause.

Le président de Régions de France Hervé Morin, a d'ailleurs souligné que certaines des lignes menacées sont "importantes" et qu’il serait "un scandale de les fermer". 

"Il n'est pas question (...) que les régions paient 100% de la rénovation de ces lignes", a confirmé le président centriste de la région Normandie, reçu ce mercredi à Matignon. 

Révision des contrats de financement

Afin d’assurer leurs financements du transport ferroviaire, les régions demandent à l’Etat de "réviser dès aujourd’hui" les contrats de plan Etat-région (CPER) en cours, qui fixent les engagements communs de l'Etat et des régions sur des projets locaux importants d’aménagement du territoire.

Les régions pourraient alors "considérer qu’une partie de l’argent public peut être réaffectée sur d’autres projets" ou "régler la question de la rénovation" des petites lignes ferroviaires.

Ouverture à la concurrence "dès 2021"

Favorables à une ouverture rapide à la concurrence, elles estiment que les nouveaux concurrents de la SNCF peuvent faire baisser les coûts et ainsi limiter les subventions publiques. 

 "On est demandeurs à ce que ça aille vite", a confié le président de Régions de France qui espère des appels d’offres "dès 2019".

21/02/2018

L'avenir des petites lignes SNCF sera décidé localement

https://www.boursier.com/actualites/reuters/l-avenir-des-...

publié le 20/02/2018 à 18h47

L'avenir des petites lignes SNCF sera décidé localement

Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - Edouard Philippe et Elisabeth Borne se sont engagés mardi à ce qu'aucune petite ligne de la SNCF ne soit fermée sans concertation avec les régions, au second jour d'une semaine de discussions pour préparer une réforme potentiellement explosive.

Le Premier ministre, qui juge que la survie de la SNCF est en jeu, dévoilera lundi le calendrier et la méthode retenus.

Examiner la pertinence des milliers de kilomètres de lignes peu utilisées figure parmi les 43 recommandations du rapport Spinetta remis jeudi au gouvernement, qui prône aussi notamment d'arrêter les embauches sous le statut de cheminot.

"L'avenir de ces petites lignes, ça n'est pas le gouvernement qui peut le déterminer", a dit Edouard Philippe lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale.

"L'avenir de ces petites lignes dépendra d'une discussion avec les régions (...), avec l'entreprise."

Le Premier ministre recevra mercredi le président de l'association Régions de France, Hervé Morin, et jeudi celui de l'Assemblée des départements de France, Dominique Bussereau.

"Les petites lignes sont des lignes essentielles pour beaucoup de Français", a souligné la ministre des Transports, Elisabeth Borne, lors des questions au gouvernement.

"C'est avec les régions, c'est dans les territoires et non pas à Paris que l'avenir de ces petites lignes se décidera en concertation avec les collectivités", a-t-elle ajouté.

PEPY NE CROIT PAS À UNE GRANDE GRÈVE

Edouard Philippe est allé dans le sens de la recommandation du rapport Spinetta, en estimant qu'il fallait "vérifier ligne par ligne quelle est la bonne façon d'assurer la mobilité".

"Je ne doute pas que, y compris sur les petites lignes, il faudra conserver du transport ferroviaire et, peut-être sur d'autres, les régions, dans le cadre de leur politique d'aménagement, choisiront-elles (...) d'avoir recours à d'autres formes de mobilités."

Le président de la Fédération nationale des associations d'usagers des transports, Bruno Gazeau, avait plus tôt défendu devant Edouard Philippe et Elisabeth Borne la nécessité de maintenir nombre de ces petites lignes.

Après les rencontres lundi entre les syndicats de cheminots et la ministre, le président du directoire de la SNCF, Guillaume Pepy, a dit mardi ne pas croire à une grande grève qui paralyserait la France.

"Les syndicats de cheminots, les cheminots ont intérêt à ce qu'il y ait un avenir pérenne pour la SNCF", a-t-il dit sur franceinfo. "Je suis persuadé que l'écoute et la concertation, la négociation vont permettre d'éviter une grande grève."

Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, n'a pas brandi la menace de grandes grèves et a demandé à être reçu par Edouard Philippe.

"Oui, il y aura des trains au printemps, des trains qui rouleront", a-t-il dit sur Europe 1.

Quant à l'appel à une manifestation nationale lancé par la CGT, premier syndicat de la SNCF, pour le 22 mars, il a souligné qu'il s'agissait du simple report de la journée de mobilisation annulée au dernier moment début février à cause des crues.

Les autres syndicats se sont donné rendez-vous jeudi soir pour faire le point sur les réactions possibles.

LE "PARADOXE" DES PETITES LIGNES

Selon le rapport Spinetta, le trafic moyen sur le réseau ferroviaire français est de 46 trains par ligne par jour contre 140 aux Pays-Bas, 96 en Grande-Bretagne et 85 en Allemagne.

Cette moyenne masque de fortes disparités, avec 160 trains par ligne par jour en Ile-de-France et 13 sur les lignes de desserte fine.

De plus, 90% des voyageurs-km (unité de mesure du trafic qui équivaut au transport d'un voyageur sur un kilomètre) se concentrent sur un tiers du réseau, alors que près de 45% du réseau ne supportent que 2% des voyageurs-km.

"Il y a donc un paradoxe", écrivent ses auteurs. "Le gestionnaire d’infrastructures ne dispose pas des moyens nécessaires pour développer la performance du réseau qui supporte 90% des trafics et il doit s’endetter lourdement", tandis que "l'Etat et les régions consacrent plus de 2 milliards par an à des lignes qui ne supportent que 2% des trafics".

Selon le rapport, le système ferroviaire a représenté en 2016 un coût brut de 10,5 milliards d'euros, plus 3,2 milliards de subvention d'équilibre au régime de retraite SNCF.

Le déficit s'élève quant à lui à environ 3 milliards par an.

La dette de SNCF Réseau était de 46 milliards d'euros fin 2017.

(Jean-Baptiste Vey, avec Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse)

 
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