Ce n'est pour le moment qu'une petite phrase, mais celle-ci laisse entrevoir une réforme d'ampleur concernant les horaires des trains. Selon la revue spécialisée Mobilettre, un responsable de SNCF Mobilités vient en effet de réclamer explicitement la fin du "cadencement", cette méthode de circulation ferroviaire visant à faire partir tous les trains à heure fixe et à intervalle régulier (par exemple toutes les heures à 8h02, 9h02, 10h02…).

Ce système, popularisé notamment par la Suisse, a commencé à être déployé en France à partir des années 2000. Il concerne désormais "la majorité des trains" selon Gilles Dansart, qui dirige Mobilettre. Les principaux avantages de ces horaires "cadencés" sont la lisibilité pour l'usager et une meilleure organisation de la production ferroviaire.

Mais cela implique aussi moins de flexibilité. C'est ce que déplorerait Mathias Emmerich, directeur général délégué Sécurité & Performance chez SNCF Mobilités (la branche en charge du transport de voyageurs et de marchandises) dans une lettre envoyée au directeur marketing de SNCF Réseau (qui gère le réseau ferroviaire), que s'est procurée Mobilettre. "Le principe du cadencement en réseau introduit une rigidité qui n’est pas favorable au respect des expressions de besoins non cadencés de certains demandeurs de capacité. C’est la raison pour laquelle nous confirmons notre souhait de suppression de la référence à ce principe", souligne-t-il.

Au-delà d'une modification radicale des grilles horaires, quelles conséquences pourrait avoir une fin du cadencement sur les usagers ? "On peut imaginer que la priorité serait donnée aux lignes drainant le plus de voyageurs, comme le TGV, au détriment de celles attirant moins de monde comme certaines lignes régionales par exemple", analyse Gilles Dansart.

Une perspective qui inquiète les associations d'usagers. "Si une telle réforme était mise en œuvre, nous nous y opposerions. Les horaires fixes sont plus facilement mémorisables par les voyageurs", affirme Bruno Gazeau, président de la Fédération nationale des associations d'usagers des transports (FNAUT).

Reste que pour le moment une telle refonte est très hypothétique. Rien ne dit en effet que les dirigeants de la SNCF en décident ainsi. "Et même si cela était le cas, cette réforme ne verrait pas le jour avant au moins 2 ans car les trames horaires sont fixées très en amont", tempère Gilles Dansart. Affaire à suivre…

Thomas Le Bars