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09/01/2018

SNCF : le casse-tête de la dette freine les investissements

http://www.europe1.fr/economie/sncf-le-casse-tete-de-la-d...

15h25, le 08 janvier 2018, modifié à 15h41, le 08 janvier 2018

SNCF : le casse-tête de la dette freine les investissements
La SNCF est étouffée par une dette colossale.@ ERIC PIERMONT / AFP

La ministre des Transports a reçu les dirigeants de la SNCF pour évoquer les pannes à répétition et la rénovation du réseau vétuste de chemins de fer.

C’est l’heure des explications. Après les multiples pannes techniques survenues dans des grandes gares ces six derniers mois, la SNCF est sommée d’apporter des réponses. Guillaume Pepy, PDG de SNCF Mobilités, et Patrick Jeantet, PDG de SNCF Réseau, étaient convoqués lundi par la ministre des Transports Elisabeth Borne.  Elle leur a demandé de procéder à un audit technique des grandes gares françaises et la question de la rénovation du réseau ferroviaire était sur la table. L’État prendra sa part dans les investissements mais la marge de manœuvre de la SNCF est restreinte par sa dette colossale.

Plus de 60 milliards d’euros de dette en 2025. L’endettement de SNCF Réseau s’élevait à 46 milliards d’euros mi-2016. Une situation intenable - rendue possible par le statut de l’entreprise, entre public et privé - et qui empire, à raison de trois milliards d’euros par an. Résultat, la dette devrait dépasser 60 milliards d’euros en 2025. Et il s’agit là du meilleur des scénarios : l’autorité de régulation du ferroviaire (l’Arafer) l’a jugé "irréaliste" car trop optimiste, en particulier sur le volet des recettes. Récemment, la ministre des Transports Elisabeth Borne a reconnu la responsabilité de l’État dans l’aggravation de la dette de la SNCF, jugeant que le problème avait été "sous-estimé par le passé".

Le tout-TGV a coûté cher. En effet, la dette de la SNCF a été aggravée ces dernières années par la politique d’expansion du réseau TGV, poussée par Nicolas Sarkozy puis François Hollande : des chantiers pharaoniques et coûteux qui ont doublé l’endettement annuel de 1,5 à 3 milliards d’euros. Ainsi va de la ligne Sud Europe Atlantique, qui relie Paris à Bordeaux. Lors de la conception, Guillaume Pepy estimait que 13 dessertes quotidiennes suffisaient pour cette ligne déjà "déficitaire quoi qu’il arrive". L’État en a finalement imposé 33, aggravant un peu plus le déficit de la ligne. Le problème, c’est que le TGV n’est plus rentable, deux tiers des lignes à grande vitesse sont déficitaires. La Cour des comptes a déjà vivement critiqué la gestion du réseau et le nombre élevé de gares TGV (230).

L’État investit 34 milliards. Ces nouveaux chantiers ont pris le pas sur la rénovation des vieilles lignes, parfois les plus fréquentées. Aujourd’hui, la multiplication des pannes techniques et informatiques apparaît comme le symbole d’un réseau usé jusqu’à la corde, faute d’investissements suffisants. Pour limiter les dégâts, la SNCF a lancé  des grands travaux de rénovation, à hauteur de cinq milliards d'euros par an, sur plus de 1.600 chantiers. Mais, à cause de sa dette, elle ne peut assurer seule l’entretien et la modernisation des infrastructures. C’est pourquoi l’État s’est engagé, début 2017, à investir de sa poche 34 milliards d’euros sur 10 ans dans le réseau. Mais il s’agit surtout d’une béquille pour aider la SNCF à redresser la barre, peut-être avant un rachat de la dette…

Toutes les solutions sont sur la table. La possibilité d’une reprise de la dette de la SNCF par l’État est un vieux serpent de mer. Le précédent gouvernement s’y était fermement opposé à cause de ses impératifs budgétaires vis-à-vis de l’Union européenne. Mais la position d’Emmanuel Macron ne serait pas aussi catégorique. "Il faut, d'une part, traiter la dette de la SNCF, en examinant les solutions à l'aune de leur impact progressif sur les finances publiques", avait-il indiqué pendant la campagne présidentielle. "Nous regarderons toutes les solutions", a confirmé Elisabeth Borne au Figaro,en octobre.

Un échange gagnant-gagnant ? Le gouvernement pourrait se servir de la reprise de la dette comme argument de négociation pour une réforme du fonctionnement de la SNCF. "Il faut que la SNCF gagne en performance, ce qui passe par la poursuite des efforts de productivité et par une évolution des règles d'emploi des cheminots", réclamait Emmanuel Macron avant d’être élu. La reprise pourrait aussi être utilisée pour faire passer la réforme des retraites. L’unification des régimes spéciaux, cheminots inclus, est une réforme clé du programme d’Emmanuel Macron. Mais elle sera difficile à faire accepter aux employés de la SNCF. Dans ce cadre, la reprise de la dette serait un argument dans la balance de l’exécutif. D’autant que les syndicats ont déjà alerté sur la nécessité pour la SNCF de tenir ses engagements financiers. Selon nos informations, Guillaume Pepy aurait la confiance du gouvernement pour mener à bien ces réformes.

Le gouvernement et la SNCF ont tout intérêt à s’entendre rapidement car la dette s’autoalimente. C’est le serpent qui se mord la queue : la dette empêche la SNCF de rénover efficacement et rapidement son réseau, d’où les pannes à répétition, ce qui entraîne des retards et donc des pénalités (les malus versés au Stif pour manquement à la ponctualité ont été multipliés par trois entre 2010 et 2014) et des remboursements, qui obligent à lancer des chantiers en urgence, ce qui coûte cher et pèse sur la dette, etc. Un cercle vicieux auquel il faut ajouter les intérêts cumulés sur cette dette colossale.

Par Clément Lesaffre

05/01/2018

Difficultés de la SNCF : la CGT dénonce des moyens "humains, matériels ou financiers" insuffisants

http://www.boursorama.com/actualites/difficultes-de-la-sn...

Boursorama avec AFP le , mis à jour à 13:32

Le syndicat demande à l'État de fixer une feuille de route claire à la direction de la SNCF.

Après la fin d'année noire vécue par la SNCF, l'heure est au bilan. Et pour la CGT, les déboires de la compagnie ferroviaire sont dus à une insuffisance des moyens "humains, matériels ou financiers" au sein du groupe public ferroviaire. Elle entraîne des "difficultés croissantes" pour les cheminots et les voyageurs, a indiqué jeudi 4 janvier le syndicat.

"Enfermée dans sa politique, la direction estime que ce n'est pas une question de moyens mais d'organisation et de processus. (...) Le sujet des moyens, qu'ils soient humains, matériels ou financiers, est pourtant crucial et structurant pour l'entreprise de service public qu'est la SNCF", estiment dans un communiqué les membres de la CGT siégeant aux conseils de surveillance et d'administration de la SNCF.

"L'ÉTAT DOIT JOUER SON RÔLE"

"Si l'on veut retrouver un système ferroviaire sûr, ponctuel et fiable, l'État doit pleinement jouer son rôle", en trouvant une solution au "problème de la dette liée au financement des infrastructures qui pèse lourdement sur la SNCF" et en fixant "une feuille de route ambitieuse et claire à la direction", ajoutent-ils.

Ces administrateurs syndicaux s'expriment alors que le président de la SNCF, Guillaume Pepy, et le PDG de SNCF Réseau, Patrick Jeantet, sont convoqués lundi par la ministre des Transports Élisabeth Borne pour évoquer les incidents survenus en décembre dans des gares parisiennes.

"DÉVELOPPEMENT DE LA SOUS-TRAITANCE"

Cette série d'incidents, qui a perturbé le trafic dans trois gares, est en grande partie due aux nombreux chantiers en cours sur les voies ferrées, après des années de sous-investissement. Une panne géante avait été provoquée, selon la SNCF, par un "bug informatique" le 3 décembre à Montparnasse, avant une panne électrique le 11 dans cette même gare, puis une grande pagaille due à "une affluence de voyageurs bien supérieure à la capacité des trains" le 22 à Bercy, et enfin une autre panne électrique le 26, cette fois à Saint-Lazare.

"Au fil des ans et des politiques menées", "de restructurations en réorganisations", la SNCF "s'est éloignée du niveau de qualité et de ponctualité qui faisait (s)a réputation", accuse la CGT, dénonçant la "contraction de la masse salariale (effectifs et salaires)" et le "développement de la sous-traitance".

"ABSENCE D'INVESTISSEMENT"

De son côté, le syndicat SUD Rail a réclamé dans un communiqué le départ de M. Pepy et estimé que "le gouvernement doit revoir sa politique ferroviaire".

"La cause réelle de ces dysfonctionnements et des conséquences induites sur le trafic réside bien dans la structuration de la SNCF elle-même, mise en place par la loi du 4 août 2014 et par l'absence d'investissement dans le réseau classique au profit du développement irréfléchi de la grande vitesse (logique portée en interne par le président Pepy depuis de longues années)", ajoute SUD Rail.

03/01/2018

Elisabeth Borne: le gouvernement va "accompagner" le développement du rail

https://www.ouest-france.fr/economie/elisabeth-borne-le-g...

Paris (AFP)

Accélérer la rénovation du réseau, désengorger les métropoles et dégager les camions des routes, aider au désendettement de la SNCF : l'Etat va "accompagner" le développement du rail, assure à l'AFP la ministre des Transports Elisabeth Borne.

Mme Borne veut d'abord tirer les leçons des incidents qui ont affecté les gares parisiennes en décembre, en grande partie dus aux nombreux chantiers en cours sur les voies ferrées après des années de sous-investissement.

Après avoir exprimé son mécontentement, la ministre se veut constructive, adoptant un ton conciliant avec les dirigeants de la SNCF, qu'elle a convoqués le 8 janvier pour un débriefing. "L'objectif, c'est vraiment de sortir d'une séquence qui n'a pas été très positive ces derniers temps", euphémise-t-elle.

"Il faut que tous ensemble on tienne un langage de vérité. Oui, le réseau a été sous-entretenu. Oui, le réseau a manqué d'investissements." Or, reconnaît-elle, "c'est aussi l'Etat qui a orienté ce que faisait la SNCF."

"Le gouvernement accompagnera dans la durée les investissements pour remettre le réseau à niveau, mais ça ne va pas se faire en un claquement de doigts et la SNCF doit faire le maximum pour assurer le service le plus robuste possible et apporter la meilleure information aux voyageurs" en cas de problème, indique Elisabeth Borne.

Au-delà de ces travaux, "l'Etat doit réfléchir à une stratégie globale pour le ferroviaire", ce qui va occuper la ministre au premier trimestre.

Pour l'éclairer, elle attend deux rapports fin janvier: celui de l'ancien patron d'Air France, Jean-Cyril Spinetta, qui planche sur la "refondation" du modèle ferroviaire français qui a trop longtemps privilégié le TGV, et celui du Conseil d'orientation des infrastructures (COI). Celui-ci doit permettre de faire des choix parmi les projets.

"Quel est le domaine de pertinence aujourd'hui du ferroviaire?", interroge la ministre des Transports.

Ses priorités iront au fret et aux grandes villes, avec "une priorité aux transports du quotidien". "Je pense qu'on a besoin de plus de ferroviaire dans les métropoles", insiste l'ancienne patronne de la RATP.

Files de camions

Et elle assume les dépenses nécessaires: "Ce sont des montants très importants, mais je pense que le transport ferroviaire est un mode très important pour répondre aux files de camions sur nos routes -dont nos concitoyens et les élus ne veulent plus(...)"

La ministre n'oublie pas l'"enjeu massif" de "l'équation économique du ferroviaire", avec une dette qui devrait atteindre 50 milliards d'euros l'an prochain pour SNCF Réseau. "On voit que ça n'est pas soutenable, et donc il faudra que le gouvernement prenne ses responsabilité sur ce plan-là", assure-t-elle à l'AFP.

En outre, ajoute-t-elle, "on aura aussi à préparer une ouverture à la concurrence réussie: ça veut dire plus de qualité de service, plus de voyageurs, et des cheminots rassurés sur leur avenir".

"Ma priorité, c'est le ferroviaire dans son domaine de pertinence, là où il est irremplaçable (...)", insiste Elisabeth Borne.

Elle se veut rassurante pour les villes desservies par des TGV qui prolongent leur parcours au-delà des axes à grande vitesse: "les Français y sont très attachés (et) le gouvernement n'a pas l'intention de revenir sur les engagements qui ont été pris vis-à-vis des villes moyennes".

Mais, ajoute Mme Borne, il faudra revoir le mode de calcul des péages qui les pénalisent actuellement --et donc trouver des compensations pour SNCF Réseau.

La ministre est en revanche moins sûre quand elle évoque les TER peu fréquentés: "Quand on a des alternatives sur certaines lignes où il y a un ou deux trains par jour, avec peu de voyageurs, c'est de la responsabilité des régions. Mais à un moment donné, on ne pourra pas tout accompagner."

Elisabeth Borne compte d'ailleurs dédiaboliser la route, délaissée depuis le Grenelle de l'environnement, et qu'elle considère "indispensable dans un certain nombre de zones en France".

"Il faut qu'on utilise toute la palette des solutions pour répondre aux besoins de déplacements de tous les citoyens, dans tous les territoires", explique-t-elle.

 
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