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29/07/2018

La SNCF stoppée sur sa lancée par des pertes dues à la grève

https://www.ouest-france.fr/economie/la-sncf-stoppee-sur-...

Publié le 27/07/2018  16h09

La SNCF a annoncé vendredi avoir subi une lourde perte nette, de 762 millions d'euros, au premier semestre en raison de la grève contre la réforme ferroviaire au printemps, qui a stoppé le groupe dans son élan alors qu'il avait enregistré une forte croissance en début d'année.

Le chiffre d'affaires semestriel est en baisse de 3,3%, à 16,1 milliards d'euros, a indiqué le groupe ferroviaire dans un communiqué.

L'impact négatif de la grève révélé la semaine dernière est estimé par le groupe à 790 millions d'euros. Il a pu être "en partie compensé par les gains de productivité", évalués par la SNCF à 330 millions d'euros.

"Sans la grève, on aurait été à l'équilibre", a commenté un responsable du groupe auprès de l'AFP. Au premier semestre 2017, la SNCF avait affiché un bénéfice net de 119 millions d'euros.

La réforme ferroviaire adoptée au Parlement a également eu un impact comptable sur les résultats des différentes branches du groupe SNCF, ce qui l'a conduit à revoir l'ensemble des perspectives financières sur la période 2018-2028.

SNCF Mobilités, qui regroupe les activités de transport de voyageurs et de logistique du groupe, affiche ainsi un bénéfice net de 3,2 milliards d'euros.

Il a été gonflé par "un recalage technique de la valorisation des rames TGV", qui bénéficie de "l'augmentation limitée des péages TGV" décidée dans le cadre de la réforme ferroviaire. Hors effets comptables, SNCF Mobilités affiche une perte nette récurrente de 90 millions sur le semestre.

La grève explique pour une grande partie la baisse de 3,2% des ventes de l'activité voyageurs (15,2 mds d'euros).

A l'inverse de SNCF Mobilités, le gestionnaire d'infrastructures SNCF Réseau plonge dans le rouge, avec une perte nette semestrielle de 3,7 mds d'euros, contre un déficit de 97 millions d'euros un an plus tôt. C'est la conséquence de la dépréciation des actifs de SNCF Réseau à hauteur de 3,4 mds d'euros au 30 juin en raison de la limitation de la hausse des péages TGV, principales recettes de SNCF Réseau, explique le groupe.

La dette de SNCF Réseau continue par ailleurs de se creuser et atteint 49 milliards d'euros.

Le Premier ministre, Édouard Philippe, s'est engagé en mai sur la dette de la SNCF, annonçant la reprise de 35 milliards d'euros (25 en 2020, 10 en 2022) pour que le groupe arrive "à l'équilibre", "avant la fin du quinquennat".

- "Sans la grève, on aurait été à l'équilibre" -

"L'année (avait) commencé de manière très dynamique", a rappelé le responsable de la SNCF.

Le trafic des trains à grande vitesse a affiché une "forte croissance" au premier trimestre, dont une hausse de 9,6% pour les seuls TGV (dont Ouigo).

Le groupe a également présenté une forte croissance à l'international sur les six premiers mois de l'année (+5,7%), portée par Keolis, le spécialiste du transport public, ainsi que "par une bonne dynamique des activités non ferroviaires", a indiqué la SNCF.

SNCF Mobilités aurait affiché, sans la grève, "une activité en croissance de 5%" par rapport à 2017, selon le groupe, et l'activité aurait été stable pour SNCF Réseau.

SNCF enregistre également un montant d'investissements sur le semestre "plus limité que prévu", à 3,95 milliards d'euros, dépassant toutefois de 85 millions ceux de la même période de 2017.

Le groupe ferroviaire a annoncé la poursuite des travaux de modernisation et de rénovation du réseau ferroviaire, en particulier les réseaux des transports du quotidien, comprenant notamment le projet "Eole" pour le prolongement du RER E vers l'Ouest parisien.

Pour la deuxième moitié de l'année, le groupe espère renouer avec le rythme de croissance du premier trimestre.

En parallèle, la SNCF se prépare à l'ouverture à la concurrence du transport des voyageurs, entre décembre 2019 et 2039 selon les lignes, prévue par la réforme ferroviaire adoptée le 14 juin, qui prévoit aussi la fin du statut de cheminot pour les nouvelles recrues à partir du 1er janvier 2020.

26/05/2018

SNCF : les syndicats poursuivent la grève, malgré les annonces de l’Etat

https://www.lemonde.fr/economie/article/2018/05/25/sncf-l...

Le premier ministre a reçu les représentants de cheminots et leur a annoncé que l’Etat reprendrait, d’ici à 2022, 35 milliards de la dette de la compagnie.

Le Monde.fr avec AFP | • Mis à jour le

La grève à la SNCF contre le projet de réforme ferroviaire du gouvernement a débuté le 3 avril.
La grève à la SNCF contre le projet de réforme ferroviaire du gouvernement a débuté le 3 avril. CHRISTOPHE SIMON / AFP

Les cinq fédérations syndicales de cheminots – UNSA, CGT, SUD, FO et CFDT – ont décidé, pour l’heure, de poursuivre la grève débutée le 3 avril contre le projet de réforme ferroviaire du gouvernement. Seule l’UNSA envisage une sortie du conflit et fera part de sa décision « très rapidement ».

Les syndicats ont tous été reçus, vendredi 25 mai au matin à Matignon par le premier ministre, Edouard Philippe, dont les annonces ne les ont pas convaincus. Au cours de cette rencontre, le chef du gouvernement leur a notamment signifié que l’Etat reprendrait une partie de la dette de la compagnie ferroviaire, soit 35 milliards d’euros (25 milliards en 2020 et 10 milliards en 2022). En début d’après-midi, lors d’une conférence de presse avec la ministre des transports, Elisabeth Borne, Edouard Philippe a assuré qu’il n’y aurait « pas d’impôt SNCF » pour compenser cette reprise de dette :

« La dette viendra s’ajouter à la dette publique de l’Etat et sera remboursée au même rythme que la dette publique de l’Etat. »

M. Philippe a également dit vouloir « alléger le poids des péages ferroviaires » acquittés par les trains circulant sur le réseau SNCF, en limitant la hausse de leurs tarifs « au niveau de l’inflation ».

En fin de journée, Emmanuel Macron a déclaré qu’il s’agissait des « dernières propositions » du gouvernement. « Il y a des manifestations légitimes contre la réforme de la SNCF. Je dis [aux syndicats] : “On est arrivés au bout du processus.” Le texte va arriver au Sénat [mardi]. Le gouvernement fait ses dernières propositions aujourd’hui, prend sa responsabilité sur la dette. Nous devons aller au bout de cette réforme, nous irons au bout », a-t-il affirmé depuis la Russie.

Une table ronde à l’étude

Pas de quoi convaincre les syndicats d’arrêter leur mouvement de grève. « On continue le conflit, le combat », a prévenu le secrétaire général de la CGT-Cheminots, Laurent Brun, maintenant son appel à la grève. Concernant la dette de la SNCF, le syndicat a, cependant, salué « une reprise significative », tout en interpellant le premier ministre « sur le montant qu’il resterait », car, d’ici à la fin du quinquennat, la dette « va augmenter ».

Mais la CGT exige une table ronde, pour « fixer par écrit les engagements du gouvernement ». « Le premier ministre n’a pas fermé la porte » à cette demande. « Il a dit qu’il réfléchissait au sujet et nous donnerait une réponse très prochainement », a rapporté M. Brun, rappelant que c’est « la responsabilité du gouvernement de trouver des solutions de sortie du conflit ».

L’UNSA « rassurée », SUD-Rail, la CFDT et FO mobilisés

De son côté, l’UNSA-Ferroviaire ne s’est pas encore prononcée sur une éventuelle sortie de grève, mais le fera « très rapidement », a déclaré son secrétaire général, Roger Dillenseger. L’UNSA reste pour l’instant encore dans la mobilisation unitaire, car « le texte officiel, c’est ce qui sortira du Sénat », où le projet de loi sera voté mardi 5 juin lors d’une commission mixte paritaire, a-t-il ajouté. Le syndicat participera donc mardi à la manifestation syndicale prévue près du Sénat « pour montrer qu’on veut peser » sur le débat à la chambre haute, a fait savoir M. Dillenseger. L’UNSA s’est, en revanche, dite « rassurée (…) sur un engagement ferme de l’Etat » pour les finances de la SNCF.

Quant à SUD-Rail, le syndicat estime que les annonces du premier ministre vendredi matin « ne sont pas de nature à faire cesser la grève ». La reprise de 35 milliards d’euros de dette est « clairement un cadeau pour les entreprises privées », pour leur faire « place nette » avant qu’elles postulent à des appels d’offres après l’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire de voyageurs, a dénoncé Erik Meyer, porte-parole du syndicat.

« La mobilisation continue » également pour la CFDT au moins jusqu’à ce que soit dévoilé le texte final de la réforme du rail, a fait savoir son secrétaire général, Laurent Berger, qui évoque des « éléments de satisfaction », tout en appelant à la vigilance : « Il faut peser jusqu’au bout du processus parce que rien jamais acquis. »

Pour FO, enfin, « toutes les raisons de la grève sont encore là ». Concernant la reprise de 35 milliards d’euros de la dette de la SNCF, le secrétaire général, François Grasa, considère qu’elle « doit être reprise intégralement par l’Etat ». « Je ne connais pas un seul cheminot aujourd’hui qui fasse grève par rapport à la dette », a-t-il poursuivi, jugeant que le projet de réforme ferroviaire n’est « pas acceptable ».

SNCF : pourquoi l'État reprend 35 milliards de dette

http://www.lepoint.fr/economie/sncf-pourquoi-l-etat-repre...

Lors d'une rencontre avec les syndicats, le Premier ministre a confirmé que l'État reprendrait la dette de la SNCF : 25 milliards en 2020 et 10 en 2022.

Par
Modifié le - Publié le | Le Point.fr
Cela ne faisait pas beaucoup de doutes : l'État vient à la rescousse de la SNCF pour reprendre une partie de sa dette.

C'était un secret de Polichinelle. L'État, par la voix de son Premier ministre Édouard Philippe, s'est engagé à reprendre 35 milliards de dette de la SNCF sur un total de 54,5 milliards. Dès l'annonce de la réforme, il s'était engagé à ce que la puissance publique « prenne ses responsabilités », d'ici à la fin du quinquennat. Mais l'absence d'engagements précis avait nourri la méfiance des syndicats du groupe ferroviaire considérés comme les plus réformistes, l'Unsa et la CFDT.

Pourquoi seulement 35 milliards de dette ? Tout simplement parce que cela correspond à l'endettement accumulé par l'infrastructure ferroviaire française, logée au sein de SNCF Réseau, pour laquelle il est normal que l'État investisse. Sur le papier, l'endettement de SNCF Réseau est d'environ 46 milliards d'euros, mais 11 milliards étaient déjà considérés comme étant de la dette publique car les recettes des péages imposés à chaque passage de train n'étaient plus considérées comme suffisantes pour faire face aux coûts d'investissement et d'entretien du rail français. Le reste de l'endettement de la SNCF, soit 8,5 milliards, constitue la dette de SNCF Mobilité, qui opère les trains. Elle continuera à être supportée par l'entreprise.

Une reprise en deux étapes

La reprise de cette dette se fera en deux fois. Le plus gros morceau, soit 25 milliards, aura lieu au moment de la transformation de la SNCF en société anonyme à capitaux 100 % détenus par l'État, le 1er janvier 2020. Une société anonyme ne peut en effet survivre que si son endettement reste raisonnable par rapport aux actifs. C'est pourquoi l'Etat n'avait pas vraiment le choix, et les syndicats le savaient d'ailleurs très bien… 10 milliards supplémentaires seront repris à la fin du quinquennat, en 2022. SNCF Réseau devrait économiser, à terme, quelque 1,5 milliard par an de frais financiers, même si le coup de ses nouveaux emprunts, qui ne seront plus garantis par l'État, pourraient un peu augmenter.

Beaucoup s'inquiètent du poids que la reprise de dette par l'Etat va faire peser sur la dette publique. En réalité, 35 milliards ne pèsent pas grand-chose par rapport à l'endettement total de la France, qui dépasse 2 200 milliards. Cela représente 1,5 point de PIB alors que la dette française est déjà de 96,8 %. Mais, d'ici à 2020, si tout va bien, elle devrait déjà avoir commencé à diminuer.

Plus délicat pourrait être l'impact sur le déficit : le choix de l'État de reprendre la dette pourrait l'augmenter ponctuellement lors des deux années de reprise, en 2020 et en 2022.

« L'impact sur la dette et le déficit public dépendra du traitement de SNCF réseau en comptabilité nationale par l'INSEE en lien avec Eurostat. L'INSEE a engagé des discussions avec Eurostat sur ce sujet et devrait se prononcer avant la fin de l'année », a temporisé Bercy dans un communiqué publié vendredi soir. En attendant, le ministère des Finances fait le pari que cela pèsera pas sur le déficit. « L'analyse des autorités françaises est que la dette de SNCF réseau pourrait être reclassifiée dans la dette publique sans impact direct sur le déficit public ».

Dans le pire des cas, l'opération pourrait être considérée comme « exceptionnelle et temporaire » par la Commission européenne. L'opération n'augmenterait alors pas le « déficit structurel », l'indicateur désormais suivi par Bruxelles pour vérifier la conformité aux règles budgétaires européennes. À condition que la France ne dépasse pas la barre fatidique de 3 % de déficit public effectif.

200 millions de plus par an dans le rail

Pour rassurer les syndicats, le Premier ministre, Édouard Philippe, et la ministre des Transports, Élisabeth Borne, se sont également engagés à augmenter les financements publics du rail français de 200 millions d'euros par an, ce qui les portera, au total, à 3,8 milliards par an. Une réclamation formulée par la CFDT et l'Unsa.

Le gouvernement a aussi promis d'inscrire l'incessibilité du capital de la SNCF lors de l'examen du projet de loi au Sénat, pour dégonfler la polémique sur une éventuelle privatisation. Un geste que la ministre avait jusque-là refusé lors de l'examen à l'Assemblée nationale. Cette première version prévoyait pourtant déjà que « le capital de la société nationale SNCF est intégralement détenu par l'État » et que « la société nationale SNCF détient l'intégralité du capital de la société SNCF Réseau (...) ainsi que de la société SNCF Mobilité ».

L'Unsa a également obtenu gain de cause sur le renforcement de l'unité sociale du groupe SNCF pour préserver ses œuvres sociales (cantines, colonies de vacances, etc.) et favoriser la mobilité entre les entités.

Suivi des négociations de branche par l'État

Autre geste de la part du gouvernement, il s'est engagé à suivre de près les négociations de la branche ferroviaire en cours avec le patronat destinées à définir les conditions sociales minimales pour l'ensemble des entreprises du secteur. Le but ? Éviter une course au moins-disant social. Un « observatoire du dialogue social » va être mis en place, présidé par Jean-Paul Bailly, ex-président de La Poste, et une personnalité issue du monde syndical.

Sur le sujet délicat du transfert de personnel de la SNCF aux concurrents qui auront gagné des marchés, le gouvernement a fait de nouvelles concessions. Priorité sera donnée au volontariat et aucun changement de domicile en dehors de la région d'origine du cheminot ne pourra être imposé. La SNCF devra aussi faire une proposition de reclassement à un employé qui refuserait le transfert s'il opère moins de 50 % de son temps sur la ligne tombée à la concurrence.

S'ils poursuivent pour l'instant la grève jusqu'à la fin de l'examen du projet de loi au Sénat et son passage devant la commission mixte paritaire, l'Unsa et la CFDT semblent partis pour terminer la grève. La CGT et Sud-Rail, en revanche, devraient continuer. Pour Erik Meyer, porte-parole de Sud-Rail, le syndicat le plus jusqu'au-boutiste, la reprise de 35 milliards d'euros s'apparente « clairement (à) un cadeau pour les entreprises privées » pour leur faire « place nette » avant qu'elles ne postulent à des appels d'offres. Chacun jugera.

 
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