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13/04/2018

SNCF : la grève est-elle en train de s’essouffler ?

http://www.lemonde.fr/economie/article/2018/04/13/sncf-la...

Le taux de grévistes est en baisse continue depuis le début du conflit, mais reste à un haut niveau pour une cinquième journée de mobilisation.

LE MONDE | | Par Éric Béziat

Gare de Lyon à Paris, le 13 avril.
Gare de Lyon à Paris, le 13 avril. Christophe Ena / AP

L’infléchissement est sensible. Pour la cinquième journée de la grève en pointillé, lancée depuis le 3 avril et destiné à lutter contre le projet de réforme ferroviaire du gouvernement, le taux de grévistes – en baisse continue depuis le début du conflit –, connaît un nouveau recul.

Vendredi 13 avril, la direction de la SNCF a diffusé un taux (calculé en fin de matinée) de 22,5 % de grévistes, en baisse de 2,4 points par rapport au 9 avril et de 11,4 points par rapport à la première journée de grève dite « perlée ». Le taux de grévistes chez les personnels indispensables aux circulations (conducteurs, contrôleurs, aiguilleurs) et soumis à une déclaration individuelle d’intention obligatoire s’établit à 38 %. Il était de dix points supérieur au début de la grève.

Chez les conducteurs, pour la première fois, la baisse est sensible (66 % de gréviste vendredi, contre les trois-quarts à chaque journée d’action). Ce léger essoufflement s’est d’ailleurs vu dès dans les prévisions de trafic, lequel est un peu moins perturbé.

« Il est indéniable que le pays n’est pas bloqué »

« Il ne faut pas tirer de conclusions trop hâtives de cet effritement, mais il est réel, constate un acteur des négociations qui a souhaité garder l’anonymat. Cela ne signifie pas pour autant que l’adhésion à la réforme progresse chez les cheminots, mais il est indéniable que le pays n’est pas bloqué. Le plan de transport de substitution mis en place par la SNCF fonctionne sans retard ni annulation. Et un sondage récent indique que 71 % des voyageurs s’estiment bien informés pendant la grève. »

Une analyse que ne partage pas Florent Monteilhet, représentant des conducteurs pour le syndicat UNSA ferroviaire. « Le retour que nous avons aujourd’hui des assemblées générales montre un mouvement qui ne faiblit pas. Il n’y a aucune démobilisation chez les conducteurs, ils sont même galvanisés. »

Si certains syndicalistes signalent qu’il existe peut-être un effet week-end, d’autres voient dans l’amélioration légère des circulations une capacité de la direction à optimiser les non-grévistes. « N’oubliez pas que dans sa communication, la direction donne un chiffre à la mi-journée qui ne tient pas compte des équipes de l’après-midi, ajoute M. Monteilhet. Elle oublie aussi les grèves de 59 minutes qui peuvent être nombreuses au sein du personnel non-roulant. »

« Des avancées parfaitement insuffisantes »

De fait, même en recul, le mouvement reste à un haut niveau pour une cinquième journée (et même une sixième en ajoutant la journée d’action initiale du 22 mars).

Au-delà des chiffres, le mouvement des cheminots entre probablement dans une phase nouvelle. La discussion à l’Assemblée nationale est terminée. Un premier jet de la loi créant un « Nouveau pacte ferroviaire » est désormais écrit avant son passage devant le Sénat. Cela constitue une étape importante qui peut contribuer à un étiolement de la mobilisation. La ministre des transports a d’ailleurs écrit à l’UNSA et à la CFDT pour souligner que plusieurs amendements ont tenu compte des revendications cheminotes.

« Cela montre que le rapport de force fonctionne, en conclut Didier Aubert, secrétaire général de la CFDT Cheminots. Il y a du positif – comme par exemple la primauté reconnue du volontariat en cas de transfert des personnels. Mais les avancées sont minuscules et parfaitement insuffisantes. Ce sont des prémisses de négociation. L’action des cheminots doit continuer. »

« Nous appelons à une négociation tripartite »

« Nous avons pris acte avec satisfaction des courriers de la ministre qui a tenu compte de certaines de nos attentes, reconnaît de son côté M. Monteilhet. Les sujets sont néanmoins limités. » L’UNSA, deuxième syndicat à la SNCF après la CGT, souhaite donner une inflexion nouvelle à la mobilisation. « Nous allons à notre tour écrire à la ministre, explique M. Monteihet. Nous lui demandons que ce nouveau pacte ferroviaire s’accompagne d’un nouveau pacte social du ferroviaire accordant des protections de haut niveau. »

« Nous appelons à une négociation tripartite entre les représentants des entreprises du secteur, le gouvernement et les organisations syndicales, afin de balayer tous les aspects sociaux, poursuit le syndicaliste. Cette négociation serait par nature supérieure à la négociation pour la convention collective de la branche qui est en cours. Elle aurait un agenda structuré et daté avec du contenu à négocier. » Une sorte de Grenelle du ferroviaire.

27/01/2018

La crise de la SNCF s’explique aussi par « son mode de management »

http://www.lemonde.fr/idees/article/2018/01/25/la-crise-d...

Pour Pierre-Louis Rémy, ancien administrateur du transporteur ferroviaire, qui s’exprime dans une tribune au « Monde », la SNCF ne pourra surmonter ses difficultés qu’en abandonnant sa culture du cloisonnement, de la règle et de la hiérarchie.

LE MONDE ECONOMIE |

Par Pierre-Louis Rémy (Inspecteur général des affaires sociales honoraire)

« Une voie indispensable pour diminuer les incidents, et plus encore leurs conséquences sur les voyageurs, est de revoir en profondeur les principes d’organisation qui régissent l’entreprise » (Interruption de trafic à la gare Montparnasse, le 3 décembre).
« Une voie indispensable pour diminuer les incidents, et plus encore leurs conséquences sur les voyageurs, est de revoir en profondeur les principes d’organisation qui régissent l’entreprise » (Interruption de trafic à la gare Montparnasse, le 3 décembre). MARTIN BUREAU / AFP

Tribune. En 2017, la SNCF a souvent fait la une de l’actualité… pour ses pannes et ses retards. Les explications données concernent en général la vétusté, réelle, du réseau et la difficulté, structurelle, d’assurer des opérations de maintenance en conservant l’indispensable circulation des trains.

Tout cela est pertinent. Mais il est étrange qu’un autre facteur ne soit (presque) jamais mis en avant : l’organisation du travail et le mode de management de cette entreprise, pourtant essentiel.

En effet les fonctions y sont très cloisonnées : les conducteurs ; les contrôleurs ; les agents des gares ; la maintenance ; les travaux… Combien de fois, posant une question à un agent, reçoit-on cette réponse : ce n’est pas de mon ressort, demandez à X ou Y. Et, contrairement à ce que certains imaginent, cette situation n’est pas confortable pour le personnel. Car il n’est pas agréable de se sentir impuissant devant un problème, plus encore face à des usagers inévitablement tendus et déconcertés par cette impuissance.

Le poids de la culture technique des ingénieurs

Ce cloisonnement a des racines historiques dans une organisation fondée sur le métier, avec une hiérarchie implicite entre eux. Il a été encouragé par les stratégies syndicales, plus à l’aise dans la mise en avant de revendications par métiers. Et il a été un objectif délibéré des directions de l’entreprise, de façon presque continue. L’autonomisation des différentes entités, exploitation, gares, infrastructures, dans le contexte de l’ouverture à la concurrence européenne, a conforté cette situation.

A cela s’ajoute le rôle central de la règle, du règlement, censé prévoir les différentes situations et les réponses à leur apporter, qui est également un outil de coordination dans l’univers cloisonné de la société. Ceci s’explique sans doute par le poids de la culture technique des ingénieurs dans la direction de la SNCF, prépondérant jusqu’à une période récente.

La SNCF veut recruter 1.000 conducteurs de train en 2018

https://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-al...

© Max PPP
© Max PPP

La SNCF espère recruter cette année 1000 conducteurs de train en CDI, dont 566 d'ici avril, notamment via des cours en ligne (Mooc), a-t-on appris vendredi auprès de l'entreprise publique. Les besoins se concentrent en Ile-de-France, Auvergne Rhône-Alpes, PACA, Grand-Est et Hauts-de-France.

Par dm (avec AFP)

Comme en 2017, la SNCF met en oeuvre des formations gratuites en ligne, de quatre séquences de deux heures, dont chaque module d'apprentissage s'achève par un quiz. Elles doivent ensuite être suivies de formations qui durent entre quatre et 12 mois.
Rémunérés 20 000 euros brut par an pendant leur formation, les conducteurs gagnent 29 000 euros brut en début de carrière, 38 600 euros au bout de dix ans de service.
En comptant les autres corps de métier, la SNCF prévoit de recruter 5500 personnes cette année. Dans le même temps, elle vise également 2.000 suppressions de postes, selon un projet de budget présenté fin décembre au comité central du groupe public ferroviaire. La SNCF compte actuellement quelque 148.000 salariés.

La SNCF recrute des conducteurs de trains : voir le site

 
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