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18/11/2016

Sécurité des TER pour les usagers de Lyon-Grenoble : "on n'a jamais vu une caméra secourir un passager"

https://www.francebleu.fr/infos/transports/securite-des-t...

Par Nicolas Crozel, France Bleu Isère jeudi 17 novembre 2016 à 9:15

Lyon-Grenoble, une ligne SNCF bien malade Lyon-Grenoble, une ligne SNCF bien malade © Maxppp -

Au lendemain des annonces de Laurent Wauquiez sur la sécurité dans les TER et dans les gares, l'Adut (association des usagers du train de la ligne Lyon Grenoble ) se montre critique sur les priorités et les choix affichés par la région Auvergne Rhône Alpes.

Alors que la SNCF supprime des contrôleurs dans certains trains, Laurent Wauquiez le président de la région annonce un plan de 100 millions d'euros pour la sécurité dans les trains et les gares. Mais sa réponse : un déploiement de la vidéosurveillance dans tous les TER et toutes les gares d'ici 2021 ne satisfait pas les usages membres de l'ADUT (Ligne Grenoble - Lyon ): "On n'a jamais vu une caméra secourir un passager, on n'a jamais vu une caméra renseigner un voyageurs qui aurait raté sa correspondance à cause d'un retards réagit sur France Bleu Isère la présidente de l’association dauphinoise des usagers du train Patricia André Constantin.

"2016 pire année depuis 10 ans sur Lyon-Grenoble"

L'année 2016 restera la pire de ces dix dernières années sur la ligne Grenoble-Lyon selon l'Adut qui tient ce jeudi son assemblée générale annuelle à Bourgoin-Jallieu. Retards, pannes, grèves, manque d'information, les griefs sont les mêmes d'années en années, mais en 2016 et "pour la première fois" affirme la présidente de l'association Patricia André Constantin certains membres ont annoncé avoir renoncé au train pour se lancer dans le co-voiturage. "Ils sont devenus des chauffeurs VTC au services de voisins, d'amis, de collègues qui eux aussi ont abandonné le train" déplore la présidente de l'Adut. Patricia André Constantin pointe la responsabilité de la SNCF qui en plus,ironie de l'histoire, encourage le co-voiturage via un site internet "ID Vroum", lancé pour concurrencer le puissant "blablacar".

Patricia André Constantin la présidente de l'ADUT (usagers TER Lyon Grenoble)

10/05/2016

Ouverture des données de transport : la Cour des comptes dénonce le « retard » de la France

http://www.nextinpact.com/news/99767-ouverture-donnees-tr...

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Crédits : tovovan/iStock/ThinkStock

Alors que la loi Macron devait conduire à une ouverture rapide des données détenues par les transporteurs publics et privés (SNCF, RATP, AirFrance, etc.) en matière notamment d’horaires et d'arrêts, la Cour des comptes épingle les carences du dispositif français, qui peine encore à prendre son envol, tout en appelant le gouvernement à aller plus loin.

« La France a du retard », déplore la Cour des comptes dans un référé datant du 19 février – mais rendu public lundi 9 mai. L’institution met en avant un « travail universitaire récent qui compare les données de mobilité mises à disposition à Paris, Londres, New York, Toronto, Madrid et Singapour ». La capitale française, « classée en dernière position, est la seule ville où aucune donnée en temps réel n'a pu être collectée », soulignent les magistrats. Pour le voyageur, ce constat n’a malheureusement rien de bien surprenant, aucun calculateur de trajets prenant en compte les différents modes de transport (train, avion, bus, co-voiturage...) n’ayant réussi à émerger.

La faute à certains transporteurs, qui rechignent à libérer leurs – précieuses – données, dont ils monnaient parfois l’accès. La SNCF, par exemple, refuse encore de publier les horaires de ses TGV en Open Data. La Cour des comptes ajoute qu’il y a des difficultés « d'une part sur un plan technique en raison des nombreux systèmes préexistants non interopérables et, d'autre part, du fait des relations difficiles entre les 400 autorités organisatrices de transport et la SNCF ». La haute juridiction financière estime néanmoins que « pour améliorer le quotidien des Français, en ville mais aussi au bénéfice des zones de faible densité mal ou peu desservies, l’État devrait en particulier imposer l’ouverture la plus large des données de transport ».

La juridiction en appelle à davantage d'Open Data

L’institution présidée par Didier Migaud étrille la loi Macron, dont l’article 4 était censé conduire les transporteurs et autres fournisseurs de services de mobilité à diffuser immédiatement dans un format libre et ouvert leurs principales données : horaires théoriques et en temps réel, arrêts, tarifs, etc. La portée du dispositif adopté par le Parlement à coup de 49-3 risque « malheureusement » d’être « fortement [limité] », regrette la Cour des comptes, à cause « des dispositions dérogatoires ouvertes par adhésion à des codes de conduite » (voir nos explications). Le fait d'opter pour de telles chartes permet en effet aux acteurs concernés de bénéficier de plus de souplesse, avec la possibilité notamment d'ériger des redevances, qui ralentissent forcément la libération des données...

Le décret d’application de cet article n’ayant de surcroît toujours pas été publié – alors qu’une parution avait été envisagée pour septembre 2015, ce dispositif législatif semble plus que jamais dans l’impasse. Alain Vidalies, le secrétaire d’État aux Transports, avait d'ailleurs déclaré en janvier dernier que « les grands opérateurs de transports (Air France, SNCF, RATP, Keolis, Transdev...) » s’étaient sans surprise « associés pour élaborer un « code de conduite » commun ». L'instruction de ce dossier était toujours en cours, aux dernières nouvelles.

Le référé de la Cour des comptes a toutefois conduit le Premier ministre à s’engager publiquement sur deux points. « L'Agence française pour l'information multimodale et la billettique (AFIMB) élaborera une grille d'analyse des protocoles qui sera rendue publique », promet tout d’abord Manuel Valls dans un courrier de réponse publié lui aussi aujourd’hui. Un « observatoire de l'ouverture des données de l'offre de transport » devrait d’autre part voir le jour suite à des travaux actuellement menés par le ministère de l’Environnement. Pendant ce temps, les voyageurs patientent le long du quai. Les dispositions sur l’ouverture des données de transports ont pourtant été introduites à l’Assemblée nationale en janvier 2015, il y a donc près d'un an et demi, et ce contre l’avis du gouvernement.

Publiée le 09/05/2016 à 17:02

Journaliste, spécialisé dans les thématiques juridiques et politiques.

26/04/2016

Qui veut la mort de la SNCF ?

http://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/02187...

Olivier Pastré / Chroniqueur - professeur à l'Université de Paris-VIII |

Gare Montparnasse.

Gare Montparnasse. - SIPA

Malgré ses atouts nous nous évertuons à mettre à terre un modèle que l’étranger nous envie. Etat et syndicats ont des responsabilités partagées dans la crise du ferroviaire

Quel beau pays que le nôtre. C’est en effet, un des seuls pays où l’on prend un malin plaisir à critiquer et, pire, détruire des projets que le reste du monde nous envie. C’est le cas bien sûr de notre système de santé que l’on détruit faute d’un consensus minimum sur des réformes de bon sens que des réflexes de repli catégoriel rendent impossibles. Mais c’est peut-être plus encore le cas de la SNCF. Le service public est considéré, à l’étranger, comme un modèle aussi bien par son maillage fin du territoire que pour ses prouesses technologique que symbolise le TGV. Et, malgré ces atouts incontestables, nous nous évertuons à mettre ce modèle industriel à terre. En témoignent au premier chef ces grèves répétitives lancées, si possible, en période de départ en vacances. Mais en témoigne aussi une insuffisance d’investissements pour préparer l’avenir qui se traduit par une obsolescence des infrastructures que des rapports d’expertise dénoncent à date régulière et qui ne font l’actualité que quelque jours, quand un drame se produit comme ce fut le cas récemment à Eckwersheim et à Brétigny-sur-Orge .

Ces dysfonctionnements interviennent alors que le rail n’a jamais été aussi menacé qu’aujourd’hui. Au-delà de l’ouverture à la concurrence européenne, ce qui menace le modèle ferroviaire, ce sont des évolutions comme le covoiturage et le transport par bus que le gouvernement vient d’encourager, évolutions qui, comme la courbe du chômage, ne sont pas près de s’inverser de manière significative.

Les Français râlent contre la SNCF car ils savent que leur vie quotidienne en dépend. C’est vrai bien sûr, en période de grèves mais c’est plus vrai encore des multiples dysfonctionnements qui polluent leur vie de salariés jour après jour. Les Français devraient, de ce fait même, au contraire de ce qu’ils font, témoigner de leur solidarité vis-à-vis de la SNCF. Car ce n’est pas cette entreprise qui en est la cause première de leur tracas. Ce sont, à égalité de responsabilité, les syndicats et l’Etat qui sont à l’origine de tous leurs maux.

Une négociation sociale d’importance stratégique est en cours à la SNCF qui doit se conclure avant le 30 juin 2016. Elle porte sur la signature d’une convention collective couvrant l’ensemble du secteur ferroviaire – une première – et sur un nouvel accord d’entreprise qui doit remettre à plat, entre autres, l’organisation du travail. Nul doute que la menace de grèves pendant l’Euro 2016 donne un fort pouvoir de négociation aux organisations syndicales. Mais ce serait un immense gâchis si celles-ci se servaient de celui-ci de manière irresponsable. Elles auraient mieux à faire de négocier durement sur l’accord de gestion prévisionnelles de l’emploi et des carrières (GPEC) qui constitue le principal levier de remise en marche de l’ascenseur social à la SNCF.

Mais l’Etat est au moins aussi coupable que les syndicats de la dégradation de la situation à la SNCF. Vis-à-vis de l’entreprise publique, il fait preuve d’une hypocrisie totale. Il dénonce, à grand renfort de médiatisation, les carences – objectives – de l’opérateur ferroviaire mais il empêche celui-ci de faire les investissements nécessaires à la résolution de ces problèmes. L’Etat est en train de détruire le modèle économique du TGV en imposant des lignes absurdes aux coûts pharaoniques (comme Lyon-Turin par exemple) et des arrêts incessants que des députés en mal de légitimité lui imposent. Et, pendant ce temps, les investissements indispensables à l’entretien et à la modernisation du réseau qu’utilisent les Français tous les jours sont repoussés année après année.

Il faut mettre un terme à cette situation. Si, au lieu de ne pas prendre les décisions et de ne pas signer les accords qui s’imposent, les syndicats et l’Etat prenaient un peu de temps pour se projeter dans l’avenir et ouvraient les chantiers ferroviaires les plus créateurs d’emploi et de croissance économique, ce serait bien mieux

 
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