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22/06/2018

Les conducteurs, noyau dur de la grève à la SNCF

https://www.ledauphine.com/france-monde/2018/06/22/les-co...

Les conducteurs représentant 9% des cheminots. Photo JEAN-SEBASTIEN EVRARD/AFP

Les conducteurs représentant 9% des cheminots. Photo JEAN-SEBASTIEN EVRARD/AFP

Depuis le début du mouvement de grève à la SNCF contre la réforme ferroviaire, un corps de métier résiste à l’érosion de la mobilisation: les conducteurs de trains, une corporation très soudée et syndiquée.

Les 13 500 conducteurs (soit 9% des cheminots, selon des chiffres de 2017) ont été les plus mobilisés depuis le début et le taux de grévistes est rarement descendu en-dessous de 50% au sein de cette profession.

Taux de grévistes au plus bas lundi

Lundi 18 juin, au 32e jour de grève, 43,8% des conducteurs étaient en grève, le taux le plus bas depuis le début du mouvement, mais il restait plus élevé que celui des contrôleurs (38%) et des aiguilleurs (17%). Le taux global, tous métiers confondus, était descendu à 10,8%, selon les chiffres communiqués par la SNCF.

«Le succès de la grève repose sur les épaules» des conducteurs, estime Dominique Andolfatto, professeur de science politique et spécialiste des syndicats. «C’est la profession phare de la SNCF, l’équivalent des pilotes d’avion d’Air France. Ils considèrent qu’ils doivent montrer l’exemple et avoir un rôle d’entraînement.»

Métier stratégique

«A la SNCF, il suffit que les conducteurs, les aiguilleurs, un certain nombre de métiers stratégiques soient mobilisés et on bloque complètement la circulation des trains», explique Eric Dhenin, chargé de l’encadrement des conducteurs et cadre à la CFDT Cheminots. Il considère que les conducteurs ont une «capacité de mobilisation ancienne, forte, inscrite».

«C’est également une corporation très soudée, ça explique qu’elle soit plus syndiquée», ajoute M. Andolfatto.

S’il n’est pas possible d’obtenir le pourcentage de syndiqués chez les conducteurs, les résultats des dernières élections interprofessionnelles de 2015 placent la CGT en tête de leurs votes (35% - en dessous de la moyenne de 42% sur l’ensemble des cheminots), devant SUD-Rail (30% - taux le plus haut enregistré sur l’ensemble des cheminots) et la CFDT (20% - également le taux le plus élevé).

Pression des collègues

Lorsque autant de conducteurs sont en grève, il peut être compliqué pour les non-grévistes de continuer à travailler. «Quand vous prenez le train et que vous passez par un piquet de grève, ça met une petite pression», témoigne, sous couvert d’anonymat, un conducteur de train à Paris, qui rapporte que certains de ses collègues ont eu «des soucis pour faire partir leur train» lors de précédents mouvements sociaux.

«Il y a une certaine pression du corps professionnel en interne, notamment au vu de sa capacité de nuisance. Certains l’utilisent pour obtenir la mobilisation de ceux qui ne souhaitent pas s’inscrire dans le mouvement», reconnaît Éric Dhenin.

Poids des syndicats

Pour lui, le poids des syndicats s’explique par les avancées sociales gagnées au cours de décennies de «luttes», citant notamment les grandes grèves de 1986 et 1987.

«Il y a eu une évolution tant sur les compensations salariales que la qualité de vie au travail. Maintenant les découchées (nuits passées en dehors du domicile) se font dans des endroits plus confortables», explique-t-il. La rémunération a été au cœur de nombreuses revendications. Aujourd’hui, un conducteur perçoit environ 2 300 euros net en début de carrière.

Une rémunération qui permet de tenir la grève

Pour Vincent Schaller, secrétaire régional SUD-Rail à Strasbourg, cette rémunération permet à certains conducteurs de tenir dans la durée du mouvement: «le niveau salarial est un peu plus élevé que sur la moyenne des cheminots, donc ça nous permet de faire plus grève qu’un cheminot sédentaire qui gagne 1 200 euros par mois.»

Le cycle de grève débuté le 3 avril se finira le 28 juin. Seuls la CGT et SUD-Rail ont pour l’instant prévu de poursuivre le mouvement pendant l’été.

La justice donne raison aux grévistes de la SNCF

https://www.boursier.com/actualites/reuters/la-justice-do...

La justice donne raison aux grévistes de la SNCFCrédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - Le tribunal de grande instance (TGI) de Bobigny a donné raison jeudi aux cheminots grévistes de la SNCF en estimant que les jours de repos liés aux jours de grève devaient être payés et non faire l'objet de retenues sur salaire.

La SNCF a annoncé dans un communiqué qu'elle ferait appel de cette décision. Elle estime toujours qu'il "ne lui appartient pas de payer des jours de repos si le salarié est en grève et qu'il n'a pas travaillé".

L'entreprise estime que ce mouvement, "même divisé en 18 séquences, constitue bien non pas 18 grèves distinctes mais bien une seule et même grève, dont l'objet est de s'opposer à l'actuelle réforme ferroviaire".

Le 18 mai, un juge des référé s'était déclaré incompétent et avait débouté les syndicats de cheminots, renvoyant l'affaire à un juge chargé de statuer sur le fond.

Dans son jugement, celui-ci considère qu'il s'agit bien de "grèves successives conditionnées les unes par rapport aux autres en fonction de l'avancée des négociations" et écarte l'"interprétation unilatérale du mode de calcul des retenues sur salaires" qui est faite par la SNCF.

L'avocat de la CFDT cheminots a salué une "excellente nouvelle" : "Pour les cheminots, c'est Austerlitz", a déclaré à Reuters Me Daniel Saadat.

LE GOUVERNEMENT APPUIE LA SNCF

Dans l'attente d'une décision en appel, la SNCF précise pour sa part qu'elle appliquera le jugement du TGI et régularisera la situation des agents concernés.

Le gouvernement avait défendu la méthode de calcul retenue par la SNCF, estimant qu'il s'agissait d'un mouvement global.

Chaque jour de grève se traduit par une perte d'un trentième du salaire mensuel. Or, avec la méthode de la SNCF, l'ensemble des jours composant les séquences de grève, même les jours de repos, devaient être déduits du bulletin de paie.

Sur un conflit de 10 jours, par exemple, un agent perdrait ainsi un tiers de son salaire.

Or, pour leur grève par intermittence, à raison de deux jours sur cinq, les syndicats avaient déposé plusieurs préavis afin de tenter de minimiser son impact financier.

Le PDG de la SNCF, Guillaume Pepy, avait justifié la méthode de calcul de la direction par le fait que le mouvement, commencé le 3 avril, prévu initialement pour se terminer le 28 juin mais que la CGT et Sud Rail veulent prolonger en juillet, allait beaucoup pénaliser les français.

Pour la CGT, la décision du tribunal "conforte la Fédération CGT des cheminots dans la stratégie de grève".

"L'irresponsabilité, la malhonnêteté intellectuelle de la SNCF, son mépris des cheminots, ses tentatives répétées d'éteindre l'action en cours par l'humiliation et la mise au pas, doivent donc cesser sur le champ", dit-elle dans un communiqué parlant de "fuite en avant" de la direction.

Le secrétaire général des cheminots de la CFDT, Didier Aubert, a souligné que cela ne changeait pas la décision de son syndicat de ne pas poursuivre la grève au-delà du 28 juin.

"Nous, on voulait effectivement (faire) respecter le droit et le droit de grève", a-t-il dit sur BFM TV, tout en regrettant la décision de la SNCF de faire appel alors que des négociations sur la future convention collective du secteur sont en cours.

(Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse)

20/06/2018

A la SNCF, les syndicats réformistes ne veulent pas poursuivre la grève

https://www.lemonde.fr/economie/article/2018/06/19/le-dil...

La CGT a proposé trois jours d’arrêt de travail les 2, 6 et 7 juillet. L’UNSA « ne continuera pas le mouvement en juillet », la CFDT juge toute décision « prématurée ».

LE MONDE ECONOMIE | • Mis à jour le | Par Éric Béziat

Manifestation de cheminots à Strasbourg le 18 juin.
Manifestation de cheminots à Strasbourg le 18 juin. FREDERICK FLORIN / AFP

Etre ou ne pas être… en grève pendant les grandes vacances. Telle est, désormais, la question qui taraude les syndicats de cheminots, alors que leur longue grève de Petit Poucet contre l’ogre réformiste macronien – petit caillou après petit caillou – va finir, jeudi 28 juin, par arriver au terme au terme de son calendrier de trois mois.

L’UNSA-Ferroviaire, deuxième syndicat des agents SNCF, a tranché. Il a annoncé, mardi 19 juin, qu’il « ne continuera pas la grève en juillet ». Très représenté chez les cadres, il avait décidé de consulter l’ensemble des mandants au cours d’une téléconférence nationale pour savoir si les adhérents souhaitaient ou non prolonger le conflit.

Lundi, la fédération CGT des cheminots – premier syndicat de la SNCF –, avait fait savoir qu’elle proposerait, mardi, aux autres membres de l’intersyndicale du groupe public (UNSA, SUD, CFDT) de discuter de l’organisation de trois nouveaux jours de grève contre la réforme ferroviaire lundi 2, vendredi 6 et samedi 7 juillet. Autrement dit, le premier grand week-end de départ en vacances serait transformé en journées de galère pour les usagers du train.

« Il faut taper là où ça fait mal, approuve le secrétaire fédéral de SUD-Rail, Erik Meyer. C’est-à-dire, perturber les grands départs. » Chez SUD, on ne veut plus de calendrier de grève annoncé trop à l’avance, une stratégie qui permet à la direction d’organiser la riposte.

« Faire grève contre quoi ? »

« L’UNSA ne s’inscrira pas dans les propositions de mobilisation en juillet faites par la CGT », a déclaré le secrétaire général, Roger Dillenseger. Mais à l’UNSA, « on reste combatif pour la défense d’un nouveau pacte social ferroviaire, a-t-il souligné, évoquant les négociations à venir sur la convention collective nationale (CCN) de la branche ferroviaire et celles au sein de la SNCF. On mobilisera à bon escient. » Avec la réforme voulue par le gouvernement, « on a perdu un maximum mais la bataille n’est pas terminée (...) On veut donner des perspectives d’avenir au ferroviaire et aux salariés », a-t-il insisté.

La CFDT-Cheminots, quatrième syndicat de la SNCF, réunissait mardi son conseil national pour décider également d’une poursuite ou non de sa mobilisation par la grève en juillet. Au final, le syndicat a décidé de se laisser « d’ici au 28 juin ». Mais, au sein du syndicat, personne n’a l’air très partant pour aller au-delà du 28 juin. « Faire grève contre quoi ?, demande un syndicaliste. La loi est votée ! On a surtout du mal à reconnaître qu’on a perdu cette bataille. »

Didier Aubert, le « patron » de la CFDT-Cheminots, a jugé « prématurée » la décision d’une poursuite du mouvement au-delà du 28 juin. « Comme nous avons réussi à le faire avec la convention collective et une négociation la semaine dernière, nous espérons bien conclure avec la SNCF cette semaine. Pour nous il est prématuré de tirer des plans sur la comète sur juillet », a-t-il déclaré sur BFM TV.

« Il n’est pas question pour la CFDT de faire de la surenchère dès aujourd’hui », a-t-il ajouté, estimant qu’après les amendements obtenus sur la loi et les garanties apportées dans la convention collective, seule la négociation du pacte ferroviaire d’entreprise avec la SNCF continuait de représenter un « verrou ».

Le 32e jour de grève, lundi, s’est soldé par un taux de gréviste de 10,8 %, le plus bas depuis le début du mouvement. Chacun mesure le risque de la décision à prendre : se couper d’une partie des cheminots en renonçant au combat ou s’aliéner une opinion publique de plus en plus – disent les sondages – exaspérée par ce long conflit.

 
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