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10/02/2018

Le mot de l'éco. L'avenir de la SNCF à l'aune du rapport Spinetta

https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/le-mot-de-l-eco/...

Cette semaine, le mot de l'éco est un acronyme qu'on connaît tous : SNCF. Quelques explications à quelques jours de la remise au gouvernement d'un rapport potentiellement explosif sur l'avenir du secteur ferroviaire.

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franceinfo Raphaël Ebenstein Radio FranceMis à jour le publié le

Un TER circule à Bannalec (Finistère), le 19 janvier 2018. 

Un TER circule à Bannalec (Finistère), le 19 janvier 2018.  (MAXPPP)

À quelques jours de la remise au gouvernement d'un rapport pour le moins explosif sur l'avenir de la SNCF, rédigé par Jean-Cyril Spinetta, l'ex-PDG d'Air France, et alors que se profile un grand projet de loi d'orientation sur les mobilités en avril, retour sur tous les sujets qui fâchent dans cette entreprise ferroviaire publique française, de l'ouverture à la concurrence à la dette, en passant par le fameux "statut" des cheminots.

Faut-il s'attendre à un véritable big bang sur les rails ?

Potentiellement oui, même si le contenu du rapport reste entouré d'un certain secret. Déjà, ce rapport Spinetta devrait bien, sauf surprise, préconiser la fin du statut des cheminots pour tous les nouveaux embauchés. Le statut, c'est un ensemble de règles internes qui garantit par exemple un avancement de carrière automatique, mais qui coûte cher à la SNCF. Sa masse salariale progresse ainsi plus vite que dans les autres entreprises du secteur des transports. Reste qu'il s'agit clairement d'un casus belli pour les syndicats.

Autre mesure qui pourrait figurer dans ce rapport : l'évolution juridique de la SNCF

Et cette mesure pourrait susciter la colère des cheminots. Sans entrer dans des détails trop techniques, c'en serait fini du régime de l'EPIC, Établissement Public à caractère Industriel et Commercial. La SNCF deviendrait une SA, une société anonyme, avec l'État actionnaire à 100%. Mais, et c'est la crainte des syndicats, l'État pourrait alors se désengager peu à peu, au fil des ans, comme il l'a fait par exemple avec France Télécom devenu Orange, ou même avec EDF.

Le rapport Spinetta pourrait-il plaider pour une ouverture plus rapide à la concurrence ?

Il devrait en tout cas en fixer noir sur blanc les modalités pratiques et permettre notamment aux régions demandeuses de lancer des appels d'offres dès l'an prochain pour le réseau TER qui sera ouvert à la concurrence de manière effective au plus tard en 2023.

Pour les TGV, le calendrier, fixé par la Commission européenne, est même encore plus rapide. Des premières compagnies privées pourraient ainsi, en théorie, faire rouler leurs trains en France fin 2019. Le choix devrait être fait de "l'open access", au moins pour les TGV, c'est-à-dire de la possibilité de concurrence entre les compagnies sur une même ligne, par exemple Paris-Lyon ou Paris-Bordeaux, plutôt que d'attribuer entre guillemets une ligne à un opérateur précis pour un contrat de quatre ou cinq ans. Quelle que soit la formule choisie, en tout cas, elle devrait faire réagir les syndicats !

Quid du régime spécial de retraites des cheminots ? Sera-t-il aussi remis en cause ?

Pas dans le rapport Spinetta, en tout cas, mais peut-être, voire sans doute, dans le cadre de la future réforme des retraites, attendue en 2019. Ce qui signerait donc la fin des possibilités de retraite anticipée pour les agents SNCF, roulants ou sédentaires. Le gouvernement a peut-être jugé que sinon, ça faisait trop pour cette année, au risque de provoquer un conflit social majeur. Déjà, certains syndicats en font quand même la menace.

05/01/2018

Difficultés de la SNCF : la CGT dénonce des moyens "humains, matériels ou financiers" insuffisants

http://www.boursorama.com/actualites/difficultes-de-la-sn...

Boursorama avec AFP le , mis à jour à 13:32

Le syndicat demande à l'État de fixer une feuille de route claire à la direction de la SNCF.

Après la fin d'année noire vécue par la SNCF, l'heure est au bilan. Et pour la CGT, les déboires de la compagnie ferroviaire sont dus à une insuffisance des moyens "humains, matériels ou financiers" au sein du groupe public ferroviaire. Elle entraîne des "difficultés croissantes" pour les cheminots et les voyageurs, a indiqué jeudi 4 janvier le syndicat.

"Enfermée dans sa politique, la direction estime que ce n'est pas une question de moyens mais d'organisation et de processus. (...) Le sujet des moyens, qu'ils soient humains, matériels ou financiers, est pourtant crucial et structurant pour l'entreprise de service public qu'est la SNCF", estiment dans un communiqué les membres de la CGT siégeant aux conseils de surveillance et d'administration de la SNCF.

"L'ÉTAT DOIT JOUER SON RÔLE"

"Si l'on veut retrouver un système ferroviaire sûr, ponctuel et fiable, l'État doit pleinement jouer son rôle", en trouvant une solution au "problème de la dette liée au financement des infrastructures qui pèse lourdement sur la SNCF" et en fixant "une feuille de route ambitieuse et claire à la direction", ajoutent-ils.

Ces administrateurs syndicaux s'expriment alors que le président de la SNCF, Guillaume Pepy, et le PDG de SNCF Réseau, Patrick Jeantet, sont convoqués lundi par la ministre des Transports Élisabeth Borne pour évoquer les incidents survenus en décembre dans des gares parisiennes.

"DÉVELOPPEMENT DE LA SOUS-TRAITANCE"

Cette série d'incidents, qui a perturbé le trafic dans trois gares, est en grande partie due aux nombreux chantiers en cours sur les voies ferrées, après des années de sous-investissement. Une panne géante avait été provoquée, selon la SNCF, par un "bug informatique" le 3 décembre à Montparnasse, avant une panne électrique le 11 dans cette même gare, puis une grande pagaille due à "une affluence de voyageurs bien supérieure à la capacité des trains" le 22 à Bercy, et enfin une autre panne électrique le 26, cette fois à Saint-Lazare.

"Au fil des ans et des politiques menées", "de restructurations en réorganisations", la SNCF "s'est éloignée du niveau de qualité et de ponctualité qui faisait (s)a réputation", accuse la CGT, dénonçant la "contraction de la masse salariale (effectifs et salaires)" et le "développement de la sous-traitance".

"ABSENCE D'INVESTISSEMENT"

De son côté, le syndicat SUD Rail a réclamé dans un communiqué le départ de M. Pepy et estimé que "le gouvernement doit revoir sa politique ferroviaire".

"La cause réelle de ces dysfonctionnements et des conséquences induites sur le trafic réside bien dans la structuration de la SNCF elle-même, mise en place par la loi du 4 août 2014 et par l'absence d'investissement dans le réseau classique au profit du développement irréfléchi de la grande vitesse (logique portée en interne par le président Pepy depuis de longues années)", ajoute SUD Rail.

15/12/2017

SNCF : plus de 2 000 suppressions de postes prévues en 2018

http://www.lepoint.fr/economie/sncf-plus-de-2-000-suppres...

L'entreprise publique compte actuellement quelque 148 000 salariés (hors filiales). Près de 2 100 postes ont été supprimés cette année.

Source AFP
Modifié le - Publié le | Le Point.fr
<p>Vers une r&#233;duction des effectifs &#224; la SNCF.</p>

La SNCF prévoit de supprimer environ 2 000 postes en moins en 2018, selon le projet de budget annuel présenté mercredi au comité central du groupe public ferroviaire, a-t-on appris auprès des syndicats et de la direction. Au total, 2 081 suppressions d'emplois sont prévues, dont 2 046 pour la branche SNCF Mobilités (- 2,5 % des effectifs) et 35 dans la holding de tête du groupe (- 0,4 %), les effectifs de la branche SNCF Réseau devant rester stables, selon le projet de budget. La SNCF prévoit aussi « plus de 5 000 recrutements en 2018, la plupart sur le terrain, pour le contact avec la clientèle et les infrastructures », a indiqué la direction de la SNCF. Les postes supprimés concerneront « des départs non remplacés, essentiellement des départs à la retraite », a-t-on précisé.

L'entreprise publique compte actuellement quelque 148 000 salariés (hors filiales), répartis entre SNCF Mobilités (trains et gares), SNCF Réseau (construction et entretien des voies) et la holding de tête, qui pilote l'ensemble. « Les chiffres de suppressions d'emplois sont globalement identiques depuis quelques années. Ce budget est sans surprise. Cette trajectoire est tout à fait connue et partagée avec l'État (NDLR : actionnaire de la SNCF). On s'adapte à l'avenir économique », a souligné la direction. L'Unsa a de son côté dénoncé un budget où, « encore une fois, on a des plans de performance qui fonctionnent avec des économies passant par des suppressions d'emplois ».

Les syndicats vent debout

La nette baisse des emplois au sein de SNCF Mobilités est « plus qu'inquiétante », car « on a besoin d'effectifs pour informer les voyageurs et faire face aux situations perturbées », d'autant que le chiffre d'affaires de cette branche est prévu « en hausse de 3,4 % » en 2018, a expliqué Roger Dillenseger, de l'Unsa. L'an dernier, le projet de budget 2017 annonçait environ 1 200 suppressions de postes dans la branche Mobilités, où finalement près de 2 100 postes ont été supprimés cette année. En comité central, « les quatre syndicats ont voté contre ce budget d'austérité, grosso modo le même que celui de l'an dernier, encore amplifié côté Mobilités », a indiqué Eric Meyer, de SUD Rail. L'avis des syndicats est consultatif. Côté Réseau, « le taux de subventions de l'État par rapport au taux des investissements est ridiculement bas. Aujourd'hui, toute la maintenance du réseau se fait à crédit, ce qui pose réellement problème », a ajouté Eric Meyer. La CFDT a critiqué « des suppressions de postes au titre de la performance, de la productivité et du recours à la sous-traitance », au moment où il y a « lieu de s'interroger après les incidents » récents. Après deux pannes majeures fin juillet et début décembre à la gare de Paris-Montparnasse, la SNCF a promis la semaine dernière « une profonde réorganisation » dans la gestion de la rénovation de ses infrastructures.

 
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