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15/10/2018

A la SNCF, verbaliser pour gagner plus !

https://www.ledauphine.com/economie-et-finance/2018/10/15...

Des chèques cadeaux à ceux   qui dresseront le plus de procès-verbaux.  Photo C. ARCHAMBAULT/AFP

Des chèques cadeaux à ceux qui dresseront le plus de procès-verbaux. Photo C. ARCHAMBAULT/AFP

Si vous verbalisez plus que votre collègue, vous serez récompensés. Voilà comment le centre SNCF d’Asnières (Hauts-de-Seine) motive ses troupes. En lancant un concours intitulé « TOP LAFEUR » (pour lutte antifraude), il encourage ses agents commerciaux à dresser le plus de contravention entre le 1er  octobre et le 31 décembre. À la clé : des chèques cadeaux de plusieurs centaines d’euros. « Réalisez le plus grand nombre de CC (coupons comptables ou encaissement au comptant, NDLR) (hors CC à 5 euros) sur la période et gagnez 250, 150 ou 100 euros », peut-on lire sur une affiche transmise au Huffington Post par un syndicat de cheminots.

Pas une consigne de la direction

Ce concours ne s’adresse pas aux contrôleurs dans les trains mais plutôt aux agents commerciaux qui, depuis 2016, sont assermentés par l’entreprise publique pour dresser des procès-verbaux dans les gares. Par exemple : ils peuvent punir la non-validation d’une carte Navigo, l’absence d’un titre de transport ou encore certaines incivilités (cigarette allumée, crachat, etc.).

Contactée, la SNCF assure qu’« il s’agit d’une initiative locale qui ne répond aucunement à une éventuelle consigne de la direction ». Mais elle ne la condamne pas pour autant… « Si la méthode interpelle, le coût de la fraude qui représente plus de 300 millions chaque année n’interpelle pas moins. C’est autant de ressources financières en moins pour acheter des trains, les rénover, les nettoyer, maintenir les voies », explique la SNCF.

Selon un document interne que Le Figaro s’est procuré, d’autres centres SNCF, dont celui de Versailles dans les Yvelines, pratiqueraient également ces méthodes de management. « Ce concours peut sembler une pression positive, mais c’est surtout une pression négative », souligne Éric Bezou, militant au syndicat Sud Rail. « Si quelqu’un n’obtient pas de bons chiffres, que se passera-t-il ? Les agents le vivent très mal », explique ce cheminot.

14/10/2018

SNCF : Voyageurs verbalisés, l'association dauphinoise des usagers du train réagit

https://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-al...

"La SNCF ayant transformé la gare de L'Isle d'Abeau en halte cet été 2018, il n'est aujourd'hui plus possible de prendre un titre de transport au guichet en cas d'indisponibilité de l'automate" dénonce l'ADUT / © France 3 Rhône Alpes
"La SNCF ayant transformé la gare de L'Isle d'Abeau en halte cet été 2018, il n'est aujourd'hui plus possible de prendre un titre de transport au guichet en cas d'indisponibilité de l'automate" dénonce l'ADUT / © France 3 Rhône Alpes

Des voyageurs sur la ligne Lyon Grenoble ont été verbalisés alors qu'ils n'avaient pas pu se procurer de billet du fait de l'indisponibilité d'un automate à la gare de l'Isle d'Abeau.

Par Daniel Pajonk

L'association Dauphinoise des Usagers du Train (ADUT) dénonce dans un communiqué les verbalisations à outrance dont certains voyageurs ont été victimes, selon elle. Patrice Belvègue, co-président de l'association, déplore qu'encore une fois ce samedi, des voyageurs ont été verbalisés dans les trains alors qu'ils n'avaient pas pu acheter leurs titres de transport dans la gare de départ du fait de l'indisponibilité d'un automate. Dans son communiqué, l'ADUT constate que "la SNCF ayant transformé la gare de L'Isle d'Abeau en halte cet été 2018, il n'est aujourd'hui plus possible de prendre un titre de transport au guichet en cas d'indisponibilité de l'automate. Les voyageurs montent alors sans titre de transport et sont verbalisés par les contrôleurs, voire sont considérés comme des fraudeurs et des délinquants par la police ferroviaire si ces derniers sont présents, dans les trains ou sur les quais à l'arrivée."

Et de poursuivre en fustigeant l'attitude de la SNCF qui propose depuis un an de lui faire remonter les verbalisations erronées pour que les voyageurs soient remboursés. " Non !, s'écrie le co-président de l'association, ce n'est pas aux membres du conseil d’administration de l'ADUT de le faire, c'est à la SNCF de mettre en place une organisation adaptée afin que les voyageurs honnêtes ne soient pas considérés comme des délinquants à la suite d'un dysfonctionnement de la SNCF, et en subissent les conséquences morales et financières."

L'ADUT avait déjà demandé l'an passé, lors de la panne de l'automate du Grand Lemps (Isère), que les contrôleurs et les brigades de contrôle soient informés des pannes des automates et "ce n'est toujours pas le cas.", regrette l'association.

10/10/2018

Ferroviaire : le Parlement européen pousse à renforcer les droits des passagers

https://www.lesechos.fr/industrie-services/tourisme-trans...

Derek Perrotte Le 09/10 à 14:30

Les passagers du train assurant la liaison entre Cerbère et Paris sont évacués, le 3 février 2012 à Solignac, à la suite d'une panne. - Pascal Lachenaud/AFP

Les eurodéputés veulent durcir les conditions de remboursement des passagers en cas de retard des trains. Le projet se veut le complément de l'ouverture du rail à la concurrence. Mais les Etats membres rechignent à mettre trop de pression sur les grandes compagnies nationales.

C'est un monde où l'on peut traverser l'Europe de train en train avec un seul billet, où une correspondance ratée n'est qu'une péripétie, et où les retards donnent lieu à de forts remboursements. Mardi, la commission transport du Parlement européen a placé la barre haut en adoptant son rapport sur le renforcement des droits des passagers du transport ferroviaire dans l'UE. A une écrasante majorité, elle a donné son aval à des propositions bien plus ambitieuses que celles lancées cet hiver par la Commission européenne, qui fait de ce dossier le complément de l'ouverture du rail à la concurrence sur le continent.

Remboursé après deux heures de retard

Les droits des usagers, en cas de retard ou d'annulation, sont en théorie déjà encadrés par un texte de 2007. Mais  la plupart des Etats de l'UE l'ont plus ou moins vidé de sa substance via « un recours fréquent aux dérogations », dénoncé dans les rapports de suivi. A ce stade, il prévoit des indemnités de 25 % du prix du billet à partir d'une heure de retard, 50 % après deux heures. Là où la Commission joue la prudence du statu quo, les eurodéputés entendent au contraire mettre la pression : ils préconisent de doubler l'addition, avec  50 % remboursés au bout d'une heure de retard et la totalité du billet au bout de deux heures . Surtout, il ne serait plus possible d'y déroger, ni pour les trains transfrontaliers, ni pour les grandes distances, ni pour le transport régional. L'échappatoire de l'habituelle évocation de la « force majeure », floue comme la neige, est remplacée dans le projet par des « circonstances exceptionnelles » se voulant plus rares, comme une attaque terroriste.

Assurer les correspondances

Un effort serait aussi imposé sur les correspondances. Les compagnies auraient l'obligation de les assurer en cas de retard dû à un précédent train, même d'une autre compagnie. « On doit vous trouver une place dans le suivant, comme pour l'avion », résume l'eurodéputé Renaud Muselier (PPE, droite), rapporteur du texte. Le projet renforce en outre les droits des personnes à mobilité réduite. Il impose aussi une meilleure information des voyageurs, sur les conditions de circulation et les droits liés à leur billet, avec une simplification et une accélération des procédures de plainte.

Les Etats restent plus prudents

Ce monde ne déplairait pas aux usagers , mais il est encore loin d'être une réalité. Les ambitions initiales de voir le projet adopté avant les élections européennes de mai se sont envolées sous les manoeuvres dilatoires des grandes compagnies ferroviaires. « La SNCF ne veut pas inclure les trains régionaux, c'est un vrai combat. Mais c'est 90 % du trafic. Si on veut changer le quotidien des usagers, il faut les inclure », insiste Renaud Muselier. Le projet, après probable adoption prochaine au Parlement, doit passer les fourches caudines du Conseil, où les Etats membres seront tentés d'en amoindrir la portée. Ils n'ont pas prévu de se pencher sur le dossier avant l'été prochain.

 
Derek Perrotte
 
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