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22/05/2018

SNCF : les trois quarts des Français et des usagers du train favorables à la réforme ferroviaire

http://www.lemonde.fr/economie/article/2018/05/22/les-tro...

Un sondage mené pour le compte de la SNCF ne montre aucune bascule de l’opinion en faveur des grévistes, malgré la durée du conflit.

LE MONDE ECONOMIE | • Mis à jour le | Par Éric Béziat

Manifestants et voyageurs lors de la journée de grève contre la réforme de la SNCF, à Paris, le 14 mai.Manifestants et voyageurs lors de la journée de grève contre la réforme de la SNCF, à Paris, le 14 mai. FRANCOIS / AP

Le conflit à la SNCF vient d’entrer de plain-pied dans une semaine capitale qui verra le texte de la réforme ferroviaire examiné par le Sénat et des annonces importantes du premier ministre Edouard Philippe sur la dette de la SNCF.

Selon Les Echos du mardi 22 mai, le gouvernement prévoit la reprise d’environ 35 milliards des 47 milliards d’euros de dette de SNCF Réseau en deux temps – en 2020, puis 2022 – et s’apprête à annoncer un surcroît d’investissement de 700 millions. Voilà qui pourrait remonter le moral des cheminots en lutte contre la réforme, car du côté de l’opinion publique, la bataille est loin d’être gagnée.

Alors que le Journal du dimanche (JDD) indiquait, dimanche 20 mai, dans son onzième baromètre IFOP sur la grève SNCF, que le soutien au mouvement de protestation restait minoritaire (42 %), un autre sondage en ligne effectué auprès de 1 000 personnes pour le compte de la SNCF, et que Le Monde a pu consulter, révèle qu’une grande majorité de Français (75 %) trouve justifiée la réforme du système ferroviaire mise en œuvre par le gouvernement.

Cette enquête, diligentée également par l’IFOP du 9 au 14 mai, est la cinquième du genre commanditée par la direction de l’entreprise ferroviaire depuis le début du mouvement. Elle montre une stabilisation des perceptions par rapport aux vagues précédentes. Un détail rend l’étude particulièrement intéressante : l’opinion des clients et des usagers de la SNCF est isolée.

Réduction des clivages

Le sentiment de ces derniers se distingue très peu de celui de la moyenne des Français : 76 % des clients trouvent la réforme justifiée et 57 % d’entre eux considèrent que les cheminots ont trop d’avantages (58 % pour l’ensemble des Français).

Pas d’empathie avec les grévistes, donc, mais plutôt un rejet d’autant plus fort que les personnes ont été gênées par le conflit : 54 % des utilisateurs réguliers du train et 57 % des usagers des TER et Intercités (les plus touchés par le mouvement) se déclarent opposés ou hostiles à la grève, contre 51 % pour l’ensemble des Français. L’un des autres enseignements de cette enquête est la réduction des clivages (jeunes/vieux, public/privé) pour aller vers une moyenne autour de 70 % -75 % en faveur de la réforme.

« Ne pas voir l’opinion basculer en faveur des grévistes lors d’un conflit aussi long est quasiment inédit, remarque Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’IFOP. Cela a été constaté seulement lors de la réforme des retraites en 2007, mise en œuvre par Nicolas Sarkozy. Et encore, à l’époque, l’opinion avait tendance à critiquer le rythme trop rapide des changements. En 2018, ce n’est pas le cas. »

Les syndicalistes cheminots trouveront quand même dans ce sondage de quoi apporter un peu de carburant à leur lutte : 70 % des Français (+ 4 points) pensent que la privatisation à terme de la SNCF est inéluctable et 62 % (+ 4 points également) que l’on se dirige tout droit vers la fermeture de nombreuses petites lignes.

19/05/2018

Le devenir des gares divise la SNCF

https://www.lesechos.fr/industrie-services/tourisme-trans...

Lionel Steinmann Le 18/05 à 17:39

 

Gares & Connexions, l'entité qui gère les quelque 3.000 gares françaises (ici la gare du Nord à Paris), est aujourd'hui logée dans Mobilités. Une solution qui ne peut perdurer avec l'arrivée annoncée de concurrents, qui devront être accueillis sans suspicion de discrimination. - AFP

Deux conceptions s'opposent sur la gouvernance et le degré d'autonomie de la future filiale, qui sera rattachée à SNCF Réseau.

La place des gares dans la future réforme ferroviaire continue d'agiter la SNCF, et le passage du texte au Sénat devrait marquer une nouvelle étape dans la lutte d'influences de moins en moins feutrée à laquelle se livrent à ce sujet les deux principales entités du groupe, SNCF Mobilités, la compagnie qui fait rouler les trains, et SNCF Réseau, l'entité chargée des infrastructures ferroviaires.

Gares & Connexions (G & C), l'entité qui gère les quelque 3.000 gares françaises, est aujourd'hui logée dans Mobilités.  Une solution qui ne peut perdurer avec l'arrivée annoncée de concurrents, qui devront être accueillis dans les gares sans suspicion de discrimination.

La réforme ferroviaire doit donc être l'occasion d'affirmer l'indépendance de G & C vis-à-vis de l'opérateur historique. Parmi les différentes options possibles, le gouvernement a fait un premier choix début avril en optant pour un rattachement à SNCF Réseau.

Mettre fin à « une situation ubuesque »

Pour la ministre des Transports Elisabeth Borne, il s'agit également de gagner en efficacité, la gestion du patrimoine des gares étant actuellement divisée en deux. « Une situation ubuesque où Gares & Connexions gère par exemple les bâtiments et les commerces, quand SNCF Réseau gère les quais, les souterrains, ou encore certaines verrières, a-t-elle pointé le 16 mai devant les sénateurs. Au final, l'imbrication est telle que l'on finit par ne plus savoir à qui appartiennent les réseaux électriques ! »

Mais si la réunification du patrimoine fait consensus, ses modalités font l'objet d'un bras de fer sévère en coulisse. Selon plusieurs sources, Patrick Jeantet, le président de SNCF Réseau, plaide pour une intégration la plus étroite possible, au nom de l'efficacité opérationnelle. Il s'agit notamment d'améliorer la gestion des flux de voyageurs et l'interface avec les autres moyens de transport (voitures, bus, métros...).

Poursuivre la valorisation des grandes gares

A l'inverse, Patrick Ropert, le patron de G & C, souhaite une structure avec beaucoup d'autonomie, afin de poursuivre  la politique de valorisation des grandes gares , qui vise à augmenter le nombre de commerces, et donc les revenus tirés des concessions, qui servent ensuite à fiancer la rénovation des petites gares.

Chaque camp plaide sa cause auprès des élus et du ministère. Et l'annonce par Elisabeth Borne le 16 mai que le rattachement à SNCF Réseau se ferait sous la forme d'une filiale dédiée n'a pas sonné la fin du match, car rien n'est acté sur la gouvernance, le périmètre et les missions de cette filiale.

Le Sénat veut avoir son mot à dire

Ces précisions cruciales devraient être renvoyées aux ordonnances et aux décrets qui suivront. Mais les sénateurs vont avoir leur mot à dire. Hervé Maurey, le président de la Commission développement durable, veut éviter qu'une intégration poussée ne nuise au dynamisme commercial de G & C : « Nous sommes prêts à ce que les gares soient intégrées dans SNCF Réseau, sous réserve que le problème de la dette soit effectivement réglé (et ne vienne pas peser sur les investissements de G & C), et que la filiale bénéficie d'une véritable liberté dans sa gestion et ses investissements », indique-t-il.

Ni Patrick Jeantet ni Patrick Ropert n'ont souhaité s'exprimer. Selon une source au fait du dossier, le premier nommé propose que SNCF Réseau soit renommé « Gares et Réseau » pour souligner que la coopération plus étroite ne rimera pas avec absorption. La constitution d'un groupe de travail commun pour avancer sur la gouvernance aurait été actée.

Lionel Steinmann

16/05/2018

Patrick Jeantet : « SNCF Réseau va devoir dégager progressivement 1,3 milliard d’euros de productivité par an »

http://www.lemonde.fr/economie/article/2018/05/15/patrick...

Le PDG de l’infrastructure ferroviaire insiste sur l’ampleur des efforts à faire dans le cadre de la réforme de l’entreprise publique.

LE MONDE ECONOMIE |

Propos recueillis par Éric Béziat

Guillaume Pepy, PDG de la SNCF, et Patrick Jeantet, PDG de SNCF Réseau, le 12 mars, à Paris.
Guillaume Pepy, PDG de la SNCF, et Patrick Jeantet, PDG de SNCF Réseau, le 12 mars, à Paris. FRANCOIS GUILLOT / AFP

Moins omniprésent que Guillaume Pepy dans les médias, Patrick Jeantet, le PDG de SNCF Réseau, est l’un des personnages-clés de la réforme ferroviaire. Il dirige cette infrastructure lestée de la fameuse dette de 47 milliards d’euros que le gouvernement s’est engagé à reprendre, au moins partiellement. Sujet d’intenses tractations entre l’exécutif et le groupe ferroviaire depuis plusieurs semaines, le modèle économique de SNCF Réseau est un des éléments qui pourraient débloquer le conflit. Le PDG détaille sa vision des changements à venir.

Une grève pénalisante

Il y a d’abord cette grève contre la réforme, qui contribue à fragiliser le système ferroviaire et singulièrement le réseau. Lundi 14 mai a été une journée sans cheminots. Lors de ce 18e jour de grève, la mobilisation a rebondi, avec 27,58 % de grévistes, soit le troisième taux le plus élevé en semaine depuis le début du mouvement par épisode, les 3 et 4 avril (33,9 % et 29,7 %). D’autre part, la journée a été marquée par une cinquantaine d’incidents et d’actes de malveillance. La SNCF a décidé de porter plainte.

« SNCF Réseau a, jusqu’ici, perdu 110 millions d’euros, estime M. Jeantet. Essentiellement en raison des péages ferroviaires non perçus. » Si l’immense planning de travaux de régénération du réseau accumule les retards, un autre problème, plus inattendu, lié à la grève, vient compliquer la tâche du gestionnaire d’infrastructure.

« Il faut savoir qu’au printemps, nos équipes préparent la saison des fortes chaleurs, explique le patron. Cela consiste à relâcher les contraintes dans le rail. Si on ne fait pas cela, lorsque les températures montent, les rails se déforment à cause de la dilatation de l’acier. Or, cette préparation va prendre du retard. L’ensemble des rails n’ayant pu être traités à temps, nous aurons, en juillet-août, davantage de ralentissements que d’habitude liés à ce point technique. »

« On...

 
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