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15/06/2014

Le secret des trains qui roulent en temps de grève

http://www.la-croix.com/Actualite/Economie-Entreprises/Ec...

En cas de grève, les plans de circulation des trains SNCF sont prévus bien à l’avance, en accord avec les régions.

14/6/14 - 11 H 20 - Mis à jour le 14/6/14 - 11 H 28

TER en gare de Lille, vendredi 13 juin.

PHILIPPE HUGUEN/AFP TER en gare de Lille, vendredi 13 juin.

L’expression, on le sait, reste trompeuse. En temps de grève, la SNCF évoque parfois la notion de « service garanti » mais (certains d’usagers le regrettent) la garantie ne concerne guère que l’information fiable des usagers sur les trains qui rouleront, et non un nombre de dessertes minimal.

Pour prendre un exemple extrême, il n’y aurait aucun train en service au cas improbable où 100 % des cheminots seraient en arrêt de travail, puisque les textes de loi n’ont pas prévu de réquisition lors des conflits sociaux dans les transports terrestres. On est donc loin des trois heures de service que Nicolas Sarkozy voulait voir assurées matin et soir aux heures de pointe…

Prévoir le plus tôt possible la liste des trains en circulation

Depuis 2007, une fois un préavis de grève posé par les syndicats, les cheminots sont tenus de se signaler individuellement s’ils décident de cesser le travail ;  et cela au plus tard 48 heures avant le déclenchement du mouvement. C’est ce qu’on appelle la « déclaration individuelle d’intention » (DII).

En fait, cette DII ne concerne que trois catégories de cheminots, jugés indispensables à la circulation des trains : les conducteurs, les contrôleurs et les agents d’aiguillage. « Le nombre global de grévistes sera peut-être plus important que le nombre de déclarations individuelles puisque les autres catégories d’agents n’y sont pas tenues », précise Alain Krakovitch, directeur général Sécurité et Qualité de service ferroviaire.

Le seul nombre des déclarations, qui sont décomptées par établissement et donc de manière géographique, permet en revanche à la SNCF de déterminer le plus tôt possible les différents plans de transports : autrement dit la liste des trains qui fonctionneront.

Considérations commerciales

Ces plans ne sont pas le fruit d’une décision de dernière minute mais résultent de schémas préétablis longtemps à l’avance, selon des hypothèses de participation à la grève. « Ils ont été négociés en amont avec les autorités organisatrices de transports (AOT) », dit Alain Krakovitch.

Ces AOT (essentiellement les régions pour les TER) ont donné leurs priorités de dessertes, de lignes et d’horaires selon leurs besoins et les usagers qu’elles veulent privilégier : salariés, scolaires… « Différents plans de service existent, en fonction du nombre d’agents, selon que le tiers, la moitié ou les deux-tiers des trains peuvent rouler », dit le responsable de la SNCF.

« Il existe par ailleurs des clauses entre la SNCF et les AOT, ajoute Bernard Soulage, vice-président du Groupement des autorités responsables de transport (GART) et ancien vice-président de la région Rhône-Alpes en charge des transports. Lors de ces plans, qui résultent de programmes prioritaires décidés en amont en cas de situation perturbée, la SNCF peut recevoir des bonus si elle nous offre plus de trains que prévus, mais elle peut aussi avoir un malus si moins de services cars ou trains fonctionnent. »

Reste le cas des TGV, qui ne sont pas financés par les régions mais gérés par la SNCF. En fonction du nombre de DII, l’opérateur choisira selon des considérations commerciales. Les trains à grande vitesse les plus pleins et les plus rentables ont donc toutes les chances d’être ceux qui passeront à travers les gouttes de la grève.

14/6/14 - 11 H 20 - Mis à jour le 14/6/14 - 11 H 28

06/06/2014

Les doléances des usagers de la ligne Lyon/St-André-le-Gaz

http://www.ledauphine.com/isere-nord/2014/06/04/les-dolea...

Face aux représentants de la Région, de la SNCF, de RFF, une trentaine d’usagers a exprimé les raisons de son insatisfaction.

Les intervenants ont dû faire face à l'insatisfaction des usagers

Une réunion du comité de la ligne SNCF Lyon/Saint André-le-Gaz a eu lieu mardi dans les locaux du lycée horticole de La Tour-du-Pin. C’est un moment d’échanges entre les représentants de la région Rhône-Alpes, de la SNCF, de Réseau ferré de France, et les usagers.

La rencontre a débuté par la présentation des résultats d’une enquête sur les déplacements régionaux. Les attentes prioritaires des voyageurs s’articulent autour de l’information, le confort sur les quais et à bord, la sécurité et la propreté. Cette enquête a immédiatement été contestée par les membres de l’association dauphinoise des usagers du train (Adut) qui lui reprochent de ne pas prendre en compte la ponctualité.

La présentation des nouveaux services “TER Mobile” par Benoit Chatenet de la SNCF, n’a pas suffi à dissiper l’insatisfaction ambiante. Il a fallu toute la fermeté de la présidente du comité de ligne Elyette Croset-Bay, pour que les débats s’apaisent.

Après la ponctualité, qui est leur principal grief, les usagers dénoncent une dégradation globale du service avec des trains supprimés, en sous-capacité, et un manque d’information. Leur inquiétude est d’autant plus vive que le trafic augmente de 8 % chaque année. Ce qu’ils souhaitent, c’est un plan d’action précis pour la modernisation de la ligne. Elyette Croset-Bay reconnaît que « cette ligne est malade », mais les travaux d’infrastructures nécessaires exigeraient des moyens financiers énormes. Seul le prochain réaménagement de la gare de Saint-André-le-Gaz, annoncé par Damien Caraboeuf de Réseau ferré de France, sera de nature à améliorer la fluidité de la ligne dans un futur proche.

Publié le 04/06/2014 à 21:52

Les TER dans le chamboule-tout des régions

http://transports.blog.lemonde.fr/2014/06/04/les-ter-dans...

 

Faudra-t-il bientôt prévoir des couchettes dans les TER qui relieront Dreux (ex-Centre) à Brive (ex-Limousin) ou Modane (ex-Rhône-Alpes) à Aurillac (ex-Auvergne) ? Aménager les horaires pour que les trains puissent couvrir en une journée la distance entre Abbeville (ex-Picardie) et Chaumont (ex-Champagne-Ardenne) ? Ou encore changer le design des rames pour leur donner une "identité visuelle", comme disent les têtes pensantes, pyrénéo-languedocienne ou alsaco-lorraine ?

Les régions s'occupent de tout. Divers scénarios plus ou moins fantaisistes circulent, mais en attendant les 14 futures régions métropolitaines resteront, comme c’est le cas depuis la décentralisation de 1982, les "autorités organisatrices" responsables des transports ferrés. Depuis 2002, leurs pouvoirs ont été renforcés et ce sont elles qui administrent le fonctionnement du transport express régional (TER). Les conseils régionaux, dotés de commissions de travail en charge des transports et d’élus délégués ayant le titre de vice-présidents, s’occupent pratiquement de tout : définition des lignes et des horaires, réception du matériel roulant (une compétence que plus personne n’ignore depuis l’affaire des TER trop larges), choix d’un éventuel cadencement (ici en Lorraine), décision, occasionnelle, de remplacer les trains par des cars, voire suppression de la première classe (ici en Rhône-Alpes).

"Le train est arrivé à l'heure". Les voyageurs sont d’ailleurs informés de cette prééminence des régions. Lorsqu’un TER parvient à son terminus, le haut-parleur diffuse désormais un message sur le mode "Le train est arrivé à l’heure. SNCF et la région Champagne-Ardenne vous remercient de votre confiance".

Peu d'économies. La fusion annoncée ne devrait pas permettre de substantielles économies, si on en croit les élus en charge des transports. Certes, on imagine volontiers que les nouvelles régions effectueront des commandes plus volumineuses de matériel ferroviaire, de façon à faire baisser les coûts. Mais en réalité, elles procèdent déjà ainsi. Les horaires pourraient bien sûr être réaménagés ici ou là, mais en pratique les limites administratives n’influencent que marginalement les déplacements. Les TER traversent déjà les Vosges, la Seine pour aller de Rouen à Caen ou le Massif central entre Lyon et Clermont-Ferrand.

Le coût des logos. Il faudra enfin redessiner des logos et des "habillages" au nom et aux couleurs des nouvelles régions, en plus de modifier l’annonce sonore. Cela peut coûter davantage que cela ne rapporte, comme en témoigne ce coup de peinture effectué l’an dernier en Rhône-Alpes, facturé 21000€ par train (à lire ici). Car les TER sont aux régions ce que les tramways, petits bijoux, sont aux agglomérations.

"La vraie question, c’est celle des compétences pour les régions, quelle que soit leur taille", argumente Roland Ries, maire (PS) de Strasbourg et président, jusqu’en septembre, du Groupement des autorités responsables des transports (GART). Les régions souhaiteraient ainsi être propriétaires du matériel roulant qu’elles commandent et financent.

Les malheurs de Salomon. Par ailleurs, la gestion des transports subit aujourd’hui un effet délétère de la répartition des compétences entre les échelons de collectivité, façon jugement de Salomon. Ainsi, si les régions sont en charge des trains, les départements gèrent les cars interurbains, les intercommunalités maîtrisent les transports urbains et les communes définissent les plans de circulation et le stationnement…

Il résulte de ce mille-feuilles, que l’on peut baptiser, si on préfère, pudding ou lasagnes, des incohérences voire une concurrence entre les différents niveaux. Ainsi, depuis que certaines régions proposent des trajets en TER à 1€ (comme c'est le cas en Languedoc-Roussillon), des départements ont décidé d’instituer le même tarif. Il ne faudrait pas que les voyageurs préfèrent "leur" train à "notre" autocar…

"Pour les transports, une réforme territoriale s’impose certes, mais celle qui consiste à fusionner les régions ne présente aucun intérêt", résume, en souhaitant rester anonyme, un important responsable du secteur.

 
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