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02/08/2018

Ligne Lyon-Turin : Le Maire «comprend les interrogations légitimes» de l’Italie

https://www.ledauphine.com/savoie/2018/08/01/ligne-lyon-t...

Par AFP | Publié le 01/08/2018 à 15:27

Photo archives Le DL/ Grégory YETCHMENIZA Photo archives Le DL/ Grégory YETCHMENIZA

Le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, a affirmé mercredi comprendre «les interrogations légitimes» du gouvernement italien sur le coûteux chantier de ligne ferroviaire Lyon-Turin et indiqué qu’il attendait patiemment «une position officielle».

M. Le Maire a rencontré mercredi à Rome le principal opposant au projet, le vice-Premier ministre italien Luigi Di Maio, qui avait réaffirmé lundi que la ligne ferroviaire serait «entièrement rediscutée». Le chef de file du Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème) y est très hostile, tout comme son ministre des Transports Danilo Toninelli, contrairement à son allié au gouvernement, le dirigeant de La Ligue (extrême droite) Matteo Salvini.

Le ministre français a assuré qu’en tête-à-tête M. Di Maio, tout nouveau ministre du Développement économique et du Travail, était «plus mesuré et plus pédagogique» que dans ses déclarations publiques. «Il n’y a pas d’opposition sur le tunnel, il y a des interrogations qui sont légitimes. C’est un investissement qui est très lourd, je comprends que le gouvernement (italien) se demande s’il y a de la rentabilité. Au bout du compte, c’est le contribuable qui paie pour une infrastructure de cette taille-là», a-t-il commenté. «C’est à la partie italienne maintenant de prendre des décisions définitives», a ajouté Bruno Le Maire, qui s’est également entretenu à Rome avec son homologue Giovanni Tria.

Avec ses interlocuteurs italiens, il a aussi fait le point sur le rachat par le groupe italien Fincantieri de 50% des chantiers navals STX France.
«La fusion entre STX et Fincantieri est en bonne voie», a déclaré M. Le Maire, notant que le projet serait définitivement bouclé «dans les mois qui viennent dès que les autorités de la concurrence auront donné leur accord définitif». Cette fusion donnera naissance «à l’un des plus gros constructeurs navals civils du monde», a-t-il rappelé, jugeant dans l’intérêt des deux pays de «construire des géants industriels de cette taille».

Un rapprochement entre le français Naval Group et Fincantieri pour créer un champion naval européen est également en bonne voie, a-t-il indiqué, les deux groupes devant «apporter un certain nombre de précisions sur le champ du projet».

Dans le cadre de ce rapprochement, la France projette de renouveler sa flotte de pétroliers ravitailleurs de la Marine dans les chantiers navals de Saint-Nazaire, en utilisant un design italien.
S’il pourrait y avoir une éventuelle prise de participations croisées, M. Le Maire exclut toute fusion entre les deux compagnies.

29/07/2018

Ligne ferroviaire Lyon-Turin. Le gouvernement italien se divise autour du projet

https://www.ouest-france.fr/europe/italie/ligne-ferroviai...

Ouest France avec Reuters 27/07/2018 à 18h49

Les travaux de la « TAV » (Treno Alta Velocita) ont déjà commencé, notamment le tunnel entre Lyon et Turin qui est critiqué par les associations pour l'environnement

Les deux partenaires de la coalition gouvernementale ont des avis diamétralement opposés sur la future ligne franco-italienne. Selon la presse italienne ce vendredi, le chef du gouvernement aurait tranché et décide de stopper le projet.

Le gouvernement italien se divisait vendredi autour de la question de la ligne ferroviaire Lyon-Turin, le Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème) réclamant un arrêt du projet, tandis que la Ligue (extrême droite) plaide pour sa poursuite.

Le sujet avait déjà divisé les deux alliés fin mai lors de l’élaboration de leur programme commun, dans lequel ils s’étaient finalement engagés à « suspendre les travaux d’exécution » de la ligne ferroviaire et à « rediscuter intégralement le projet ».

Les 5 Étoiles veulent l’arrêt du projet

Mais ces derniers jours, le M5S, depuis toujours hostile au projet, a multiplié les attaques et, selon les quotidiens La Stampa et La Repubblica, le chef du gouvernement, Giuseppe Conte, aurait décidé de stopper le projet.

Il n’y a cependant pas eu de communication officielle. Des sources proches de l’entourage de Giuseppe Conte ont assuré à d’autres médias que le dossier n’était pas sur la table pour l’instant.

« Quand j’étudie un dossier comme celui du Turin-Lyon, je ne peux qu’éprouver de la colère et du dégoût concernant l’argent gaspillé des citoyens italiens », a récemment dénoncé le ministre des Transports, Danilo Toninelli (M5S).

« Cela a été un énorme gaspillage d’argent public pour favoriser les habituels potentats, les clans politico-économiques et même la criminalité organisée », a-t-il ajouté.

La Ligue veut continuer

Mais la Ligue de Matteo Salvini s’oppose à un abandon du projet. « De mon point de vue, il faut aller de l’avant, pas revenir en arrière », a affirmé vendredi le vice-Premier ministre à la radio. « Il faut faire l’analyse coûts-bénéfices : l’infrastructure sert ou non, est-ce que cela coûte davantage de la bloquer ou de poursuivre ? ».

L’opposition a pour sa part fustigé un éventuel abandon : « Deux milliards d’euros de pénalités, le blocage des financements européens, 4 000 emplois en péril. Le pays entier paiera la folie du gouvernement de bloquer le Turin-Lyon », a tweeté le secrétaire du Parti démocrate (centre gauche), Maurizio Martina.

Et le patronat défendait lui aussi cette ligne. « Nous sommes le deuxième pays manufacturier d’Europe » et pour être compétitives, les entreprises doivent avoir « des infrastructures dignes d’un grand pays industriel », a fait valoir Vincenzo Boccia, le patron du principal syndical patronal.

Interrogé sur ce dossier, un porte-parole de la Commission européenne a souligné que le « Lyon-Turin était un important projet, pas seulement pour la France et l’Italie, mais aussi pour l’Europe dans son ensemble ».

« Le projet est en cours. Il est important que toutes les parties maintiennent leurs efforts pour le réaliser dans les temps », a-t-il ajouté.

D’autres sujets de frictions

Mais les grands travaux ne sont pas les seuls sujets de contentieux entre les deux alliés.

Ainsi, le ministre de la Famille, Lorenzo Fontana (Ligue) a rouvert une faille jeudi en réclamant l’arrêt des inscriptions à l’état civil d’enfants de couples gays conçus à l’étranger via des pratiques interdites en Italie.

La maire M5S de Turin, Chiara Appendino, a répliqué que sa commune continuerait à le faire.

 

01/04/2018

Ca n'est pas la SNCF le problème, mais le rail

https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/0301489035691...

Remy Prudhomme / professeur émérite des universités Le 29/03 à 08:00

La stratégie engagée repose sur l'idée que le rail est un secteur d'avenir et que la SNCF est une entreprise du passé. C'est le contraire qui est vrai. - Laurent Cipriani/AP/SIPA

LE CERCLE/HUMEUR - La SNCF est un bouc émissaire commode, facile a critiquer. Mais le vrai problème reste le rail, dont plusieurs domaines ne sont pas rentables.

Merci M. Jean-Cyril Spinetta [auteur d'un récent rapport sur le ferroviaire, NDLR] d'avoir si clairement expliqué que le rail en France était subventionné à hauteur de 14 milliards d'euros par an (deux fois le budget de la justice) pour offrir un service dégradé ; et surtout d'avoir été - enfin - entendu par un gouvernement. Comme dans un western, le Premier ministre-justicier a immédiatement dégainé, et fait feu en criant « réforme ! réforme ! ». On peut cependant craindre qu'il ne se trompe de cible.

Ses premières balles sont pour  le statut des cheminots. Il y a sans doute un peu de grain à moudre de ce côté-là. Mais moins qu'on ne le croit. La rémunération d'un salarié du rail n'est guère supérieure (+ 6 %) à celle d'un salarié français en général, pour des qualifications et des conditions de travail au moins aussi sévères. Une diminution - considérable et à peine concevable - de 10 % du coût du travail économiserait moins de 1 milliard par an, 6 % du vrai déficit actuel du rail.

Monopole de la SNCF et sous-investissements

La rafale suivante vise le monopole de la SNCF. Un marché concurrentiel est en principe un puissant facteur d'efficacité et de progrès. A condition que le marché fonctionne. Tous les biens ne se prêtent pas également à la concurrence. Le chemin de fer s'en accommode mal. 

On peut sans doute concevoir de la concurrence pour l'utilisation des voies, et beaucoup de pays l'ont fait. Mais cela pose des problèmes d'écrémage du trafic, de pertes de complémentarité, de répartition des subventions, ou encore d'économies d'échelle. Ces problèmes impliquent des systèmes de régulation, de contrôle, de tarification, de choix des concessionnaires, de coordination, etc. qui sont parfois efficaces, et toujours complexes et coûteux.

Une troisième cible concerne « l'insuffisance des investissements ». On nous répète qu'il aurait fallu, et qu'on le fera à l'avenir, dépenser davantage dans l'entretien des réseaux. On est là en pleine absurdité. Pour combler le trou de 14 milliards, il est proposé de le creuser de 3 ou 4 milliards supplémentaires chaque année.

Des « domaines de pertinence » limités

La stratégie engagée repose sur l'idée que le rail est un secteur d'avenir et que la SNCF est une entreprise du passé. C'est le contraire qui est vrai. La SNCF est une entreprise imparfaite mais honorable, un bouc émissaire commode. Le rail n'est plus - et ne redeviendra pas - le mode de transport dominant et le facteur de progrès merveilleux qu'il a été.

Le fret ferroviaire, par exemple, assure moins de 2 % du transport de marchandises (mesuré, comme tous les autres biens, en euros de ventes, pas en tonnes-kilomètres), malgré une bonne demi-douzaine de « plans fret » qui prétendaient le doubler ou le tripler. Le problème consiste à gérer ce déclin, pas à essayer de l'empêcher.

Restent au rail quelques « domaines de pertinence » comme dit justement M. Spinetta, importants mais limités. Quelques-uns de ces domaines sont rentables. La plupart ne le sont pas, et nécessitent des subventions publiques. Ces subventions devraient apparaître clairement dans les budgets publics, au même titre que les dépenses du ministère de la Justice ou de la Recherche, et faire l'objet d'arbitrages du Parlement (plutôt que d'ordonnances du gouvernement).

Nous en sommes loin. Le gouvernement a renouvelé son attachement  au projet de TGV Lyon-Turin. Ce projet inutile coûtera près de 30 milliards (10 milliards pour le tunnel, et 20 milliards pour les lignes qui y conduisent), dont une bonne moitié à la charge du contribuable français. L'économie réalisée par son abandon représenterait quinze ou vingt ans de l'économie associée à l'abrogation du statut des cheminots. Formons des voeux pour qu'une balle perdue atteigne le Lyon-Turin.

Rémy Prud'homme est professeur émérite des universités.

 
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