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29/07/2018

Ligne ferroviaire Lyon-Turin. Le gouvernement italien se divise autour du projet

https://www.ouest-france.fr/europe/italie/ligne-ferroviai...

Ouest France avec Reuters 27/07/2018 à 18h49

Les travaux de la « TAV » (Treno Alta Velocita) ont déjà commencé, notamment le tunnel entre Lyon et Turin qui est critiqué par les associations pour l'environnement

Les deux partenaires de la coalition gouvernementale ont des avis diamétralement opposés sur la future ligne franco-italienne. Selon la presse italienne ce vendredi, le chef du gouvernement aurait tranché et décide de stopper le projet.

Le gouvernement italien se divisait vendredi autour de la question de la ligne ferroviaire Lyon-Turin, le Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème) réclamant un arrêt du projet, tandis que la Ligue (extrême droite) plaide pour sa poursuite.

Le sujet avait déjà divisé les deux alliés fin mai lors de l’élaboration de leur programme commun, dans lequel ils s’étaient finalement engagés à « suspendre les travaux d’exécution » de la ligne ferroviaire et à « rediscuter intégralement le projet ».

Les 5 Étoiles veulent l’arrêt du projet

Mais ces derniers jours, le M5S, depuis toujours hostile au projet, a multiplié les attaques et, selon les quotidiens La Stampa et La Repubblica, le chef du gouvernement, Giuseppe Conte, aurait décidé de stopper le projet.

Il n’y a cependant pas eu de communication officielle. Des sources proches de l’entourage de Giuseppe Conte ont assuré à d’autres médias que le dossier n’était pas sur la table pour l’instant.

« Quand j’étudie un dossier comme celui du Turin-Lyon, je ne peux qu’éprouver de la colère et du dégoût concernant l’argent gaspillé des citoyens italiens », a récemment dénoncé le ministre des Transports, Danilo Toninelli (M5S).

« Cela a été un énorme gaspillage d’argent public pour favoriser les habituels potentats, les clans politico-économiques et même la criminalité organisée », a-t-il ajouté.

La Ligue veut continuer

Mais la Ligue de Matteo Salvini s’oppose à un abandon du projet. « De mon point de vue, il faut aller de l’avant, pas revenir en arrière », a affirmé vendredi le vice-Premier ministre à la radio. « Il faut faire l’analyse coûts-bénéfices : l’infrastructure sert ou non, est-ce que cela coûte davantage de la bloquer ou de poursuivre ? ».

L’opposition a pour sa part fustigé un éventuel abandon : « Deux milliards d’euros de pénalités, le blocage des financements européens, 4 000 emplois en péril. Le pays entier paiera la folie du gouvernement de bloquer le Turin-Lyon », a tweeté le secrétaire du Parti démocrate (centre gauche), Maurizio Martina.

Et le patronat défendait lui aussi cette ligne. « Nous sommes le deuxième pays manufacturier d’Europe » et pour être compétitives, les entreprises doivent avoir « des infrastructures dignes d’un grand pays industriel », a fait valoir Vincenzo Boccia, le patron du principal syndical patronal.

Interrogé sur ce dossier, un porte-parole de la Commission européenne a souligné que le « Lyon-Turin était un important projet, pas seulement pour la France et l’Italie, mais aussi pour l’Europe dans son ensemble ».

« Le projet est en cours. Il est important que toutes les parties maintiennent leurs efforts pour le réaliser dans les temps », a-t-il ajouté.

D’autres sujets de frictions

Mais les grands travaux ne sont pas les seuls sujets de contentieux entre les deux alliés.

Ainsi, le ministre de la Famille, Lorenzo Fontana (Ligue) a rouvert une faille jeudi en réclamant l’arrêt des inscriptions à l’état civil d’enfants de couples gays conçus à l’étranger via des pratiques interdites en Italie.

La maire M5S de Turin, Chiara Appendino, a répliqué que sa commune continuerait à le faire.

 

01/04/2018

Ca n'est pas la SNCF le problème, mais le rail

https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/0301489035691...

Remy Prudhomme / professeur émérite des universités Le 29/03 à 08:00

La stratégie engagée repose sur l'idée que le rail est un secteur d'avenir et que la SNCF est une entreprise du passé. C'est le contraire qui est vrai. - Laurent Cipriani/AP/SIPA

LE CERCLE/HUMEUR - La SNCF est un bouc émissaire commode, facile a critiquer. Mais le vrai problème reste le rail, dont plusieurs domaines ne sont pas rentables.

Merci M. Jean-Cyril Spinetta [auteur d'un récent rapport sur le ferroviaire, NDLR] d'avoir si clairement expliqué que le rail en France était subventionné à hauteur de 14 milliards d'euros par an (deux fois le budget de la justice) pour offrir un service dégradé ; et surtout d'avoir été - enfin - entendu par un gouvernement. Comme dans un western, le Premier ministre-justicier a immédiatement dégainé, et fait feu en criant « réforme ! réforme ! ». On peut cependant craindre qu'il ne se trompe de cible.

Ses premières balles sont pour  le statut des cheminots. Il y a sans doute un peu de grain à moudre de ce côté-là. Mais moins qu'on ne le croit. La rémunération d'un salarié du rail n'est guère supérieure (+ 6 %) à celle d'un salarié français en général, pour des qualifications et des conditions de travail au moins aussi sévères. Une diminution - considérable et à peine concevable - de 10 % du coût du travail économiserait moins de 1 milliard par an, 6 % du vrai déficit actuel du rail.

Monopole de la SNCF et sous-investissements

La rafale suivante vise le monopole de la SNCF. Un marché concurrentiel est en principe un puissant facteur d'efficacité et de progrès. A condition que le marché fonctionne. Tous les biens ne se prêtent pas également à la concurrence. Le chemin de fer s'en accommode mal. 

On peut sans doute concevoir de la concurrence pour l'utilisation des voies, et beaucoup de pays l'ont fait. Mais cela pose des problèmes d'écrémage du trafic, de pertes de complémentarité, de répartition des subventions, ou encore d'économies d'échelle. Ces problèmes impliquent des systèmes de régulation, de contrôle, de tarification, de choix des concessionnaires, de coordination, etc. qui sont parfois efficaces, et toujours complexes et coûteux.

Une troisième cible concerne « l'insuffisance des investissements ». On nous répète qu'il aurait fallu, et qu'on le fera à l'avenir, dépenser davantage dans l'entretien des réseaux. On est là en pleine absurdité. Pour combler le trou de 14 milliards, il est proposé de le creuser de 3 ou 4 milliards supplémentaires chaque année.

Des « domaines de pertinence » limités

La stratégie engagée repose sur l'idée que le rail est un secteur d'avenir et que la SNCF est une entreprise du passé. C'est le contraire qui est vrai. La SNCF est une entreprise imparfaite mais honorable, un bouc émissaire commode. Le rail n'est plus - et ne redeviendra pas - le mode de transport dominant et le facteur de progrès merveilleux qu'il a été.

Le fret ferroviaire, par exemple, assure moins de 2 % du transport de marchandises (mesuré, comme tous les autres biens, en euros de ventes, pas en tonnes-kilomètres), malgré une bonne demi-douzaine de « plans fret » qui prétendaient le doubler ou le tripler. Le problème consiste à gérer ce déclin, pas à essayer de l'empêcher.

Restent au rail quelques « domaines de pertinence » comme dit justement M. Spinetta, importants mais limités. Quelques-uns de ces domaines sont rentables. La plupart ne le sont pas, et nécessitent des subventions publiques. Ces subventions devraient apparaître clairement dans les budgets publics, au même titre que les dépenses du ministère de la Justice ou de la Recherche, et faire l'objet d'arbitrages du Parlement (plutôt que d'ordonnances du gouvernement).

Nous en sommes loin. Le gouvernement a renouvelé son attachement  au projet de TGV Lyon-Turin. Ce projet inutile coûtera près de 30 milliards (10 milliards pour le tunnel, et 20 milliards pour les lignes qui y conduisent), dont une bonne moitié à la charge du contribuable français. L'économie réalisée par son abandon représenterait quinze ou vingt ans de l'économie associée à l'abrogation du statut des cheminots. Formons des voeux pour qu'une balle perdue atteigne le Lyon-Turin.

Rémy Prud'homme est professeur émérite des universités.

02/02/2018

Quel sera le montant du chèque de l'Etat pour ses infrastructures de transport ?

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/services/tra...

Par Fabrice Gliszczynski  | 

Philippe Duron, président du conseil d'orientation des infrastructures
Philippe Duron, président du conseil d'orientation des infrastructures (Crédits : DR)
Missionné par le gouvernement pour réfléchir à l'avenir des infrastructures de transport terrestre au cours des 20 prochaines années, le conseil d'orientation des infrastructures a rendu son rapport ce jeudi. Focalisé sur les mobilités du quotidien, il préconise trois scénarios dont l'enveloppe d'investissements va de 48 milliards d'euros pour le plus modeste à 80 milliards pour le plus ambitieux.

«Une rupture nette avec plusieurs décennies» de politiques d'infrastructures focalisées sur les grands projets éloignées des besoins essentiels des citoyens qui ont le plus souvent débouché sur des « promesses non financées ». En recevant le rapport du conseil d'orientation des infrastructures présidé par le sénateur socialiste Philippe Duron, c'est ce qu'a à nouveau promis ce jeudi Elisabeth Borne, la ministre en charge des Transports, en rappelant les ambitions du gouvernement de privilégier, dans les investissements d'infrastructures, les mobilités du quotidien et de faire une « pause » dans les grands projets. Selon l'exécutif, il manquait en effet dix milliards d'euros dans les caisses de l'Etat sur le quinquennat - sept milliards pour financer les chantiers promis précédemment et trois milliards pour l'entretien du réseau existant. « Il fallait ouvrir une page », a ajouté Elisabeth Borne.

Projet de loi d'orientation des mobilités en avril

Chargé de définir les projets d'investissements pour les vingt prochaines années, ce rapport a cherché à répondre à «deux objectifs stratégiques », selon Philippe Duron :

« placer la France à la pointe de l'innovation, notamment pour assurer les transitions énergétiques, favoriser et encadrer le développement de l'économie collaborative et engager sans tarder les grands projets de liaisons entre métropoles en commençant par les nœuds ferroviaires ».

Avec donc la mobilité du quotidien comme fil conducteur, le rapport propose trois scénarios dont l'enveloppe d'investissements va de 48 milliards d 'euros pour le plus économe à 80 milliards d'euros pour le plus ambitieux. Le gouvernement tranchera dans les prochaines semaines et le scénario retenu servira de base au projet de loi d'orientation des mobilités qui sera présenté en avril.

Trois scénarios

Le premier scénario « celui de l'orthodoxie financière, de la dépense maîtrisée » selon les mots de Philippe Duron, recense ce qui est envisageable si l'Etat met 48 milliards d'euros sur vingt ans dans le budget de l'Afift (Agence de financement des infrastructures de transport de France). Ce qui correspond à un montant de 2,4 milliards d'euros par an, en hausse de 10% par rapport à la moyenne du budget de l'Afift au cours de ces dernières années. S'il permet à peine de rénover l'existant, ce scénario ne permet pas d'atteindre les objectifs principaux fixés par la lettre de mission du gouvernement, et condamne la plupart des grands projets.
Le deuxième scénario est jugé plus convenable, selon Philippe Duron. Représentant un budget de 60 milliards d'euros sur 20 ans, il répond « aux priorités majeures (transport quotidien et régénération des infrastructures) fixées par le gouvernement". Quant au troisième, « l'ambition maximale », il permet d'accélérer tous les programmes et tous les projets ». Son budget s'élève à 80 milliards d'euros.

D'une manière générale, ce rapport plaide pour la rénovation en priorité des grandes gares, la réalisation de nouvelles lignes ferroviaires, mais par étapes échelonnées sur vingt ans, ainsi que pour l'amélioration de la desserte routière des petites villes. Quel que soit le scénario retenu, il n'est plus question de construire d'un tenant de longues lignes à grande vitesse.

"Les grands projets peuvent toujours trouver une légitimité, mais (...) ils ne sont pas forcément aujourd'hui la première des priorités", a relevé Philippe Duron. "Cependant, s'ils amènent une amélioration aux transports d'un territoire, s'ils viennent corriger des insatisfactions des usagers, ils méritent d'être engagés."

Le conseil d'orientation des infrastructures propose d'en saucissonner la réalisation, en étalant les travaux dans le temps. Il coupe ainsi en morceaux les projets de lignes nouvelles de Paris vers la Normandie, de Bordeaux à Toulouse ou de Marseille à Nice, dont certains tronçons ne verront pas le jour avant longtemps. Pour prendre l'exemple de Bordeaux-Toulouse, les travaux de la section Agen-Toulouse pourraient être engagés sur la période 2033-37 avec le premier scénario, en 2028-2032 avec le deuxième (à condition de ne pas construire Montpellier-Béziers) et en 2023-27 avec la troisième hypothèse. Bordeaux-Agen viendrait plus tard. Et, quoi qu'il arrive, on commencerait par désengorger les gares de Bordeaux et Toulouse. Le rapport suggère parallèlement d'abandonner, ou de repousser à un horizon très lointain, certains projets tels que la ligne nouvelle Bordeaux-Dax ou le doublement de l'autoroute entre Lyon et Saint-Etienne.

Les pistes du financement

Reste à financer cela. Pour trouver des fonds supplémentaires, le rapport réfute l'idée d'augmenter les taxes et recommande au gouvernement de procéder à des redéploiements, et d'utiliser notamment une partie des recettes de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (Ticpe). «Quelques centimes de Ticpe sont susceptibles de financer les scenarios 2 et 3 », a-t-il dit.

Autre solution, revoir la niche fiscale octroyée aux entreprises de transport routiers, de taxis pour compenser le prix des carburants. De 900 millions aujourd'hui, elle va dépasser les 3 milliards en 2022 quand la contribution carbone va monter en puissance, a fait remarquer Philippe Duron. « Il n'est pas illégitime de revisiter cette niche fiscale pour qu'une partie de celle-ci soit affectée aux investissements d'infrastructures ».

Troisième solution préconisée par le rapport : une vignette forfaitaire payée par les camions ou les véhicules utilitaires légers.

Suivant la mission qui lui a été confiée, le Conseil ne s'est en revanche pas prononcé sur trois projets majeurs, qui font l'objet de débats distincts à haut niveau : la liaison ferroviaire entre Lyon et Turin, en Italie, le canal Seine-Nord et le réseau de transports du Grand Paris.

 
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