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13/12/2017

UFC Que Choisir dresse un bilan négatif de la ponctualité des TER en Auvergne Rhône-Alpes

https://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-al...

© G.Ragris© G.Ragris

Deux ans jour pour jour après l’élection du nouveau conseil régional, et alors que l’organisation des transports ferroviaires constitue l’une de ses principales prérogatives, UFC QUe Choisir dresse un bilan inquiétant de l’évolution de la qualité des trains régionaux.

Par Yannick Kusy

Pour UFC Que Choisir, la situation ne s'est guère améliorée. Elle demande à la Région Auvergne Rhône-Alpes d'appliquer à la SNCF les pénalités prévues en cas de qualité dégradée "et surtout à mettre en place sans tarder une indem-nisation automatique des abonnés en cas de retards répétés."

Et de donner des détails : "En deux ans, la ponctualité des TER rhônalpins s’est encore dégradée, surtout aux heures de pointe
Au cours de l’année écoulée, seuls 86,1 % des TER de l’ex région ont circulé à l’heure (moins de 6 minutes de retard à l’arrivée selon le seuil retenu par la SNCF)1. Dans le détail, 1,5 % des trains ont été annulés, quand 12,5% de ceux qui ont circulé ont subi un retard. Nous ne pouvons que déplorer que la situation se soit dégradée depuis la dernière élection, puisque la ponctualité a diminué de 0,7 point depuis 2015, ce qui nous classe au 17ème rang des ex régions françaises. 
Ainsi, dans notre ex région, le taux de retard en semaine grimpe lors du pic du soir jusqu’à 17%, alors qu’aux heures creuses il peut descendre à 10%"

UFC explique que la Région a été jusqu'ici, très clémente avec la SNCF, lorsque celle-ci "pêche par un mauvais service"

Selon l'association, "les usagers des TER sont les grands oubliés du dédommagement". Et met, là-aussi en cause l'organisation dans notre région "A la différence d’autres régions françaises, Auvergne-Rhône-Alpes n’a pas mis en place de dispositif de remboursement automatique d’une part du prix de l’abonnement en cas de retards récurrents sur la ligne empruntée. L’UFC-Que Choisir exige que les usagers du TER paient en fonction de la qualité, et voient le montant de leur abonnement diminuer de façon significative quand la qualité se dégrade durablement."

UFC lance donc un appel à la Région présidée par Laurent Wauquiez : "UFC-Que Choisir appelle le conseil régional, qui a fixé un objectif de 90% de trains à l’heure dans sa dernière convention, à plus de ténacité.
Elle réclame en outre la mise en place sans délai d’une indemnisation automatique des abonnés en cas de retards récurrents, et une hausse des pénalités dues par la SNCF en cas de qualité dégra-dée."

11/12/2017

Les pannes de la SNCF ou le retour d'une économie de l'intermittence

https://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/0301...

Jean-Marc Vittori / Editorialiste

Une société qui devient numérique est à la fois plus efficace et plus fragile. Au-delà des pannes, notre monde revient vers l'intermittence, après l'ère industrielle des flux continus de production, d'énergie et de travail.

Une armoire qui brûle, une caténaire qui rompt, un logiciel d'aiguillage qui bogue, et la vie de milliers de voyageurs est chamboulée.  Notre société supporte mal ces pannes . Rien de plus logique : la promesse éternelle du train, c'est d'arriver à l'heure, contrairement à la diligence qui s'embourbait à la première pluie ou l'automobile qui prend vite un goût de bouchon. Ces pannes sont exaspérantes. Et pourtant... notre avenir est-il la ponctualité, la continuité, la permanence ? Ou au contraire le retour des intermittences ?

Pour qui prend souvent l'avion, la réponse est évidente : une grande régularité côtoie les ennuis à répétition. Il est parfaitement possible d'avoir trois heures de retard sur un vol trois jours de suite. Des heures perdues - pas facile de travailler dans un hall bondé sans savoir quand partira l'avion, ou en cheminant de l'appareil en panne vers un autre. Le train est plus fiable, mais il a ses éclipses, comme le prouve la SNCF avec une remarquable diversité de scénarios .

Irrémédiablement marqué par Microsoft

Dans des sociétés numérisées, la fragilité grandit au lieu de diminuer. Quand le réseau informatique d'une grande entreprise tombe en panne ou subit un piratage, des milliers de salariés ne peuvent plus rien faire. Quand le téléphone passe sur Skype, il peut devenir un instrument aléatoire, alors qu'il fallait auparavant une tempête en montagne pour couper le fil. Le consommateur peut bien sûr acheter 24 heures sur 24 et il sera livré avant Noël, promis. Sauf que le site du cybercommerçant peut sauter ou la livraison inopinément arriver le 27 décembre, empêchant le barbu en rouge d'accomplir son oeuvre en temps et en heure.

Il est pourtant difficile d'imaginer un retour en arrière. La SNCF ne remettra pas un cheminot à chaque aiguillage pour éviter qu'un pépin informatique ne bloque une gare : ce serait trop coûteux (et de surcroît périlleux, car jamais un ordinateur distrait n'a laissé passer un train sur une voie où arrivait une rame dans l'autre sens). Elle pourrait surinvestir pour limiter les risques. Mais le monde numérique semble irrémédiablement marqué par Microsoft, le fabricant du logiciel qui fait tourner la majorité des ordinateurs : c'est atrocement complexe, ça marche très bien la plupart du temps, mais ça bloque parfois de manière imprévisible et il faut alors relancer la machine. Au mieux.

Plus d'un divorce pour deux mariages

Ces pannes, ces blocages, ces interruptions peuvent sembler intolérables, contraires même à l'idée que l'on peut se faire de la modernité. Mais c'est la modernité du siècle précédent qui promettait la continuité. Nous revenons sans doute vers l'intermittence. Pour ce terme, le dictionnaire renvoie, au-delà des intermittences naturelles (la pluie, la fièvre), dans trois directions : les « intermittences du coeur » chères à Marcel Proust, les énergies intermittentes et les intermittents du spectacle. Vie affective, énergie, travail : parfait résumé des mutations à l'oeuvre.

Intermittences du coeur tout d'abord, car c'est ici que les changements ont commencé. Si le grand Marcel les reliait « aux troubles de la mémoire », elles vont bien au-delà. Le coeur a longtemps été laissé de côté dans la formation des couples et la vie familiale. Fruit d'arrangements longuement négociés, le mariage marquait le rapprochement de familles, avec souvent des enjeux patrimoniaux. Pour cultiver la terre, la stabilité était nécessaire. L'émancipation économique et juridique des hommes puis des femmes a changé la donne. Le coeur et ses intermittences jouent désormais un rôle central dans la vie privée. Si le Code civil stipule toujours que les époux se doivent fidélité, la stabilité éternelle a disparu. En France, on compte aujourd'hui plus d'un divorce pour deux mariages.

Intermittence des énergies ensuite. Jusqu'au XVIIIe siècle, l'humanité vivait avec des sources d'énergie variables, comme la lumière du jour ou le vent. Les révolutions industrielles peuvent s'interpréter comme le passage des énergies intermittentes aux énergies permanentes venues du charbon, du pétrole, du nucléaire. Avec des flux continus, les usines ont tourné en « 3x8 », ce qui était parfois indispensable (impossible d'arrêter longtemps un haut-fourneau). Mais les énergies fossiles posent aujourd'hui problème : les ressources ne sont pas infinies et leur combustion dégage des gaz en telle quantité que le climat en est, selon toute vraisemblance, dangereusement affecté. Le nucléaire, lui, fait peur.

Mode projet

D'où le retour en grâce des autres sources d'énergie, à commencer par le soleil et le vent. Mais en l'état actuel des technologies, les solutions de stockage ne sont pas assez puissantes pour  garantir l'approvisionnement à partir des seules énergies renouvelables . Il va falloir sans doute se refaire à un monde où l'énergie n'est pas disponible à volonté.

Intermittence du travail enfin. Bien sûr, il faudra toujours des médecins ou des pompiers à toute heure. Mais dans les entreprises, le travail répétitif, « routinier », est en voie d'automatisation. De plus en plus, le travail relève donc soit du soin personnalisé, soit de la conception et du chantier. Or contrairement à la bonne vieille production industrielle, ces activités sont discontinues.

Les sociétés de conseil emménagent dans des locaux « flex office » où il n'y  plus de bureau affecté à l'un ou à l'autre. De plus en plus, les entreprises fonctionnent en « mode projet », où les équipes se font puis se défont. Comme le suggérait  le sociologue Pierre-Michel Menger il y a quinze ans, les « intermittents du spectacle » ne constituent pas une exception marginale, mais la pointe avancée d'une métamorphose du travail. Nous revenons dans une ère d'intermittences.

Jean-Marc Vittori
@jmvittori

14/11/2017

La Région boucle sa nouvelle convention TER avec la SNCF

http://www.ledauphine.com/haute-savoie/2017/11/14/la-regi...

La Région veut à tout prix améliorer la ponctualité des trains (ici, en gare de Pringy).  Photo Le DL/Norbert FALCO

La Région veut à tout prix améliorer la ponctualité des trains (ici, en gare de Pringy). Photo Le DL/Norbert FALCO

Davantage de sécurité et de ponctualité des trains, avec des pénalités renforcées : les présidents de la région Auvergne-Rhône-Alpes et de la SNCF, Laurent Wauquiez (LR) et Guillaume Pepy, ont présenté, hier, à Lyon la future convention TER, fruit de longues et âpres négociations.

Pour le président d’Auvergne-Rhône-Alpes, « les discussions ont été cordiales mais sportives. » Guillaume Pepy les décrit « carrées mais correctes. » Le premier avait fait des déclarations plus virulentes jadis mais désormais l’heure est à la satisfaction partagée d’avoir trouvé un accord dans « l’intérêt des usagers. »

Pénalités même en cas de grève

Portant sur période 2017/2022 -avec rétroactivité au 1er  janvier-, cette convention, qui doit encore être officiellement validée, est la première à mettre en œuvre le plan de redynamisation CAP TER 2020, lancé fin 2016 par la SNCF. Elle représente pour cette dernière un « contrat gigantesque » de 3 à 4 milliards d’euros, soit un coût annuel d’environ 543 millions d’euros pour la Région.

Ce plan va notamment permettre « de mettre en place une réduction de 40 % du nombre de TER en retard » par rapport à 2016, a assuré Guillaume Pepy, soulignant que la SNCF était « beaucoup plus responsabilisée que dans le passé, avec beaucoup plus d’autonomie de gestion et un plan de maîtrise des coûts sévères. »

Auparavant, Laurent Wauquiez avait mis en avant un objectif de « 90 % de TER à l’heure en 2020, contre 87,1 % en 2016. » Le nombre de trains annulés à la dernière minute doit également être « divisé par deux », sous peine de « pénalités systématiques », même en cas de grève des cheminots, a-t-il relevé.

Un système de « bonus-malus » renforcé sera mis en place pour les lignes les plus en difficulté - celles qui relient Lyon à Saint-Étienne, Grenoble et Chambéry. Si l’objectif de régularité annuel n’est pas atteint, les sanctions pourront atteindre 1,2 million d’euros par an et par ligne. A contrario, la SNCF percevra un bonus de 1,2 million d’euros.

En 2015, les retards sur ces lignes avaient coûté 700 000 euros à la SNCF. Avec la nouvelle convention, « les pénalités auraient atteint 5,2 millions », a souligné M. Wauquiez. En matière de sécurité, la nouvelle convention inclut « un doublement des équipes de police ferroviaire », soit 80 agents, et la sécurisation de 123 gares via des caméras de vidéo-protection d’ici la fin du mandat.

Cette convention doit encore être soumise à l’avis du Conseil économique, social et environnemental régional (Ceser) d’Auvergne-Rhône-Alpes et au vote des élus le 29 novembre.

Le conseil d’administration de la SNCF devrait quant à lui la valider mi-décembre après avis consultatif du comité d’établissement régional. La CGT Cheminots a d’ores et déjà déploré l’absence de transparence de la nouvelle convention et la suppression d’emplois à la SNCF « qui dégrade le service public. »

EN CHIFFRES

1500 Le nombre de trains quotidiens (avec 600 cars en soutien) qui transportent chaque jour 175 000 voyageurs.

AuRA est la première région pour les TER après l’Île-de-France 92,5 %

Le taux de régularité visé pour les TER de notre région d’ici 2022. Il a été de 87,4 % en 2016. En 2017, il est actuellement de 88,6 %.

4,3 % La progression de fréquentation des TER d’Auvergne-Rhône-Alpes en 2017. Selon Guillaume Pepy, ce résultat efface les pertes enregistrées au cours des deux années précédentes.

16000 Le nombre annuel de trains qui ne seraient plus en retard avec une baisse de 40 % de celui-ci.

25 millions d’euros La somme qu’attend la Région de l’État au titre de sa participation au sauvetage des petites lignes. Pour Laurent Wauquiez, seulement 3 des 28 millions annoncés ont été réglés à ce jour.

 
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