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15/02/2018

SNCF : radiographie d'une ligne malade

https://www.francetvinfo.fr/economie/transports/sncf/sncf...

À quoi ressemblera la SNCF dans quelques années ? Un rapport sera dévoilé jeudi 15 février sur les mutations nécessaires. Reportage dans une des lignes qui devrait être affectée par les améliorations : Lyon-Chambéry.

https://www.dailymotion.com/video/x6errsa

France 3France Télévisions
Mis à jour le publié le

C'est l'une des pires lignes de France, réputée malade, mais nous avons quand même pris un billet : Lyon-Chambéry, c'est deux trains sur dix en retard en moyenne. Et à peine arrivés dans le TER, nous rencontrons des voyageurs réguliers, à bout de nerfs. Ils continuent pourtant de prendre le train, car l'autoroute est trop chère. Notre train est à l'heure, mais sur les quais d'en face les passagers sont moins chanceux : "40 minutes de retard, c'est tous les jours", commente une voyageuse.

Multiplier par cinq les pénalités de retards

Nous arrivons à Bourgoin-Jallieu, carrefour entre Lyon, Grenoble et Chambéry. Une position dont le maire ne profite pas, car la ligne est "une catastrophe" selon lui. Des problèmes de ponctualité, mais aussi de sécurité. Pour moderniser les lignes, la région Auvergne-Rhône-Alpes prévoit d'investir 120 millions d'euros sur cinq ans. Elle a aussi signé un nouvel accord avec la SNCF qui prévoit de multiplier par cinq les pénalités si les trains sont en retard.

20/01/2018

« H00 », le plan de la SNCF pour faire partir les trains à l'heure

https://www.lesechos.fr/industrie-services/tourisme-trans...

Lionel Steinmann

Les trains qui partent avec 3 minutes de retard ont seulement 30 % de chances de ne pas arriver avec au moins 5 minutes de retard. C'est une des explications de la dégradation de la régularité ces dernières années. - Gilles ROLLE/REA

La SNCF lance une série de mesures pour rappeler ses agents au respect strict des horaires de départ, afin de diminuer les retards à l'arrivée.

Après les bonnes résolutions, l'action. Guillaume Pepy, le président du directoire de la SNCF, a présenté le 15 janvier à Aubervilliers à 400 directeurs d'établissement, le plan pour accroître la robustesse du système ferroviaire, c'est-à-dire diminuer le nombre de trains en retard.

Une mesure, la plus emblématique, a donné son nom à l'ensemble du programme : « H00 ». Il s'agit de rappeler à l'ensemble des équipes la nécessité de respecter strictement l'horaire de départ. « Il y a une vraie bataille des idées à mener là-dessus » (auprès des salariés), a indiqué Guillaume Pepy, selon des propos rapportés par la communication interne. Nous avons perdu de vue l'impératif du départ à l'heure. »

Dégradation de la régularité

Aujourd'hui, seuls 78 % des trains respectent précisément l'horaire. Et ceux qui partent avec 3 minutes de retard ont seulement 30 % de chances d'avoir moins 5 minutes de retard à l'arrivée. C'est une des explications  de la dégradation de la régularité ces dernières années.

Et partir à l'heure, rappelle « H00 », veut dire à la seconde près. « Il est trop souvent admis qu'un départ à 15 h 02 peut se faire jusqu'à 15 h 02 minutes et 59 secondes, souligne Alain Krakovitch, patron de l'activité Transilien et sponsor du programme. C'est oublier que dans les gares les plus fréquentées, les départs et les arrivées sont calés à 10 secondes près. » Un manque de rigueur qui peut sembler bénin peut donc déboucher  sur des retards en cascade .

 

Mobilisation collective

Par ailleurs, « il n'y a pas un, mais plusieurs H00 », rappelle Alain Krakovitch. De nombreuses opérations sont nécessaires en amont du départ du train : sortie de l'atelier, mise à quai, nettoyage le cas échéant... Les agents en charge de ces étapes doivent eux aussi s'astreindre à un respect rigoureux des horaires qui leur sont assignés. Avec cette mobilisation collective, la SNCF veut parvenir fin 2018 à 90 % de trains partant à l'heure pile.

L'entreprise ferroviaire va par ailleurs revisiter plusieurs règles d'exploitation cette année, à commencer par l'alerte radio. Aujourd'hui, celle-ci entraîne la fermeture des circulations sur une vaste zone dès qu'un incident est détecté sur les voies.

Des mesures de sécurité à revoir

Mais cette mesure de sécurité est finalement contre-productive, car les passagers des trains bloqués n'hésitent pas à ouvrir les portes malgré les consignes pour descendre eux-mêmes sur les voies... Ce qui étend encore la zone de blocage et repousse d'autant la reprise du trafic.

Avec au final de longs retards pour des dizaines de milliers de voyageurs. Sur le réseau Transilien, ils sont chaque année 4 millions à subir les conséquences d'une alerte radio.

Afin de limiter ces effets collatéraux, la SNCF va se servir de la géocalisation des trains pour définir de nouvelles règles, et principalement un périmètre de circulation suspendue plus réduit. Dans la même logique, les règles s'appliquant au cas de voyageurs malades devraient être eux aussi revues.

À noter

En décembre, le taux de ponctualité au départ n'était que de 72,6 % pour les TGV et 72,5 % pour les Transiliens, selon les statistiques de la SNCF.

Lionel Steinmann

09/01/2018

Que vaut la contre-attaque de la SNCF pour satisfaire les voyageurs?

https://lexpansion.lexpress.fr/entreprises/que-vaut-la-co...

Par , publié le , mis à jour le

Pagaille à la gare du Nord après une coupure électrique, décembre 2016.

Pagaille à la gare du Nord après une coupure électrique, décembre 2016. REUTERS/Yves Herman

La SNCF annonce une panoplie de mesures pour améliorer la ponctualité des trains et l'information des voyageurs. Mais leur réussite nécessite une profonde remise en cause. Pas forcément sur les rails.

Ont-ils été sermonnés? Reçus ce lundi par la ministre des Transports Elisabeth Borne, le président du directoire de la SNCF Guillaume Pepy et le PDG de SNCF Réseau Patrick Jeantet ont un programme chargé pour 2018. Alors que deux incidents d'exploitation ont semé la pagaille à la gare Montparnasse au cours de l'année écoulée, ils se sont engagés à renforcer "les trois fondamentaux" de l'entreprise, selon le communiqué du ministère: soit sécurité, ponctualité du service, et information des voyageurs. 

C'est à dire? Il s'agit avant tout de déployer le programme Rob.In (robustesse et information voyageurs), lancé officiellement le 11 septembre dernier après qu'un rapport d'experts internationaux a dénoncé au début du mois de juillet les "difficultés structurelles" de l'entreprise à satisfaire ses clients.  

La robustesse, dans le lexique ferroviaire, c'est la capacité à rendre un service fiable et ponctuel. Une gageure, dans le contexte du vieillissement du réseau, qui entraîne des dysfonctionnements imprévisibles, et des travaux nécessaires à son entretien, qui perturbent de façon programmée la circulation des trains. 

Circulation des trains: à la recherche du bon chef de gare

"Aujourd'hui chaque activité de SNCF Mobilités à ses propres parcours de production de trains: l'organisation est parcellisée entre le TGV, les TER, les Intercités et le fret. Chacun est dans son tube, plus personne ne se parle. Le programme Rob.In consiste à synchroniser les différents plans de transports pour améliorer la circulation de l'ensemble des trains", explique Véronique Martin, élue CGT au conseil d'administration. 

Il s'agirait donc de retrouver un chef de gare. Dans leur rapport, les experts suggéraient de confier à SNCF Réseau la responsabilité de l'exploitation du réseau. "La réforme de 2014 a commis une erreur en confiant la responsabilité du réseau à SNCF Mobilités", accuse Jean Lenoir, vice-président de la Fédération Nationale des associations d'usagers des transports (Fnaut), "dans la situation actuelle, chacun privilégie ses propres trains. SNCF Mobilités n'est pas bien placé pour trouver l'optimum. Par contre SNCF Réseau, qui a une vision d'ensemble et qui vit des péages, a tout intérêt à améliorer la circulation des trains. Surtout dans l'optique de la prochaine ouverture à la concurrence." 

Faute de coordination, le réseau français est sous-exploité à hauteur de 30% par rapport à ceux de nos voisins européens, selon la Fnaut. Dès la mi-juillet, la SNCF avait promis "d'inscrire les recommandations des experts dans la réalité avant l'été 2018." Mais pas un mot sur une prédominance de Réseau sur Mobilités dans le communiqué paru à l'époque. Il évoquait simplement une responsabilité conjointe. De fait, comme Guillaume Pepy est à la fois président du directoire de la SNCF et PDG de SNCF Mobilités, cette dernière entité prime. "La présidence du directoire devrait aller à SNCF Réseau", critique Jean Lenoir. 

Information voyageurs: une appli SNCF mais pas de miracle

Quelles nouveautés du côté de l'information aux voyageurs? Ce lundi, les dirigeants de la SNCF ont promis un "affichage systématique et lisible dans toutes les gares concernées" de tous les travaux ayant des conséquences sur la circulation des trains, un "indicateur de gravité des incidents d'exploitation du réseau affectant les voyageurs", et un rapport quotidien sur la régularité des trains TER, Transilien, Intercités et TGV.

Des "mesures complémentaires" par rapport au Rob.In, qui misait avant tout sur le perfectionnement de l'appli SNCF pour les smartphones. "L'appli, la solution miracle censée tout résoudre quand on ne sait pas quoi faire, alors qu'un tiers des Français ne maîtrisent pas l'usage des smartphones", raille Jean Lenoir. "L'entreprise mise sur l'appli, mais en cas de situation perturbée, les usagers préfèrent avoir de vrais agents en face d'eux", assure Véronique Martin. Encore faut-il que ceux-ci disposent d'informations fiables, ce qui n'était pas le cas pour les deux incidents de la gare Montparnasse.

 
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