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30/05/2013

Réforme du rail : le gouvernement regroupe SNCF et RFF

http://www.lepoint.fr/economie/reforme-du-rail-le-gouvern...

Le Point.fr - Publié le30/05/2013 à 08:56

Paris a annoncé mercredi vouloir créer un "champion européen et mondial", mais la réforme ne plaît pas aux autorités européennes de la concurrence.

  "Cette réforme aura ainsi pour effet de doter le pays d'un groupe public industriel intégré (...) dans un contexte d'ouverture croissante des marchés", déclare le gouvernement dans le compte rendu du conseil des ministres. "Cette réforme aura ainsi pour effet de doter le pays d'un groupe public industriel intégré (...) dans un contexte d'ouverture croissante des marchés", déclare le gouvernement dans le compte rendu du conseil des ministres. © MIGUEL MEDINA / AFP

L'ensemble du rail français sera unifié au sein d'un groupe public intégré, a annoncé mercredi le gouvernement, défendant une réforme qui vise à retrouver l'équilibre financier et à créer un "champion européen" du secteur ferroviaire. Présenté cet été en conseil des ministres, le projet de loi prévoira de regrouper au sein d'un même pôle public le propriétaire des lignes ferroviaires, Réseau ferré de France (RFF) et les opérations d'entretien assurées par la SNCF. Une holding chargée du pilotage stratégique chapeautera à la fois l'entité dédiée aux infrastructures et la SNCF, chargée de son exploitation. "Cette réforme aura ainsi pour effet de doter le pays d'un groupe public industriel intégré, avec une taille critique suffisante, capable de devenir un champion européen et mondial dans un contexte d'ouverture croissante des marchés", déclare le gouvernement dans le compte rendu du conseil des ministres.

La réforme défendue par le gouvernement inquiète néanmoins les partisans d'un véritable marché européen du rail et de la libéralisation du secteur. Les autorités européennes de la concurrence défendent en effet une séparation nette des entreprises qui gèrent les infrastructures de celles qui en assurent l'exploitation et suivront de près la mise en oeuvre de la réforme. Dans ses recommandations sur la France publiées mercredi, la Commission européenne juge que le projet de loi à venir "devrait faire en sorte que le nouveau gestionnaire unique des infrastructures reste indépendant" de la SNCF, et ce pour "garantir un accès équitable et non discriminatoire aux nouveaux entrants". Avec son ambition de créer un champion européen du rail, le gouvernement pourrait donner l'impression à ses partenaires qu'il souhaite profiter de la libéralisation du rail chez ses voisins tout en verrouillant son propre marché national. La porte-parole du gouvernement a rejeté ces critiques et défendu la création d'un groupe intégré. "Je ne vois pas en quoi cela est contradictoire avec la libéralisation", a-t-elle dit lors du compte rendu du conseil des ministres.

En France, cette réforme était attendue de longue date pour rompre avec la séparation jugée artificielle de RFF et de la SNCF depuis 1997. Afin d'éviter une contestation sociale des agents de la SNCF, le gouvernement a promis que leur statut serait préservé et qu'une négociation aurait lieu sur une nouvelle convention collective nationale pour le secteur. Quatre syndicats de cheminots (CGT, UNSA, Sud-Rail et CFDT) ont déjà déposé un préavis de grève pour le 13 juin afin d'appuyer leurs revendications. Les syndicats réitèrent "leur opposition aux premières préconisations" des rapports remis au gouvernement en avril et dont s'inspire le gouvernement. "Nos fédérations interpellent le gouvernement pour qu'il prenne en compte nos propositions pour construire un projet de loi répondant aux besoins de la Nation et des usagers à partir d'une entreprise ferroviaire publique intégrée, la SNCF, seule capable de répondre aux enjeux de sécurité", disent-ils.

Le déficit du système ferroviaire français atteint 1,5 milliard d'euros par an et la dette portée par RFF 31,5 milliards d'euros. Dans un rapport rendu en avril au gouvernement, l'ancien ministre des Transports Jean-Louis Bianco préconisait que l'État renonce à l'argent des dividendes et de l'impôt sur les sociétés de la SNCF pour atteindre l'équilibre financier. Selon une source gouvernementale, l'objectif de l'exécutif est de parvenir à un vote au Parlement d'ici la fin de l'année pour une entrée en vigueur du nouveau pôle ferroviaire français le 1er janvier 2015. Le chemin de fer français permet de faire circuler chaque jour 15 000 trains transportant quatre millions de voyageurs sur 30 000 km de lignes.

18/05/2013

SNCF : les syndicats menacent de faire grève

http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/auto-transpor...

Par Lionel Steinmann | 18/05 | 12:01

 

Les quatre organisations de l’établissement public pourraient déposer dans les jours qui viennent un préavis pour le 13 juin. Cette démonstration de force vise à peser sur le contenu de la réforme ferroviaire, mais aussi à protester contre le plan d’économies décidé récemment.

 

SNCF : les syndicats menacent de faire grève

Les syndicats de la SNCF sont à la fois inquiets et mécontents, et ils ont décidé de le faire savoir. Présentant un front uni, les quatre organisations représentatives de l’établissement public (CGT, Unsa, SUD, CFDT) ont déposé vendredi une demande de concertation immédiate, procédure obligatoire avant le dépôt d’un préavis de grève. Au début du mois, ils avaient déjà annoncé dans un tract commun une « action tous services et unitaire en juin 2013 ». Celle-ci devrait se traduire, selon nos informations, par un appel à la grève le jeudi 13 juin.

Les représentants des salariés entendent d’abord mobiliser contre la réforme ferroviaire, en gestation depuis plusieurs mois. Celle-ci doit notamment redessiner les frontières de la SNCF, mais plusieurs points clefs n’ont pas encore été précisés. « Derrière la réunification annoncée du système, on pourrait aller vers un éclatement de la SNCF. Cela nous inquiète au plus haut point », résume un responsable de l’Unsa. De surcroît, « aucune solution sérieuse n’est envisagée pour traiter la dette du système », renchérit la CFDT.

Suppression de 750 embauches

Les syndicats protestent également contre les mesures d’économies annoncées par la direction lors du conseil d’administration du 25 avril pour faire face au ralentissement de l’activité. Le nombre de recrutements sur l’année a été révisé à la baisse, ce qui devrait se traduire par la suppression (ou le décalage dans le temps) de 750 embauches. Parmi les autres mesures, la CGT dénonce entre autres « un réexamen ou suppression des formations jugées non indispensables », ainsi qu’« une réduction supplémentaire des coûts des fonctions supports ».

Selon un bon connaisseur du secteur, la démonstration de force préparée par les syndicats de cheminots était prévisible. « Pour la réforme ferroviaire, la période est charnière, fait-il valoir. Les rapports commandés pour défricher le terrain ont été remis au gouvernement fin avril, et le projet de loi n’est pas encore connu. Si les syndicats veulent peser sur le débat, c’est maintenant. »

En déposant – comme c’est très probable – un préavis de grève « carré », c’est-à-dire non reconductible, pour le 13 juin, les syndicats entendent démonter leur capacité à mobiliser et faire pression sur les pouvoirs publics. Au passage, ils envoient également un message à la direction de la SNCF, alors que la négociation annuelle sur les salaires doit s’ouvrir le mois prochain.

Mesures d’économies

Lionel Steinmann

16/05/2013

Retards à la SNCF : l’étrange loi des séries

http://www.lyoncapitale.fr/Journal/France-monde/Actualite...

Par Vincent Thimonnier

Publié le 16/05/2013  à 07:53
 

Grèves en cascade, suivies parfois d’incidents techniques voire d’incendies qui sèment le chaos sur les lignes de chemin de fer… Simple coïncidence ou actes de cheminots en colère ? La police enquête. Et si la réduction des effectifs pouvait tout expliquer ?

SNCF rails ()
© Tim Douet

Les grèves de contrôleurs se sont multipliées ces dernières semaines à la SNCF, à des dates qui ne devaient rien au hasard : autour du vendredi 19 avril (début des vacances de printemps à Lyon), ou le weekend du 11 mai (pont du 8 mai et de l’Ascension). Sans oublier le dimanche en seconde moitié de journée, moment où les rails lyonnais sont les plus fréquentés d’Europe, ainsi que le rappelait récemment le porte-parole de la SNCF à l’AFP : “Cela arrive de tous les côtés, il y a un TGV toutes les 3 minutes : quand vous touchez à Lyon, vous touchez la France entière.”

Or, il arrive qu’un mouvement de grève aux conséquences sur le trafic limitées, comme ce fut le cas du 18 au 20 avril, soit suivi d’un incident technique aux effets nettement plus lourds. En l’occurrence, un vol de câbles aurait entraîné, en milieu de journée le dimanche, un court-circuit et un incendie dans des installations techniques électriques à Lyon/Saint-Clair (Caluire).

“Les cheminots ne sont pas assez désespérés pour saboter le matériel”

La SNCF a conclu à un acte de malveillance. Mais s’agit-il seulement d’une coïncidence ? Des cheminots auraient-ils provoqué un court-circuit, histoire de donner de l’ampleur à un mouvement de grève qui n’aurait pas eu le retentissement escompté ? La direction de la SNCF à Lyon ayant porté plainte, elle ne commentera pas une enquête en cours. Elle estime néanmoins que “les cheminots ne s’attaquent pas à leur outil de travail”.

Du côté des syndicats eux-mêmes, on fait valoir plusieurs arguments en défaveur de cette idée. “Les vols de câbles ont toujours existé, mais ils se sont multipliés depuis qu’il y a de moins en moins de monde dans les gares”, assure Philippe Chabin, ancien secrétaire du comité d’établissement Clientèle de la SNCF à Paris, qui connaît bien la CGT pour y avoir passé vingt-cinq ans. “Des dizaines de kilomètres de voies demeurent non clôturées et non surveillées !” dénonce-t-il.

Un sabotage de l’outil de travail est-il réellement impossible ? “Cela a existé durant les grandes grèves, répond Philippe Chabin. Mais aujourd’hui les cheminots, même grévistes, sont attachés à leur entreprise. Ils ne sont pas assez désespérés pour saboter le matériel.

SNCF à Caluire : de la voiture-bélier au vol de cuivre…

Pour Jean-Pierre Journoud, conducteur au fret et élu Sud-Rail, un acte de malveillance par des cheminots est “à 98 % impossible”. À cela, une raison technique toute simple selon lui : “La grève de la mi-avril était menée par des contrôleurs. Or, ils ne sont pas spécialistes en câbles ni en électricité. En fait, très peu de gens à la SNCF seraient capables de cette opération ! Et puis, il y a des moyens plus simples de retarder un train…

Le délégué Sud-Rail souligne lui aussi la montée en force des vols de cuivre mais y ajoute un élément plus local : “On a connu des problèmes dans ces mêmes installations voici plusieurs années. Une voiture-bélier avait même été utilisée…” Et Jean-Pierre Journoud de s’étonner : “Cet endroit est stratégique, avec plusieurs voies, notamment de TGV. La SNCF avait en principe blindé la surveillance du lieu après l’incident de la voiture-bélier. Je ne comprends pas ce qui a pu se passer.”

Les installations électriques de la SNCF sont-elles suffisamment surveillées ? Certains, en tout cas, font porter à l’entreprise la responsabilité des incidents qui émaillent le réseau et engendrent parfois de titanesques retards pour les usagers. Des incidents dus à des actes de malveillance ou simplement à des problèmes de maintenance, comme le hic électrique qui a jeté le chaos au début du pont du 8 mai. La SNCF aurait-elle sacrifié l’usager sur l’autel des économies ? L’Association des voyageurs-usagers des chemins de fer (Avuc) s’interroge ainsi sur “la capacité de la SNCF à faire circuler tous ses trains”.

Une grève au bon moment réduit la capacité de la SNCF à régler les problèmes avec un maximum d’efficacité. Ajoutez à cela la réduction des effectifs, qui engendre une multiplication des incidents techniques et des actes de malveillance, et vous voyez que la loi des séries, parfois, s’impose avec une logique implacable.

 
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