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02/12/2016

TCL : cinq choses à savoir sur la grève des régulateurs

http://www.rue89lyon.fr/2016/12/01/mais-quest-ce-qui-se-p...

Depuis lundi 28 novembre, le trafic TCL est perturbé par une grève, le matin et le soir.

D’un côté, la CGT affirme que la direction remet en cause la sécurité des usagers et détériore les conditions de travail de ses employés. De l’autre, la direction assure faire de la sécurité sa priorité et évoque des revendications incompréhensibles.

Pendant que les deux camps se renvoient la balle, les usagers voient les stations de métros ouvrir plus tard et fermer plus tôt. La semaine prochaine, le mouvement social pourrait gagner les bus et les tramways et durer jusqu’à la Fête des Lumières.

1. Qui est à l’origine de ce mouvement ?

La grève est principalement l’œuvre des régulateurs du métro, qui remettent en cause le Règlement de sécurité d’exploitation (RSE) des lignes de métro.

Les agents de lignes et les conducteurs participent également au mouvement mais les principales revendications portent sur la fonction de régulateur.

« Les régulateurs, ce sont les vigies du métro, les donneurs d’ordre. Ils doivent cadencer le réseau et intervenir en cas d’incident » explique Philippe Demaie, le secrétaire général du syndicat UGICT-CGT des TCL.

Ce syndicat, l’UGICT-CGT, est le seul à appeler à la grève. Les trois autres principales organisations, FO, la CFDT et l’Unsa, n’ont pas suivi l’appel.

D’après Keolis Lyon, la société qui gère TCL, seule « une centaine de salariés » sont en grève sur les 4 500 du groupe. La CGT évoque, elle, plus de 200 salariés. Un chiffre qui engloberait la totalité des 41 régulateurs, plus de 90 conducteurs sur les 120 de métros et environ 80 agents de ligne (sur 120 du réseau).

Les "couloirs rapides" du métro lyonnais © Mélany Marfella

Les « couloirs rapides » du métro lyonnais © Mélany Marfella

2. Quelles sont les raisons de la grève ?

L’UGICT CGT remet donc en cause l’actuel RSE (mis en oeuvre en juin dernier), le règlement de sécurité d’exploitation des lignes de métro. Selon eux, les formations pour devenir régulateur seraient de moins en moins exigeantes. Christian Schwetzoff, secrétaire adjoint du syndicat et régulateur depuis plus de 20 ans, explique :

« C’est un poste très important où on n’a pas le droit à l’erreur. Et la formation dégringole. Au tout début, elle durait six mois. En 2005, on est passé à quatorze semaines. Et au printemps 2016, elle ne s’étalait plus que sur cinq semaines. »

En plus du problème de formation, la CGT reproche à Keolis de vouloir remplacer l’un des régulateurs en cabine (au nombre de trois ou de quatre par cabine) par un autre employé, moins qualifié que les régulateurs.

Pour Philippe Demaie, de la CGT, « c’est comme si, dans un avion, on mettait un stewart à la place du copilote ». Selon la CGT, il est impensable de baisser les normes de sécurité dans le contexte actuel.

Ce conflit entre la CGT et Keolis remonte en fait au printemps 2016. Pour éviter que le syndicat ne perturbe les transports pendant l’Euro, un accord avait alors été signé entre l’organisation et la direction. Cet accord stipulait que, jusqu’au 31 décembre 2016, il n’y aurait que des régulateurs dans les cabines – et que donc aucune personne moins qualifiée ne remplacerait l’un d’eux.

Mais la CGT craint désormais que, dès le 1er janvier 2017, Keolis mette son plan à exécution. C’est pourquoi le syndicat réclame « une habilitation unique », pour faire en sorte seuls les régulateur puissent être aux commandes dans la cabine.

De son côté, Keolis Lyon souhaite respecter le RSE actuel, dans lequel figure cet accord, comme le rappelle son directeur général Pascal Jacquesson :

« Le RSE a été validé par la préfecture. Nous avons respecté l’accord signé au printemps. Depuis juin, il n’y a eu que des régulateurs dans les cabines. Et ils sont quand même en grève ! Ce n’est pas acceptable que ce syndicat remette en cause la sécurité du métro car la sécurité est notre priorité. »

Au delà de la question du RSE et des régulateurs, la CGT reproche à Keolis de détériorer les conditions de travail de ses salariés, notamment des agents de lignes et des conducteurs.

La société n’accorderait pas de pause de 20 minutes tous les 6 heures, déplacerait les jours de repos et changeraient les services des employés tout en les prévenant au dernier moment.

De fausses accusation selon Keolis qui affirme que « ce n’est pas du tout le cas. Nous respectons les règles pour les pauses, les changements de service et les remplacements.  ».

3. Pourquoi n’y a-t-il pas de négociations ?

Le mouvement risque de durer. La CGT déclare vouloir faire « une grève illimitée tant qu’il n’y aura pas eu de retrait du RSE actuel et d’ouvertures de négociations sur les conditions de travail. »

Le mouvement devrait même prendre de l’ampleur puisque la CGT appelle les bus et les tramways à les rejoindre dès lundi, notamment pour protester contre « la détérioration des conditions de travail ».

La CGT souhaiterait rencontrer la direction pour renégocier la situation des régulateurs, des agents de lignes et des conducteurs. Mais le directeur général de Keolis souhaite lui respecter les termes de l’accord déjà signé :

« Il y a déjà 50 heures de négociations et 15 réunions à ce propos. Ils font quand même grève. Qu’est-ce que vous voulez que je dise ? »

Un métro à la station Hôtel de ville Louis Pradel @ Florian Fèvre

Un métro à la station Hôtel de ville Louis Pradel @ Florian Fèvre

4. La Fête des Lumière sera-t-elle impactée ?

Au syndicat, on assure que la Fête des Lumière n’est « pas une cible ». Pourtant, si le mouvement continue – et c’est le cas pour le moment – il se pourrait que celle-ci soit perturbée, comme ça a déjà été le cas dans un passé proche.

Keolis trouve « choquant » qu’une organisation syndicale puisse perturber le bon déroulement d’un événement comme celui ci, « alors qu’il a été annulé l’année dernière pour les raisons que l’on connaît ».

© Mélany Marfella

Un métro TCL © Mélany Marfella

5. Comment la direction des TCL essaye de limiter l’impact de la grève ?

La CGT affirme que si elle mène ce mouvement, c’est « pour la sécurité de tout le monde » et qu’elle n’attend qu’une chose : « sortir du conflit ». De son côté, Keolis déclare « comprendre le ras-le-bol des usagers ». Bref, chacun est dans son rôle.

La direction des TCL affirme « faire au mieux pour que l’impact du mouvement soit le moins perturbant possible » :

« On a mis en place des navettes de manière à ce que les gens puissent rejoindre le centre ville. On renforce également la présence d’agents sur le terrain et de personnes pour répondre sur la plateforme AlloTCL, afin de mieux guider les usagers. »

Depuis le début du mouvement, les métros A, B et C, D et le funiculaire sont touchés. Ce jeudi 1er décembre, par exemple, la ligne D et le funiculaire n’ouvraient qu’à partir de 7h. Les métros A, B et C n’étaient eux accessibles qu’à partir de 8h. Entre 19 et 20h, la ligne C devrait arrêter de circuler être définitivement stoppée à 22h30. Les métros A et B fermeront leurs portes à partir de 23h. Et vendredi, il y aura encore des perturbations sur le réseau.

En attendant, certains usagers préfèrent en rire.

30/11/2016

Lyon TCL : Mouvement social du jeudi 1er décembre 2016

http://www.tcl.fr/Me-deplacer/Infos-trafic

Ligne C22 perturbée

En raison de la saturation de la circulation avenue Debourg, la ligne C22 est déviée :

  • les arrêts ENS LYON et HALLE TONY GARNIER ne sont plus desservis en direction de Perrache.

Début de la perturbation : 30/11/2016 - 16h35                         Fin de la perturbation : indéterminée

Mouvement social du jeudi 1er décembre 2016

En raison d’un mouvement social, les lignes de métro A, B, C et D et de funiculaire F1 et F2 sont perturbées jeudi 1er décembre 2016.

MATIN

  • Les lignes A, B et C circulent à partir de 8h
  • La ligne D circule à partir de 7h
  • Les lignes F1 et F2 circulent à partir de 7h

Des navettes bus circulent avec une fréquence de 15 minutes environ entre :

  • Laurent Bonnevay et Charpennes de 5h à 8h - Arrêts desservis : Laurent Bonnevay, Cusset, Flachet, Gratte-Ciel, République, Charpennes.
  • Gare d'Oullins et Jean Macé de 5h à 8h - Arrêts desservis : Gare d'Oullins, Debourg, Jean-Macé
  • Gare de Vaise et Perrache de 5h à 7h - Arrêts desservis : Gare de Vaise, Valmy, Gorge de Loup, Perrache
  • Gare de Vénissieux et Grange Blanche de 5h à 7h - Arrêts desservis : Gare de Vénissieux, Parilly, Mermoz-Pinel, Grange Blanche

APRES-MIDI

  • La ligne C ne circule pas entre 19h et 20h

SOIR

  • Les lignes A et B ne circuleront plus à partir de 23h
  • La ligne C ne circule plus à partir de 22h30

Toutes les autres lignes circulent normalement.

L'état du trafic pour le vendredi 2 décembre sera communiqué jeudi à 14h.

TCL : mais quelles sont donc les raisons de cette grève ?

http://acteursdeleconomie.latribune.fr/management/2016-11...

Par Marie-Annick Depagneux  | 

(Crédits : DR)
La CGT à l'origine du mouvement de grève dans le métro évoque les risques que fait encourir le nouveau règlement de sécurité opérationnelle. La direction récuse totalement cet argument et indique que le document a été validé par les instances réglementaires de l'Etat".

Quelle sera l'issue de la grève du métro de Lyon, déclenchée le 28 novembre par la CGT ? A ce stade, la direction et l'organisation syndicale campent chacune sur leurs positions. Objet du conflit  ? Le règlement de sécurité d'exploitation (RSE) du métro.

"Il a été réécrit en mai 2016. Début juin nous nous étions déjà mobilisés, rappelle Christian Schwetzoff, secrétaire adjoint du syndicat CGT. "C'était à quelques jours de l'Euro 2016. Nous avons trouvé un compromis avec l'entreprise pour suspendre le mouvement. Nous pensions être entrés dans une phase de négociations. Il y a eu deux réunions mais la direction n'a pas voulu aborder le sujet".

Habilitation des régulateurs

Le retour au RSE précédent telle est l'exigence formulée.

"Le règlement actuel abaisse les compétences des régulateurs", au nombre 40, critique le syndicaliste. Celui-ci explique qu'un salarié travaillant dans un bureau peut désormais être appelé en cas de nécessité, s'il manque quelqu'un. "Mais demain qu'en sera-t-il ?", laisse-t-il entendre.

"Or", précise Christian Schwetzoff, "un régulateur est au sommet de la chaîne opérationnelle. Et il faut savoir conduire un métro, connaître les systèmes d'aiguillage. Pour ma part j'ai suivi une formation de six mois".

Outre l'aspect sécurité, le délégué cégétiste évoque également l'organisation du travail. Y a t'il également volonté de faire pression avant l'ouverture négociations annuelles obligatoires ?

Instances règlementaires

Du côté de la direction de Keolis Lyon, un porte-parole répond que le RSE  "a été soumis et validé, en juillet dernier, par les instances réglementaires de l'Etat", en l'espèce la STRMTG (Service technique des remontées mécaniques et des transports guidés.)

La direction estime que "dans l'accord signé en juin" elle a "pris l'engagement de ne pas toucher aux effectifs et d'instaurer des groupes de travail sur la formation. Il y a une incompréhension par rapport à ce mouvement qui remet en cause la sécurité du métro".

Ce porte-parole confirme qu'aucune réunion n'est prévue à ce propos, à ce jour.

Les autres syndicats ne se sont pas associés

Pour l'heure les autres syndicats ne se sont pas associés à cet appel à la grève.

"Nous respectons les actions des uns et des autres. Nous sommes attentifs", admet de Stéphane Noël, délégué FO. "Nous avons été sollicités par la CGT pour participer à une heure d'arrêt de travail sur l'ensemble du réseau à partir du 5 décembre mais nos adhérents ont dit non à la majorité".

Le mouvement (une heure à chaque reprise de service) a démarré le 28 novembre et qui affecte les 4 lignes de métro est suivi selon la direction par 100 des 500 agents du métro (régulateurs, conducteurs et autres). La CGT évoque, elle, un taux de participation de 80 %. Des bus de substitution ont été mis en place sur les plages horaires concernées. Le mouvement est reconduit au jour le jour, et dès ce mercredi, ce qui a le don d'agacer les usagers, qui ne perdent cependant pas leur sens de l'humour. Pour l'instant.

 
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