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10/12/2017

Pourquoi ce n’est certainement pas la fin des pannes à la SNCF

https://www.challenges.fr/entreprise/pourquoi-ce-n-est-ce...

La SNCF promet une nouvelle organisation « de la filière ingénierie et de la maîtrise d'ouvrage », après les deux pannes qui ont paralysé la gare parisienne. Mais est-ce suffisant vu la vulnérabilité du rail français ? La réponse en cinq questions 

Pourquoi ce n’est certainement pas la fin des pannes à la SNCF

Pourquoi ce n’est certainement pas la fin des pannes à la SNCF

AFP/Archives - DOMINIQUE FAGET

Régulièrement accusée de faire trop de pub, de marketing et d'effets d'annonce auprès des passagers plutôt que de se concentrer sur la maintenance du réseau et la ponctualité des trains, la SNCF est dans une situation paradoxale : plus elle fait de travaux, plus elle s'expose aux défaillances et à l'irritabilité des voyageurs.

Les deux pannes à quatre mois d’intervalle qui ont paralysé le trafic gare Montparnasse en juillet et le 3 décembre ont renforcé le sentiment d’une grande vulnérabilité du système ferroviaire français. La ministre des Transports Elisabeth Borne a beau qualifier cet incident "d’inacceptable", commander des rapports et mettre la pression sur les dirigeants du groupe, les voyageurs risquent de voir se multiplier encore longtemps ce genre de problèmes. En cause ? Les travaux de maintenance et de modernisation d’un réseau qui craque de partout. Depuis 2008 des milliards d’euros sont pourtant investis dans les voies ferrées, mais à écouter les experts, il faudra prendre son mal en patience au moins encore pendant dix ans avant d’espérer un retour à la normal !

Pourquoi les annonces de la SNCF sont-elles décevantes après la panne du 3 décembre ?

Tout le monde s'attendait à des annonces importantes de la part de la SNCF après le coup de semonce du gouvernement, mais c'est finalement une réponse assez limitée qu'a présenté Patrick Jeantet, le patron de l'infrastructure en s'adressant par courrier à la ministre des Transports. En gros, la nomination d'un nouveau "directeur général délégué", Matthieu Chabanel, jusqu'ici responsable de la maintenance et des travaux. Cet ingénieur X-Pont doit proposer d'ici la fin janvier une nouvelle organisation "de l'ensemble de la filière ingénierie et de la maîtrise d'ouvrage." Pas sûr que le grand public comprenne vraiment de quoi il s'agit.  "Il s’agit davantage d’une réponse technocratique que politique," observe un expert du groupe ferroviaire, alors que certains, dont la députée PS Valérie Rabault, avait de nouveau soulevé la question d’une démission de Guillaume Pepy, président du directoire du groupe ou de Patrick Jeantet, son numéro 2.

Reconnaissant l'existence de "failles importantes" dans la panne de dimanche 3 décembre qui a bloqué pendant une partie de la journée des centaines de voyageurs, le PDG de SNCF Réseau, a promis un audit complet de l'ensemble du processus de mise en oeuvre des opérations de modernisation du système. Mais dont les résultats ne seront connus que d'ici une année...

Pourquoi il risque d’y avoir d’autres pannes ?

Les dirigeants de la SNCF ne s’en cachent pas : les incidents du type de ceux de la gare Montparnasse risquent de se reproduire. Tout simplement car il y a de plus en plus de travaux sur les voies. Jusqu’en 2020 plus de 1500 chantiers sont engagés chaque année pour faire face à la hausse du nombre des voyageurs (+30%) et au vieillissement des infrastructures. Sachant que par exemple, 50% des ouvrages d’art, dont les ponts, tunnels.. ont plus de 100 ans !

Patrick Jeantet l’a d’ailleurs admis lui-même lors de ses interventions dans les médias en début de semaine : "La multiplication de ces chantiers, en particulier en Île-de-France, va augmenter l'occurrence des risques et il est de notre responsabilité de nous organiser pour mieux les anticiper, en minimiser l'occurrence et le cas échéant en gérer les conséquences."

La situation pour le groupe ferroviaire est d'autant plus complexe qu'il cumule plusieurs types de travaux, accroissant d'autant le risque de panne : ceux liés à la maintenance d’un réseau vieillissant et ceux liés à la modernisation des voies. C’est d’ailleurs ces derniers qui ont été à l’origine du bug à Montparnasse : une panne informatique sur une commande de postes d’aiguillage afin de permettre d’augmenter de 20% par heure la circulation des TGV sur l’Ouest de la France.

Les investissements sont ils suffisants?

L'incompréhension des voyageurs face aux pannes à répétition vient aussi du fait qu'on ne cesse de leur dire que des milliards d'euros sont investis dans les infrastructures, sans qu'ils en voient encore les résultats. En 2016, l'exécutif a annoncé un contrat de performance avec SNCF Réseau "sans précédent" de 46 milliards d'euros sur dix ans. Soit quasiment autant que la dette ferroviaire !

Plus de 34 milliards d'euros, financés par SNCF Réseau, l'Etat, et la hausse des péages, seront investis entre 2017 et 2026 pour la modernisation des principales lignes ferroviaires et la mise en conformité du réseau (suppressions de passages à niveau et mise aux normes d'accessibilité). Notamment, le contrat prévoit 27,9 milliards d'euros sur 10 ans pour le renouvellement du réseau principal. Cela représente près de 2,6 milliards d'euros en 2017 (contre moins d'un milliard jusqu'en 2006). Le cap des 3 milliards d'euros par an sera atteint en 2020.

Comment expliquer l'absence de Guillaume Pepy?

Prompt à réagir et à débarquer sur les plateaux de télé à la moindre crise, Guillaume Pepy s'est fait très discret cette fois. Lassé de prendre des coups et probablement peu empressé de monter en première ligne alors que la semaine s’annonçait formidable pour lui: bons résultats du TGV le mercredi, cocorico avec le président Macron à Doha le jeudi avec la signature du métro remporté en partenariat avec la RATP. "On me reproche assez d’être omniprésent médiatiquement et quand je reste silencieux, on me critique aussi, il faudrait savoir ! » ironisait-il en milieu de semaine.

Il est vrai que cette fois, c’est Patrick Jeantet, qui est monté au créneau car  la gestion des infrastructures est de la responsabilité du PDG de SNCF Réseau (ex RFF). Difficile d’ailleurs pour le grand public de s’y retrouver dans la gouvernance complexe du groupe : depuis la loi ferroviaire de 2014, celui-ci est divisé en deux établissements publics à caractère industriel et commercial (EPIC) avec d’un côté SNCF Mobilité, en charge de faire circuler les TGV, Intercités, autocars…dirigé par Guillaume Pepy  et SNCF Réseau, le gestionnaire des rails. Un EPIC de tête chapeaute le tout avec les deux PDG, respectivement président et président délégué du directoire. Et avec en cas de conflit entre les deux hommes, un président du conseil de surveillance, non exécutif, en la personne de Frédéric Saint-Geours, ex DG de PSA.

Les voyageurs seront ils mieux informés?

Même si la direction du groupe s’est félicitée en début de semaine d’une amélioration de l’information aux voyageurs, comparée au flot de consignes contradictoires lors de la paralysie de l’été dernier, il reste "des marges de progression," confie-t-on dans l’entourage de Guillaume Pepy. Ce dernier a décidé de gonfler le budget alloué à ces questions à plus de 50 million d’euros en 2018. Au total, 150 millions d’euros doivent être investis sur les trois prochaines années. 

La SNCF a d’ailleurs promis dans la foulée de l’incident du 3 décembre de rembourser les frais engagés par les voyageurs ayant subi au moins quatre heures de retard ou une annulation de leur train.

09/12/2017

SNCF Réseau se réorganise après la panne de Montparnasse

http://www.boursorama.com/actualites/sncf-reseau-se-reorg...

Reuters le
SNCF RÉSEAU SE RÉORGANISE APRÈS LA PANNE DE MONTPARNASSE

PARIS (Reuters) - Le PDG de SNCF Réseau, Patrick Jeantet, promet une réorganisation de sa branche et des grands travaux après l'incident qui a paralysé dimanche la gare Montparnasse et déclenché sa convocation par la ministre des Transports, Elisabeth Borne.

Dans une lettre adressée jeudi à la ministre et publiée vendredi sur le site de la SNCF, Patrick Jeantet annonce la nomination d'un nouveau directeur général délégué à ses côtés, Matthieu Chabanel, l'actuel directeur général adjoint chargé de la maintenance et des travaux.

"Les événements survenus cet été et dimanche dernier sont graves et démontrent des failles importantes qui subsistent encore dans notre mode de fonctionnement ", déclare le patron de SNCF Réseau en référence aux deux pannes géantes survenues le 30 juillet, puis le 3 décembre, en gare Montparnasse.

"La répétition de ce type d'incidents me conforte dans ma détermination qu'une profonde réorganisation, en particulier de l'ingénierie et des grands projets, est nécessaire et urgente", dit-il, avant de charger Matthieu Chabanel de la préparation de cette réorganisation ainsi que de présenter dès janvier "une nouvelle articulation entre maîtrise d'ouvrage et maîtrise d'oeuvre des projets".

Le patron de SNCF Réseau revient également sur les premières analyses conduites sur l'incident de dimanche, une panne informatique qui a empêché toute circulation dans la gare parisienne pendant une longue après-midi.

"L'incident de dimanche dernier est lié à des travaux de modernisation, d'un montant de 100 millions d'euros, visant à augmenter de 20% la capacité du nombre de TGV accueillis en gare de Montparnasse suite à la mise en service des lignes nouvelles Tours-Bordeaux et Le Mans-Rennes", explique-t-il.

Un audit a par ailleurs été lancé, dont les conclusions sont attendues d'ici la fin de l'année.

Au vu des 1.600 chantiers engagés sur tout le réseau français et de l'état des systèmes de signalisation, Patrick Jeantet prévient cependant que la multiplication des travaux "en particulier en Île-de-France, va augmenter l'occurrence des risques".

(Julie Carriat, avec Cyril Altmeyer, édité par Yves Clarisse)

06/12/2017

SNCF : le signal d’alarme

L'histoire se répète au sein de la SNCF, nous aussi nous connaissons notre aléas avec l'aiguillage près de Pressins. Le couac a faire venir un nouvelle aiguillage qui s'est avéré être par le bon. Normalement la situation devrait revenir à la normal demain matin ?

Eric

 

http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/12/05/sncf-le-si...

Editorial. La panne qui a paralysé le trafic de la gare Montparnasse dimanche 3 décembre démontre, une fois de plus, que la vulnérabilité du système ferroviaire français perdurera sans une réorganisation totale et une feuille de route claire de l’Etat.

LE MONDE |

Ecrans d’affichage des départs et arrivées à la gare Montparnasse le 3 décembre.
Ecrans d’affichage des départs et arrivées à la gare Montparnasse le 3 décembre. MARTIN BUREAU/AFP

Editorial du « Monde ». Un incident, une pagaille, un rapport, des promesses. Cet enchaînement est presque devenu une routine dans laquelle la SNCF est en train d’acquérir un certain « savoir-faire », à force de répétition. L’entreprise ferroviaire a une nouvelle fois peaufiné malgré elle la technique, dimanche 3 décembre, à l’occasion d’une gigantesque panne, qui a paralysé le trafic de la gare Montparnasse pendant plus de dix-huit heures, provoquant la colère de plusieurs milliers de passagers.

Ce capharnaüm, créé par un bogue informatique sur un poste d’aiguillage, intervient seulement quatre mois après un incident de la même ampleur, dans la même gare. Déjà, à l’époque, l’entreprise avait fait acte de contrition, sous la pression du gouvernement, qui avait donné trois mois à la SNCF pour modifier ses procédures.

Le temps passe, mais les problèmes restent pendants. Les deux incidents, même s’ils sont de nature différente, ont une origine similaire : les travaux de modernisation du réseau et la mise en service de nouvelles lignes à grande vitesse. Elisabeth Borne, la ministre des transports, qualifie l’incident d’« inacceptable ».

Côté gouvernement, on convoque, on tance, on demande des comptes, tandis qu’à la SNCF on se retranche derrière une régénération du réseau ferroviaire à marche forcée. « L’homme étant faillible, on commet inévitablement des erreurs », se défend Patrick Jeantet, le PDG de SNCF Réseau. Mais ce énième incident illustre surtout la vulnérabilité du système ferroviaire français.

Sous-investissements chroniques

La situation donne l’impression d’un jeu de rôle bien rodé, que les clients-usagers-contribuables financent en regardant passer les trains. Le problème est qu’il ne s’agit pas de perturbations isolées. Plus ou moins graves, elles se comptent par dizaines, au gré des 4 000 zones de travaux, dont 1 600 chantiers majeurs, qui vont s’échelonner tous les ans d’ici à 2020.

Ces chiffres donnent une idée de l’état de dégradation des voies ferrées, résultat de sous-investissements chroniques. Mais la solution n’est pas qu’une question d’argent. C’est toute l’organisation du système qu’il faut revoir. Celle de la SNCF d’abord, dont le PDG, Guillaume Pepy, très discret dans la séquence actuelle, survit à toutes les crises. La culture de l’entreprise, autrefois dominée par les ingénieurs, se délite. La focalisation sur le marketing et le numérique s’est parfois faite au détriment du cœur de métier, dont l’essentiel consiste à faire circuler des trains et assurer qu’ils arrivent à l’heure.

L’Etat a également sa part de responsabilité. Une fois de plus, il se révèle être un piètre actionnaire, tardant à donner une feuille de route à une entreprise qui s’apprête à affronter des échéances capitales, à commencer par l’ouverture à la concurrence. Pour les pouvoirs publics, il ne suffit pas de froncer les sourcils à chaque incident. Il est grand temps de donner des orientations claires en termes d’investissements pour consacrer plus de moyens aux infrastructures.

Le gouvernement semble conscient de l’enjeu. Il vient de missionner l’ex-patron d’Air France, Jean-Cyril Spinetta, pour s’attaquer à la « refondation du système ferroviaire ». Encore faudra-t-il avoir le courage d’appliquer les recommandations et faire mentir la boutade qui dit qu’il y a deux types de fous en France, ceux qui se prennent pour Napoléon et ceux qui veulent réformer la SNCF.

 
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