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14/05/2018

SNCF : le gouvernement balaye le «fantasme» de la privatisation

http://www.lefigaro.fr/social/2018/05/14/20011-20180514AR...

SNCF : le gouvernement balaye le «fantasme» de la privatisationLes cheminots sont appelés à se prononcer pour ou contre la réforme ferroviaire. LUDOVIC MARIN/AFP

VIDÉO - Le gouvernement va proposer un amendement à son projet de loi pour garantir l'incessibilité des titres de la SNCF. Une manière de rassurer les syndicats, échaudés par un document de travail qui semblait ouvrir la porte à une privatisation. En attendant, les cheminots sont appelés aux urnes pour se prononcer sur le texte.

Non, la SNCF ne sera pas privatisée. C'est le message que répète désespérément le gouvernement depuis la publication, dimanche dans Le Parisien-Aujourd'hui en France , du compte rendu d'une réunion de travail entre des cadres de la SNCF et le ministère des Transports. D'après ce document, la compagnie ferroviaire aurait demandé au gouvernement de «limiter l'incessibilité des titres de l'entreprise publique à la seule holding». Autrement dit, seule la holding serait protégée mais pas ses filiales, SNCF Mobilités (qui gère les trains) et SNCF Réseau (qui gère l'infrastructure). Accusé d'œuvrer en coulisse pour privatiser la SNCF, le gouvernement dément et propose ce matin d'inscrire le mot incessible dans le texte. «Le gouvernement portera, je pense, un amendement au Sénat de manière à rajouter après la phrase ‘intégralement détenu par l'État et incessible'», a annoncé ce matin sur RMC Jean-Baptiste Djebbari, député LaREM, rapporteur du projet de loi sur la réforme ferroviaire.


 
 
SNCF : ce document qui pourrait mettre le feu aux poudres
Le journal Le Parisien a révélé avoir consulté un « compte rendu interne d’une réunion de travail ». Sa révélation fait bondir les syndicats et promet un durcissement des actions vis à vis du gouvernement.
 

«Pour être très clair, ce qu'on a inscrit nous (lors de l'examen du texte en première lecture à l'Assemblée nationale, ndlr) c'est ‘le capital est intégralement détenu par l'État', ce qui en fait est plus fort que l'incessibilité. Mais comme on ne veut laisser aucune place au fantasme de la privatisation, on inscrira ‘incessibilité'», a-t-il fait, précisant en avoir discuté «hier» avec la ministre des Transports Elisabeth Borne. Cette dernière avait dès dimanche tenté de balayer les craintes des cheminots sur le sujet en publiant un tweet dans lequel elle assure que «les trois entreprises #SNCF, #SNCFMobilités et #SNCFRéseau, sont et resteront 100% publiques et incessibles».

En introduisant un amendement au texte soulignant le caractère incessible des titres SNCF, le gouvernement espère répondre à la demande formulée par les syndicats, et notamment le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger. Sur Cnews ce matin, ce dernier avait demandé que le gouvernement «dise très clairement qu'il n'y aura pas de cessibilité de quelque filiale que ce soit à la SNCF». Selon lui, «il ne faut pas de vente à la découpe à la SNCF».

Les cheminots appelés aux urnes

Cette annonce du gouvernement suffira-t-elle à rassurer les 147.000 salariés de la SNCF? Ces derniers sont en tout cas appelés à donner leur avis sur la réforme ferroviaire dans le cadre d'un vote organisé en interne par les syndicats dès ce lundi 10 heures et jusqu'au 21 mai à la même heure. Des urnes seront installées dans les assemblées générales, mais certaines seront itinérantes lors de «tournées syndicales, dans les ateliers, les postes d'aiguillage, les bureaux», a précisé Bruno Poncet de SUD-Rail. «On est dans une grève longue et dure, et on a besoin d'avoir une modalité d'action qui ne soit pas seulement la grève, indispensable pour maintenir un rapport de force avec le gouvernement», a expliqué Sébastien Mariani, de la CFDT-cheminots, sur franceinfo, ce lundi. «On espère une forte participation des cheminots, un large vote [contre le projet de réforme], au-delà de 60-70%. En dessous de 60%, ce sera un échec», a-t-il ajouté. A Nice, cette «vot'action» a été lancée dès la semaine dernière, «avec des urnes, un émargement et un dépouillement en présence des médias», a précisé à l'AFP Najil Abdelkader de la CGT Cheminots. 95% des votants se sont prononcés contre la réforme.

Cette consultation n'a aucune valeur juridique, et même «aucune légitimité» pour le PDG de la SNCF Guillaume Pepy. Mais les syndicats y voient un nouveau moyen de peser sur le gouvernement qui reste inflexible sur les points clés de la réforme: l'ouverture à la concurrence, la fin de l'embauche au statut et la transformation de la SNCF en société anonyme à capitaux publics. L'intersyndicale espère également redonner un coup de fouet à la mobilisation des cheminots qui marque le pas après neuf séquences de deux jours de grève sur cinq. Cette journée de lundi semble toutefois faire exception: la direction de la SNCF note «un sursaut de mobilisation» et annonce un trafic «très perturbé». Avec 27,58% de grévistes, la participation à cette «journée sans cheminots, sans trains» se rapproche en effet des taux de grévistes enregistrés lors du premier épisode du mouvement, les 3 et 4 avril (33,9% et 29,7%). La mobilisation s'est envolée jusqu'à 74,4% chez les conducteurs, 74,3% chez les contrôleurs et 36,7% chez les aiguilleurs, précise la direction dans un communiqué.

L'intersyndicale entend bien poursuivre sur cette lancée afin de mettre la pression sur le gouvernement, avant une nouvelle rencontre prévue avec Edouard Philippe, et sur les parlementaires, avant l'examen du projet de loi le 23 mai en commission et le 29 dans l'hémicycle.

13/05/2018

Grève SNCF : "le dialogue social a véritablement commencé cette semaine", estime Luc Bérille

http://www.europe1.fr/emissions/l-interview-politique-du-...

08h43, le 12 mai 2018, modifié à 09h38, le 12 mai 2018

http://www.europe1.fr/videos/embed/3649913

L'interview politique du week-end est une chronique de l'émission Europe 1 Week end

Ce samedi, Wendy Bouchard reçoit Luc Bérille, secrétaire général de l'Unsa, pour évoquer notamment les ponts du mois de mai, et la grève à la SNCF.

"Le dialogue social a véritablement commencé cette semaine", estime Luc Bérille, le secrétaire général de l'Unsa - Union nationale des syndicats autonomes. Invité d'Europe 1 weekend samedi, le syndicaliste dresse, à l'aube de la 17ème et 18ème journée de grève sur les 36 prévues par l'intersyndicale, un premier bilan du mouvement social, à mi-parcours. 

Besoin d'engagements. "La grève a été déclenchée sur l'impossibilité d'engager un dialogue", commence par rappeler Luc Bérille. "Le premier bilan, c'est que ça a permis de déclencher une entrevue avec le Premier ministre et avec Elisabeth Borne [ministre des Transports,ndlr]", se félicite le secrétaire général de l'Unsa. Si le dialogue avec le gouvernement a commencé, la bataille est loin d'être terminée : "pour le moment, les choses se sont bien passées, mais il nous faut toute une série d'engagements", explique-t-il. "Nous avons besoin d'engagements financiers pour assurer la pérennité des entreprises du secteur".

Invité(s) : Luc Bérille, Secrétaire Général de l'Unsa, l'Union nationale des syndicats autonomes

09/05/2018

SNCF : le référendum de la CGT divise les syndicats

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2018/05/09/20002-20180...

SNCF : le référendum de la CGT divise les syndicats
Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez (à gauche) et Laurent Brun, secrétaire national de la CGT Cheminots, le 7 mai, à Matignon. FRANCOIS GUILLOT/AFP

Les quatre organisations devaient préciser mercredi soir si elles seraient main dans la main pour immobiliser la circulation des trains le 14 mai dans le cadre d'une « journée blanche ».

Toujours unis dans la grève jusqu'à présent, les syndicats commencent à diverger sur la stratégie à conduire pour s'assurer du soutien de la «base». Inspirée par l'organisation d'une consultation chez Air France, qui se solde par le départ du PDG du groupe, la CGT-cheminots a indiqué qu'elle organiserait un référendum pour savoir si les cheminots sont d'accord ou pas avec la réforme ferroviaire. Cette consultation des salariés devait être débattue mercredi en fin de journée lors d'une nouvelle réunion de l'intersyndicale au siège de la CGT.

Avant même la rencontre, Roger Dillenseger, secrétaire général de l'Unsa ferroviaire, prenait ses distances. «Le référendum est une méthode assez intéressante de manière démocratique, à condition que ce soit bien organisé, estime-t-il. Un référendum n'a de valeur que s'il est organisé pour l'ensemble des cheminots et de manière très, très précise, avec des modalités de scrutin cadrées.» Le syndicaliste a été plus loin, prenant position contre la consultation: «Aujourd'hui, la proposition qui nous est faite à demi-mot par une organisation syndicale nous semble pour le moins pas très sécurisée. L'interprétation qu'on pourrait en faire est tout aussi aléatoire. Nous, on ne souscrit pas.»

Le front uni des dernières semaines est-il en train de se fissurer? La volonté de l'Unsa et de la CFDT de se rendre vendredi au ministère des Transports à l'invitation d'Élisabeth Borne pour discuter des amendements avant l'arrivée du projet de loi au Sénat avait déjà marqué une forme d'indépendance à l'égard de la CGT et de SUD Rail. Les quatre organisations devaient préciser mercredi soir si elles seraient main dans la main pour immobiliser la circulation des trains le 14 mai dans le cadre d'une «journée blanche». Mercredi, le taux de participation à la grève à la SNCF était de 14,46 % en moyenne: 53 % chez les conducteurs, 45,5 % chez les contrôleurs et 20,9% chez les aiguilleurs.

 
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