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25/02/2018

SNCF : les 3 détonateurs qui pourraient faire dérailler le gouvernement

http://www.atlantico.fr/decryptage/sncf-3-detonateurs-qui...

Publié le

Les quatre syndicats représentatifs de la SNCF menacent le gouvernement d'un conflit social "majeur" s'il décide de passer en force son projet de réforme du secteur ferroviaire.

SNCF : les 3 détonateurs qui pourraient faire dérailler le gouvernement

Matthieu Chaigne

Matthieu Chaigne est co-fondateur de l'observatoire des sondages et tendances émergentes Délits d'Opinion, chargé de cours à l'INSEEC et à la Sorbonne-CELSA.

Le Gouvernement peut-il se fracasser sur la réforme de la SNCF ?

Le rapport Spinetta, base de discussions à venir, envisage le bing bang : changer le statut des nouveaux cheminots embauchés, modifier la structure juridique de l’entreprise, réduire son aire de compétences. Le Gouvernement veut aller très vite pour éviter un bras de fer qui s’annonce pourtant inévitable.

A première vue, les signaux sont au vert

Sur le papier, le Gouvernement a un boulevard devant lui.

D’abord, il bénéficie d’une exaspération croissante des Français envers la SNCF : pannes à répétition, forte médiatisation des bugs monumentaux gare Montparnasse… entre les Français et leur service public, le divorce semble consommé : les chiffres mensuels sur la satisfaction fournis par Ipsos témoignent d’ailleurs d’une baisse très forte sur deux items clés : la réputation et l’expérience client.

Ensuite, le Gouvernement peut tirer pleinement partie de la fenêtre de tir politique.  Le mandat donné aux Français à Emmanuel Macron est clair : les Français ne veulent plus du statut quo. C’est la raison principale pour laquelle l’opposition est inaudible. Et même si la popularité d'Emmanuel Macron (-5) est en forte baisse en janvier et repasse en dessous de la barre des 50%, selon un sondage BVA, ce dernier continue de bénéficier d’un alignement des planètes.

En toile de fond, les tabous historiques sont en train de tomber. Ainsi, le statut de la fonction publique, et parapublique, est aujourd’hui battu en brèche. Mi-février, une étude révélait que ni les Français ni les fonctionnaires n’étaient opposés à la fin du statut de fonctionnaire à vie.

Forte insatisfaction vis-à-vis de la SNCF, fin des tabous concernant la fonction publique, injonction aux changements : qu’est-ce qui pourrait freiner la grande transformation de la SNCF ?

Un train peut en cacher un autre

Il y a les réformes, et ce qu’elles symbolisent. La révolte des bonnets rouges n’avait plus grand-chose à voir avec le projet des  portiques Ecotaxes. De même, la grogne contre le projet  CPE traduisait au-delà des modalités de ce contrat, une angoisse plus profonde d’une génération qui peinait à trouver sa place.

Souvent cela explose quand la réforme vient télescoper une inquiétude plus grande qu’elle. La SNCF pourrait jouer un rôle de  détonateur. Trois terreaux sont particulièrement explosifs :

La révolte des territoires d’abord : dès la sortie du rapport Spinetta, les syndicats se sont insurgés contre la possible remise en cause de leur statut. S’ils en restent là, leur mouvement demeurera catégoriel. Une bombe à fragmentation autrement plus mobilisatrice réside pourtant dans les conclusions : il est indiqué ainsi que 2% de la population ne pourrait préempter près de 2 milliards de moyens. Entre les lignes, une affirmation est posée : le service public doit intégrer une logique de rentabilité. Une hypothèse insupportable pour des territoires qui ont déjà le sentiment d’être mis à la marge et qui voient chaque jour leur moyens réduits.

Le front commun des fonctionnaires et des retraités.  C’est un secret de polichinelle : les grèves massives de la fonction publique sont souvent le fruit d’une mobilisation forte des retraités qui viennent prêter « voix forte » aux côtes des actifs. Or, la séquence qui s’ouvre pourrait créer un pot commun inédit des revendications et offrir une caisse de résonance aux retraités touchés par la hausse de la CSG. Car l’insatisfaction est grande. La catégorie des retraités est selon BVA celle qui est la plus convaincue – à 82% - que ses revenus ont baissé cette année.

L’ombre du libéralisme à tout crin: derrière toute réforme, c’est la philosophie de l’exécutif qui est questionnée. La rhétorique du Gouvernement actuel vise précisément à éviter cet écueil : le seul critère affiché tient en deux mots, efficacité et pragmatisme. Une posture qui nécessiterait de reléguer au second rang la question de l’endettement de la SNCF. Si la question financière devenait le seul argument audible, alors elle alignerait la politique du Gouvernement sur des seules logiques comptables dont les Français se moquent. Le défi des réformistes est autre : donner aujourd’hui à voir ce que la réforme changera dans leur quotidien demain. Faute de quoi entre le statut quo reprendrait ses droits en France.

16/02/2018

SNCF : LES CHEMINOTS EN COLÈRE VONT MANIFESTER LE 22 MARS

https://www.radioscoop.com/infos/sncf-les-cheminots-en-co...

Vendredi 16 Février - 09:38

Le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez a annoncé une "manifestation nationale" des cheminots, après la publication d'un rapport avec des propositions pour réformer la SNCF.

 

Manifestation nationale surprise le 22 mars

Philippe Martinez, leader de la CGT, a annoncé vendredi une "manifestation nationale" des cheminots le 22 mars, pour défendre notamment leur "statut", remis en cause par un rapport remis jeudi au gouvernement.

"Les cheminots font une manifestation nationale le 22 mars et, forcément, les cheminots défendront le service public, leur emploi et leur statut", a déclaré Philippe Martinez.

Dans son rapport, l'ancien président d'Air France Jean-Cyril Spinetta préconise de profondes réformes de la SNCF, en particulier une transformation en société anonyme et la fin du statut de cheminot à l'embauche.

"Quand on est attaqué, on se défend", a dit le secrétaire général de la CGT, assurant que les cheminots "ne laisseront pas casser leur outil de travail".

"Une attaque"

Il a laissé entendre que la manifestation pourrait s'accompagner d'une grève, en prévenant que "si les salariés de la SNCF sont en grève, il n'y a pas de train et on ne peut plus se déplacer".

Cette journée de mobilisation aura lieu le même jour que celle organisée chez les fonctionnaires contre la réforme de la fonction publique.

Pour Philippe Martinez, "ce que propose ce rapport, c'est d'accentuer (la) casse" de la SNCF.

"Il faudra qu'on m'explique en quoi le statut des cheminots est la cause des problèmes et des incidents que rencontrent bon nombre aujourd'hui de voyageurs", a-t-il lancé, appelant à "s'attaquer au fond des problèmes de la SNCF".

Selon lui, la concertation à propos de la réforme du système ferroviaire annoncée par le gouvernement, dans la foulée du rapport Spinetta, s'inscrit dans un "cadre déjà bien figé". "Ce genre de concertation, comme on dit un peu trivialement, c'est du pipeau", a-t-il dit.

(AFP)

10/02/2018

SNCF : «Les conditions sont réunies pour un mouvement social plus dur qu'en 1995»

http://www.leparisien.fr/economie/sncf-les-conditions-son...

Economie|Vincent Vérier| 07 février 2018, 11h17

 

Fabien Villedieu, cheminot et délégué syndical SUD-Rail. LP/MATTHIEU DE MARTIGNAC

 

Fabien Villedieu, délégué SUD-Rail, conducteur à Paris Sud-Est, met en garde le gouvernement, alors qu'un rapport proposant des pistes de réformes pour l'entreprise publique va être remis dans les prochains jours.

Système ferroviaire à bout de souffle, discussions sur l'ouverture à la concurrence du rail, remise du rapport Spinetta au gouvernement... Voici les ingrédients d'un cocktail qui risque de s'avérer explosif et laisse entrevoir la perspective d'un conflit social dur à la SNCF. Ce que confirme le syndicaliste Sud-Rail, Fabien Villedieu, qui estime que les conditions sont réunies pour un mouvement plus dur encore qu'en 1995. La SNCF avait alors été bloquée par trois semaines de grève. La CGT appelle déjà ses adhérents à un mouvement de grève ce jeudi.

Comment est le climat social à la SNCF ?

Fabien Villedieu. Il est extrêmement tendu. Les cheminots attendent avec impatience le rapport de M. Spinetta et le projet de loi du gouvernement pour savoir à quelle sauce ils vont être mangés.

Que craignez-vous ?

Nous sommes attaqués de toutes parts. On présente l'ouverture à la concurrence ferroviaire comme de la modernité. Mais il suffit de voir ce qui s'est passé dans le fret français. Depuis son ouverture à la concurrence en 2003, le trafic a été divisé par deux et les marchandises sont transportées par camions. En Angleterre, elle a conduit à une augmentation des prix. Le transport représente 14 % du budget d'un Londonien. C'est du délire.

Que proposez-vous ?

On demande un moratoire et un bilan des ouvertures à la concurrence qui ont déjà été faites avant de foncer tête baissée dans le mur.

Le gouvernement estime que c'est l'occasion de moderniser la SNCF...

Si ça veut dire pour un cheminot travailler jusqu'à 70 ans avec des conditions de travail de plus en plus dures, ce n'est pas moderne, c'est rétrograde.

Beaucoup de Français jugent le statut des cheminots trop avantageux. Que répondez-vous ?

Si c'était vraiment le cas, la SNCF n'aurait pas autant de difficultés à recruter. Etre cheminot, ça veut dire travailler la nuit, le dimanche, les jours fériés et par tous les temps. Aujourd'hui (NDLR : mardi), j'ai des collègues qui bossent sous la neige pour entretenir et surveiller le réseau. Notre statut, ce sont des années de combat. Pas question de repartir d'une feuille blanche.

La SNCF doit-elle évoluer en société de droit privé ?

Non. Ce serait un pas supplémentaire vers la privatisation. On a vu ce que celle des autoroutes a donné. C'est un saccage.

Les usagers doivent-ils s'attendre à des grèves ?

Les conditions sont réunies pour aller vers un mouvement plus dur qu'en 1995. Tout dépendra de ce que proposera le gouvernement. Emmanuel Macron a peut-être été élu sur un mandat mais les syndicats de la SNCF aussi. Nous sommes là pour défendre les conditions de travail et les rémunérations des cheminots.

 
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