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08/03/2018

SNCF : la menace d’une grève

http://www.ledauphine.com/economie-et-finance/2018/03/08/...

La CGT reproche au gouvernement de prévoir un plan d’investissement très insuffisant, de 20 % inférieur à celui prévu par l’Allemagne.  AFP

La CGT reproche au gouvernement de prévoir un plan d’investissement très insuffisant, de 20 % inférieur à celui prévu par l’Allemagne. AFP

Le premier syndicat de cheminots veut peser dans le débat. La CGT réclame un plan ambitieux pour développer le transport en train et prévient que la grève sera inévitable si le gouvernement campe sur ses positions.

La semaine prochaine s’annonce décisive pour la grande réforme ferroviaire lancée par le gouvernement. Le Premier ministre Édouard Philippe a annoncé qu’il voulait aller vite en ayant recours aux ordonnances, comme pour la réforme du code du travail. Le projet de loi d’habilitation permettant d’avoir recours aux ordonnances sera présenté mercredi en conseil des ministres.

Le lendemain, Guillaume Pepy, le PDG de la SNCF, remettra son projet d’entreprise à la ministre des Transports, Élisabeth Borne. Le 15 mars, c’est aussi le jour choisi par le front unitaire des syndicats de cheminots pour décider d’un éventuel appel à une grève nationale reconductible qui pourrait débuter entre le 24 mars et le 6 avril, avant la discussion du projet de loi au Parlement.

L’état de délabrement du réseau ferroviaire

« La grève est inévitable si le gouvernement ne nous entend pas. Nous avons été auditionnés, mais il n’y a pas de dialogue social », prévient Laurent Brun, secrétaire général de la fédération CGT des cheminots. Le premier syndicat à la SNCF a présenté hier son contre-projet pour sauver le système ferroviaire français.

Farouchement opposée à toute privatisation, la CGT demande à la France de faire jouer les exceptions prévues par les textes européens afin de repousser l’ouverture à la concurrence. « L’état de vieillissement et de délabrement du réseau ferroviaire ne permet pas une mise en concurrence avec une date butoir en 2023 pour les TER. En région parisienne, elle pourra d’ailleurs s’étaler jusqu’en 2039 », constate Laurent Brun.

Le syndicat réclame un plan ambitieux pour augmenter la part du train dans le transport de voyageurs et de fret. La CGT reproche au gouvernement de faire le jeu du « tout routier » en particulier lorsque l’État décide d’abandonner les petites lignes aux régions, déjà exsangues. « L’Allemagne, dont l’entreprise publique a été désendettée et dont le réseau est en bon état, va consacrer 28 milliards d’euros sur cinq ans à son système ferroviaire, 20 % de plus que le plan annoncé par Édouard Philippe », observe le patron des cheminots CGT.

Pour financer les investissements, le syndicat propose de réaffecter certaines ressources, comme la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE) qui serait réservée aux infrastructures de transport, alors qu’elle sert actuellement à payer une partie du RSA (Revenu de solidarité active).

Laurent Brun veut prendre les Français à témoin, même si la cote d’amour des cheminots dans l’opinion souffre de leur image de nantis. « Nous voulons un vrai débat. Il n’est pas dit que la population ne souhaite pas un développement du ferroviaire public plutôt que la privatisation et la réduction de l’offre proposées par le gouvernement ».

La CGT s’attend à une grève dure si le gouvernement décide de passer en force. « La mobilisation sera très forte. Il y a une vraie colère des cheminots, y compris au niveau de l’encadrement, ce qui est assez nouveau », observe Laurent Brun, en se gardant bien de faire un parallèle avec la grève de 1995 qui avait fait plier le gouvernement Juppé : « Le contexte n’est pas le même. »

03/03/2018

SNCF : « Il est plus compliqué aujourd’hui qu’en 1995 de construire une mobilisation de grande ampleur susceptible de durer »

http://www.lemonde.fr/politique/article/2018/03/03/sncf-i...

La chercheuse Sophie Béroud compare la situation sociale et politique actuelle à celle de 1995, année du plus grand conflit depuis Mai 68.

LE MONDE | • Mis à jour le |

Propos recueillis par Jérémie Lamothe

Manifestation pour le retrait du plan Juppé de réforme du système de prévoyance sociale, à Paris, en décembre 1995
Manifestation pour le retrait du plan Juppé de réforme du système de prévoyance sociale, à Paris, en décembre 1995 STF / AFP

Une France paralysée pendant plusieurs semaines, des millions de manifestants dans les rues et un gouvernement qui finit par reculer… Avec sa réforme de la SNCF lancée lundi 26 février, le gouvernement d’Edouard Philippe peut-il revivre la fronde sociale qui s’était érigée fin 1995 contre le premier ministre d’alors, Alain Juppé ?

Face à la volonté de l’exécutif de mettre fin au statut des cheminots pour les nouvelles recrues de l’entreprise ferroviaire et de réformer par ordonnances, la CGT-Cheminot a en effet annoncé être prête « à faire un mois de grève pour faire plier le gouvernement ». Alors la comparaison avec le conflit social de 1995 est-elle pertinente ?

Maîtresse de conférence en science politique et spécialiste des mouvements sociaux, Sophie Béroud revient sur les racines du conflit le plus dur depuis Mai 68 et estime qu’il sera plus compliqué aujourd’hui pour les syndicats de mobiliser sur plusieurs semaines.

Depuis l’annonce d’un mouvement social à venir contre la réforme de la SNCF, beaucoup font la comparaison avec 1995. Est-ce que cela vous semble pertinent ?

Pas mal d’éléments diffèrent par rapport à 1995. On n’était pas dans la même configuration politique. A l’époque, Jacques Chirac avait fait toute sa campagne sur la fracture sociale, ce qui lui avait permis de se démarquer d’Edouard Balladur. Il n’avait pas annoncé les réformes qui allaient entraîner ce mouvement social. Les acteurs syndicaux ont donc pu reprocher à Chirac de ne pas tenir ses engagements. Là, Emmanuel Macron a fait campagne sur sa volonté de réformer.

Par ailleurs, en 1995, le gouvernement avait lancé deux réformes en même temps : la réforme de la Sécurité sociale et l’alignement des retraites du secteur public et des régimes spéciaux sur celles du privé. Cela avait permis une jonction de la contestation entre différents secteurs, ce que souhaite empêcher le gouvernement d’Edouard Philippe. Une...

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http://www.lemonde.fr/politique/article/2018/03/03/sncf-i...

01/03/2018

Concertation sur la réforme de la SNCF : la CGT cheminots n’est « pas rassurée du tout »

http://www.lemonde.fr/economie-francaise/article/2018/03/...

La ministre des transports, Elisabeth Borne, reçoit successivement jeudi les principaux syndicats de cheminots, opposés aux annonces d’Edouard Philippe lundi.

Le Monde.fr avec AFP | • Mis à jour le

Laurent Brun, secrétaire général de la fédération CGT des cheminots à Paris, jeudi 1er mars 2018.
Laurent Brun, secrétaire général de la fédération CGT des cheminots à Paris, jeudi 1er mars 2018. Jean-Claude Coutausse / French-Politics pour Le Monde

La CGT cheminots « n’est pas rassurée du tout » sur le projet de réforme de la SNCF, a déclaré son secrétaire général, Laurent Brun, jeudi 1er mars, à la sortie d’une première réunion de concertation avec la ministre des transports. Elisabeth Borne doit recevoir successivement les principaux syndicats de la SNCF (CGT, UNSA, SUD-Rail, CFDT), y compris FO, qui n’est pas représentatif.

Il y a eu « beaucoup d’échanges mais pas beaucoup de marges de manœuvre », a relevé Laurent Brun. La CGT participera aux réunions de concertation « sans beaucoup d’illusions », a-t-il ajouté.

Il a précisé avoir formulé à la ministre « un certain nombre de critiques » à l’égard du projet présenté lundi par le premier ministre, Edouard Philippe, qui prévoit notamment la fin du statut de cheminot pour les nouveaux embauchés, la transformation de la SNCF en société nationale à capitaux publics et de mener la réforme par ordonnances.

« Au-delà de la concertation, nous voulons de la négociation, nous n’avons pas eu gain de cause », a-t-il dit, en ajoutant que son syndicat remettrait « le 7 mars une proposition globale au ministère avec une analyse de la situation ». « Pour l’instant, la ministre n’a pas écarté nos craintes », a noté le syndicaliste.

Alerte sociale déposée

Quant à l’alerte sociale, première étape du processus permettant d’appeler à la grève pour les cheminots, elle a été déposée « ce matin » par les quatre syndicats représentatifs. Réunie mardi, l’intersyndicale s’est donné rendez-vous le 15 mars pour décider d’un mouvement de grève, au vu du résultat de la concertation avec le gouvernement et du contenu du projet d’habilitation des ordonnances.

Evoquant la manifestation nationale du 22 mars, la CGT a proposé « à toutes les organisations syndicales de faire un appel commun » à manifester, en rappelant que l’UNSA (deuxième syndicat) et SUD-Rail (troisième) avaient déjà annoncé leur participation. « Cette manifestation s’annonce énorme », a prédit Laurent Brun, confirmant que ce jour-là il n’y aurait « pas d’appel national à la grève ».

 
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