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26/04/2016

Qui veut la mort de la SNCF ?

http://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/02187...

Olivier Pastré / Chroniqueur - professeur à l'Université de Paris-VIII |

Gare Montparnasse.

Gare Montparnasse. - SIPA

Malgré ses atouts nous nous évertuons à mettre à terre un modèle que l’étranger nous envie. Etat et syndicats ont des responsabilités partagées dans la crise du ferroviaire

Quel beau pays que le nôtre. C’est en effet, un des seuls pays où l’on prend un malin plaisir à critiquer et, pire, détruire des projets que le reste du monde nous envie. C’est le cas bien sûr de notre système de santé que l’on détruit faute d’un consensus minimum sur des réformes de bon sens que des réflexes de repli catégoriel rendent impossibles. Mais c’est peut-être plus encore le cas de la SNCF. Le service public est considéré, à l’étranger, comme un modèle aussi bien par son maillage fin du territoire que pour ses prouesses technologique que symbolise le TGV. Et, malgré ces atouts incontestables, nous nous évertuons à mettre ce modèle industriel à terre. En témoignent au premier chef ces grèves répétitives lancées, si possible, en période de départ en vacances. Mais en témoigne aussi une insuffisance d’investissements pour préparer l’avenir qui se traduit par une obsolescence des infrastructures que des rapports d’expertise dénoncent à date régulière et qui ne font l’actualité que quelque jours, quand un drame se produit comme ce fut le cas récemment à Eckwersheim et à Brétigny-sur-Orge .

Ces dysfonctionnements interviennent alors que le rail n’a jamais été aussi menacé qu’aujourd’hui. Au-delà de l’ouverture à la concurrence européenne, ce qui menace le modèle ferroviaire, ce sont des évolutions comme le covoiturage et le transport par bus que le gouvernement vient d’encourager, évolutions qui, comme la courbe du chômage, ne sont pas près de s’inverser de manière significative.

Les Français râlent contre la SNCF car ils savent que leur vie quotidienne en dépend. C’est vrai bien sûr, en période de grèves mais c’est plus vrai encore des multiples dysfonctionnements qui polluent leur vie de salariés jour après jour. Les Français devraient, de ce fait même, au contraire de ce qu’ils font, témoigner de leur solidarité vis-à-vis de la SNCF. Car ce n’est pas cette entreprise qui en est la cause première de leur tracas. Ce sont, à égalité de responsabilité, les syndicats et l’Etat qui sont à l’origine de tous leurs maux.

Une négociation sociale d’importance stratégique est en cours à la SNCF qui doit se conclure avant le 30 juin 2016. Elle porte sur la signature d’une convention collective couvrant l’ensemble du secteur ferroviaire – une première – et sur un nouvel accord d’entreprise qui doit remettre à plat, entre autres, l’organisation du travail. Nul doute que la menace de grèves pendant l’Euro 2016 donne un fort pouvoir de négociation aux organisations syndicales. Mais ce serait un immense gâchis si celles-ci se servaient de celui-ci de manière irresponsable. Elles auraient mieux à faire de négocier durement sur l’accord de gestion prévisionnelles de l’emploi et des carrières (GPEC) qui constitue le principal levier de remise en marche de l’ascenseur social à la SNCF.

Mais l’Etat est au moins aussi coupable que les syndicats de la dégradation de la situation à la SNCF. Vis-à-vis de l’entreprise publique, il fait preuve d’une hypocrisie totale. Il dénonce, à grand renfort de médiatisation, les carences – objectives – de l’opérateur ferroviaire mais il empêche celui-ci de faire les investissements nécessaires à la résolution de ces problèmes. L’Etat est en train de détruire le modèle économique du TGV en imposant des lignes absurdes aux coûts pharaoniques (comme Lyon-Turin par exemple) et des arrêts incessants que des députés en mal de légitimité lui imposent. Et, pendant ce temps, les investissements indispensables à l’entretien et à la modernisation du réseau qu’utilisent les Français tous les jours sont repoussés année après année.

Il faut mettre un terme à cette situation. Si, au lieu de ne pas prendre les décisions et de ne pas signer les accords qui s’imposent, les syndicats et l’Etat prenaient un peu de temps pour se projeter dans l’avenir et ouvraient les chantiers ferroviaires les plus créateurs d’emploi et de croissance économique, ce serait bien mieux

Grève SNCF : les raisons de la mobilisation

http://www.lemonde.fr/economie-francaise/article/2016/04/...

LE MONDE | • Mis à jour le

Par Philippe Jacqué

Des agents de la SNCF informent les passagers à la Gare Saint-Lazare de Paris, le 26 avril 2016, alors que l'ensemble des syndicats a appelé à une grève pour peser sur les négociations concernant un nouveau cadre social.
Des agents de la SNCF informent les passagers à la Gare Saint-Lazare de Paris, le 26 avril 2016, alors que l'ensemble des syndicats a appelé à une grève pour peser sur les négociations concernant un nouveau cadre social. MIGUEL MEDINA / AFP

Pour la troisième fois en moins de deux mois, les syndicats de la SNCF ont appelé à la grève, mardi 26 avril. En cause, les négociations sur le nouveau cadre social des employés de la branche ferroviaire, qui doit être applicable au 1er juillet. Faute d’accord, le « décret socle », un texte minimum, sera applicable à cette date.

Prévu par la loi ferroviaire d’août 2014, ce cadre social doit permettre l’ouverture de la concurrence du marché en évitant tout dumping social à partir de décembre 2019, pour les lignes TGV, et à la moitié des années 2020, pour les autres lignes (TER, Intercités).

Si les règles sociales en vigueur persistaient chez tous les acteurs, le différentiel d’organisation serait de 20 %. La SNCF, du fait du RH 077 (qui encadre les conditions de travail des cheminots), serait pénalisée par rapport à ses concurrents, à l’organisation bien moins contraignante. Demain, théoriquement, la distinction entre les différentes entreprises ne pourra plus se faire sur les ressources humaines, mais sur le reste : qualité de service, régularité, efficience de l’organisation, importance des frais de siège, etc.

  • Comment s’organise ce cadre social ?

Le 18 février, Alain Vidalies, le secrétaire d’Etat aux transports, avait posé la première pierre de ce cadre social, en présentant son « décret socle », déjà amélioré fin mars. En partant de ce premier texte, l’Union des transports publics et ferroviaires (UTP), qui représente la SNCF et l’ensemble des sociétés concurrentes, dont Transdev, la Deutsche Bahn ou Europorte (filiale de fret d’Eurotunnel), et les syndicats du secteur doivent négocier une convention collective.

Le « décret socle » et la convention collective seront, ensuite, complétés par un accord dans chaque entreprise. Tout l’enjeu pour les syndicats de la SNCF est d’obtenir un décret et une convention collective la plus proche de son organisation du travail actuel (le RH 077) afin d’amenuiser tout différentiel avec ses concurrents. La CGT veut même aller au-delà et réclame la mise en place des 32 heures au lieu des 35 heures actuelles.

  • Pourquoi ne pas élargir les conditions sociales des cheminots à toute la future branche ?

Pour les entreprises du secteur, si l’on reprenait l’ensemble des règles sociales de l’entreprise publique, l’ouverture à la concurrence serait amoindrie. Autant mettre la clé sous la porte tout de suite, car l’organisation sociale de l’entreprise est aujourd’hui loin d’être un exemple dans le monde ferroviaire. La question n’est pas le niveau des rémunérations, aujourd’hui plus avantageuses dans le privé, mais bien l’organisation du travail.

En revoyant l’organisation du travail, sans toucher aux avantages actuels des cheminots (départ à la retraite anticipé, droit de circulation, etc.), la direction de la SNCF veut réaliser en partie les économies demandées par l’Etat. En février, Alain Vidalies a dès lors présenté un « décret socle » médian entre le RH 077 et les règles sociales existantes chez ses concurrents.

  • Quelles différences entre les projets actuels et l’organisation de la SNCF ?

Dans l’état actuel des textes (décret et convention), la base sociale est plus flexible que le RH 077 : les repos doubles (deux jours de repos consécutifs) baisseraient à 30 par an minimum pour les personnels roulants, la durée de repos à domicile baisserait de 14 à 13 heures, deux à trois nuits passées hors domicile seraient autorisées au lieu d’une seule actuellement.

De même, les personnels roulants seraient pris en charge (logé ou financièrement compensé, par exemple) quand ils sont à plus de 50 km de leur domicile. Aujourd’hui, cette limite est de trois kilomètres à la SNCF.

Les textes nationaux fixent 115 jours de repos par an minimum, week-ends et jours fériés compris, pour les personnels roulants. Pour les entreprises privées, il s’agirait d’une augmentation de 11 jours de repos. Pour les cheminots du groupe publique, c’est 15 jours de moins que ce que fixe le RH 077.

En bref, alors que les différences étaient de 20 % entre la SNCF et les entreprises privées, les nouveaux textes devraient ramener la différence de coût à quelque 10 %.

  • Les cheminots de la SNCF seront-ils perdants ?

Le « décret socle » et la convention collective définissent une base minimum, et non un maximum. Dans son accord d’entreprise, dont la négociation commence mercredi 27 avril, la SNCF compensera en partie la différence entre le RH 077 actuel et les exigences sociales minimums de la convention de branche.

C’est à Guillaume Pepy, le PDG de SNCF Mobilités, de se positionner vis-à-vis de ses troupes. D’ici le 1er juillet, cependant, il est à redouter que de nouveaux jours de grèves soient organisés. L’organisation de l’Euro 2016 de football, dont la SNCF est le « transporteur officiel », pourrait être perturbée.

Cependant, même si elle est importante dans le paysage, la SNCF n’est plus la seule à pouvoir transporter en masse des passagers. Outre le covoiturage courte ou longue distance, actuellement en plein essor, la SNCF fait face désormais aux cars longue distance qui pourront prendre en partie le relais en cas de perturbation du secteur ferroviaire.

25/04/2016

Grève du mardi 26 avril 2016

Bonjour,

Journée de galère en perspective pour demain et les autres jours de la semaine.

Bon courage à tous

Eric

http://www.ter.sncf.com/rhone-alpes/horaires/greve-sncf-ter

En raison d'une grève nationale, la circulation de vos TER sera perturbée du lundi 25 avril au vendredi 29 avril 2016 inclus.

01 - Grenoble - Bourgoin - Lyon

Grenoble - Bourgoin-Jallieu - Lyon mardi 26 avril

54 - Chambéry - Lyon

Chambéry - Lyon mardi 26 avril

62 - Grenoble - St André le Gaz

Grenoble - St-André-le-Gaz mardi 26 avril

 
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