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25/09/2012

Dette du rail: régions et usagers contestent les propositions de la SNCF

http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20120925.AFP0048/d...

Créé le 25-09-2012 à 19h10 - Mis à jour à 19h10

Régions et usagers des transports se sont montrés hostiles aux propositions de la SNCF de leur faire prendre part à l'effort de désendettement du rail alors même que les voyageurs subissent tous les jours retards, pannes et annulations dus au mauvais état du réseau.

C'est une proposition "absolument inacceptable", s'insurge Jacques Auxiette, le président de la commission Transports de l'Association des régions de France (ARF) dans une déclaration transmise mardi à l'AFP.

"La proposition de la SNCF reviendrait à taxer les Régions pour éponger la dette liée à la construction des LGV alors même que nous manquons déjà de moyens pour financer les développements d'offre et les investissements nécessaires pour faire face à l'augmentation de la fréquentation", souligne l'élu.

La SNCF vient d'annoncer que sa santé financière recouvrée - sa dette est stabilisée autour de 8,5 milliards d'euros - lui permettait de reprendre à son compte une partie de la dette du propriétaire du réseau ferré RFF, qui s'élève à 30 milliards d'euros.

Dans son schéma, le reste de l'effort de désendettement serait fourni par les Autorités organisatrices des transports (régions), les usagers et "la collectivité nationale", ce qui supposerait donc une hausse de la fiscalité et du prix des billets de TER.

L'Autorité de régulation des activités ferroviaires (Araf), le "gendarme du rail", s'était dite lundi "perplexe" à l'égard de ces propositions dans un contexte de finances publiques contraintes et alors que "les dotations de l'Etat (aux collectivités) vont se réduire".

Il y a "mieux à faire", disent les usagers

"Il est plus qu'étonnant que la SNCF se permette de faire de telles propositions", explique Jacques Auxiette, qui est aussi président des Pays-de-la-Loire, région vient de faire un choix inverse en plafonnant à 1 euro le coût du trajet domicile-travail en TER.

La collectivité espère compenser le coût d'une telle mesure, qu'elle estime à 750.000 euros, en incitant les automobilistes à emprunter les transports collectifs et en augmentant ainsi le volume des abonnements TER.

Tout aussi critique à l'égard des propositions de la SNCF, la principale fédération d'usagers des transports (Fnaut) considère qu'il y a "mieux à faire" que d'augmenter le prix du billet du TER pour résorber la dette du rail.

Elle estime notamment que des économies sont réalisables sur des "projets d'infrastructures inutiles". Parmi les "sources de gaspillages", l'organistation pointe du doigt les projets d'autouroute A45 entre Lyon et Saint-Etienne, estimé "à plus de un milliard d'euros", de liaison autoroutière entre Saint-Denis et la Possession sur l'île de la Réunion (2 milliards) ou encore le Canal Seine-Nord "autour de 5 milliards". "Les gisements sont énormes", martèle son président Jean Sivardière.

Autre piste d'économies, selon la Fnaut, l'ouverture à la concurrence via des délégations de service public (DSP), des lignes TER, qui sont aujourd'hui sous monopole de la SNCF.

"Nous estimons que l'ouverture à la concurrence permettrait d'amorcer un cercle vertueux", souligne Jean Sivardière.

Il suggère plusieurs mesures à mettre en place dans le cadre des DSP pour réduire le coût des trains régionaux, sans pour autant réduire les salaires des cheminots: augmentation de la polyvalence du personnel, hausse du temps annuel de conduite, réduction du nombre de circulations avec agent d'accompagnement.

"De cette démarche, on attend une réduction des charges de l'exploitant, ce qui engendre une augmentation de la fréquentation du TER".

La Fnaut suggère également d'exploiter "quelques niches fiscales anti-environnementale" comme la taxe poids-lourds, la taxe sur le gazole, le stationnement et les péages urbains.

12/09/2012

Les voix se multiplient pour ouvrir les TER à la concurrence

http://www.20minutes.fr/economie/1002268-voix-multiplient...

Créé le 12/09/2012 à 16h21 -- Mis à jour le 12/09/2012 à 17h10

Illustration d'un TER en gare de Toulouse

Illustration d'un TER en gare de Toulouse LANCELOT FREDERIC/SIPA

TRANSPORT - Elle serait un remède face aux moyens financiers restreints des régions...

Un sujet hautement sensible qui incite le gouvernement à la plus grande prudence. Pourtant, le train de la concurrence s’accélère à grande vitesse. Après le transport de marchandises en 2003, les services internationaux de voyageurs en 2010, la fin du monopole des Intercités et des TER est attendue pour décembre 2019. Une échéance inéluctable qui amène la Fédération nationale des usagers des transports à presser l’Etat d’agir au plus vite pour la libéralisation des TER via des délégations de service public.

Un impératif renforcé par la crise économique empêchant aux régions, qui en ont la charge, depuis 2002, en vertu de conventions signées avec la SNCF, d’investir, faute de moyens. «La dégradation des infrastructures menace toujours la pérennité de certaines lignes régionales (ex: Alès-Besssèges)», s’alarme la Fnaut.

Les TER, un budget à cinq milliards

Selon un rapport de la cour des comptes datant de 2009, le coût du TER s’élève à cinq milliards d’euros par an. Ce dernier proposait alors de transférer massivement sur route les services ferroviaires TER peu utilisés afin de limiter la charge financière des collectivités.

«Cette perspective de régression du TER réapparaît aujourd’hui» après l’aggravation de leurs difficultés budgétaires, s’inquiète l’association. Or, une solution existe pour éviter ce scénario: prendre exemple sur le modèle allemand. Une étude menée par l’économiste Jean-Marie Beauvais souligne la démarche gagnant-gagnant opéré outre-Rhin, dès 1995, avec la fin du monopole de la Deutsche Bahn, équivalent de la SNCF, grâce à un système d’appel d’offres, avec en bout de ligne, l’attribution du marché au mieux-disant. Résultat: une offre de service en hausse de 8,5%, avec un bond de la fréquentation de 38%, une réduction des subventions publiques de 25%, les emplois de cheminots sauvegardés et une réduction des gaz à effet de serre. Qui dit mieux?

Un remède miracle que Jean-Marie Beauvais a extrapolé pour l’Hexagone. Selon ses calculs, sans augmenter la subvention d’équilibre versée au transporteur, les régions obtiendraient une progression de la fréquentation de 12% des TER, avec une amélioration limitée de la productivité des agents, et même de 50%, si cette dernière était boostée (temps annuel de travail relevé, billetterie embarquée…). Dans le premier scénario, la réduction annuelle des émissions de Co2 équivaudrait à celle de 15.000 Français. Elle serait même quatre fois plus forte dans le second scénario.

Pas de baisse des prix à l’horizon

A l’heure actuelle, les trains régionaux représentent 15% du transport ferroviaire hexagonal avec 800.000 usagers empruntant chaque jour les 5.700 TER. En moyenne, l’an dernier, le tarif d’un billet ne couvrait que 28% du coût par passager. Cependant, avec la concurrence, ils ne doivent pas s’attendre, forcément, à une baisse du prix. Jean-Marie Beauvais se risque seulement à envisager des tarifs réduits pour les familles nombreuses, par exemple ou des prix différents en fonction de l’heure de la journée. Mais pour la Fnaut, malgré tout, la concurrence permet «d’améliorer le rapport recettes/dépenses, d’éviter les transferts sur route, d’amorcer un cercle vertueux permettant de développer le TER et d’économiser l’énergie et les émissions de CO2».

Au final, même si elle n’est pas la panacée, avec une absence d’influence sur l’état des infrastructures puisqu’elle ne concerne que l’exploitation, «il n’en reste pas moins qu’elle peut jouer un rôle décisif. Les décideurs politiques qui la refusent tout en discourant sur la notion de service public portent une lourde responsabilité», estime Jean Sivardière, président de la Fnaut qui déplore le manque d’enthousiasme  du ministère des Transports sur ce dossier. Une réforme du rail doit être présentée par le ministre Cuvillier au début de l’année 2013.

Mathieu Bruckmüller

22/06/2012

Jean Lenoir: «Notre système ferroviaire est en retard d'une guerre»

http://www.20minutes.fr/economie/958163-jean-lenoir-notre...

Créé le 21/06/2012 à 19h41 -- Mis à jour le 21/06/2012 à 20h55

Jean Lenoir, vice-président de la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (Fnaut)

Jean Lenoir, vice-président de la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (Fnaut) D.R.

INTERVIEW - Notre système ferroviaire peut-il devenir plus performant? De quels modèles pouvons-nous nous inspirer? Jean Lenoir, vice-président de la Fédération nationale des associations d'usagers des transports (Fnaut), fait le point sur ces questions...

La Fnaut a sollicité des rendez-vous avec le gouvernement. Pourquoi?

Pour porter nos attentes de toujours: avoir davantage de visibilité. Aujourd’hui, tous les acteurs du ferroviaire (SNCF, RFF, etc.) travaillent à court terme, à cause de l’organisation de notre système. La Suisse et la Suède ont mis au point des plans de développement à long terme, c’est donc possible. Nous reprochons le manque de volonté politique de véritablement développer le train.

Que souhaitez-vous pour les usagers?

Le ferroviaire est en retard d’une guerre: alors que l’aérien met en place des plus petits avions pour multiplier les liaisons directes, des trains sont supprimés pour favoriser les grandes lignes… L’offre doit être plus ponctuelle, enrichie et diversifiée. Par ailleurs, le financement du rail par le rail seul est impossible. La seule piste réaliste est la mise en place d’une véritable fiscalité écologique.

De quel modèle doit-on s’inspirer?

La Suisse, la Grande-Bretagne ou encore la Suède ont mis en place des modèles qui fonctionnent. En Allemagne, le rail a été désendetté dès 1994, le réseau est en bon état, le problème du statut des cheminots a été résolu correctement, la concurrence entre opérateurs ferroviaires a joué un rôle bénéfique et surtout, l’Etat pratique une vraie politique favorable au rail.

Vous plaidez pour la mise en place d’un guichet unique…

Il faut que l’usager soit confronté à un seul interlocuteur qui assure l’information et la vente de titres permettant un réel transport collectif de bout en bout. Ce qui existe déjà En Allemagne et en Angleterre. En France, si le site Internet de la SNCF indique des services aériens concurrents, il ignore l’opérateur privé Thello, qui exploite le train de nuit Paris-Venise, ou encore la ligne Nice-Digne, exploitée par une filiale de Veolia. Il propose à la place un trajet TGV+car de cinq heures…

Etes-vous favorable à l’ouverture à la concurrence?

Nous sommes pour une expérimentation de la concurrence, à commencer par les lignes TER et Intercités les plus fragiles. Nous ne pensons pas que le service public soit incompatible avec l’ouverture à la concurrence, bien au contraire. Mais à condition qu’une convention de service public soit signée avec l’opérateur. 

Propos recueillis par Céline Boff

19:56 Publié dans FNAUT, RFF, SNCF, TER | Lien permanent | Commentaires (0)

 
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