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28/02/2018

SNCF : combien coûte sa dette au contribuable ?

https://www.francetvinfo.fr/economie/transports/sncf/sncf...

Mis à jour le

Sur le plateau du 20 Heures, le journaliste Jean-Paul Chapel fait le point sur la déclaration d'Édouard Philippe hier, lundi 26 février, assurant qu'il était impératif de réformer la SNCF en raison de sa dette.

Hier, lundi 26 février, le Premier ministre assurait qu'il était urgent de réformer la SNCF à cause de sa dette. Combien coûte-t-elle chaque contribuable ? "Regardez l'ensemble des subventions, qu'elles viennent de l'État ou des régions, ça représente 13,4 milliards d'euros par an, soit environ 200 euros par habitant", explique le journaliste Jean-Paul Chapel sur le plateau de 20 Heures, avant de détailler : "7,2 milliards d'euros sont des subventions de fonctionnement pour l'exploitation, c'est-à-dire de l'argent public qui permet de faire baisser le prix des billets ; 3,2 milliards d'euros sont pour financer le surcoût des retraites des cheminots, un régime spécial déficitaire ; enfin, 3 milliards d'euros permettent d'investir dans le matériel et les rails."

Moins que la Suisse, plus que l'Allemagne

"Résultat : quand vous achetez un billet de train, vous ne payez en réalité que 25 à 50% du coût total du trajet (25% pour les TER, 50% pour les TGV). Le chemin de fer est subventionné chez tous nos voisins, plus ou moins selon les pays : c'est moins en Italie (140 euros) et en Allemagne (170 euros), mais c'est autant au Royaume-Uni (environ 200 euros) et plus en Suisse (330 euros)", conclut-il.

26/02/2018

Réforme de la SNCF : le gouvernement aura recours aux ordonnances pour « faire voter les principes clés avant l’été »

http://www.lemonde.fr/entreprises/article/2018/02/26/refo...

Comme le craignaient les syndicats, le chef du gouvernement a choisi de reprendre à son compte l’essentiel des préconisations contenues dans le rapport Spinetta.

LE MONDE | • Mis à jour le | Par Guy Dutheil

A Moissac, le 20 février.
A Moissac, le 20 février. REGIS DUVIGNAU / REUTERS

Pour remettre la SNCF sur les rails, le gouvernement a choisi peu ou prou de dupliquer la méthode qui lui avait réussi pour réformer le code du travail. Le premier ministre Edouard Philippe a annoncé, lundi 26 février, qu’il allait à nouveau avoir recours aux ordonnances tout en laissant une (petite) place à la concertation. « A la mi-mars nous déposerons un projet de loi d’habilitation au Parlement », a indiqué le premier ministre. Toutefois, la volonté du gouvernement ne serait pas d’arriver devant les députés avec un projet complètement bouclé.

Si les lignes fortes de la réforme ne sont pas négociables, fait-on savoir à Matignon, la rédaction des ordonnances pourra être amendée après une concertation avec les partenaires sociaux. Une intervention à la marge.

En effet, comme le craignaient les syndicats, le chef du gouvernement a choisi de reprendre à son compte l’essentiel des préconisations contenues dans le rapport sur l’avenir du transport ferroviaire rédigé par l’ancien PDG d’Air France-KLM, Jean-Cyril Spinetta, et remis le 15 février. Un « diagnostic (…) sévère mais (…) malheureusement juste ».

In fine, Edouard Philippe est donc prêt à aller au bras de fer avec les cheminots. Mais il veut aller vite pour limiter au maximum les risques de déclencher un conflit social de grande ampleur. Le gouvernement est déterminé « à faire voter les principes clé avant l’été » de la réforme de la SNCF. Sans attendre, les quatre syndicats représentatifs (CGT, Sud, UNSA et la CFDT), ont voulu, vendredi 23 février, « mettre en garde » le gouvernement contre l’emploi de ce « subterfuge législatif ». Et de menacer : « En cas de recours à l’ordonnance, le gouvernement portera l’entière responsabilité d’un conflit majeur ».

Société nationale à capitaux publics

En pratique, le premier ministre veut proposer « un nouveau pacte ferroviaire entre la nation, la SNCF et les cheminots ». Dans son discours de la méthode, il indique que c’est l’Etat qui fixera « le cadre » pour permettre le « développement du transport ferroviaire ». En revanche, il laisse une certaine latitude à la direction de la SNCF et aux syndicats pour engager « une profonde réforme sociale, industrielle et managériale », afin d’adapter l’entreprise à la future concurrence à laquelle elle sera confrontée. M. Philippe veut ainsi revenir sur l’éclatement de la SNCF en trois établissements publics. « Une organisation (…) trop rigide et trop fragmentée », selon lui. A la place, comme le recommande le rapport Spinetta, il veut transformer la SNCF « en société nationale à capitaux publics ».

A l’en croire, « cette transformation de la gouvernance sera vertueuse. Elle permettra de sortir du piège d’une dette sans limite et responsabilisera les dirigeants de l’entreprise, l’Etat et les collectivités ». Comme il l’avait laissé entendre, le gouvernement a choisi de s’attaquer de front au statut des cheminots. « Il n’y aura plus de recrutement au statut » pour les futurs salariés, a déclaré le premier ministre. En revanche, cela ne change rien pour les 160 000 des 190 000 salariés du groupe qui bénéficient déjà de ce statut.

Projet stratégique « avant l’été »

Sans doute pour limiter la contestation, le gouvernement a choisi d’adopter un calendrier très resserré. La direction de la SNCF devra présenter « avant l’été » au gouvernement un nouveau « projet stratégique ». Il devra être élaboré au terme d’une « large concertation avec l’ensemble du corps social de la SNCF ». Edouard Philippe a mis la pression sur la direction de l’entreprise publique. Elle devra « dès le 15 mars », présenter « à la ministre des transports Elisabeth Borne une feuille de route définissant les modalités et le calendrier de cette concertation ».

Intransigeant sur les principaux axes de sa réforme, ferme sur le calendrier, Edouard Philippe a toutefois, semble-t-il, choisi de ne pas se mettre à dos l’opinion publique et les collectivités locales. La fermeture des petites lignes a été écartée du projet. « Je ne suivrai pas le rapport Spinetta sur ce point. On ne décide pas la fermeture de 9 000 km de lignes depuis Paris », a assuré le premier ministre. De même, le gouvernement a renvoyé à plus tard la réforme des retraites des cheminots. Elle sera intégrée au sein de la réflexion globale sur les retraites de tous les Français. Une mission confiée à Jean-Paul Delevoye, nommé en septembre 2017 haut commissaire à la réforme des retraites.

Enfin, le chef du gouvernement a aussi prévenu que l’Etat n’assumera pas seul le traitement de la dette ferroviaire passée en vingt ans de 20 milliards d’euros à 50 milliards d’euros. « Les efforts devront être partagés », a indiqué M. Philippe. « Dès lors que la SNCF y aura contribué, l’Etat prendra sa part de responsabilités avant la fin du quinquennat pour assurer la viabilité économique du système ferroviaire », a assuré le premier ministre.

19/02/2018

SNCF : le gouvernement lance le chantier de la réforme

https://www.francebleu.fr/infos/transports/sncf-les-consu...

lundi 19 février 2018 à 7:34 Par Marine Laugénie et Géraldine Houdayer, France Bleu

Avec la réforme de la SNCF, c'est un chantier ultra-sensible qui démarre pour le gouvernement. Elisabeth Borne, la ministre des Transports, reçoit à partir ce ce lundi les syndicats. Le Premier ministre Edouard Philippe accueille, lui, les dirigeants du groupe ferroviaire.

La CGT appelle à une manifestation des cheminots le 22 mars
La CGT appelle à une manifestation des cheminots le 22 mars © AFP - Ludovic MARIN / AFP

Quatre jours après la remise du rapport Spinetta, vécu par les cheminots comme une "attaque" contre le service public ferroviaire, les discussions s'annoncent houleuses. Syndicats, direction de la SNCF mais aussi élus des régions et usagers, tous ont rendez-vous au ministère des transports et à Matignon cette semaine. Dès ce lundi, les quatre syndicats représentatifs à la SNCF (CGT, Unsa, SUD et CFDT) seront reçus séparément au ministère des Transports, alors que les dirigeants du groupe seront reçus à Matignon.

Aborder "des sujets très sensibles" 

Officiellement, le gouvernement parle de concertation, mais le bras de fer est bien engagé : la CGT appelle déjà à une manifestation des cheminots le 22 mars. Sud Rail promet, de son côté, un blocage du pays si le rapport Spinetta est appliqué. "La casse du service public, c'est de laisser perdurer la situation actuelle!", a répondu dimanche la ministre des Transports Elisabeth Borne. "Nous allons aborder des sujets très sensibles. Il y a des inquiétudes et forcément beaucoup de questions, c'est légitime. Nous allons dialoguer, y répondre", a-t-elle promis.

Le gouvernement veut aller vite 

Elisabeth Borne souhaite donc aller vite. La méthode et le calendrier de la réforme devraient être annoncés lundi prochain, le 26 février. Les pistes du rapport Spinetta sont explosives : la fin du statut des cheminots, la fermeture de certaines petites lignes, l'ouverture à la concurrence, ou encore la possibilité de plans de départs. Pour minimiser le mouvement social qui s'annonce, le gouvernement affûte ses arguments. Le délégué général de LREM Christophe Castaner estimait vendredi qu'il faut "oser assumer de mettre sur la table les tabous et les privilèges"."Il faut faire preuve de courage", a-t-il ajouté, pour remettre financièrement la SNCF et ses 40 milliards de dettes sur les rails.

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