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08/04/2018

Grève à la SNCF : Le gouvernement gagne "pour l'instant" la bataille de l'opinion, selon l'Ipsos

https://www.francetvinfo.fr/economie/transports/sncf/grev...

franceinfo Radio France

Mis à jour le publié le

Brice Teinturier, le directeur général d'Ipsos France, le 4 octobre 2017.

Brice Teinturier, le directeur général d'Ipsos France, le 4 octobre 2017. (VINCENT ISORE / MAXPPP)

Les cheminots et le gouvernement se sont lancés dans la bataille de l'image visant à rallier l'opinion publique alors que la deuxième phase de la grève à la SNCF a commencé dimanche 8 avril. Les cheminots mettent en avant la défense du service public et agitent le spectre de la privatisation de la SNCF. De l'autre, le gouvernement mobilise Nicolas Hulot pour apporter une justification environnementale à la réforme du rail en France. Le ministre de la Transition écologique a publié dimanche 8 avril une tribune dans laquelle il soutient une réforme qui est, selon lui, "nécessaire".

Brice Teinturier, directeur général d’Ipsos France, estime sur franceinfo, que le gouvernement gagne pour l'instant la bataille de l'image mais "doit impartialement nourrir sa communication" pour mieux expliquer sa réforme. Selon lui, la convergence des luttes syndicales est "assez improbable et pas du tout à l'ordre du jour".

Franceinfo : Pour l'instant, qui gagne la bataille de l'image ?

Brice Teinturier : Pour l'heure, les Français soutiennent la ligne gouvernementale. Ils considèrent que globalement la réforme de la SNCF est justifiée et que globalement les cheminots ont des avantages qui apparaissent malgré tout inconsidérés eu égard à d'autres catégories de la population. Le mouvement reçoit une assise minoritaire dans l'opinion. Mais malgré tout, ce qui me frappe, c'est que les points d'appui des uns et des autres sont fragiles. Pour les Français, il n'y a pas un lien évident entre la réforme de la SNCF et l'amélioration de la qualité du service qui est au cœur de leur préoccupation. C'est pour ça que la tribune de Nicolas Hulot - dans le Journal du dimanche - me paraît importante indépendamment du volet écologique.

Cette tribune peut-elle aider à la compréhension de la réforme ?

Nicolas Hulot dit des choses qui me paraissent importantes, comme par exemple que la question de la dette est une chose importante pour contribuer à avoir de nouveau des financements si on veut sauver le train et avoir une qualité de service meilleure. Donc, il met bien en relation cette question de la dette avec la qualité de service. Il rappelle également ce que le gouvernement est prêt à mettre sur la table en termes d'investissements. Ce sont ces arguments qui n'ont pas été jusqu'à maintenant assez développés. Les Français en ont une intuition générale. Ils ne suivent pas les grévistes à cause des désagréments que ce mouvement de grève procure mais également parce qu'ils ont le sentiment que ce système bloqué depuis des décennies doit être réformé. L'enjeu est de leur donner des éléments encore plus concrets sur ce que cette réforme va apporter (...) Le soutien reste majoritaire mais le gouvernement doit impérativement nourrir sa communication.

Les cheminots peuvent-ils compter sur le lien fort des Français avec l'entreprise publique ?

Les cheminots auraient tort de surestimer ce lien qui existe entre la SNCF et eux-mêmes d'une part, et les Français d'autre part. Les Français considèrent malgré tout qu'aujourd'hui, les cheminots exercent un travail dont la pénibilité ne justifie pas une grande partie des avantages auxquels ils ont droit en termes de retraite, d'utilisation gratuite de ces transports, mais aussi l'accès à des logements qui peuvent être facilités ou à la médecine, etc. L'écart est grandissant entre la perception du statut par des cheminots et la question de l'équité, eu égard à d'autres catégories de personnes. Oui, les Français aiment la SNCF et leurs cheminots, mais ce n'est pas une corde sur laquelle les cheminots peuvent tirer éternellement. S'ils donnent le sentiment de bloquer pour préserver malgré tout un statut essentiellement, ils perdront la bataille de l'opinion. C'est ce qui est en train de se produire aujourd'hui.

La solution ne serait-elle pas pour les cheminots de favoriser une convergence des luttes ?

Ils peuvent tenter d'agréger ces mécontentements qui ont des racines et des objectifs différents. Même s'il y a deux visions de la France qui s'affrontent, on peut aussi considérer que chacun de ces mouvements a vraiment ses spécificités et ses catégories. L'idée d'une coagulation, qu'il faudrait d'abord un chef d'orchestre, me paraît assez improbable et pas du tout à l'ordre du jour.

06/04/2018

SNCF: la dette inquiète Bruxelles

https://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/la-de...

Par Béatrice Mathieu, publié le , mis à jour à

Les cheminots en grève accusent le gouvernement de chantage au sujet de la reprise de la dette de l'entreprise ferroviaire par l'Etat.

 

Les cheminots en grève accusent le gouvernement de chantage au sujet de la reprise de la dette de l'entreprise ferroviaire par l'Etat. afp.com/Ludovic MARIN

Si l'Etat reprend la dette de la SNCF, il ne pourra respecter sa promesse faite à Bruxelles de baisser le déficit public.

C'était un élément clé de la négociation, une sorte de donnant-donnant imaginé il y a des mois déjà par Emmanuel Macron : la fin du statut des cheminots contre la reprise de la dette de la SNCF par l'Etat et l'assainissement financier du groupe. Sauf que cette promesse - qui figure dans le rapport Spinetta du 15 février dernier - est en train de tourner au casse-tête statistique pour le chef de l'Etat. Le gouvernement noie aujourd'hui le poisson. "Je ne veux pas prendre un engagement alors même qu'à ce stade rien n'a changé dans le fonctionnement de la SNCF (...). Je ne veux pas dire aux Français qu'(ils) vont payer cette dette et la reprendre alors qu'ils n'ont aucun élément leur permettant de penser qu'à l'avenir, on ne va pas tomber dans 3 milliards (d'euros) de déficit" supplémentaire chaque année, affirmait hier matin, au micro de France Inter, le premier ministre Edouard Philippe. Une déclaration qui a fait bondir le leader de la CGT Philippe Martinez accusant le gouvernement de chantage. 

Dans ce big-bang ferroviaire, la question de la dette est en train de devenir un vrai point de friction. Il faut dire qu'on ne parle pas de quelques millions mais d'un fardeau de 46,6 milliards d'euros, soit un peu plus de 2 % du produit intérieur brut. Une dette qui progresse mécaniquement d'un peu plus de 1 milliard d'euros chaque année, en raison du poids des intérêts. 

Le point noir du déficit public

Mais qu'est ce qui coince au fond ? Une autre promesse d'Emmanuel Macron, faite cette fois à Bruxelles. Il s'agit de l'engagement de la France de ramener les comptes publics quasiment à l'équilibre à la fin du mandat en 2022. En septembre dernier, lors de la présentation du projet de loi de Finances pour 2018, Bercy avait également publié la trajectoire à moyen terme des finances de l'Etat. Un document envoyé aux comptables d'Eurostat, l'organisme de statistiques de l'Union Européenne. On y découvre que le déficit public doit théoriquement redescendre à 1,5 % du PIB en 2020, 0.9 % en 2021 et 0.2 % en 2022...  

Si l'Etat reprend tout ou partie des 46,6 milliards d'euros de dette de la SNCF, cette somme viendrait s'ajouter mécaniquement aux quelques 2 218 milliards d'euros d'endettement total de la France. Rien de très surprenant à ce stade. "Mais si l'on suit à la lettre les règles de comptabilité européenne, cette somme serait également considérée l'année du transfert comme une dépense publique supplémentaire", décortique François Ecalle, un ancien de la Cour des Comptes et fondateur de Fipeco. Et c'est bien là que le bât blesse. Automatiquement, le transfert à l'Etat de la dette de la SNCF rendrait caduque la fameuse trajectoire de Bercy alors que le déficit public risquerait de repasser au-dessus de la fameuse barre des 3 % du PIB. Certes, ça ne serait pas la première fois que la France ne respecterait pas ses engagements. Sauf qu'Emmanuel Macron a promis à ses partenaires européens et notamment à l'Allemagne, de changer de pratiques. Un gage de sérieux qui sous-tend également son projet de réforme de la zone euro. 

Coincé, le gouvernement envisagerait selon une information du quotidien Les Echos de transférer une partie de cette dette dans une structure de défaisance logée au sein même du groupe ferroviaire. Un tour de passe-passe qui ne convainc guère les cheminots.

 

16/03/2018

Les vrais chiffres du rail en France

https://www.ladepeche.fr/article/2018/03/16/2760890-les-v...

Publié le 16/03/2018 à 07:42

Quelle réalité pour l'état du réseau ?

Le réseau français compte près de 30 000 km de lignes dont 2 600 km de lignes à grande vitesse, avec 3 000 gares. La circulation des trains est ralentie sur 5 000 km de lignes, en raison du mauvais état des voies.

Selon les chiffres de l'Arafer (le régulateur), chaque kilomètre de ligne voyait passer 40 trains de voyageurs par jour et par sens en 2015, ce qui place la France à la 10e position en Europe en matière d'intensité d'utilisation du réseau ferroviaire.

Mais la moitié des circulations se concentrent sur 9 % du réseau national, 80 % des circulations sur 27 % du réseau et… 99 % des circulations sur seulement 69 % du réseau. La SNCF a transporté près de 5 millions de voyageurs par jour en 2017, dont 3,5 millions en Ile-de-France et 1 million dans les TER.

La SNCF, combien de divisions ?

La SNCF et ses filiales emploient 270 000 personnes dans 120 pays, dont presque 220 000 en France (l'opérateur de bus, trams et métros Keolis compris). Les trois Epic (établissement public à caractère industriel et commercial) comptent 147 000 employés en France, dont 131 000 au statut. Le statut des cheminots met les agents à l'abri d'un licenciement économique puisqu'il prévoit seulement trois cas de départ : démission, retraite ou radiation. Il donne aussi droit à un régime spécial de prévoyance et de retraite.

Qui paye ?

Le groupe SNCF a réalisé en 2017 un chiffre d'affaires de 33,5 milliards d'euros, dont un tiers à l'international.

Les recettes commerciales du groupe public ferroviaire français (les trois Epic, sans les filiales) ont atteint, en 2017, 10,7 milliards d'euros, sur des charges du système ferroviaire français se montant à 23,5 milliards d'euros (soit 45,5 %).

Le solde est essentiellement compensé par 10,4 milliards d'euros de contributions publiques – les régions, par exemple, dépensent 3 milliards par an pour les TER – et «un besoin de financement», c'est-à-dire une dette supplémentaire, de 2,2 milliards.

La SNCF est-elle vraiment trop chère ?

Le rapport Spinetta estime que «la situation statutaire de la SNCF, les frais de structure et les excédents de personnel génèrent un écart potentiel de compétitivité d'au moins 30 % par rapport aux règles du marché».

À combien s'élève la dette ?

Il faudrait parler des dettes du groupe, puisqu'on ne peut pas additionner celle de SNCF Mobilités (7,9 milliards d'euros à fin 2017, pour moitié imputables au fret), jugée «soutenable», et celle de SNCF Réseau (46,6 milliards, selon les normes comptables IFRS), jugée préoccupante.

 
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