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23/06/2017

Les trains régionaux en ordre de marche avant la concurrence

http://www.la-croix.com/Economie/France/trains-regionaux-...

Michel Waintrop, le 21/06/2017 à 18h24

Les TER seront sans doute les trains les plus convoités par de nouveaux entrants lors de l’ouverture de la concurrence, au plus tard en 2023.

Alors que plusieurs régions réclament une anticipation dès 2019 et qu’une proposition de loi en ce sens a été présentée par deux sénateurs, la SNCF a entamé un programme stratégique d’amélioration de ses TER.

L’ouverture à la concurrence des trains, notamment celle des TER, pourrait être concrète pour les voyageurs en 2023.

L’ouverture à la concurrence des trains, notamment celle des TER, pourrait être concrète pour les voyageurs en 2023. / Damien Meyer/AFP

La SNCF voit se rapprocher la fin de son monopole sur le rail français. Après l’ouverture à la concurrence du fret en 2004 et des liaisons internationales de voyageurs en 2007, la libéralisation des TGV est prévue par Bruxelles au plus tard en janvier 2019 pour une mise en service à partir de 2021.

Les trains subventionnés, essentiellement les TER mais aussi quelques trains Intercités, doivent être ouverts à la concurrence au plus tard en décembre 2019 pour des circulations à partir de la fin 2023. Sauf que ce calendrier pourrait aller beaucoup plus vite.

Une insatisfaction sur la qualité du service fourni

Alors que les TER seront sans doute les trains les plus convoités par les nouveaux opérateurs, les dirigeants de la SNCF reconnaissent que « l’anticipation de ces échéances était largement sur la table car elle était demandée par la majorité des régions ». Ces derniers mois, plusieurs présidents de régions – comme Christian Estrosi en Paca avant sa démission le mois dernier – se sont en effet dits désireux d’expérimenter la concurrence le plus tôt possible, exprimant parfois leur insatisfaction sur la qualité et le coût du service fournis par la SNCF.

Pour autant, l’ouverture à la concurrence doit d’abord passer par le législateur afin d’entériner la fin du monopole de l’entreprise publique. Deux sénateurs, Louis Nègre (LR, Alpes Maritimes) et Hervé Maurey (UDI-UC, Eure) ont d’ailleurs présenté mercredi 21 juin les grandes orientations de la proposition de loi qu’ils comptent déposer sur la question.

> A lire aussi : inOui : « Pour la SNCF, la concurrence se prépare dès aujourd’hui »

Ils la jugent « indispensable à la survie » du transport ferroviaire de voyageurs face à la concurrence de nouvelles formes de mobilité comme le covoiturage ou les cars. « Il faut que cette concurrence soit effective le plus rapidement possible », insiste Hervé Maurey selon lequel l’arrivée de nouveaux entrants entraînera des améliorations de la qualité de service pour les usagers.

La délicate question du transfert des personnels

Selon la SNCF, dans les autres pays européens, l’arrivée de la concurrence a d’ailleurs dopé le trafic des trains régionaux avec une croissance de 49 % en Allemagne et même de 97 % en Grande-Bretagne.

La loi devra notamment donner un cadre à la délicate question du transfert des personnels de la SNCF à un éventuel concurrent. « Les agents sous statut devront bénéficier du maintien de leur rémunération, de leurs droits à la retraite et de la garantie de l’emploi, dit Hervé Maurey. Mais le nouvel entrant devra pouvoir organiser comme il le veut son service, notamment sur la polyvalence des personnels ou sur les horaires ».

Le texte doit aussi préciser les conditions de la récupération des matériels roulants que la SNCF a achetés au nom des régions, ces dernières les ayant financés. La question de l’accès aux données de la SNCF pour les régions oo de la gouvernance des gares est aussi en jeu.

Le grand programme stratégique de la SNCF

En tout état de cause, la SNCF a encore du temps avant un grand soir où son monopole exploserait. Une grande majorité des conventions entre les régions et la SNCF doit être renouvelée cette année et en 2018 avec une durée de vie moyenne entre cinq et huit ans. Pour autant, certaines régions, comme le Grand Est, prévoient une clause dans la convention qui leur permet d’ouvrir une partie de leur réseau – en l’occurrence 10 % – dès 2021 si la loi le leur permet.

Pour se préparer à ce choc concurrentiel, la SNCF a lancé voici neuf mois un grand programme stratégique sur les trains régionaux, baptisé TER 2020, et dont le directeur général de TER, Frank Lacroix, a présenté le 21 juin un point d’étape. « Nous sommes déjà en train de nous transformer, c’est comme si la concurrence était déjà là », a dit ce dernier, détaillant de nombreux chantiers de ce programme (lire ci-dessous).

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Les passagers reviennent dans les TER

La SNCF a lancé un plan « TER 2020 » en septembre 2019 afin d’attirer davantage de voyageurs sur ces lignes qui transportent plus de 900 000 personnes par jour (hors Île-de-France) et de réduire les coûts pour les régions. Le directeur général des TER, Franck Lacroix, a annoncé que le nombre de voyageurs a augmenté de près de 2 % lors des cinq premiers mois de 2017 après plusieurs années de trafic décroissant, et les recettes de 3,8 %.

TER 2020 veut notamment développer des offres « porte-à-porte » avec de nombreuses expérimentations qui vont de la location de vélos et de trottinettes à un programme d’« auto-stop participatif » en ruralité. Tous les billets et abonnements TER devraient être achetables sur Internet et les cars, qui représentent 15 % de l’offre TER, seront « hissés au standard du train ».

Pour réduire les coûts de 20 % à horizon 2020, la SNCF table sur le matériel, qui représente 17 % des charges, mais aussi sur une réduction de la fraude. Par ailleurs, TER dit s’être attaquée aux trains en « irrégularité chronique » (régulièrement en retard). Ils étaient 209 au début de l’année, ils seraient encore 141.

Michel Waintrop

16/06/2017

La SNCF se prépare à la concurrence dans les TER

https://www.lesechos.fr/industrie-services/tourisme-trans...

Lionel Steinmann Le 15/06 à 06:00

Le groupe va utiliser les compétences de sa filiale Keolis, dédiée au transport public, pour répondre aux futurs appels d’offres.

La fin du monopole de la SNCF sur les lignes ferroviaires intérieures se précise, mais le groupe public assure que cette perspective représente plus pour elle une opportunité qu'un risque. Les échéances se rapprochent : les premiers TGV opérés par un opérateur privé ou un concurrent étranger, comme Trenitalia, pourront circuler à partir de fin 2020. C'est dans cette perspective que la SNCF, souvent critiquée pour les prix de ses billets grande vitesse, a décidé de quintupler son offre de low cost Ouigo.

L'« envie de concurrence »

Mais la compagnie publique semble surtout vulnérable sur le marché des trains régionaux (TER), des lignes conventionnées qui pourront être ouvertes à la concurrence par appel d'offres, à partir de 2024, voire dès 2020 pour les régions prêtes à jouer les pionnières. Et plusieurs d'entre elles le réclament, lasses d'une ponctualité parfois défaillante et surtout de l'inflation de la facture présentée par la SNCF, ces dernières années.

Le patron du groupe, Guillaume Pepy, a reconnu « l'envie de concurrence des régions », lors d'un séminaire de presse organisé en début de semaine. Mais il assure que cette concurrence « peut et doit être un succès ». Franck Lacroix, directeur général TER, confirme : « Nous avons décidé de jouer l'attaque plus que la défense. Nous avons la chance que le marché de la mobilité collective soit en croissance, le TER peut retrouver un second souffle grâce à l'ouverture à la concurrence. »

Pour résister, la SNCF va devoir être plus à l'écoute. « Nous devons rénover une logique de co-construction qui s'était un peu essoufflée par le passé », concède Franck Lacroix. Surtout, la compagnie publique va devoir baisser ses coûts. Sa compétitivité pâtit de règles d'organisation moins souples que dans le privé, et d'importants frais de structure. Franck Lacroix promet de réduire ces derniers « de 20 %, c'est la cible minimum ».

Le dirigeant ne cache pas non plus que le différentiel de coûts également peut être réduit en remplaçant là où c'est économiquement pertinent des trains par des cars. Par ailleurs, Keolis, la filiale du groupe dédiée au transport urbain (rompue à l'univers concurrentiel), sera mise à contribution. « Nous piocherons chez TER et chez Keolis le meilleur des deux mondes », a expliqué Guillaume Pepy, tout en refusant de préciser les modalités de cette collaboration, qui devrait être à géométrie variable selon les cas.

Les syndicats inquiets

Autant de sujets qui risquent fort de crisper les syndicats. Ceux-ci s'échauffent déjà sur les modalités de reprise du personnel par le futur opérateur privé en cas d'appel d'offres perdu par la SNCF. Les cheminots perdront-ils des avantages au passage ? Et si oui, lesquels ?

La SNCF et ses futurs concurrents ont réussi à dégager une position commune sur ce sujet au sein de la fédération patronale du secteur, l'UTP, mais Guillaume Pepy s'est refusé à la dévoiler : « Elle sera connue quand le gouvernement précisera son calendrier », et notamment quand il comptera faire voter par le Parlement le cadre juridique indispensable à l'ouverture du marché. Le Premier ministre devrait sans doute sortir du bois sur ce point dans sa future déclaration de politique générale.

@lionelSteinmann

19/05/2017

Trains express régionaux : l’ouverture à la concurrence est-elle une bonne chose ?

http://www.lagazettedescommunes.com/504330/trains-express...

Publié le 15/05/2017 | Mis à jour le 05/05/2017
Par Arnaud Garrigues • Club : Club Techni.Cités

Parce que votre opinion nous intéresse, La Gazette a constitué un panel de fonctionnaires territoriaux que nous interrogeons sur l'actualité des politiques publiques et du statut de la fonction publique. Cette semaine : l'ouverture à la concurrence sur les TER est-elle une bonne chose ?

Plusieurs régions ont manifesté leur intérêt d’anticiper l’ouverture à la concurrence pour l’exploitation des trains express régionaux (TER), prévue par la législation européenne en 2023. Mais la fin du monopole de la SNCF – dont la filiale SNCF Mobilités gère actuellement les TER – divise les territoriaux qui ne sont que très légèrement favorables (46 %) à cette évolution, 44 % des personnes interrogées se montrant plus réticentes. Un résultat logique qui s’explique par les craintes et risques liés à la sortie d’un monopole. Cela montre aussi qu’une moitié des territoriaux pense que cette ouverture pourrait permettre de relancer et d’améliorer ce mode de transport régional. Une proposition de loi devrait bientôt être proposée pour autoriser cette expérimentation dès 2019.

Oui46%
Non44%
NSP10%
 
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