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27/05/2013

Aléas du lundi 27 mai au dimanche 2 juin 2013

Déposez un commentaire afin de signaler un retard, un dysfonctionnement. Lors d'un grand clash comme une panne de train bloquant la circulation, vos commentaires déposés permettront de tenir informé chaque usager au fil de l'eau. Bonne semaine à chacun.

20/05/2013

Aléas du lundi 20 au dimanche 26 mai 2013

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17/05/2013

SNCF : « Je regrette le temps où nous étions usagers d’un service public »

http://www.rue89.com/2013/05/17/sncf-regrette-temps-etion...

Claire Bethmont | Riveraine

Une usagère raconte son odyssée de Lorraine jusqu’en Haute-Savoie et le naufrage que représente selon elle la sous-traitance de lignes SNCF à des compagnies de bus.


Les billets de train de Claire Bethmont (C.B)

Voyageuse ordinaire, embarquée de justesse (7h41 au lieu de 7h50 annoncé sur le billet) à la gare de Pagny-Sur-Moselle (Meurthe-et-Moselle), en route vers les miens à Saint-Gervais-les-Bains (Haute-Savoie) ce vendredi 10 mai 2013, et confiant mon destin aux alizés bienveillants de la SNCF, j’étais loin de me douter de l’odyssée qui m’attendait. A bord de quel Titanic avais-je donc posé ma valise ?

Making of

Claire Bethmont a envoyé le 15 mai 2013 une réclamation TER avec accusé de réception, auprès du service clientèle de la SNCF de Rhône-Alpes et des deux transporteurs de car (Rue89 a choisi de ne pas préciser les noms). Elle n’a pas encore reçu de réponses.

Contactée par Rue89, la direction régionale de la SNCF « mène l’enquête » et « n’a pas encore tous les éléments », ce vendredi, pour expliquer le fonctionnement de la sous-traitance de cette ligne de bus. Rue89

Grâce à l’avance prise à Pagny, j’arrive à Nancy avec un temps confortable qui me permet de repérer sans hâte anxieuse la voie de départ à 8h41 de mon TGV 6824 pour Lyon-Part-Dieu. Je case comme je peux la longueur de ma personne dans l’étroit espace réservé place 45, wagon 18, indiqué sur mon billet.

Un vieux Monsieur proteste contre l’exiguïté de sa case qui lui permet tout juste d’étendre ses jambes, performance que je ne puis quant à moi réussir. Sa fille ou sa petite fille lui enjoint de cesser ses récriminations. Contrairement à l’adage, toute vérité est bonne à dire et plus encore à être entendue. Vous avez bien raison, Monsieur, de protester contre cet espace qui nous est compté pour mieux nous entasser !

Le chauffeur de bus ne veut plus de voyageurs

Arrivée à Lyon-Part-Dieu avec trois minutes de retard, il ne me reste plus que trois minutes pour attraper l’autocar 39527 en direction d’Annecy (départ 13h08). Dans la gare, aucune information n’indique aux voyageurs où prendre l’autocar.

Dans l’urgence, je ne composte pas mon second billet de train et me précipite hors de la gare en demandant à des passants où se trouvent les bus. Le lieu repéré, je m’adresse au chauffeur du premier bus de la rangée. On me répond sans aménité d’aller voir plus loin. Je cours avec mes bagages à la recherche de mon bus en lisant les directions sur les pare-brise avant des véhicules. Aucun panneau en hauteur pour faciliter la prise d’informations !

Ouf, j’y suis enfin : il était temps. Je présente mon billet au chauffeur qui me reproche de façon peu polie de ne l’avoir pas composté. Il ne daigne pas écouter mes explications et poinçonne mon billet en maugréant. Il m’ordonne d’aller poser ma valise en soute, côté chauffeur. Je vais donc du côté opposé à la montée voyageurs pour ce faire.

A mon retour, côté montée voyageurs, le chauffeur m’arrête en annonçant qu’il n’accepte plus de passager, le bus étant rempli ! Une file de voyageurs à destination d’Annecy attendent en effet, mécontents. Je proteste en lui rappelant qu’il vient quelques instants auparavant de poinçonner mon billet et que ma valise se trouve dans la soute. Il s’en « souvient » alors, et me presse, sur un ton rogue, de monter à bord. Tout en me suivant jusqu’à cet endroit, il me donne l’ordre de m’asseoir au fond du bus où il reste une place libre.

De nombreux voyageurs en attente pour Annecy restent sur le trottoir. J’ose espérer que d’autres bus sont prévus pour eux !

Le chauffeur est « énervé »

Avant le démarrage, le chauffeur revient à l’arrière du bus et, sur un ton inacceptable, invective deux jeunes gens qui s’apprêtent à prendre un en-cas. Ils sont partis très tôt le matin et n’ont pas encore déjeuné. Le chauffeur menace de les faire descendre s’ils n’obtempèrent pas à son interdiction de manger.

Leur « manquement » peut se concevoir dans la mesure où chaque dossier est muni d’une tablette, avec un orifice pour y poser un verre, conçue de toute évidence pour permettre aux passagers de se restaurer comme cela se pratique dans le train. D’autant que l’on peut légitimement considérer ce bus comme un service public SNCF puisque non mentionné en tant que privé sur le billet délivré par la SNCF !

Démarrage du bus. J’exprime ma surprise, pour ne pas dire mon mécontentement, aux voyageurs qui sont assis avec moi au fond du véhicule : le jeune couple malmené verbalement, une dame et une jeune fille qui me rejoignent dans mon sentiment.

Tous m’expliquent que depuis le début, le chauffeur est « énervé », « pas à prendre avec des pincettes » et parle mal aux passagers…

Je trouve quant à moi ce comportement inadmissible et leur fais part de ma décision de déposer une réclamation, voire une plainte, à l’arrivée.

Par ailleurs, alors que la température extérieure oscille entre 16°C et 11°C (relevés tout au long du trajet sur le tableau d’affichage intérieur), la climatisation souffle sur nos têtes un air glacé. Nous avons froid et ne pouvons arrêter cette climatisation insensée. Au bout d’un moment, le chauffage est allumé sans que la climatisation soit stoppée. Nous touchons-là à l’absurde !

Au guichet « Information-accueil » de la gare d’Annecy

A l’arrivée à Annecy, le chauffeur s’éclipse après avoir ouvert les soutes. Je récupère ma valise et en faisant le tour complet de l’autobus, je constate qu’aucune raison sociale, aucune compagnie de transport ne sont indiquées sur ses flancs gris métallisé au contraire de la plupart des bus stationnés en gare routière.

Je relève donc le numéro d’immatriculation.

A ce moment, le chauffeur qui revient m’interpelle pour me demander ce qui ne va pas. Je lui explique que j’ai l’intention de déposer une réclamation, que je ne suis pas satisfaite de sa prestation, de son manque de respect des passagers et lui demande le nom de la compagnie pour laquelle il travaille. Il me répond d’une façon très agressive qu’il a autre chose à faire et il quitte rapidement les lieux avec son véhicule.

A la gare d’Annecy, je me rends au guichet « Information-accueil » et explique à l’employé que je voudrais déposer une réclamation contre le bus 39527. Le jeune préposé me dit alors qu’une autre dame lui a fait la même demande à propos du même bus… mais qu’il n’est pas en mesure de nommer la compagnie de transport incriminée. Il me remet un formulaire de réclamation.

Le contrôleur m’encourage à déposer une réclamation

Dans le TER 85117 (Annecy-Saint-Gervais 15h32-16h57), après avoir dûment composté mon billet en gare d’Annecy, j’expose le problème au contrôleur qui m’encourage à déposer cette réclamation et à contacter le service clientèle SNCF TER Rhône-Alpes qui sera en mesure de répondre à ma question sur le nom de la compagnie de bus à laquelle la SNCF a sous-traité le transport pour ce tronçon de trajet de mon voyage.

Arrivée à destination, en gare de Saint-Gervais-Le-Fayet, je réitère ma demande auprès du chef de gare qui prend le temps, pour me répondre, de chercher le nom de la compagnie de transport. D’après ses registres, il s’agit de « Voyages B. ». Il me donne leur numéro.

Je le remercie et regagne mon domicile où je compose le numéro indiqué. En cette période de jours fériés, le répondeur me donne un numéro d’urgence.

Le chef d’entreprise, au bout du fil, après m’avoir écoutée, me signale que le chauffeur incriminé ne travaille pas pour lui mais, au vu de l’immatriculation du bus, pour une autre compagnie à laquelle il sous-traite ce trajet : « Voyages L. » dont il me donne le numéro assorti d’un prénom.

Je joins la secrétaire que je mets au courant du problème et qui me demande d’envoyer la réclamation aux Voyages L. et non à la SNCF ! Je lui assure que j’enverrai aussi mon courrier à la SNCF dans la mesure où j’estime que les services de celle-ci doivent être au fait des manquements des sociétés privées avec lesquelles elle sous-traite qui elles-mêmes sous-traitent avec d’autres sociétés privées et ainsi de suite…

Une chaîne d’irresponsabilité soigneusement organisée ! La face cachée de l’iceberg qui fait sombrer le Titanic du service public et les usagers avec lui, les métamorphosant en clients dupés et mal servis.

Une chaîne de sous-traitance privée et anonymée

Au regard des faits ci-dessus énoncés, je tiens à exprimer mon indignation quant à la façon dont les voyageurs sont traités, embarqués dans l’odyssée d’un Titanic forcé par une volonté folle de prendre l’eau de toutes parts et qui se heurte à l’iceberg immergé d’une chaîne de sous-traitance privée et anonymée qui permet de rejeter la responsabilité des manquements sur l’autre.

Je regrette l’époque – qui devrait demeurer celle de l’avenir – où nous étions les usagers d’un service public de transport digne de ce nom et non les clients-otages d’un marché du transport de plus en plus privé.

Nous ne sommes pas du bétail à exploiter mais des clients – ex-usagers, hélas ! – qui payons suffisamment cher notre billet pour avoir droit à quelques égards et à un service, pardon, une prestation de qualité.

 
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