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20/11/2017

La SNCF va travailler sur le « Waze du train » avec la start-up Railz

https://business.lesechos.fr/entrepreneurs/idees-de-busin...

Anaelle Grondin

https://business.lesechos.fr/medias/2017/11/17/315802_la-sncf-veut-son-waze-du-train-web-tete-030870387070.jpg

Deux des cofondateurs de RailZ, Marceau Tonelli et Jonathan Jean, reçoivent leur prix au « Sprint Information Voyageur » organisé par la SNCF. - FotoFremiot pour SNCF

L'entreprise ferroviaire publique a lancé un appel à innovation auprès de ses équipes et de start-up pour révolutionner l'information aux voyageurs. Des prix ont été remis le 13 novembre aux projets les plus ambitieux.

Mieux répondre aux attentes des clients et réinventer l'information voyageurs. La SNCF a engagé l'été dernier un vaste programme de transformation en vue de ces objectifs, cruciaux pour son avenir. Pour les atteindre, l'entreprise ferroviaire publique a sollicité ses équipes mais également des start-up, sous la forme d'un concours appelé « Sprint information voyageur ».

« Il faut se dire que l'information voyageur est au même niveau d'importance que la sécurité. On ne peut pas la reléguer à une sorte de 'nice to have', c'est un 'must have'», a déclaré le patron de la SNCF Guillaume Pepy, lundi 13 novembre au soir à Station F, face aux finalistes venus pitcher une dernière fois devant un jury composé de hauts dirigeants de l'entreprise publique et de personnalités du monde du numérique et de la mobilité.

Signaler des perturbations en temps réel

Au final, six projets innovants ont été primés, trois en interne et trois issus de jeunes pousses. Les premiers prix dans chacune de ces deux catégories se ressemblent beaucoup. L'équipe SNCF, qui a planché sur My Way, et la start-up RailZ se sont démarquées en imaginant un « Waze du train ». Leurs applications permettent aux usagers de signaler aux autres des incidents et perturbations à l'aide de boutons, sans attendre l'information officielle.

« On propose d'une part les informations que la SNCF nous met à disposition via son open data et, d'autre part, toutes les informations que les utilisateurs, à bord du train, vont pouvoir remonter », indique l'un des fondateurs de RailZ, Jonathan Jean. Exemple typique : « Mon train arrive dans une gare avec deux minutes de retard, en deux clics je peux le signaler sur RailZ, et tous les usagers qui vont prendre le train après verront qu'il n'y a que quelques minutes à attendre au lieu de stresser en se demandant si le retard est important », explique-t-il.

L'application propose en plus aux utilisateurs de s'exprimer sur le confort« On a des gens qui nous demandent comment signaler au chef de bord que telle prise ne fonctionne plus dans le train », ajoute le jeune homme.

Trois étudiants d'Epitech derrière RailZ

Cet étudiant en troisième année à Epitech Nancy a lancé avec deux camarades de promo RailZ le 31 juillet dernier seulement. Leur start-up a été amorcée sur fonds propres : 200 euros ont été nécessaires, pour l'hébergement des serveurs et une première campagne de communication à travers des flyers. Les trois cofondateurs de RailZ ont tout développé eux-mêmes. « On est principalement sur la ligne Nancy-Metz-Luxembourg, qui regroupe 11.000 usagers quotidiens. A l'heure actuelle, entre 700 et 900 personnes viennent s'informer chaque jour sur RailZ », confie Jonathan Jean.

En recevant le 1er prix du « Sprint information voyageur », ce dernier ne savait pas encore sous quelle forme sa start-up allait travailler avec la SNCF dans les mois à venir. Mais ce qui est certain, c'est que l'entreprise ferroviaire a l'intention de s'appuyer sur son savoir-faire dès 2018. « Aujourd'hui, il est évident que nous avons besoin d'un équivalent de Waze pour le train. Il faut que les voyageurs soient coproducteurs de la qualité de service. C'est une idée géniale, commente Guillaume Pepy. On est sur le réel. Est-ce que le train est reparti ou pas ? Le voyageur, lui, le sait à l'instant 't' et il est le premier à détenir cette information. »

Deux autres start-up primées
Les jeunes pousses ayant reçu les 2e et 3e prix de ce « Sprint information voyageur » organisé par la SNCF sont Roof Street, qui a conçu un outil de géolocalisation et de prédiction des habitudes de déplacement des voyageurs, et MyTechTrip, qui a développé un outil permettant une gestion centralisée et une supervision de l'information voyageur.

Aléas du lundi 20 au dimanche 26 Novembre 2017

Déposez un commentaire afin de signaler un retard, un dysfonctionnement. Lors d'un grand clash comme une panne de train bloquant la circulation, vos commentaires déposés permettront de tenir informé chaque usager au fil de l'eau. Bonne semaine à chacun.

18/11/2017

Dix chiffres qui pourraient vous surprendre sur le train en France

http://mobile.lemonde.fr/economie/article/2017/11/18/dix-...

Publié À 11h41

L’Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières a publié jeudi un bilan du transport ferroviaire de voyageurs.

Par Éric Béziat

Temps de lecture : 4 min

L’Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières (Arafer) a publié jeudi 16 novembre une vaste étude sur le marché français 2015-2016 du transport ferroviaire de voyageurs. La monographie renseigne avec précision sur les forces et les faiblesses du train en France à l’heure où se prépare une grande réforme des mobilités en général et de la SNCF en particulier. Voici dix chiffres – parfois inattendus – issus de ce rapport et qui disent, selon l’adage, mieux qu’un long discours les urgences et les enjeux du ferroviaire dans notre pays.

  • 10e

C’est le rang en Europe de la France (2015) en matière d’utilisation du réseau ferré. Une moyenne de 48 trains (fret et voyageurs) circule chaque jour par kilomètre de ligne, soit une intensité d’utilisation médiocre de nos rails. Nous optimisons notre réseau nettement moins bien que les Pays-Bas (140 trains par kilomètre) ou la Suisse (119), mais aussi que deux de nos grands voisins : Royaume-Uni (96) et Allemagne (75). L’Italie est à notre niveau (49) et l’Espagne assez loin derrière (34).

  • 50 %

C’est la proportion de trains de voyageurs qui circulent sur… 9 % du réseau, illustration des fortes disparités qui existent dans l’intensité d’utilisation des voies ferrées françaises. Ainsi, si on regarde les chiffres par l’autre bout de l’indicateur, 31 % des lignes du réseau national ferroviaire ne voient passer que 1 % des trains. Un tiers au moins du réseau est donc économiquement très fragile et sous la menace de fermetures.

  • + 14 %

C’est la hausse du trafic par bus et car depuis 2011, le plus dynamique de tous les modes de déplacement. L’autocar précisément (dopé par l’arrivée des cars Macron et en hausse de 17 % entre 2015 et 2016) vient tailler des croupières au ferroviaire, lequel reste sous les 10 % de l’ensemble des modes de transport intérieur. Le train (hors métros et RER) accuse une baisse moyenne de 0,5 % par an depuis 2011. Incontestablement, la route domine de très loin le rail puisque, voiture individuelle comprise (elle aussi en hausse depuis cinq ans), le bitume accueille en France 88 % du transport intérieur de personnes.

  • 9 sur 10

C’est la proportion de voyageurs qui utilisent le train pour un déplacement de proximité (trains régionaux, trains de banlieue ou RER). Sur 1,16 milliard de passagers transportés en train en 2016, 1 milliard ont donc fait du rail un outil de déplacement du quotidien (dont 860 millions en Ile-de-France). On notera l’écart spectaculaire entre la réalité de la fréquentation et l’offre de sièges. La longue distance (TGV + intercités + trains internationaux), qui pèse un dixième des passagers transportés, représente en même temps la moitié des 202 milliards de sièges-kilomètres proposés aux voyageurs en France en 2016.

  • 155 km/h

C’était la vitesse réelle – appelée aussi vitesse commerciale – des TGV en 2016, de leur point de départ à leur point d’arrivée. En réalité assez loin des 300 km/h systématiquement mise en avant quand on parle de grande vitesse en France. L’écart avec les trains classiques, dits intercités (103 km/h) et même les TER (83 km/h), n’est finalement pas si grand. En cause : la fréquence des arrêts et le fait qu’une partie des trajets des TGV se fait sur des voies classiques qui ne permettent pas de dépasser les 160 km/h. Point important : ce chiffre ne tient pas compte de la mise en service en 2017 de 540 km de vraies lignes à grande vitesse grâce à l’ouverture des liaisons Tours-Bordeaux, Le Mans-Rennes et le contournement de Nîmes-Montpellier.

  • 25 %

C’est la part des communes desservies par le TGV qui ont moins de 10 000 habitants. Un quart des arrêts des trains à grande vitesse se fait donc dans des bourgs, voire des villages. La donnée conduit à des interrogations sur la politique de desserte TGV. Ces choix permettent de désenclaver des territoires mais ont pour conséquence que 70 % des liaisons TGV sont aujourd’hui déficitaires.

  • 1 sur 5

C’est la quantité de trains régionaux en retard en 2016 aux heures de pointe en Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA), soit la pire qualité de service des régions françaises. La moyenne (pas excellente d’ailleurs) se situe à 11 % de trains en retard aux heures d’affluence. L’écart de PACA avec les meilleures régions est conséquent : Bretagne (6 %), Alsace (7 %) ou Normandie (8 %). Y aurait-il une malédiction méridionale ? Les plus mauvaises régions se situent presque toutes en dessous d’une ligne Nantes-Besançon : Aquitaine, Rhône-Alpes (15 %), Languedoc-Roussillon (14 %), Poitou-Charentes, Midi-Pyrénées (13 %). Seule exception à cette « loi » géographique, le résultat médiocre de la Picardie (13 %).

  • 2

C’est le nombre de régions qui ont vu leurs recettes commerciales de trains régionaux augmenter entre 2015 et 2016 : la Bretagne et l’Alsace, respectivement de 2,2 et 1,5 %. Toutes les autres ont connu des chiffres d’affaires en recul. La palme revient à l’Ile-de-France (– 21 % de baisse), alors que la fréquentation était en augmentation de plus de 3 %. La chute en région parisienne est due à la décision de passer l’abonnement (pass Navigo) à un tarif unique de 70 euros.

  • 78 centimes

C’est ce que payait par passager et par kilomètre, en 2016, la région Limousin (aujourd’hui intégrée à la région Nouvelle Aquitaine) pour subventionner ses trains régionaux. Soit le concours public le plus élevé de toutes les régions, très au-dessus de la moyenne (23 centimes). En Limousin, le passager ne paie que 10 % du coût réel du train contre 25 % en moyenne, 30 % en Ile-de-France et 35 % en Alsace.

  • 46 %

C’est la part du TGV, dans les péages ferroviaires perçus en France en 2015, soit presque la moitié (1,7 milliard d’euros) des 3,7 milliards de redevances touchées par SNCF Réseau. Alors que le TGV ne représente que 26 % des circulations et 8 % des passagers transportés, cette donnée constitue un élément supplémentaire de fragilisation de son modèle. Les péages représentent aujourd’hui presque 40 % des revenus du TGV, et impactent d’autant le prix des billets.

 

 
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