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16/12/2016

Le gendarme du rail étrille le projet de budget SNCF Réseau

http://www.lesechos.fr/industrie-services/tourisme-transp...

Lionel Steinmann Le 16/12 à 06:00
 
Le gendarme du rail reproche à l'établissement public chargé de gérer les infrastructures ferroviaires de ne pas parvenir à redresser ses comptes, un des objectifs de la réforme ferroviaire adoptée en 2014. - Photo Frédéric Maigrot/REA

L’Arafer dénonce des chiffres imprécis et des efforts de productivité nettement insuffisants.

L'Arafer, le gendarme du rail, nourrit les plus vives inquiétudes sur l'avenir de SNCF Réseau, l'établissement public chargé de gérer les infrastructures ferroviaires. Il l'a exprimé jeudi en rendant son avis sur le projet de budget 2017 de l'établissement public.

Le régulateur ne ménage pas ses critiques. Sur la qualité des données qui lui ont été transmises, tout d'abord : l'institution déplore « l'absence d'une prévision d'exécution budgétaire pour 2016 », c'est-à-dire des chiffres sur le budget effectivement réalisé, et s'interroge sur la qualité du suivi, « qui ne semble pas à la hauteur des moyens et des enjeux d'une entreprise comme SNCF Réseau ».

Plusieurs incertitudes planent sur les prévisions budgétaires pour 2017. « Un écart de presque 10 % oppose SNCF Réseau et la SNCF sur le niveau de refacturation des charges entre les deux établissement publics », indique le communiqué. Par ailleurs, SNCF réseau a fait l'objet d'un contrôle fiscal dont les suites ne sont pas encore connues ( « Les Echos du 28 septembre). Une nouvelle dépréciation d'actifs, après les 9,6 milliards passés dans les comptes 2015, n'est pas non plus à exclure.

Contrat de performance

Autre grief, récurrent celui-là, et à destination de l'Etat : le contrat de performance pluriannuel qui doit être mis en place avec SNCF Réseau n'est toujours pas signé, ce qui prive l'établissement public d'une vision de long terme sur son financement, un paramètre essentiel dans la gestion d'infrastructures. Ce point devrait toutefois être bientôt résolu : Patrick Jeantet, le PDG de SNCF Réseau, avait indiqué dans une interview aux « Echos » mi-novembre que la ­signature du contrat de performance était imminente.

L'Arafer se montre également très pessimiste sur le redressement des comptes du gestionnaire d'infrastructures, ce qui était pourtant un des objectifs principaux de la réforme ferroviaire adoptée en 2014. La dette de SNCF Réseau, qui atteignait 44 milliards d'euros fin juin 2016, « devrait continuer à augmenter de 2 à 3 milliards d'euros par an dans les années à venir, écrit le régulateur. Cette situation fragilise SNCF Réseau, notamment si les taux d'intérêt remontent durablement ».

VIDEO - La SNCF au régime sec en 2017

Pour redresser le tir, les économies promises en 2014 ne suffiront pas : « A supposer que les gains de productivité avancés par SNCF Réseau se réalisent, les charges sont loin de diminuer dans les mêmes proportions. Le redressement économique de SNCF Réseau exige des objectifs de performance d'une toute autre ampleur que celle envisagée dans le projet de budget pour 2017. »

Le gendarme du rail s'inquiète donc du « désengagement financier de l'Etat », qui ressort à la fois du projet de budget 2017, et d'un rapport publié il y a quelques semaines qui excluait toute reprise ­partielle de la dette. Au contraire, « la persistance des déséquilibres financiers du système ferroviaire » doit conduire la puissance publique à revoir à la hausse son soutien, « pour accompagner durablement les efforts qui s'imposent également à SNCF Réseau ».

Lionel Steinmann, Les Echos
@lionelSteinmann

14/12/2016

La SNCF recherche désespérément des conducteurs de train

http://www.rtl.fr/actu/societe-faits-divers/la-sncf-reche...

ÉDITO - On parle souvent des galères consécutives aux défaillances de la SNCF. On ignore souvent que la cause tient à un manque de conducteurs de train. On a peine à croire que c'est un métier en tension.

Des Parisiens prennent un TGV à la gare de Lyon (photo d'illustration).

 

La SNCF recherche désespérément des conducteurs de train Crédit Image : AFP / BERTRAND GUAY | Crédits Média : RTLnet | Durée : | Date
 

Les garçons ne veulent plus conduire de locomotives. Sauf peut-être au pied du sapin de Noël. Partout la pénurie guette, qui oblige la SNCF à supprimer des dizaines de liaisons, faute de conducteurs. Les TER sont à cet égard en première ligne, si l’on peut dire, de cette déshérence, notamment en Île-de-France où 40% de ceux qui y travaillent n’y habitent pas et où 50% des conducteurs attendant une mutation. Mais les Hauts-de-France, PACA où la Nouvelle-Aquitaine ne sont guère mieux loties. La SCNF a fini par s’en apercevoir : elle veut recruter au plus vite 1.000 nouveaux conducteurs et les mettre en formation dès l’an prochain.

Comment expliquer ce déficit soudain de conducteurs ? C'est bizarre, car le mythe est toujours là. Même ceux qui n’ont jamais vu Jean Gabin dans La Bête Humaine le savent : ils sont 60.000 à postuler chaque année pour prendre les manettes d’un TGV. Le problème, c’est qu’ils sous-estiment largement les compétences et les capacités requises pour le job.

La formation dure douze mois. Il faut avaler 1.000 pages d’informations techniques et de sécurité, être en bonne condition physique et solide psychologiquement. Il faut accepter les horaires décalés et le travail le week-end. Du coup, au terme de cet écrémage, les lauréats demandent de plus en plus souvent à travailler à temps partiel. Ce qui alimente la pénurie de conducteurs.

Il faudra attendre deux ans avant que la tension retombe

Christian Menanteau

Les salaires sont attractifs, et la carrière, assurée. Il serait incompréhensible de ne pouvoir séduire 1.000 nouveaux conducteurs. Notamment  des jeunes femmes, qui sont la cible privilégiée de la SNCF. Elles sont rares parmi les 14.000 titulaires, alors qu’elles ont toutes les capacités pour réussir dans cette profession. Dans l’immédiat, et pour pallier la mauvaise anticipation de ces départs très liés aux réformes récentes, la SNCF bricole en offrant des prolongations à ses agents sur le point de partir en retraite.

Elle peut aussi compter sur les 120 conducteurs qu’Euro Cargo Rail, la filiale fret de Deutsche Bahn en France, va libérer faute d’activité dans l'Hexagone. En attendant, il faudra attendre deux ans avant que la tension retombe. Et que chacun de nos TER ait son machiniste.

 

TER : la Région n'a pas voulu conclure de convention avec la SNCF

http://acteursdeleconomie.latribune.fr/territoire/transpo...

Par Marie-Annick Depagneux  | 

(Crédits : DR)
Faute d'avoir pu trouver un accord pour mettre en oeuvre une nouvelle convention pluriannuelle en 2017, la continuité du service public sera assurée en s'appuyant sur le règlement européen "OSP". Par ailleurs, Laurent Wauquiez proposera aux élus régionaux d'appliquer la liberté tarifaire offerte par un récent décret. Pour autant, les discussions restent ouvertes avec la SNCF.

Épreuve de force entre la Région Auvergne-Rhône-Alpes et la SNCF à propos des TER (Transports express régionaux). En cause : le renouvellement de la convention qui devait prendre effet au 1er janvier 2017. "A ce stade, il convient de prendre acte de l'impossibilité de signer une nouvelle convention", pour cette échéance, expliquera Laurent Wauquiez, président Les Républicains lors de la session de l'assemblée régionale, en fin de semaine. Ces éléments figurent dans le rapport qui sera soumis à l'approbation le 15 décembre. Ce rapport qu'Acteurs de l'économie-La Tribune a pu consulter évoque différents courriers, réunions et échanges entre les deux parties dès mars 2017.

Coûts de fonctionnement

"Les récents entretiens conduits jusqu'à début décembre avec les responsables des TER en région comme au siège n'ont malheureusement pas permis de progresser significativement", peut-on encore lire. Plus précisément, les griefs à l'encontre de SNCF Mobilités portent sur les "coûts de fonctionnement" et le manque de clarification relative à la "décomposition de ces coûts".

Pour autant, et malgré cet échec à trouver un accord, la continuité du service public sera bien assurée. Pour ce faire, la Région s'appuiera sur le règlement européen dit OSP* pour déterminer les obligations du service et le montant des compensations nécessaires.

Compensation estimée à 510 millions d'euros

Cette compensation financière est estimée à 510 millions d'euros pour l'année 2017 à verser par acomptes mensuels de 42,5 millions, énonce le rapport. Il est stipulé, par ailleurs, que des mécanismes de réduction sont prévus, par le même règlement européen, pour "considérer les manquements aux prescriptions de service public et réparer les préjudices subis par la Région".

En attendant que les négociations aboutissent en vue d'une nouvelle convention, "dans l'intérêt" des deux parties, Laurent Wauquiez proposera d'ores et déjà aux élus régionaux d'appliquer la liberté tarifaire. Cette liberté offerte aux Régions, et faisant disparaître la tarification de référence nationale, est rendue possible par un décret daté du 17 mars 2016. Il en résultera pour la région un gain, en cours d'évaluation, du montant de la TVA sur la compensation tarifaire.

Les socialistes voteront pour

"Nous voterons cette délibération. Laurent Wauquiez a raison d'utiliser cet outil pour faire pression sur la SNCF", déclare Jean-François Debat, président du groupe d'opposition socialiste et apparentés à la région, interrogé par Acteurs de l'économie-La Tribune.

Et le député maire de Bourg-en-Bresse de poursuivre :

"Nous aurions agi de la sorte si ce dispositif (décret de mars 2016) avait existé à l'époque où nous dirigions la région. Toutefois, il faut être vigilant sur le maintien de la qualité du service. Laurent Wauquiez nous annonce 40 millions d'euros de crédits en moins versés à la compagnie ferroviaire."

La position de l'opposition régionale se comprend d'autant mieux, que lorsque la gauche était aux commandes de Rhône-Alpes, elle avait déjà jugé inacceptables les propositions de la SNCF au regard du cahier des charges. Face à ce constat, Jean-Jack Queyranne, le président socialiste de l'époque, avait prolongé d'un an la convention 2009-2015.

Dysfonctionnements chroniques

Depuis qu'il a accédé à la tête d'Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez n'a de cesse de pointer  les "dysfonctionnements chroniques" des TER.

"La Région s'est faite gruger par la SNCF de manière éhontée", martelait-il encore récemment. Il était alors prévus 20 millions d'euros de pénalités et autres crédits en moins pour l'exploitant en 2017.

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*Règlement obligation du service public du 23 octobre 2007

 
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