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16/10/2016

Mobilité urbaine : la SNCF empile (trop?) de plans start-up

http://www.itespresso.fr/mobilite-urbaine-sncf-empile-pla...

La SNCF investit dans Allocab (VTC) et LuckyLoc (location de voitures à un euro) pour enrichir sa stratégie de porte à porte. Mais l’offre de mobilité urbaine devient confuse.

Au-delà de son statut de compagnie ferroviaire, la SNCF cherche à s’ancrer dans une stratégie de porte à porte et de mobilité urbaine pour assister le client passager tout au long de ses déplacements : le train naturellement mais aussi les parcours  entre le domicile et la gare (VTC, taxis, location de véhicules, covoiturage…).

Ce qui passe par des prises de participation dans des start-up favorisant les déplacements automobiles. Un bouillonnement qui tend à rendre l’offre confuse…

Dernier coup recensé : la SNCF a annoncé hier un investissement de 3 millions d’euros dans Allocab, qui est l’un des partenaires VTC (voiture de transport avec chauffeur) de l’offre iDCAB (150 000 voyageurs pris en charge dans 16 villes) du groupe présidé par Guillaume Pepy. Ce service VTC « maison », initié dans le courant de l’automne 2014, est disponible dans toutes les gares TGV d’Ile-de-France, et dans 15 autres gares urbaines éparpillées dans la métropole.

Cette entrée dans le capital d’Allocab a été menée via le fonds SNCF Digital Ventures (dont la gestion a été déléguée à Hi Inov, la société d’investissement en capital innovation du holding Dentressangle Initiatives).

Fort de ce partenariat stratégique, Allocab veut accélérer son déploiement géographique en France. Tout en revendiquant le statut de 1er réseau VTC sur le territoire national avec une couverture de plus de 40 grandes villes et 20 000 communes. L’objectif est d’atteindre la centaine de villes d’ici mi-2017.

Les ambitions affichées sont d’envergure européenne puisque Allocab vise aussi 10 capitales européennes d’ici fin 2017.
L’entrée de la SNCF dans le capital d’Allocab, fondée en 2011 par Yanis Kiansky et Thomas Tiercelin, est donc perçue comme un véritable accélérateur de déploiement géographique et de business.

En l’état actuel, AlloCab recense 250 000 utilisateurs de son app et dispose d’un réseau de 3000 chauffeurs (principalement en Ile-de-France°. D’ici la fin de l’année prochaine, Allocab compte s’appuyer sur 6000 chauffeurs et vise 500 000 utilisateurs.

La SNCF aime LuckyLoc, la location de voiture…à un euro

Parallèlement, toujours via le fonds SNCF Digital Ventures, le groupe ferroviaire a annoncé plus tôt dans la semaine sa participation à une levée de fonds de 2 millions d’euros de LuckyLoc, une start-up qui exploite un concept de « locations de voitures à un euro ». Un investissement réalisé en association avec le groupe d’assurance Allianz.

Le positionnement de LuckyLoc est malin. Fondée par Claire Cano et Idris Hassim, le service s’appuie sur des réseaux de locations de voitures ou d’utilitaires comme Europcar, Avis ou Rent A Car qui cherchent à rentabiliser les rapatriements des véhicules loués à leurs points d’origine.

Les initiatives de ce type émanant de la SNCF foisonnent. Quitte à frôler l’encombrement des voies ?

Pour le covoiturage, la SNCF préfère exploiter son propre dispositif : iDVROOM (lancé en 2014).

Piochons dans les autres modes de transport. En 2015, la SNCF a investi 28 millions d’euros pour prendre le contrôle de OuiCar (location de voitures entre particuliers). Tandis qu’un partenariat a été scellé la même année avec la start-up américaine Zipcar positionnée comme un service de location de véhicules en libre-service (autopartage).

Dans un cadre plus traditionnel de services destinés aux voyageurs arrivant en gares, le groupe SNCF a également signé un partenariat avec le loueur de voitures AVIS.

Nous souhaitons bonne chance aux clients SNCF pour s’y retrouver.

20:55 Publié dans SNCF, Voiture | Lien permanent | Commentaires (0)

SNCF : la réduc pour tous que personne ne connaît

http://www.liberation.fr/france/2016/10/15/sncf-la-reduc-...

Par Amandine Cailhol

Peu de gens l'utilisent et pourtant il peut faire économiser, une fois par an, jusqu'à 50% sur un billet de train à presque tout un chacun. «Libération» lève le voile sur le «billet de congé annuel», dispositif oublié, mais toujours valable, datant de 1936.

Mais comment a-t-on pu passer à côté ? Depuis des années, il était là, vieillissant, mais toujours prêt à rendre service pour alléger la facture des vacances. Et ce depuis 1936 ! Et pourtant, alors que chacun s’affaire déjà à programmer les vacances de Noël, à la recherche du voyage le plus économique, peu de personnes pensent au «billet de congé annuel». Le quoi ? Egalement appelé «billet populaire de congé annuel» par la SCNF qui le commercialise, ce tarif réduit permet d’acheter un billet dans tous les trains SNCF (TGV, Intercités, TER) à moins 25% pour un voyage aller-retour ou circulaire (les arrêts en cours de route étant autorisés) d’au moins 200 kilomètres en France. La réduction peut même atteindre 50%, lorsque au moins la moitié du billet est réglé avec des chèques-vacances.

Une large palette de bénéficiaires

Quelques contraintes toutefois : ce billet, «l’un des huit tarifs sociaux nationaux que la SNCF applique sur son réseau sur demande de l’Etat», explique un responsable de la SNCF, ne peut être utilisé qu’une seule fois par an et seulement au cours des congés annuels. En revanche, il est ouvert à une très large palette de bénéficiaires : salariés, agents de la fonction publique, travailleurs à domicile, artisans et exploitants agricoles, mais aussi demandeurs d’emploi bénéficiant d’une allocation de chômage, stagiaires de la formation professionnelle ou encore retraités. Surtout, il permet de bénéficier d’une réduction pour le demandeur, mais aussi pour les membres de sa famille : conjoint, enfants de moins de 21 ans, et dans certaines conditions, parents. «Ces personnes n’ont pas obligation de voyager en même temps. Cependant, le prix du billet doit être payé en une seule fois pour l’ensemble des voyageurs», précise le site Service public, un des rares à donner des informations sur le dispositif.

Car s'il existe depuis plus de 80 ans, il reste relativement discret. Sur Internet, il n’est jamais, ou très peu, cité par les associations d’aide aux plus précaires qui promeuvent les vacances pour tous. Ni par le réseau des caisses d’allocations familiales. Quant au site commercial de la SNCF, il ne lui accorde qu’une toute petite place dans sa rubrique «aide». Pourquoi ce silence ? «On ne communique pas en ligne sur ce sujet, car pour ces billets, il faut se rendre en gare ou en boutique», botte en touche la SNCF. Même discrétion sur le site de l’Agence National des chèques vacances (ANCV) qui, bien que partenaire, ne dit pas un mot sur le dispositif dans son guide en ligne, et se contente de le citer brièvement dans sa «foire aux questions». «Globalement, il y a peu de communication dessus, car les gens vont plus vers des billets de train ou d’avions low-cost bien moins chers. Et puis, le dispositif billet congé annuel est assez contraignant», plaide-t-on du côté de l’ANCV.

«Mesure iconique du Front Populaire»

Résultat : le dispositif est peu, voir pas du tout connu des bénéficiaires potentiels. Et ce malgré une histoire glorieuse. «Ce dispositif est une mesure iconique du Front Populaire. Il a été voulu par Léo Lagrange, sous-secrétaire d’État aux Loisirs et aux Sports, à l’été 1936. Le gouvernement veut alors faire en sorte que la toute récente loi sur les congés payés [deux semaines, à l’époque, ndlr] ne soit pas une mesure sans application. On ne peut pas décréter du temps libre et ne pas aider les gens à en profiter !», raconte Marion Fontaine, maître de conférences à l'université d'Avignon. D’où la création, le 2 août 1936, de billets à tarif réduit à destination des catégories populaires, annoncés dans la presse dès le mois de juillet.

600 000 billets sont ainsi distribués la première année, puis 1,8 million en 1937. La réduction est alors de 40%. «Comme le train était le moyen idéal, et peu concurrencé, d’amener ces nouveaux clients en nombre important vers les destinations de loisir, l’Etat a demandé aux compagnies privées de chemin de fer, qui deviendront la SNCF en 1938, de proposer un tarif attractif», poursuit la SNCF.

Depuis, le taux de réduction a baissé, les conditions d’attribution se sont élargies, une remise supplémentaire a été accordée aux clients qui payent en «chèque-vacances». Mais le billet, «a peu, voire pas évolué depuis sa création», note l’ANCV. «Personne n’a jamais pensé ou osé l’abolir. Politiquement, ce serait destructeur», pointe l’historienne Marion Fontaine. Au contraire, en 1957, la question d’un second «billet populaire de congé annuel» est même évoquée à l’Assemblée nationale, pour aider les gens à partir en vacances d’hiver. En 1992, le ministère du Tourisme envisage la faisabilité d’un plafonnement des ressources des bénéficiaires pour «permettre l’attribution d’un second billet de transport à prix réduit aux catégories sociales les plus modestes, leur donnant ainsi la possibilité de prendre des vacances d’hiver». Mais la mesure n’aboutit pas.

Parcours du combattant

Depuis, la cote de popularité du dispositif a dégringolé. La faute, en partie, à la lourdeur du dispositif. Pour en bénéficier, le bénéficiaire doit d’abord retirer un formulaire disponible dans les points de vente SNCF, le remplir puis le faire compléter à sa direction des ressources humaines, joindre d’éventuels certificats, avant de retourner le tout en agence, au moins 24 heures avant le départ. Autant dire que rien n’est fait pour inciter les gens à se lancer… Il est toutefois possible de télécharger un formulaire sur le site Voyages-sncf.com. Mais encore faut-il le trouver… Là aussi, le périple relève du parcours du combattant, avec six clics nécessaires, au total, pour arriver sur la bonne page. Certes, le document (version salariés et version autres statuts) date de 2013, mais il serait toujours valable, selon un agent SNCF.

De quoi en décourager plus d’un… Comme Laurence, salariée du privé à Paris, qui s’est laissé tenter une fois par le dispositif, il y a sept ans, avant de se jurer de ne plus jamais s’y risquer: «Il y a un côté un peu humiliant de se rendre dans le bureau de la DRH pour faire signer son document. Et puis, il faut faire la queue à la gare pendant des plombes, c’est pénible… Ça vaut peut-être le coup pour un voyage prévu à l’avance, mais pas forcément pour n’importe quel trajet.» D’autres, dans un calcul coûts avantages, se rabattent plutôt sur les autres offres tarifaires de la SNCF, comme les Prem’s, ou de sa filiale à bas coût, Ouigo.

Contrepartie financière

Reste les plus courageux. Chaque année, près d’un million de trajets sont effectués dans le cadre de ce disposif, estime la SNCF. Ce qui revient à 500 000 personnes bénéficiant d’un aller-retour, ayants droit compris. «Ce billet est plus utilisé en été, lors de la période des vacances scolaires. Par ailleurs, on compte plus de salariés que de retraités, puisque ces derniers ont d’autres tarifs avantageux», précise la compagnie de transport, peu bavarde sur le dispositif et ses bénéficiaires.

Si ces recours ne sont pas très nombreux - près de quatre fois moins qu’en 1937 - ils représentent toutefois un coût… qui ne repose pas sur la belle générosité de la SNCF. «Comme pour tous les tarifs sociaux, ce mécanisme conduit à un manque à gagner pour l’entreprise qui a l’obligation de l’appliquer et l’Etat verse une contrepartie financière», explique la SNCF. Le cahier des charges de la SNCF prévoit en effet que les huit tarifs sociaux mis en œuvre à la demande de l’Etat donnent lieu à une «contribution globale de celui-ci». Chaque année, l’Etat met donc la main à la poche pour compenser les billets utilisés sur les grandes lignes. Ce sont, en revanche, les régions qui payent la note pour les TER. Dans le projet loi de finance 2017, l’enveloppe est fixée à 25,7 millions d’euros, les «billets populaires de congé annuel» arrivant en seconde place du «trafic» de ces tarifs sociaux. Là où elle s’élevait à 40 millions d’euros en 2012. Preuve de la perte de vitesse de ces dispositifs quelque peu remisés ? Ou du désengagement de l’Etat ? Interrogé par Libération, le secrétariat d’Etat en charge des Transports n’a, pour l’heure, pas répondu à nos questions.

Amandine Cailhol

15/10/2016

Sécurité aux passages à niveau : le comité ministériel valide de nouvelles mesures

http://www.localtis.info/cs/ContentServer?pagename=Localt...

Publié le vendredi 14 octobre 2016

Alain Vidalies, secrétaire d’Etat chargé des Transports, a réuni le 13 octobre, pour la deuxième fois, le comité ministériel sur la sécurité aux passages à niveau. "Ce comité a pour objectif de constater l’avancée des actions menées dans le cadre du plan interministériel pour la sécurisation des passages à niveau, de mesurer les résultats obtenus et d’identifier les progrès à réaliser", a rappelé le secrétaire d'Etat.
Le premier volet du plan vise à faire évoluer les comportements au franchissement des passages à niveau, alors que 98% des accidents en lien avec ces carrefours sont dus à des comportements à risque des usagers de la route, et qu’ils représentent la deuxième cause d’accidents mortels sur les réseaux ferrés européens et français. Une nouvelle campagne nationale de communication a été lancée par SNCF Réseau. Elle se déroulera jusqu'au 30 octobre et se déclinera sous la forme d'un film diffusé pour la première fois au cinéma, d'une campagne web et réseaux sociaux et de spots radio. Dans le cadre de cette démarche de sensibilisation, la Délégation interministérielle à la sécurité routière (DISR) renforce les mesures spécifiques à destination des poids-lourds ou des autocars.


Déploiement de radars

Les informations relatives aux passages à niveau vont aussi être progressivement intégrées dans les GPS, a assuré Alain Vidalies. Une démarche est déjà menée par la marque Tom Tom, avec l’appui de SNCF Réseau. Elle devra être accélérée et généralisée pour tous les systèmes GPS destinés au grand public comme aux professionnels routiers. Le secrétaire d'Etat a indiqué que l'objectif d’installer 42 radars de vitesse et 80 radars de franchissement à proximité des passages à niveau avait été atteint. Il demande désormais à la DISR et à SNCF Réseau qu’un bilan précis soit réalisé pour le prochain comité afin d’évaluer leur impact sur le comportement des usagers. "Cette analyse permettra de définir et d’orienter un programme supplémentaire de déploiement de radars", a-t-il indiqué. SNCF Réseau déploie aussi d’ici fin 2016 des pancartes d’indication de présence de téléphones sur l’ensemble des passages à niveau prioritaires, pour faciliter leur identification et leur utilisation par les usagers en cas d’urgence. Alain Vidalies a également demandé que soient formulées des préconisations en matière de traitement des accidents de piétons aux passages à niveau, à partir d’une analyse statistique complète.
 

Des aménagements de voirie à prévoir

Le second volet du plan porte sur les aménagements de sécurisation des passages à niveau. Entre 2015 et 2016, 10 passages à niveau jugés prioritaires ont été supprimés, dont celui d’Allinges (Haute-Savoie), théâtre d'une dramatique collision entre un TER et un car scolaire qui avait coûté la vie à sept collégiens en 2008. Le nombre de ces passages à niveau figurant dans le Programme national de sécurisation a été divisé par 3 entre 1997 et 2016. Plus de 80% des diagnostics de sécurité sur l’ensemble des passages à niveau ont été réalisés, sous l’égide des préfets, a encore indiqué Alain Vidalies. Ils devront se poursuivre et s’achever d’ici fin 2017. Sur cette base, le secrétaire d'Etat demande aux collectivités locales "de se mobiliser pour mettre en œuvre sans attendre les mesures de sécurisation nécessaires sur les voiries, et pour intégrer systématiquement cette préoccupation dans leurs réflexions d’aménagement urbain".
SNCF Réseau expérimente de son côté depuis cette année, sur 7 passages à niveau, des détecteurs d’obstacles qui doivent permettre de signaler au conducteur d’un train la présence d’un véhicule sur les voies lorsque les barrières se sont fermées. Cette expérimentation se poursuivra en 2017, et fera l’objet d’un bilan lors du prochain comité.

Anne Lenormand

 
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