Avertir le modérateur

26/05/2018

SNCF : les syndicats poursuivent la grève, malgré les annonces de l’Etat

https://www.lemonde.fr/economie/article/2018/05/25/sncf-l...

Le premier ministre a reçu les représentants de cheminots et leur a annoncé que l’Etat reprendrait, d’ici à 2022, 35 milliards de la dette de la compagnie.

Le Monde.fr avec AFP | • Mis à jour le

La grève à la SNCF contre le projet de réforme ferroviaire du gouvernement a débuté le 3 avril.
La grève à la SNCF contre le projet de réforme ferroviaire du gouvernement a débuté le 3 avril. CHRISTOPHE SIMON / AFP

Les cinq fédérations syndicales de cheminots – UNSA, CGT, SUD, FO et CFDT – ont décidé, pour l’heure, de poursuivre la grève débutée le 3 avril contre le projet de réforme ferroviaire du gouvernement. Seule l’UNSA envisage une sortie du conflit et fera part de sa décision « très rapidement ».

Les syndicats ont tous été reçus, vendredi 25 mai au matin à Matignon par le premier ministre, Edouard Philippe, dont les annonces ne les ont pas convaincus. Au cours de cette rencontre, le chef du gouvernement leur a notamment signifié que l’Etat reprendrait une partie de la dette de la compagnie ferroviaire, soit 35 milliards d’euros (25 milliards en 2020 et 10 milliards en 2022). En début d’après-midi, lors d’une conférence de presse avec la ministre des transports, Elisabeth Borne, Edouard Philippe a assuré qu’il n’y aurait « pas d’impôt SNCF » pour compenser cette reprise de dette :

« La dette viendra s’ajouter à la dette publique de l’Etat et sera remboursée au même rythme que la dette publique de l’Etat. »

M. Philippe a également dit vouloir « alléger le poids des péages ferroviaires » acquittés par les trains circulant sur le réseau SNCF, en limitant la hausse de leurs tarifs « au niveau de l’inflation ».

En fin de journée, Emmanuel Macron a déclaré qu’il s’agissait des « dernières propositions » du gouvernement. « Il y a des manifestations légitimes contre la réforme de la SNCF. Je dis [aux syndicats] : “On est arrivés au bout du processus.” Le texte va arriver au Sénat [mardi]. Le gouvernement fait ses dernières propositions aujourd’hui, prend sa responsabilité sur la dette. Nous devons aller au bout de cette réforme, nous irons au bout », a-t-il affirmé depuis la Russie.

Une table ronde à l’étude

Pas de quoi convaincre les syndicats d’arrêter leur mouvement de grève. « On continue le conflit, le combat », a prévenu le secrétaire général de la CGT-Cheminots, Laurent Brun, maintenant son appel à la grève. Concernant la dette de la SNCF, le syndicat a, cependant, salué « une reprise significative », tout en interpellant le premier ministre « sur le montant qu’il resterait », car, d’ici à la fin du quinquennat, la dette « va augmenter ».

Mais la CGT exige une table ronde, pour « fixer par écrit les engagements du gouvernement ». « Le premier ministre n’a pas fermé la porte » à cette demande. « Il a dit qu’il réfléchissait au sujet et nous donnerait une réponse très prochainement », a rapporté M. Brun, rappelant que c’est « la responsabilité du gouvernement de trouver des solutions de sortie du conflit ».

L’UNSA « rassurée », SUD-Rail, la CFDT et FO mobilisés

De son côté, l’UNSA-Ferroviaire ne s’est pas encore prononcée sur une éventuelle sortie de grève, mais le fera « très rapidement », a déclaré son secrétaire général, Roger Dillenseger. L’UNSA reste pour l’instant encore dans la mobilisation unitaire, car « le texte officiel, c’est ce qui sortira du Sénat », où le projet de loi sera voté mardi 5 juin lors d’une commission mixte paritaire, a-t-il ajouté. Le syndicat participera donc mardi à la manifestation syndicale prévue près du Sénat « pour montrer qu’on veut peser » sur le débat à la chambre haute, a fait savoir M. Dillenseger. L’UNSA s’est, en revanche, dite « rassurée (…) sur un engagement ferme de l’Etat » pour les finances de la SNCF.

Quant à SUD-Rail, le syndicat estime que les annonces du premier ministre vendredi matin « ne sont pas de nature à faire cesser la grève ». La reprise de 35 milliards d’euros de dette est « clairement un cadeau pour les entreprises privées », pour leur faire « place nette » avant qu’elles postulent à des appels d’offres après l’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire de voyageurs, a dénoncé Erik Meyer, porte-parole du syndicat.

« La mobilisation continue » également pour la CFDT au moins jusqu’à ce que soit dévoilé le texte final de la réforme du rail, a fait savoir son secrétaire général, Laurent Berger, qui évoque des « éléments de satisfaction », tout en appelant à la vigilance : « Il faut peser jusqu’au bout du processus parce que rien jamais acquis. »

Pour FO, enfin, « toutes les raisons de la grève sont encore là ». Concernant la reprise de 35 milliards d’euros de la dette de la SNCF, le secrétaire général, François Grasa, considère qu’elle « doit être reprise intégralement par l’Etat ». « Je ne connais pas un seul cheminot aujourd’hui qui fasse grève par rapport à la dette », a-t-il poursuivi, jugeant que le projet de réforme ferroviaire n’est « pas acceptable ».

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu