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10/03/2018

Grève SNCF : une grève nationale pour faire plier le gouvernement ?

http://www.linternaute.com/sortir/magazine/1400252-greve-...

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Grève SNCF : une grève nationale pour faire plier le gouvernement ?

GREVE SNCF - Une grève massive se prépare pour faire face à la réforme de la SNCF. Les 4 syndicats CFDT-Cheminots, CGT-Cheminots, UNSA-Ferroviaire et SUD-Rail conviendront d'une mobilisation ou non le 15 mars.

[Mis à jour le 9 mars 2018 à 19h02] La journée du jeudi 15 mars s'annonce décisive pour la SNCF. Face à la volonté du gouvernement d'avoir recours aux ordonnances pour faire adopter la réforme de la SNCF, avec la présentation du projet de loi d'habilitation mercredi 14 mars en conseil des ministres, l'intersyndicale des cheminots de la SNCF prévoit un rassemblement le lendemain, jeudi 15 mars : "Si nous constatons un passage en force, alors il y aura grève", a déclaré le secrétaire général de la CGT-Cheminots Laurent Brun. Au micro de BFM TV, il a également fait savoir qu'"avant le jeudi 15 mars, il n'y aura pas de décision de grève nationale". Néanmoins, l'intersyndicale a déjà déposé une alerte sociale en prévision d'un dépôt de grève. "La balle est dans le camp du gouvernement. Si le 14 mars, il présente en Conseil des ministres sa loi d'habilitation pour réformer la SNCF par ordonnances, alors le 15 mars, nous prendrons nos responsabilités" a prévenu le secrétaire fédéral SUD Rail au Parisien.fr.

La CGT-Cheminots, premier syndicat à la SNCF, prévoit déjà une grève reconductible à compter du jeudi 22 mars, date de mobilisation commune à celle des fonctionnaires contre la réforme de la fonction publique et la grève des contrôleurs aériens. "Nous allons relever le défi. On est sûrement parti pour l'un des plus importants mouvements sociaux de l'histoire de la SNCF",  a déjà averti Laurent Brun. Le quatrième syndicat CFDT-Cheminots propose quant à lui une grève reconductible à compter du mercredi 14 mars et les deux autres, UNSA-Ferroviaire et SUD-Rail souhaitent une réponse forte et rapide. De son côté, le PDG de la SNCF Guillaume Pepy a déclaré au micro d'Europe 1 que "Personne n'a intérêt à une grève". Il espère que les syndicats et le gouvernement trouvent un terrain d'entente. 

Les cheminots dénoncent aujourd'hui "le caractère stigmatisant des propositions du gouvernement" qui est essentiellement de mettre fin au statut de cheminot pour les nouvelles embauches. Le gouvernement a pris la décision d'appliquer 4 des 5 réformes SNCF du rapport de Jean-Cyril Spinetta, ancien patron d'Air France-KLM : l'abandon du statut des cheminots pour les nouvelles embauches (actuellement, 90% des salariés de la SNCF bénéficient de ce statut) prévu "à l'avenir, à une date qui sera soumise à la concertation" ; un transfert obligatoire des salariés chez les nouveaux exploitants lors de l'ouverture du marché à la concurrence à la fin 2019 ; la reprise d'une part de la dette de SNCF Réseau par l'Etat, s'élevant actuellement à 46,6 milliards d'euros et la transformation des statuts de la SNCF, de SNCF Mobilités et de SNCF Réseau en sociétés anonymes à capitaux publics. Le 5e point du rapport Spinetta - remplacer certaines lignes secondaires et déficitaires par des cars dans le but de se concentrer sur les grandes lignes TGV -, a été abandonné par le Premier ministre Edouard Philippe pour ne pas provoquer la colère des élus locaux. "Dans bien des territoires, le rail est au cœur de la stratégie des régions pour le développement des mobilités", a-t-il expliqué. Avec une "volonté d'aboutir avant l'été", le gouvernement prévoit un recours aux ordonnances pour appliquer la réforme SNCF. Le secrétaire national de SUD Rail a lancé à Libération : "Si le gouvernement persiste, on va mettre le feu".

"Moins de rigidité pour la SNCF"

http://www.ledauphine.com/economie-et-finance/2018/03/09/...

Patrick Jeantet, PDG de SNCF Réseau.  Photo JULIEN LUTT/CAPA Pictures

Patrick Jeantet, PDG de SNCF Réseau. Photo JULIEN LUTT/CAPA Pictures

Patrick Jeantet, le PDG de SNCF Réseau, le gestionnaire du réseau ferré, donne sa vision de la réforme ferroviaire et estime qu’une grève n’est pas inéluctable grâce au dialogue avec les syndicats.

Patrick Jeantet, le PDG de SNCF Réseau, le gestionnaire du réseau ferré, donne sa vision de la réforme ferroviaire et estime qu’une grève n’est pas inéluctable grâce au dialogue avec les syndicats.

Craignez-vous une grève dure contre la réforme ferroviaire ?

Personne n’a intérêt à un conflit. Le gouvernement a lancé une concertation de deux mois. De notre côté, nous dialoguons aussi avec les syndicats. La grève n’est pas inéluctable. La SNCF a besoin de cette réforme d’avenir. Il faut moins de rigidité pour développer le ferroviaire de demain.

Pourquoi faut-il revoir le statut des cheminots ?

Le statut est une de ces rigidités. À cause du statut, un jeune avec une expérience est embauché au niveau 1 comme un débutant. Une autre rigidité, c’est la grille salariale avec un avancement quasi automatique. Le surcoût lié à l’embauche au statut serait un handicap pour la SNCF, qui serait la seule à recruter dans ce cadre, lors de l’ouverture à la concurrence.

Quel est le surcoût réel du statut ?

C’est de l’ordre du tiers du surcoût de 30 % évoqué par le Premier ministre. Après, il y a aussi un surcoût lié à l’organisation du temps de travail.

Quel sera l’impact de la réforme sur la régularité des trains ?

La réforme aidera la SNCF à améliorer la qualité de service. La concurrence nous obligera à être moins chers. En Allemagne, la baisse des coûts a permis d’augmenter de 30 % le volume de trains et de 55 % le nombre de passagers en vingt ans. C’est le résultat d’une ouverture à la concurrence qui s’est plutôt bien passée.

Qui doit rembourser la dette de 47 milliards d’euros de SNCF Réseau ?

Le Premier ministre a annoncé que les efforts devront être partagés. Dès lors que la SNCF y aura contribué, l’État prendra sa part de responsabilités avant la fin du quinquennat. On est en train de discuter de l’équilibre complet du modèle financier du ferroviaire. Le plus important, c’est l’investissement pour rénover la partie la plus circulée du réseau classique. L’État s’est engagé sur 3,6 milliards d’euros par an pendant dix ans, 50 % de plus que sur les 10 dernières années.

Le sort des petites lignes est laissé aux régions. Sont-elles condamnées ?

Il n’y a pas d’abandon des petites lignes. Le Premier Ministre a dit clairement qu’il ne suivra pas les préconisations du rapport Spinetta. Les investissements sont d’ailleurs passés de 546 millions en 2016 à 818 millions en 2017. Leur rénovation est financée à travers les plans État-Région. Dans une vallée de montagne avec une mauvaise route, il faut sûrement garder la voie ferrée. Par contre, si vous avez un train aller-retour et que pour 40 % de subvention en moins vous pouvez avoir quatre allers-retours en bus, quel est le meilleur service ? Il faut probablement faire du cas par cas.

Le vieillissement du réseau pose-t-il des problèmes de sécurité ?

On assure la maintenance et des agents font des tournées à pied : les 30 000 kilomètres du réseau sont vérifiés toutes les trois semaines. Parallèlement, on numérise le système de surveillance avec des capteurs embarqués sur les trains et au sol. En dessous de certains critères, soit on répare immédiatement, soit on met une limitation temporaire de vitesse pour assurer la sécurité. Aujourd’hui, 5 000 kilomètres sont dans ce cas. C’est la conséquence du sous-investissement des décennies passées.

Après l’accident au passage à niveau de Millas, avez-vous la certitude que les barrières étaient baissées ?

Il y a une expertise judiciaire en cours. Cette question doit être posée aux juges d’instruction.

SNCF: la concertation "peut faire bouger les variables", selon Pepy

http://www.france24.com/fr/20180308-sncf-concertation-peu...

08 mars 2018 - 16H40

© AFP/Archives | Guillaume Pépy le 27 février 2018 à Saint-Denis près de Paris

PARIS (AFP) - 

Le patron de la SNCF, Guillaume Pepy, a estimé jeudi que les deux mois de la concertation organisée par le gouvernement sur la réforme du groupe ferroviaire public "peuvent faire bouger les variables" avant le bouclage du projet d'ici à l'été.

Il y a "beaucoup de grain à moudre" dans cette concertation, ouverte le 1er mars par la ministre des Transports Elisabeth Borne, a assuré M. Pepy lors d'une rencontre avec l'Association des journalistes économiques et financiers (AJEF).

Citant en exemple "le transfert du personnel quand la SNCF perd(ra) une ligne" après l'ouverture du rail à la concurrence, il a souligné que cette "question est entièrement ouverte" car "tout est à négocier". La semaine dernière, après la première réunion de cette concertation, les principaux syndicats du groupe avaient eux estimé qu'il y avait peu de marges de manoeuvre.

Le gouvernement avait annoncé fin février son intention de réformer la SNCF avec un recours possible aux ordonnances et en supprimant le statut de cheminot pour les nouvelles recrues.

Concernant l'impact de ce statut sur les finances du groupe, la direction "va publier dans les jours qui viennent" une fiche comparative "qui met en deux colonnes les éléments du statut" et ceux "du CDI pour que chacun puisse, ligne à ligne, savoir quels sont les différences et les coûts associés à ces différences", a indiqué M. Pepy, souhaitant "un débat mature".

Interrogé sur la menace d'une grève dure, M. Pepy a de nouveau demandé "qui a intérêt à une grève", alors que "le train gagne des parts de marché en France". Il a dit n'avoir "pas encore lu" le contre-projet de la CGT Cheminots, présenté mercredi, et n'avoir "aucune idée" sur la date d'une éventuelle grève.

Le 15 mars, la direction doit remettre au gouvernement ses propositions, soit "le menu, les thèmes, la méthode, le calendrier", a résumé M. Pepy. Le même jour, les quatre syndicats représentatifs du groupe (CGT, Unsa, SUD Rail, CFDT) doivent se réunir pour décider ou non d'une grève nationale reconductible. Et la veille, le projet de loi d'habilitation des ordonnances sera présenté en Conseil des ministres.

Le leader de la CGT, Philippe Martinez, a de son côté estimé jeudi sur LCP que "les cheminots sont remontés parce qu'ils ne supportent pas d'être culpabilisés". "Ce n'est pas un privilège que d'avoir des droits collectifs", a-t-il dit.

© 2018 AFP

 
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