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21/02/2018

L'avenir des petites lignes SNCF sera décidé localement

https://www.boursier.com/actualites/reuters/l-avenir-des-...

publié le 20/02/2018 à 18h47

L'avenir des petites lignes SNCF sera décidé localement

Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - Edouard Philippe et Elisabeth Borne se sont engagés mardi à ce qu'aucune petite ligne de la SNCF ne soit fermée sans concertation avec les régions, au second jour d'une semaine de discussions pour préparer une réforme potentiellement explosive.

Le Premier ministre, qui juge que la survie de la SNCF est en jeu, dévoilera lundi le calendrier et la méthode retenus.

Examiner la pertinence des milliers de kilomètres de lignes peu utilisées figure parmi les 43 recommandations du rapport Spinetta remis jeudi au gouvernement, qui prône aussi notamment d'arrêter les embauches sous le statut de cheminot.

"L'avenir de ces petites lignes, ça n'est pas le gouvernement qui peut le déterminer", a dit Edouard Philippe lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale.

"L'avenir de ces petites lignes dépendra d'une discussion avec les régions (...), avec l'entreprise."

Le Premier ministre recevra mercredi le président de l'association Régions de France, Hervé Morin, et jeudi celui de l'Assemblée des départements de France, Dominique Bussereau.

"Les petites lignes sont des lignes essentielles pour beaucoup de Français", a souligné la ministre des Transports, Elisabeth Borne, lors des questions au gouvernement.

"C'est avec les régions, c'est dans les territoires et non pas à Paris que l'avenir de ces petites lignes se décidera en concertation avec les collectivités", a-t-elle ajouté.

PEPY NE CROIT PAS À UNE GRANDE GRÈVE

Edouard Philippe est allé dans le sens de la recommandation du rapport Spinetta, en estimant qu'il fallait "vérifier ligne par ligne quelle est la bonne façon d'assurer la mobilité".

"Je ne doute pas que, y compris sur les petites lignes, il faudra conserver du transport ferroviaire et, peut-être sur d'autres, les régions, dans le cadre de leur politique d'aménagement, choisiront-elles (...) d'avoir recours à d'autres formes de mobilités."

Le président de la Fédération nationale des associations d'usagers des transports, Bruno Gazeau, avait plus tôt défendu devant Edouard Philippe et Elisabeth Borne la nécessité de maintenir nombre de ces petites lignes.

Après les rencontres lundi entre les syndicats de cheminots et la ministre, le président du directoire de la SNCF, Guillaume Pepy, a dit mardi ne pas croire à une grande grève qui paralyserait la France.

"Les syndicats de cheminots, les cheminots ont intérêt à ce qu'il y ait un avenir pérenne pour la SNCF", a-t-il dit sur franceinfo. "Je suis persuadé que l'écoute et la concertation, la négociation vont permettre d'éviter une grande grève."

Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, n'a pas brandi la menace de grandes grèves et a demandé à être reçu par Edouard Philippe.

"Oui, il y aura des trains au printemps, des trains qui rouleront", a-t-il dit sur Europe 1.

Quant à l'appel à une manifestation nationale lancé par la CGT, premier syndicat de la SNCF, pour le 22 mars, il a souligné qu'il s'agissait du simple report de la journée de mobilisation annulée au dernier moment début février à cause des crues.

Les autres syndicats se sont donné rendez-vous jeudi soir pour faire le point sur les réactions possibles.

LE "PARADOXE" DES PETITES LIGNES

Selon le rapport Spinetta, le trafic moyen sur le réseau ferroviaire français est de 46 trains par ligne par jour contre 140 aux Pays-Bas, 96 en Grande-Bretagne et 85 en Allemagne.

Cette moyenne masque de fortes disparités, avec 160 trains par ligne par jour en Ile-de-France et 13 sur les lignes de desserte fine.

De plus, 90% des voyageurs-km (unité de mesure du trafic qui équivaut au transport d'un voyageur sur un kilomètre) se concentrent sur un tiers du réseau, alors que près de 45% du réseau ne supportent que 2% des voyageurs-km.

"Il y a donc un paradoxe", écrivent ses auteurs. "Le gestionnaire d’infrastructures ne dispose pas des moyens nécessaires pour développer la performance du réseau qui supporte 90% des trafics et il doit s’endetter lourdement", tandis que "l'Etat et les régions consacrent plus de 2 milliards par an à des lignes qui ne supportent que 2% des trafics".

Selon le rapport, le système ferroviaire a représenté en 2016 un coût brut de 10,5 milliards d'euros, plus 3,2 milliards de subvention d'équilibre au régime de retraite SNCF.

Le déficit s'élève quant à lui à environ 3 milliards par an.

La dette de SNCF Réseau était de 46 milliards d'euros fin 2017.

(Jean-Baptiste Vey, avec Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse)

19/02/2018

SNCF : le gouvernement lance le chantier de la réforme

https://www.francebleu.fr/infos/transports/sncf-les-consu...

lundi 19 février 2018 à 7:34 Par Marine Laugénie et Géraldine Houdayer, France Bleu

Avec la réforme de la SNCF, c'est un chantier ultra-sensible qui démarre pour le gouvernement. Elisabeth Borne, la ministre des Transports, reçoit à partir ce ce lundi les syndicats. Le Premier ministre Edouard Philippe accueille, lui, les dirigeants du groupe ferroviaire.

La CGT appelle à une manifestation des cheminots le 22 mars
La CGT appelle à une manifestation des cheminots le 22 mars © AFP - Ludovic MARIN / AFP

Quatre jours après la remise du rapport Spinetta, vécu par les cheminots comme une "attaque" contre le service public ferroviaire, les discussions s'annoncent houleuses. Syndicats, direction de la SNCF mais aussi élus des régions et usagers, tous ont rendez-vous au ministère des transports et à Matignon cette semaine. Dès ce lundi, les quatre syndicats représentatifs à la SNCF (CGT, Unsa, SUD et CFDT) seront reçus séparément au ministère des Transports, alors que les dirigeants du groupe seront reçus à Matignon.

Aborder "des sujets très sensibles" 

Officiellement, le gouvernement parle de concertation, mais le bras de fer est bien engagé : la CGT appelle déjà à une manifestation des cheminots le 22 mars. Sud Rail promet, de son côté, un blocage du pays si le rapport Spinetta est appliqué. "La casse du service public, c'est de laisser perdurer la situation actuelle!", a répondu dimanche la ministre des Transports Elisabeth Borne. "Nous allons aborder des sujets très sensibles. Il y a des inquiétudes et forcément beaucoup de questions, c'est légitime. Nous allons dialoguer, y répondre", a-t-elle promis.

Le gouvernement veut aller vite 

Elisabeth Borne souhaite donc aller vite. La méthode et le calendrier de la réforme devraient être annoncés lundi prochain, le 26 février. Les pistes du rapport Spinetta sont explosives : la fin du statut des cheminots, la fermeture de certaines petites lignes, l'ouverture à la concurrence, ou encore la possibilité de plans de départs. Pour minimiser le mouvement social qui s'annonce, le gouvernement affûte ses arguments. Le délégué général de LREM Christophe Castaner estimait vendredi qu'il faut "oser assumer de mettre sur la table les tabous et les privilèges"."Il faut faire preuve de courage", a-t-il ajouté, pour remettre financièrement la SNCF et ses 40 milliards de dettes sur les rails.

  - Visactu
© Visactu -

Aléas du lundi 19 au dimanche 25 Février 2018

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