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28/02/2018

SNCF : les syndicats maintiennent la pression sur le gouvernement

https://www.ladepeche.fr/article/2018/02/28/2750645-sncf-...

Publié le 28/02/2018 à 07:35

Les syndicats veulent voir si le gouvernement reste dans la logique du «passage en force»./ illustr XdF

Les syndicats veulent voir si le gouvernement reste dans la logique du «passage en force»./ illustr XdF

L'annonce du recours aux ordonnances pour réformer la SNCF a provoqué une réponse unitaire des syndicats de la SNCF qui maintiennent la manif du 22 mars. Ils attendent le résultat des réunions avec le gouvernement pour décider d'une éventuelle grève.

La bataille du rail aura-t-elle lieu ? Les quatre syndicats représentatifs de la SNCF (CGT, Unsa, SUD Rail, CFDT) décideront «le 15 mars» d'une éventuelle grève, en fonction des premières réunions de concertation avec le gouvernement sur la réforme du rail, a annoncé hier soir Laurent Brun, secrétaire général de la CGT-cheminots. Il s'exprimait à l'issue d'une réunion syndicale unitairepour décider de la riposte à apporter au gouvernement, au lendemain de la présentation de la réforme de la SNCF par le Premier ministre Edouard Philippe, qui comprend notamment la fin du statut des cheminots.

«En prévision» d'un éventuel mouvement social, les syndicats vont déposer «dès demain (aujourd'hui) une alerte sociale» nécessaire avant tout préavis de grève à la SNCF, a indiqué M. Brun.

Ainsi, les syndicats maintiennent la pression sur le gouvernement mais ils n'embrayent pas tout de suite sur l'épreuve de force – en clair, la grève illimitée – qui reste cependant une éventualité en forme d'épée de Damoclès : «Si le 15, nous constatons que le gouvernement est dans la logique d'un passage en force alors il y aura grève à la SNCF», a résumé le syndicaliste. Il a également précisé que la manifestation prévue le 22 mars était «maintenue».

Le gouvernement avait anticipé le message en laissant une porte ouverte à la négociation : «J'ai proposé aux organisations syndicales qu'on se rencontre dès jeudi», a ainsi déclaré Elisabeth Borne, ministre des Transports. Et le Premier ministre Edouard Philippe avait tenté de calmer le jeu dès lundi soir dans le journal de 20 heures de France 2 : «Je ne me situe pas dans une logique de conflictualité, de guerre, de bras de fer». Le Premier ministre a également assuré ne pas vouloir «passer en force» mais les syndicats restent encore sceptiques sur ce point, une inquiétude avivée par la volonté du gouvernement de procéder par ordonnances pour faire passer la réforme.

Des syndicats qui se disent prêts pour une grève de longue durée, «une grève d'un mois» a même précisé la CGT, syndicat majoritaire dans l'entreprise, «un mouvement dur», prévient SUD-Rail (3e), alors que la CFDT (4e syndicat) proposait initialement une «grève reconductible à partir du 14 mars», et que l'Unsa (2e) se déclarait également favorable à la grève.

Guillaume Pepy, le patron de la SNCF, a réagi sur ces menaces de grève : «Personne n'a intérêt à un conflit long qui affaiblirait le train au moment où il redécolle (…) ni le personnel, ni les syndicats ni l'entreprise ni le gouvernement».

Guillaume Pepy a également annoncé les bénéfices (quelle surprise) réalisés par la SNCF en 2017 (lire ci-contre) avec des trafics en progression aussi bien pour les TGV que pour les TER. L'entreprise SNCF fait l'objet de critiques récurrentes, notamment sur la ponctualité des trains et une politique de l'offre souvent illisible, mais elle rencontre un succès croissant auprès des usagers. Une bonne base pour que la réforme ne laisse personne sur le quai.

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