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04/01/2018

Trains en retard, régimes spéciaux… et si on privatisait la SNCF ?

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Publié le Mis à jour le

Trains en retard, régimes spéciaux… et si on privatisait la SNCF ? PHILIPPE HUGUEN / AFP

Pannes à répétition, incidents entraînant de lourds retards voire l’arrêt complet du trafic… La SNCF a vécu une fin d’année 2017 difficile. Son PDG Guillaume Pepy est convoqué le 8 janvier au ministère des Transports pour s’expliquer et présenter des solutions. Mais ne faudrait-il pas carrément envisager une privatisation de la SNCF ? À vous de juger.

1. L’État n’a pas de stratégie cohérente

Dans un rapport sur l’État actionnaire paru en janvier 2017, la Cour des Comptes recommande de transformer le statut d’EPIC de la SNCF en société anonyme. Pour les sages de la rue de Cambon, la gestion de l’État handicape clairement la performance opérationnelle et financière de l’entreprise : “L'État n'a pas de stratégie claire, cohérente, et partagée, qui permettrait de préparer le groupe public à l'ouverture à la concurrence, d'améliorer sa productivité et de mieux répondre aux besoins de ses clients” explique la Cour des Comptes. Elle estime que les décisions de l’État ont conduit à une aggravation de la dette publique de la SNCF, qui se chiffre désormais à 44 milliards d’euros.

2. Une privatisation pourrait améliorer la qualité de service

Les incidents récurrents, les retards, et la vétusté du réseau poussent à rechercher de solutions alternatives. Selon Valeurs Actuelles, les pays étrangers qui ont fait le choix de la privatisation sont ainsi parvenus à améliorer le service aux usagers. La Suède, citée en exemple, a privatisé son système ferroviaire en 1988 et enregistré une progression régulière du trafic, avec une baisse des subventions de 20%. France Info relève également qu’au Royaume-Uni, où opèrent une vingtaine de compagnies publiques ou privées, le bilan de 20 ans de privatisation est positif malgré des débuts difficiles.

3. La SNCF est impossible à réformer

Selon Capital, le PDG de la SNCF Guillaume Pepy n’a que peu de marge de manoeuvre : “Pris en tenailles entre l'immobilisme de la CGT (...) et la pleutrerie des gouvernements tétanisés par la perspective de la moindre grève”. Selon les calculs du Monde, pas moins de 110 préavis de grèves ont été déposés à la SNCF en 12 ans. La Fondation iFrap, think tank libéral, relève que le droit de grève est “souple et avantageux” à la SNCF, où “les centrales syndicales sont très fortes”. Jusqu’à présent, les tentatives de réforme profondes se sont toutes soldées par un échec.

1. La SNCF a lancé de grands travaux de rénovation avant la mise en concurrence

La SNCF prévoit des investissements colossaux pour la modernisation du réseau ferroviaire : 46 milliards d’euros sur 10 ans. Un effort portant sur les lignes très fréquentées, indique Le Monde. De quoi peut-être améliorer la qualité du service avant la mise en concurrence des lignes TGV en 2020 et des lignes TER en 2023. Selon Guillaume Pépy, l'âge moyen du réseau commencera à baisser à partir de 2025.

2. La concurrence devrait résoudre une partie du problème

Dans les années 90, la libéralisation du secteur des telecoms a conduit à une baisse des prix et à une meilleure anticipation des besoins des clients, explique Les Echos. En 2014, l’UFC-Que Choisir relevait que l’arrivée d’un quatrième opérateur avait libéré 7 milliards d’euros de pouvoir d’achat pour les consommateurs. Sur les rails, le transporteur Transdev devrait venir concurrencer la SNCF. Son PDG Thierry Mallet, interrogé par Le Parisien, estime qu’il y aura une amélioration du service : “L’usager bénéficiera d'un meilleur service, c'est certain. Plutôt qu'une baisse des prix, je préfère parler de baisse des coûts”. Pour lui, cette baisse devrait profiter aux régions et donc aux contribuables. Et l’usager mécontent du service peut toujours aller voir ailleurs.

3. Une privatisation peut provoquer une casse sociale

“Organiser la casse du service public, organiser sa propre concurrence en passant par la privatisation : voilà l’avenir économique que propose la SNCF” dénonce le parti d’extrême gauche NPA sur son site d’information. La CGT cheminots, de son côté, affirme avoir “toujours dénoncé la logique de privatisation rampante de la SNCF”, et prend l’exemple de Frêt SNCF, ouvert à la concurrence en 2006, où “les conditions de travail se sont lourdement dégradées et où l’emploi a fondu comme neige au soleil”. Le budget 2018 de la SNCF prévoit 2.000 suppressions d’emplois, après en avoir déjà supprimé 1.200 en 2017.

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