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11/12/2017

LA TOUR-DU-PIN Une personne mortellement percutée par un train

http://www.ledauphine.com/isere-nord/2017/12/11/une-perso...

La gare de La Tour-du-Pin. Photo Archives Le DL

La gare de La Tour-du-Pin. Photo Archives Le DL

Depuis 20h20 ce lundi soir, le trafic ferroviaire est paralysé sur les lignes Lyon-Grenoble et Lyon-Chambéry.

Une personne a été percutée par un train en gare de La Tour-du-Pin. Malgré l'intervention des secours, la personne est décédée. 

Le trafic ne devrait pas reprendre avant 22h30.

Lundi soir 11 décembre 2017 Accident de personnes près de la Tour du Pin

Bonsoir,

Attention si vous devez rentrer actuellement, la SNCF annonce des retards conséquents de 2h minimum :

Accident de personne vers La Tour du Pin Le trafic est interrompu La reprise progressive des circulations est prévue vers 22H30 Plus d'informations en gare.

Affichage en gare de Bourgoin-Jallieu à 20h52:

TER 17640 20:18 LYON P DIEU Retard : 2h00 B
TER 18527 20:19 CHAMBERY Retard : 2h00 A
TER 887353 20:33 ST ANDRE GAZ Retard : 2h00 C
TER 17639 20:12 GRENOBLE Retard : 2h00 A
TER 887352 20:57 LYON PERR. Supprimé  
TER 17642 21:18 LYON P DIEU Supprimé  
TER 18529 21:18 CHAMBERY Supprimé  
TER 887357 21:33 ST ANDRE GAZ Supprimé  
TER 17643 21:42 GRENOBLE Retard : 1h00 A
TER 18570 21:45 LYON P.DIEU Supprimé  
TER 17644 22:18 LYON P DIEU   B
TER 18531 22:19 CHAMBERY   A
TER 887361 22:33 ST ANDRE GAZ Supprimé  
TER 17645 22:42 GRENOBLE Supprimé

Les pannes de la SNCF ou le retour d'une économie de l'intermittence

https://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/0301...

Jean-Marc Vittori / Editorialiste

Une société qui devient numérique est à la fois plus efficace et plus fragile. Au-delà des pannes, notre monde revient vers l'intermittence, après l'ère industrielle des flux continus de production, d'énergie et de travail.

Une armoire qui brûle, une caténaire qui rompt, un logiciel d'aiguillage qui bogue, et la vie de milliers de voyageurs est chamboulée.  Notre société supporte mal ces pannes . Rien de plus logique : la promesse éternelle du train, c'est d'arriver à l'heure, contrairement à la diligence qui s'embourbait à la première pluie ou l'automobile qui prend vite un goût de bouchon. Ces pannes sont exaspérantes. Et pourtant... notre avenir est-il la ponctualité, la continuité, la permanence ? Ou au contraire le retour des intermittences ?

Pour qui prend souvent l'avion, la réponse est évidente : une grande régularité côtoie les ennuis à répétition. Il est parfaitement possible d'avoir trois heures de retard sur un vol trois jours de suite. Des heures perdues - pas facile de travailler dans un hall bondé sans savoir quand partira l'avion, ou en cheminant de l'appareil en panne vers un autre. Le train est plus fiable, mais il a ses éclipses, comme le prouve la SNCF avec une remarquable diversité de scénarios .

Irrémédiablement marqué par Microsoft

Dans des sociétés numérisées, la fragilité grandit au lieu de diminuer. Quand le réseau informatique d'une grande entreprise tombe en panne ou subit un piratage, des milliers de salariés ne peuvent plus rien faire. Quand le téléphone passe sur Skype, il peut devenir un instrument aléatoire, alors qu'il fallait auparavant une tempête en montagne pour couper le fil. Le consommateur peut bien sûr acheter 24 heures sur 24 et il sera livré avant Noël, promis. Sauf que le site du cybercommerçant peut sauter ou la livraison inopinément arriver le 27 décembre, empêchant le barbu en rouge d'accomplir son oeuvre en temps et en heure.

Il est pourtant difficile d'imaginer un retour en arrière. La SNCF ne remettra pas un cheminot à chaque aiguillage pour éviter qu'un pépin informatique ne bloque une gare : ce serait trop coûteux (et de surcroît périlleux, car jamais un ordinateur distrait n'a laissé passer un train sur une voie où arrivait une rame dans l'autre sens). Elle pourrait surinvestir pour limiter les risques. Mais le monde numérique semble irrémédiablement marqué par Microsoft, le fabricant du logiciel qui fait tourner la majorité des ordinateurs : c'est atrocement complexe, ça marche très bien la plupart du temps, mais ça bloque parfois de manière imprévisible et il faut alors relancer la machine. Au mieux.

Plus d'un divorce pour deux mariages

Ces pannes, ces blocages, ces interruptions peuvent sembler intolérables, contraires même à l'idée que l'on peut se faire de la modernité. Mais c'est la modernité du siècle précédent qui promettait la continuité. Nous revenons sans doute vers l'intermittence. Pour ce terme, le dictionnaire renvoie, au-delà des intermittences naturelles (la pluie, la fièvre), dans trois directions : les « intermittences du coeur » chères à Marcel Proust, les énergies intermittentes et les intermittents du spectacle. Vie affective, énergie, travail : parfait résumé des mutations à l'oeuvre.

Intermittences du coeur tout d'abord, car c'est ici que les changements ont commencé. Si le grand Marcel les reliait « aux troubles de la mémoire », elles vont bien au-delà. Le coeur a longtemps été laissé de côté dans la formation des couples et la vie familiale. Fruit d'arrangements longuement négociés, le mariage marquait le rapprochement de familles, avec souvent des enjeux patrimoniaux. Pour cultiver la terre, la stabilité était nécessaire. L'émancipation économique et juridique des hommes puis des femmes a changé la donne. Le coeur et ses intermittences jouent désormais un rôle central dans la vie privée. Si le Code civil stipule toujours que les époux se doivent fidélité, la stabilité éternelle a disparu. En France, on compte aujourd'hui plus d'un divorce pour deux mariages.

Intermittence des énergies ensuite. Jusqu'au XVIIIe siècle, l'humanité vivait avec des sources d'énergie variables, comme la lumière du jour ou le vent. Les révolutions industrielles peuvent s'interpréter comme le passage des énergies intermittentes aux énergies permanentes venues du charbon, du pétrole, du nucléaire. Avec des flux continus, les usines ont tourné en « 3x8 », ce qui était parfois indispensable (impossible d'arrêter longtemps un haut-fourneau). Mais les énergies fossiles posent aujourd'hui problème : les ressources ne sont pas infinies et leur combustion dégage des gaz en telle quantité que le climat en est, selon toute vraisemblance, dangereusement affecté. Le nucléaire, lui, fait peur.

Mode projet

D'où le retour en grâce des autres sources d'énergie, à commencer par le soleil et le vent. Mais en l'état actuel des technologies, les solutions de stockage ne sont pas assez puissantes pour  garantir l'approvisionnement à partir des seules énergies renouvelables . Il va falloir sans doute se refaire à un monde où l'énergie n'est pas disponible à volonté.

Intermittence du travail enfin. Bien sûr, il faudra toujours des médecins ou des pompiers à toute heure. Mais dans les entreprises, le travail répétitif, « routinier », est en voie d'automatisation. De plus en plus, le travail relève donc soit du soin personnalisé, soit de la conception et du chantier. Or contrairement à la bonne vieille production industrielle, ces activités sont discontinues.

Les sociétés de conseil emménagent dans des locaux « flex office » où il n'y  plus de bureau affecté à l'un ou à l'autre. De plus en plus, les entreprises fonctionnent en « mode projet », où les équipes se font puis se défont. Comme le suggérait  le sociologue Pierre-Michel Menger il y a quinze ans, les « intermittents du spectacle » ne constituent pas une exception marginale, mais la pointe avancée d'une métamorphose du travail. Nous revenons dans une ère d'intermittences.

Jean-Marc Vittori
@jmvittori
 
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