13 milliards d'euros : c'est l'argent public qu'engloutit chaque année la Société nationale des chemins de fer français, notre chère SNCF, selon l'analyse très poussée de François Ecalle, ancien rapporteur pour la Cour des comptes et fondateur du site spécialisé autour des finances publiques Fipeco. Ce chiffre est composé de 4 milliards d’euros destinés au financement du régime spécial des agents de la SNCF et de 9 milliards d’euros pour le reste des dépenses. Si l’on rapporte le chiffre total de 13 milliards d’euros aux 67 millions de Français, d’après le dernier recensement de l’Insee, on peut dire que l’entreprise de transports publics dirigée par Guillaume Pépy coûte chaque année près de 200 euros à chaque Français, en plus des billets qu’il peut être susceptible d’acheter.

Alors qu’Emmanuel Macron entend supprimer les régimes spéciaux des cheminots, comme il l’a laissé entendre dans un entretien donné à un journal interne de la SNCF et révélé mercredi 7 septembre par l’AFP, il peut être tout aussi intéressant de rapporter le coût annuel du régime des cheminots au nombre de Français. Ce qui nous donne 4 milliards divisés par 67 millions, soit près de 60 euros par Français, ce qui représente par exemple le prix de deux ans d’abonnement à Capital pour un étudiant.

À ce petit jeu, on peut aussi s’”amuser” à mesurer ce que représente la dette de la compagnie ferroviaire pour chaque Français. À l’heure actuelle, l’endettement global de la SNCF équivaut à la rondelette somme de 52,8 milliards d’euros, dont 44,9 milliards d’euros pour SNCF Réseau (ex-Réseau ferré de France) et 7,9 milliards d’euros pour SNCF Mobilités (chargé de l’exploitation des trains). Rapportée à l’ensemble de la population, la dette de la SNCF représente environ 800 euros par Français, de quoi quasiment se payer un forfait annuel Navigo à la RATP (fixé à 827,20 euros par an).