Avertir le modérateur

02/08/2017

La SNCF changera-t-elle enfin de stratégie ?

https://www.franceinter.fr/economie/la-sncf-changera-t-el...

La panne de signalisation qui a provoqué l'énorme pagaille à la Gare Montparnasse à partir du 30 juillet met en lumière les fragilités de la SNCF.

Guillaume Pépy, Pdg de SNCF Mobilité et Patrick Jeantet, Pdg de SNCF Réseau
Guillaume Pépy, Pdg de SNCF Mobilité et Patrick Jeantet, Pdg de SNCF Réseau © AFP / Eric Piermont

Le Pdg de la SNCF s'est exprimé après trois jours de silence à l'issue de la panne dûe à un défaut d'isolement dans le poste de signalisation de Vanves. "Ce n'est pas un défaut de maintenance" a-t-il dit. Selon lui, dans le cadre de la mise en service des lignes TGV du Grand Ouest, "'il a en effet fallu étendre les capacités du poste d'aiguillage de Vanves... et c'est à cette occasion qu'il y a eu un défaut d'isolement électrique... un défaut qui n'avait donc pas été détecté" et qui n'avait pas eu de conséquence jusqu'au week-end dernier.

La SNCF manque de robustesse

Les experts appellent cela le manque de robustesse. Ce serait le mal dont souffre la SNCF en réalité depuis longtemps. Les explications en étaient fournies au milieu du mois de juillet 2017, quelques jours avant les graves perturbations de la Gare Montparnasse. Ce groupe de spécialistes avait attiré l'attention des dirigeants de SNCF Mobilité (Guillaume Pépy) et de SNCF Réseau (Patrick Jeantet).

La robustesse est la capacité de résister aux aléas d’exploitation. Or au fil des années cette faculté à rebondir dans l’adversité s’est émoussée selon l’équipe d’experts dirigée par Yves Ramette, ancien directeur général de SNCF Réseau Île-de-France et par Alain Thauvette, ex-directeur de la région Ouest de DB Cargo.

La bataille du rail, c'est SNCF Réseau versus SNCF Mobilité

15 000 trains circulent chaque jour et la question est de savoir qui de l'infrastructure ferroviaire ou de la stratégie marketing doit primer. Cette infrastructure est gérée par SNCF Réseau, soit 53 000 collaborateurs, qui investit 5 milliards d’euros sur 1600 chantiers sur les voies ferrées en France.

En effet, la recommandation des experts est de donner à SNCF Réseau un rôle de prescripteur, en lui laissant la responsabilité de la conception de l’offre. Selon Yves Ramette, cité dans la Vie du Rail,

Il faut arrêter de faire des promesses non réalisables. Et il faut que SNCF Réseau soit l’autorité de décision et d’arbitrage

La réaction du Premier ministre Edouard Philippe mardi 1e août va dans ce sens.

SNCF Réseau aurait donc intérêt à reprendre la main sur les grandes décision du développement voyageurs, pour qu'elles soient plus conformes à la capacité des structures. Son président Patrick Jeantet dirige désormais le COOPERE, comité de 30 membres (dont la SNCF) où sont évoquées les questions de meilleure utilisation du réseau ferré national, notamment en vue d’adopter une Charte du réseau.

COOPERE a rendu un premier rapport sur des thèmes tels que la priorisation des circulations en situation perturbée, l’information amont des parties prenantes dans la programmation des travaux ou encore la trame horaire systématique, première référence dans la structuration des horaires.

Où est passée l’excellence technique ?

On comprend donc, en lisant le rapport, que pour l’heure la sagesse serait peut–être de faire circuler moins de trains. De surcroît il faut que l’activité ferroviaire retrouve un savoir faire et une qualité technique qu’elle a perdu au fil des années, et précise Yves Ramette :

Le système ferroviaire a perdu deux générations d’ingénieurs

Le rapport note qu'il faut remettre au clair le processus industriel et et surtout la rigueur et l'excellence perdue. Yves Ramette précise que cela fait 20 ans que la SNCF est enjointe à ce recadrage :

Nous avons lu un rapport de 1995 qui disait exactement la même chose que ce que nous avons constaté

Trop de pub, trop de marketing, trop d’effets d’annonce en direction des usagers au détriment de la maintenance, le reproche est fait depuis plusieurs années à Guillaume Pépy, patron de SNCF Mobilité. A sa décharge la Cour des comptes avait pointé en janvier 2017 que “la mainmise de l'Etat dans la gestion de l'entreprise handicape sa performance opérationnelle et financière”.

Mais s'il retrouvait toute liberté, accepterait-il de se faire dicter sa politique commerciale par Patrick Jeantet, le patron de SNCF Réseau ?

Certains posent aujourd’hui la question de la démission de Guillaume Pépy. Même lorsqu'il y a eu 7 morts en gare de Brétigny-sur-Orge l'Etat n'a pas réclamé sa tête.

► POUR EN SAVOIR PLUS | Quand la SNCF déraille : quelques exemples de bugs ferroviaires

SNCF: Philippe veut «consacrer beaucoup plus de moyens à l'entretien des réseaux existants»

http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2017/08/01/97002-2017080...

  • Par Le Figaro.fr avec AFP Mis à jour Publié

Le Premier ministre Edouard Philippe a affirmé mardi devant le Sénat qu'il voulait "consacrer beaucoup plus de moyens à l'entretien des réseaux existants", après la panne qui a touché la gare Montparnasse. "Pour des raisons de sécurité, il nous faudra consacrer beaucoup plus de moyens à l'entretien des réseaux existants", a déclaré M. Philippe. "SNCF Réseaux et SNCF Mobilité ont des progrès considérables à faire", a-t-il poursuivi. "Nous avons demandé à la SNCF de faire tout le retour d'expérience nécessaire d'un tel incident", notamment concernant le "manque d'information" donné aux voyageurs durant la panne, qui "posait notamment des questions de sécurité".

Édouard Philippe a indiqué avoir reçu mardi la ministre des transports Elisabeth Borne, le président de SNCF Réseau Patrick Jeantet, ainsi que le prédient de SCNF Mobilité Guillaume Pépy. Selon lui, la panne a touché "70.000 passagers" sur "un million et demi" et "3.500 personnes n'ont pu être acheminées".

La SNCF a affirmé mardi que la panne de signalisation à Paris-Montparnasse, qui avait provoqué une forte perturbation, avait été réparée et que d'autres perturbations, "beaucoup plus légères", étaient à prévoir mercredi.

Le gouvernement met la pression sur la SNCF

https://www.lesechos.fr/industrie-services/tourisme-trans...

Antoine Boudet
 
Le secrétaire d’Etat au ministère de l’Economie, Benjamin Griveaux, a qualifié ce nouvel épisode dans la longue liste des déboires de la SNCF d’« inconcevable » et d’« inacceptable ». - Shutterstock

La ministre des Transports attend un rapport sur son bureau dès cette fin de semaine.

Les équipes de la SNCF auront eu beau mettre toute leur énergie pour remédier aux conséquences de la panne ayant plongé dans le chaos la circulation des TGV au départ et à l'arrivée de la gare Montparnasse depuis dimanche, le mal est fait.

La gestion calamiteuse de l'information voyageur, dont a convenu Mathias Vicherat, le directeur général adjoint du groupe en charge du projet d'entreprise et de la communication, appelant même à « un changement manifeste et important » (« Les Echos » du 1er août) ; les annulations et les retards de train plongeant vacanciers et passagers habituels dans l'angoisse, même si au final plus de 90 % des voyageurs auront été transportés à destination ; les difficultés pour identifier l'origine de la panne, renforçant l'impression partagée par beaucoup d'un réseau vétuste, alors qu'en l'occurrence l'équipement concerné ne l'était pas : autant de raisons pour les usagers de râler et pour l'Etat actionnaire de taper du poing sur la table.

Pourquoi « une situation aussi dégradée » ?

La ministre des Transports, Elisabeth Borne, a ainsi annoncé mardi matin au micro d'Europe 1 avoir « demandé un rapport aux deux présidents de la SNCF (Guillaume Pépy pour le groupe SNCF et Patrick Jeantet pour SNCF Réseau, NDLR) pour la fin de la semaine » qui devra répondre à la question de savoir « pourquoi on a eu une situation aussi dégradée à Montparnasse ».

Le secrétaire d'Etat au ministère de l'Economie, Benjamin Griveaux, a quant à lui qualifié ce nouvel épisode dans la longue liste des déboires de la SNCF d'« inconcevable » et d'« inacceptable » sur RMC/BFMTV. Autant dire que la pression est maximale sur la direction du groupe ferroviaire, et singulièrement sur Guillaume Pépy qui, pour une fois, ne sera pas monté en première ligne pour assurer la communication de crise, laissant ce soin à Rachel Picard, la patronne de l'activité TGV et à Mathias Vicherat.

Les moyens supplémentaires mis en oeuvre dans la nuit de lundi à mardi auront finalement permis à la SNCF d'annoncer dans un communiqué matinal que « l'origine de la panne qui perturbait le trafic depuis dimanche matin à la gare Montparnasse a été identifiée. » Il s'agit « d'un défaut d'isolement dans une alimentation du poste » de commande de signalisation de Vanves.

Installation réparée

« L'installation en question est réparée », a déclaré à l'AFP, le directeur général adjoint de SNCF Réseau, Matthieu Chabanel, ajoutant que cela permettait « une amélioration des conditions de circulation », notamment en termes de régularité.

Dans la nuit de mardi à mercredi, la SNCF effectuera des vérifications techniques « pour rouvrir tous les itinéraires dans des conditions parfaites de sécurité et de régularité », a précisé Matthieu Chabanel. Mardi, la compagnie ferroviaire assurait pouvoir faire circuler 3 TGV sur 4 à la gare Montparnasse, les réseaux Transilien, Intercités et TER devant, eux, fonctionner normalement.

Antoine Boudet
@ABoudet
 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu