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16/06/2017

La SNCF se prépare à la concurrence dans les TER

https://www.lesechos.fr/industrie-services/tourisme-trans...

Lionel Steinmann Le 15/06 à 06:00

Le groupe va utiliser les compétences de sa filiale Keolis, dédiée au transport public, pour répondre aux futurs appels d’offres.

La fin du monopole de la SNCF sur les lignes ferroviaires intérieures se précise, mais le groupe public assure que cette perspective représente plus pour elle une opportunité qu'un risque. Les échéances se rapprochent : les premiers TGV opérés par un opérateur privé ou un concurrent étranger, comme Trenitalia, pourront circuler à partir de fin 2020. C'est dans cette perspective que la SNCF, souvent critiquée pour les prix de ses billets grande vitesse, a décidé de quintupler son offre de low cost Ouigo.

L'« envie de concurrence »

Mais la compagnie publique semble surtout vulnérable sur le marché des trains régionaux (TER), des lignes conventionnées qui pourront être ouvertes à la concurrence par appel d'offres, à partir de 2024, voire dès 2020 pour les régions prêtes à jouer les pionnières. Et plusieurs d'entre elles le réclament, lasses d'une ponctualité parfois défaillante et surtout de l'inflation de la facture présentée par la SNCF, ces dernières années.

Le patron du groupe, Guillaume Pepy, a reconnu « l'envie de concurrence des régions », lors d'un séminaire de presse organisé en début de semaine. Mais il assure que cette concurrence « peut et doit être un succès ». Franck Lacroix, directeur général TER, confirme : « Nous avons décidé de jouer l'attaque plus que la défense. Nous avons la chance que le marché de la mobilité collective soit en croissance, le TER peut retrouver un second souffle grâce à l'ouverture à la concurrence. »

Pour résister, la SNCF va devoir être plus à l'écoute. « Nous devons rénover une logique de co-construction qui s'était un peu essoufflée par le passé », concède Franck Lacroix. Surtout, la compagnie publique va devoir baisser ses coûts. Sa compétitivité pâtit de règles d'organisation moins souples que dans le privé, et d'importants frais de structure. Franck Lacroix promet de réduire ces derniers « de 20 %, c'est la cible minimum ».

Le dirigeant ne cache pas non plus que le différentiel de coûts également peut être réduit en remplaçant là où c'est économiquement pertinent des trains par des cars. Par ailleurs, Keolis, la filiale du groupe dédiée au transport urbain (rompue à l'univers concurrentiel), sera mise à contribution. « Nous piocherons chez TER et chez Keolis le meilleur des deux mondes », a expliqué Guillaume Pepy, tout en refusant de préciser les modalités de cette collaboration, qui devrait être à géométrie variable selon les cas.

Les syndicats inquiets

Autant de sujets qui risquent fort de crisper les syndicats. Ceux-ci s'échauffent déjà sur les modalités de reprise du personnel par le futur opérateur privé en cas d'appel d'offres perdu par la SNCF. Les cheminots perdront-ils des avantages au passage ? Et si oui, lesquels ?

La SNCF et ses futurs concurrents ont réussi à dégager une position commune sur ce sujet au sein de la fédération patronale du secteur, l'UTP, mais Guillaume Pepy s'est refusé à la dévoiler : « Elle sera connue quand le gouvernement précisera son calendrier », et notamment quand il comptera faire voter par le Parlement le cadre juridique indispensable à l'ouverture du marché. Le Premier ministre devrait sans doute sortir du bois sur ce point dans sa future déclaration de politique générale.

@lionelSteinmann

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