Avertir le modérateur

09/02/2017

Les autoroutes ferroviaires restent à la traîne

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2017/02/09/20002-20170...

  • Par lefigaro.fr , AFP, AP, Reuters Agences Publié

Dans son rapport public annuel 2017, publié ce mercredi, la Cour des comptes constate que le transport de camions sur les trains n'est toujours pas rentable et que les grands ports français sont mal desservis par le fret ferroviaire.

Le transport de camions sur des trains, dit «autoroutes ferroviaires», est encore très loin de l'objectif en volume fixé pour 2020 et n'est toujours pas rentable malgré d'importantes aides publiques, selon le rapport annuel de la Cour des comptes publié mercredi.

Les deux «autoroutes ferroviaires» en activité en 2015 ont transporté «environ 70.000 unités en 2015», ce qui reste «nettement en deçà de l'objectif de 500.000 camions fixé pour 2020» lors du Grenelle de l'environnement fin 2007, relèvent les magistrats de la rue Cambon. La ligne reliant la France à l'Italie (175 km via le tunnel du Mont-Cenis) «ne parvient pas à monter en puissance»: moins de 30.000 poids lourds par an, soit 2% seulement du trafic transalpin... mais tout de même 9 millions d'euros de pertes en 2015, comblées «sans enthousiasme» par les deux pays. Ce régime de subvention, qui prévaut à titre «transitoire» depuis 2003, est censé prendre fin en 2018, la Cour des comptes appelant à «mettre en oeuvre la mise en concession» avant cette date.

La ligne Perpignan-Luxembourg, seule à l'équilibre

Le rapport pointe par ailleurs «l'échec coûteux» de l'itinéraire atlantique (1050 km entre Hendaye et les Hauts de France), pour lequel l'État et les collectivités ont engagé 69,3 millions d'euros, «dont une quarantaine dépensés en pure perte». Seule la ligne Perpignan-Luxembourg est parvenue à «un équilibre d'exploitation fragile», sans subvention mais avec des investissements publics dans les terminaux ferroviaires, en particulier au Boulou (Pyrénées-Orientales), pour un montant estimé à 70 millions d'euros en dix ans.

Reste néanmoins à «évaluer le bénéfice socio-économique et environnemental» de cet itinéraire emprunté chaque année par 40.000 camions. Enfin, le prolongement de cette ligne vers Calais, qui a bénéficié de 18 millions d'euros d'aide de l'État, «peine à démarrer» en raison de la présence de migrants cherchant à entrer dans le port pour rejoindre la Grande-Bretagne. Son activité avait été suspendue en juillet après «trois mois de fonctionnement difficile». La reprise du trafic a toutefois été annoncée mardi.

Photo AFP

Un meilleur raccordement ferroviaire aux grands ports maritimes

Le Cour des comptes aborde aussi l'amélioration de la desserte ferroviaire des principaux grands ports maritimes français. Le but? Renforcer leur compétitivité européenne. Le fret ferroviaire est «moins présent en 2014 qu'en 2006» (-16%) et son développement «doit devenir une priorité» pour les acheminements à destination et en provenance des ports, estime la juridiction financière.

Elle constate dans son rapport que l'objectif de doublement de la part relative du fret ferroviaire et fluvial, qui était prévu pour 2015, «n'a pas été atteint pour l'ensemble des sept grands ports maritimes» (Dunkerque, le Havre, Rouen, Nantes Saint-Nazaire, La Rochelle, Bordeaux, Marseille). Ainsi, «le potentiel du transport fluvial est sous-exploité alors qu'il apparaît fiable, sécurisé et compétitif». Et le nombre de sillons ferroviaires réservés aux marchandises reste «encore trop faible comparé aux besoins, la priorité étant largement donnée au trafic passager», observe l'institution. Elle préconise par exemple «d'accélérer le tronçon de la ligne nouvelle Paris-Normandie», prévu pour arriver à Rouen en 2030 et au Havre entre 2030 et 2050. La Cour estime que le calendrier des travaux pour le contournement par Serqueux-Gisors prévu en 2020 est tardif.

En termes d'investissements, elle estime aussi qu'un «redéploiement des crédits en faveur de l'amélioration des accès aux ports maritimes est essentiel à la compétitivité des ports par rapport à leurs concurrents». Car, selon elle, les grands ports français n'ont pas atteint le niveau de performance de leurs homologues européens malgré la réforme portuaire engagée en 2008 pour améliorer leur compétitivité. Après la crise financière (2008/2009), «les trafics ont continué à baisser en France alors qu'ils sont repartis à la hausse au niveau européen», déplore l'institution.

22:40 Publié dans Fret | Lien permanent | Commentaires (0)

Écrire un commentaire

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu