A l'instar des hommes politiques, Guillaume Pepy fait sa rentrée médiatique cette semaine avec une interview au journal Les Echos du 23 août. Le patron de la SNCF montre ainsi qu'il est bien aux commandes du groupe public même si l'État actionnaire "a le dernier mot". Les fâcheries avec l'exécutif à propos de l'accord d'entreprise sur le temps de travail et les grèves à répétition qui sont venues plomber les résultats du premier semestre 2016 semblent oubliées.

Une offre TER moins cher
 
Mais contrairement aux hommes politiques, celui-ci n'a rien à vendre ou presque... Sans surprise, Guillaume Pepy confirme l'arrivée du train autonome (avec conducteur) à l'horizon 2022-2024. Plus surprenant, le patron de la SNCF annonce au détour d'une phrase que "pour les TER, nous devons vendre moins cher aux Régions".... Une déclaration qui tombe à pic au moment où les nouveaux exécutifs, à travers la voix de l'ARF, se disent
prêts à expérimenter la concurrence dès les prochains appels d'offres.
 
Pour le reste, Guillaume Pepy déroule son programme pour rendre le groupe plus compétitif. Le président de la SNCF annonce une accélération des économies sur les frais de structure pour baisser les charges d'exploitation. Celui-ci annonce que 2017 sera "une année de rupture (...) Nous allons actionner deux leviers d'efficacité en plus : l'évolution des métiers en fonction des besoins des clients et la révolution digitale".

Une industrialisation à grande vitesse
 
Guillaume Pepy compte également sur "
l'internet industriel" pour améliorer l'efficacité opérationnelle de la SNCF de 30% : "En connectant nos trains, nos gares et notre réseau, nous allons pouvoir passer d'une maintenance curative coûteuse à une maintenance prédictive plus efficace."
 
S'agissant du personnel, Guillaume Pepy récuse l'idée que l'entreprise serait "irréformable". "...nos équipes ont montré à plusieurs reprises leur capacité à relever des défis difficiles. Elles sont capables de s'adapter. Au niveau local nous concluons des accords de compétitivité dans certains sites, aussi performants que ceux de l'industrie automobile", explique-t-il dans cette interview aux Echos.

Recherche État stratège
 
Les sujets qui fâchent comme la baisse de la fréquentation dans les Intercités et TER ou l'absence de perspective sur la dette abyssale de SNCF Réseau ne sont pas évoqués dans cette interview. Heureusement, Guillaume Pepy n'est pas un homme politique : "(...) je vois, comme les autres patrons du public, notre actionnaire très très contraint lui-même, par le court terme, les circonstances politiques et les emballements médiatiques...  L'État stratège est plus que jamais nécessaire, mails il n'a sans doute jamais été plus difficile à exercer."
 
Florence Guernalec