L’Unsa et la CFDT doivent faire savoir lundi s’ils se lancent mercredi, comme la CGT et SUD, dans un mouvement reconductible.

Les voyageurs doivent s'y préparer : il y aura bien une grève reconductible à partir de mardi soir à la SNCF. L'incertitude demeure toutefois sur le niveau de mobilisation des cheminots, l'Unsa et la CFDT devant annoncer lundi s'ils maintiennent leur appel à cesser le travail aux côtés de la CGT et de SUD.

Ces derniers jours, les quatre organisations représentatives dans le groupe public ont déposé chacune à leur tour un préavis illimité démarrant le 31 mai au soir. Objectif : faire pression sur les négociations en cours pour définir l'organisation du travail, dont notamment la définition des repos, que ce soit au niveau de la branche avec l'élaboration d'une convention collective, ou bien à la SNCF. Des négociations primordiales car elles doivent déterminer la compétitivité de la SNCF face à ses futurs concurrents et celle du rail face à la route.

La grève annoncée n'est pas un mouvement unitaire

Pour autant, les syndicats ne sont pas unis. La CGT et SUD affichent les positions les plus radicales et ont déjà plusieurs jours de grève au compteur (en théorie, SUD est même dans un mouvement illimité depuis le 18 mai). De surcroît, leur mot d'ordre englobe aussi le retrait du projet de loi travail.

Ce n'est pas le cas de l'Unsa et de la CFDT, respectivement deuxième et quatrième syndicat du groupe, qui circonscrivent leurs revendications au ferroviaire, et qui ont attendu la dernière ligne droite des discussions avant de poser des préavis. La grève annoncée n'est donc pas un mouvement unitaire, mais plutôt la coïncidence de quatre appels distincts.

Dans ce contexte, le camp patronal et le gouvernement ont rapidement pris acte que SUD et la CGT seraient dans l'action quoiqu'il arrive. Les séances de négociations en fin de semaine dernière ont donc porté sur les concessions qui pouvaient convaincre la CFDT et l'Unsa de renoncer à mobiliser. Même si la CGT et SUD ont de solides bastions chez les conducteurs et les contrôleurs (les deux corps de métier les plus à même de bloquer la circulation des trains), une grève circonscrite à ces deux seules organisations aurait forcément moins d'impact. Et une plus forte probabilité de s'essouffler rapidement.

L'Unsa estime que "le point d'équilibre n'est pas encore atteint"

Alors que l'UTP, la fédération patronale qui négocie la convention collective, avait annoncé il y a une dizaine de jours avoir formulé ses « meilleures propositions », elle a proposé ce jeudi de « nouvelles avancées », qui pourraient, selon un expert, permettre l'aval de la CFDT et de l'Unsa sur le texte. Le projet d'accord sera soumis à la signature à partir de mardi, jusqu'au 8 juin.

Mais les deux syndicats ne franchiront le pas que si l'accord d'entreprise à la SNCF leur semble aussi acceptable. Sur ce sujet, après une longue séance de négociations vendredi, les discussions se sont poursuivies ce week-end. L'Unsa a acté des « échanges nourris » et « un certain nombre de points d'avancées » tout en estimant que « le point d'équilibre n'est pas encore atteint ».

Comme la CFDT, le syndicat utilise les circonstances. Il mise notamment sur la pression qu'exerce - selon plusieurs sources - le gouvernement, soucieux d'éviter une grève massive dans les transports à dix jours de l'Euro de football, sur la direction de la SNCF. Une tactique finalement plus payante pour obtenir des concessions que la ligne dure choisie par la CGT et SUD.

Lionel Steinmann