Le mouvement de grève du 9 mars 2016 à l'appel de quatre syndicats de la SNCF, risque d'être fortement suivi. C'est ce qu'ont indiqué les représentants de l'intersyndicale regroupant la CGT, Unsa, la CFDT et Sud Rail à la sortie d'une rencontre le 2 mars avec la direction de la SNCF. "La direction n'a apporté aucune réponse concrète à nos revendications notamment sur le sujet sensible de l'emploi", a expliqué à MobiliCités Thierry Nier, secrétaire fédéral de la CGT cheminots.

Les syndicats dénoncent le manque d'anticipation de la SNCF en matière de gestion des effectifs qui conduit à ce que des postes ne soient pas pourvus et "aboutit à la fermeture de certains guichets ou que des TER n'aient plus suffisamment de conducteurs pour circuler". Pour Thierry Nier, la direction de la SNCF ne "respecte pas les cadres d'organisation en moyens humains qu'elle a elle-même mis en place."

La CGT reproche également le recours accru à la sous-traitance qui prend le pas sur les métiers des cheminots : "Ces sous-traitants travaillent sous pression et bien souvent les cheminots doivent reprendre le chantier, ce qui est un non-sens économique."

Un décret pas assez "socle"

Si l'emploi est le sujet central de la journée du 9 mars, l'intersyndicale met en avant d'autres revendications comme les salaires – "le salaire minimum dans l'entreprise va se trouver de nouveau en dessous du Smic" – la discussion autour du décret-socle et de la future convention collective qui doit unir le cadre social de l'ensemble des cheminots. "Concernant la convention collective, la direction reste très silencieuse se réfugiant derrière le fait qu'elle n'a pas de mandat de négociation [NDLR, celle-ci est menée par l'UTP], alors qu'elle représente 95% des cheminots. De qui se moque-t-on ?"

Concernant le décret-socle relatif à la durée de travail dans les entreprises ferroviaires publiques comme privées actuellement en concertation, la CGT regrette qu'il ne soit pas "au haut niveau espéré". Pour le syndicat, "on ne peut pas tout renvoyer à de futures négociations d'entreprises qui exacerberaient encore plus le dumping social. Il faut que tous les cheminots soient logés à la même enseigne". Une solution serait de "transposer le règlement RH 077 aujourd'hui applicable aux cheminots de la SNCF, à l'ensemble des salariés de la branche."

C'est donc l'ensemble de ces revendications qui seront mises en avant lors de la journée d'action du 9 mars. "Cette journée sera de grande ampleur", prédit Thierry Nier qui souligne que les quatre syndicats qui appellent à la grève, représentent 70% des effectifs de la SNCF.

Si on y ajoute la grève prévue à la RATP ce même jour, pour d'autres raisons, le 9 mars risque en effet d'être une journée noire pour les transports publics, notamment en Île-de-France.

Robert Viennet