"Durée du travail augmentée, nombre de repos réduit", le texte "acte à ce stade le dumping social dans la branche", il est "bien loin des attentes", a réagi Sud-Rail au projet de décret-socle dévoilé par le gouvernement, la fixation des contreparties étant renvoyée à la négociation collective de branche en cours, ou d'éventuels accords d'entreprise.

Le gouvernement propose un "compromis", "le chantier démarre pour l'amener à un niveau acceptable", observe Roger Dillenseger (Unsa), qui n'exclut pas une réaction commune rapide avec la CGT et SUD, qui évoque déjà une grève le 9 mars 2016.

Alors que le secrétariat d'État aux Transports veut envoyer un texte stabilisé au conseil d'Etat le 15 mars en vue d'une publication le 15 avril, Unsa et CFDT insistent pour que le décret ne soit pas "gravé dans le marbre" avant l'issue des négociations de branche en cours avec l'Union des transports publics et ferroviaires (UTP) qui représente les entreprises ferroviaires, la SNCF et ses concurrents privés. 

Cela "déresponsabiliserait l'UTP", explique le patron de la CFDT cheminots Didier Aubert. Il redoute de voir la négociation des contreparties pour les salariés entièrement "renvoyée à l'accord d'entreprise" que la SNCF doit également négocier avant le 30 juin.

Jeudi matin, la séance de négociations à l'UTP a tourné court, le patronat ne voulant "pas négocier", selon les syndicats. 

La balle dans le camp du patronat

"Il faut que les contreparties soient raisonnables au regard du contexte économique dans lequel se trouve le ferroviaire aujourd'hui", expliquait à l'AFP il y a quelques jours Claude Faucher, délégué général de l'UTP. 

Mais au sein même de l'UTP, le compromis reste à trouver. "Je ne vois pas comment à l'intérieur de l'UTP on peut arriver à un accord commun", a dit jeudi à la presse Jacques Gounon, PDG d'Eurotunnel, maison mère d'Europorte (fret). 

La SNCF, qui veut revoir son organisation du travail et réduire ses coûts sans mettre le feu à la maison, demandera au gouvernement des "améliorations" du décret pour gagner "en souplesse" mais aussi "renforcer la protection de la santé des salariés", notamment en matière de repos consécutifs, a-t-elle indiqué à l'AFP.

(AFP)