Après le président de la région Pays de la Loire Jacques Auxiette en septembre, c’est au tour de l’Association des régions de France (ARF) – dont ce dernier est membre – qui s’inquiète de la concurrence des offres low cost de la SNCF, Ouibus et Ouigo, sur les TER. Dans un communiqué daté du 14 octobre 2015, l’ARF profite du 23e congrès de la FNTV et de de l'intervention du président de la SNCF, Guillaume Pepy, pour exprimer ses "très vives inquiétudes". 

En effet, l’ARF constate que l’offre d’autocars Ouibus "est calquée sur les principales lignes ferroviaires exploitées par SNCF. Elle se situe donc en concurrence directe avec le train, au lieu d’être en complémentarité". Redoutant une baisse de la fréquentation des trains régionaux, ces élus craignent que la SNCF demande au régions d'assumer seules le risque recettes... comme cela a déjà été le cas pour des régions par le passé.

Une contribution généreuse

De plus, l’ARF craint que les régions financent indirectement le déficit de l’activité autocar de la SNCF. En effet, l’association d’élu note que l’activité des autocars de SNCF génère des pertes importantes – 43 millions d’euros de pertes pour un chiffre d’affaires de 15 millions d’euros : "les régions seront donc très attentives à l’absence de subventions croisées entre les activités du groupe SNCF". 

Déjà, les élus ont le sentiment de sur-payer l’exploitation des TER. Ils constatent que la contribution des régions a augmenté 4 fois plus vite que l’offre, soit +92%. Cette contribution atteint aujourd’hui deux fois plus que la moyenne européenne, selon une étude de la Commission européenne de juin 2014 citée dans le communiqué : "les régions attendent de SNCF qu’elle fasse preuve de cette même capacité d’anticipation et d’initiative pour maîtriser ses coûts".

Un taux de satisfaction faible

Au-delà de leur contribution financière, l’ARF constate, en plus, que les Français ne sont pas satisfaits des services TER proposés par la SNCF : le taux de satisfaction des voyageurs atteint seulement 50% pour les TER et 38% pour les Transilien, selon une enquête UFC-Que choisir de mars 2015 citée par l'ARF. L’association rappelle que la SNCF n'a pas de concurrent sur le ferroviaire. Une situation de monopole qui, selon elle, normalement l’engage "à tout faire pour améliorer les services ferroviaires offerts aux citoyens".

Face à cette avanlanche de griefs et de défiance à l'égard de la SNCF, ces élus pourraient profiter des renouvellements des conventions TER pour mettre en concurrence la compagnie avec des opérateurs privés et de ne pas attendre 2026. On verra lors de ces échéances s’il s’agit uniquement d’une querelle de vieux couple ou si le divorce est consommé.

Florence Guernalec