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02/09/2015

Dix jours après l’attaque du Thalys, où en est le numéro vert de la SNCF?

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Des passagers montant dans un TGV en gare de Strasbourg.

Des passagers montant dans un TGV en gare de Strasbourg. - G.Varela / 20 Minutes

Nicolas Beunaiche  Publié le 01.09.2015 à 07:03

« 3117, j’écoute ». Pour tout signalement de comportement anormal ou inquiétant dans une gare ou un train, c’est désormais ce numéro vert de la SNCF qu’il faudra composer sur votre téléphone. Annoncé par Guillaume Pépy dans la foulée de l’attaque du Thalys, le dispositif devait officiellement être mis en service ce mardi. C’était en tout cas le sens des premières déclarations du président de l’entreprise…

Dans Le JDD, deux jours après l’attaque déjouée, ce dernier avait annoncé que le 3117, dédié jusque-là aux incivilités uniquement, verrait son champ d’action étendu au risque d’attentat « le 1er septembre ». Une date également mentionnée sur le site de l’entreprise par Stéphane Volant, le secrétaire général de la SNCF. Leur idée : « transformer le 3117 en numéro d’alerte » et « renforcer la mécanique » du numéro vert, selon les termes de Stéphane Volant. Ce dernier précisait alors que le dispositif, reposant sur le travail de 42 opérateurs, allait « peut-être évoluer dans les jours qui viennent ». Une manière d’affirmer avec force la détermination de l’entreprise à réduire le risque d’attaque ou, tout du moins, à optimiser la réaction des autorités en cas d’attentat.

« 42 opérateurs, c’est un minimum »

Dix jours après l’attaque déjouée dans le Thalys, la SNCF n’a pourtant prévu aucune conférence de présentation du dispositif, ce 1er septembre. Pas de prise de parole non plus. Contactée, la SNCF explique en fait que le dispositif est… « déjà opérationnel ». « Les premiers opérateurs ont été formés par des professionnels du terrorisme pour caractériser les faits, indique son service de presse. Les derniers le seront dans les quinze prochains jours. » Work in progress, donc.

Sur le plan des effectifs, rien n’a bougé. Les 42 personnes employées jusque-là sur les cinq plateformes disposées autour de Paris n’ont pour l’instant pas été rejointes par de nouveaux collègues, malgré la charge de travail supplémentaire. Mais la SNCF ne se l’interdit pas. Après une « phase d’observation », des recrutements pourraient avoir lieu « si nécessaire » pour faire face à un éventuel regain d’appels, avait d’ailleurs précisé la porte-parole du groupe le 24 août.

Sur cette question, la SNCF est attendue au tournant. Dans un communiqué, la CGT-Cheminots a ainsi demandé à la direction qu’elle « prenne en considération l’augmentation des moyens humains et matériels et garantisse une formation adaptée aux agents ». Un discours auquel fait écho Sud-Rail, qui prédit « une augmentation des appels sans fondement » par la voix de Bernard Borgialli, membre du bureau fédéral du syndicat. « 42 opérateurs, c’est un minimum pour répondre aux appels des voyageurs », assure-t-il.

Des trains sans contrôleurs ?

En réponse, la SNCF assure que ses équipes sont déjà rodées aux appels relatifs à des « faits de sûreté ». « 13 à 15 % des appels portent déjà sur ces sujets-là », estime le service de presse de l’entreprise, en donnant l’exemple des colis suspects. A l’automne, un service de signalement par SMS devrait par ailleurs voir le jour, de manière à faciliter les alertes mais aussi à fluidifier le travail des opérateurs. « Nous sommes en train de faire les derniers ajustements techniques », précise l’entreprise.

Pour seul plan com’, la SNCF a prévu une campagne de signalétique pour mieux faire connaître son numéro vert. Car si le 3117 est « de plus en plus connu » par les clients de la compagnie, selon Stéphane Volant, le réflexe des Français, « en cas d’urgence », est « plutôt d’appeler le 17 ou 18 », rappelle Bernard Borgialli, de Sud-Rail.

Reste que pour lui comme pour la CGT, les opérateurs ne remplaceront pas le personnel à bord des trains pour assurer la sécurité des voyageurs. « Aujourd’hui, des TER circulent sans contrôleurs et des TGV n’en ont parfois qu’un à bord. Or les contrôleurs sont des agents commerciaux, mais ce sont aussi des agents de la sécurité ferroviaire », dénonce Bernard Borgialli. Poussée à réagir à l’émotion provoquée par l’attaque du Thalys, la SNCF, que le comité central d’entreprise accuse de vouloir supprimer 10.000 emplois d’ici 2020, a pourtant fait un autre choix

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