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07/04/2015

Les syndicats appellent à manifester jeudi contre "l'austérité"

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Le Point - Publié le07/04/2015 à 13:55

L'action vise à "lutter contre l'austérité et ses impacts destructeurs" et à "faire converger" de récents conflits, notamment dans la santé et l'énergie.

  Quatre syndicats - CGT, FO, FSU, Solidaires - appellent à la grève et à une grande manifestation nationale jeudi à Paris. © Jallal Seddiki / Citizenside.com

Quatre syndicats - CGT, FO, FSU, Solidaires - appellent à la grève et à une grande manifestation nationale jeudi à Paris contre "l'austérité" et pour se "faire entendre du gouvernement" après les élections départementales marquées par la défaite du PS et l'enracinement du Front national. L'action, décidée lors d'une intersyndicale le 17 février, vise à "lutter contre l'austérité et ses impacts destructeurs" et à "faire converger" des récents conflits notamment dans la santé, l'énergie, chez les routiers. Les syndicats contestataires défileront en l'absence des réformistes - CFDT, CFTC, CFE-CGC, Unsa - partisans de la négociation plutôt que de la rue.

Si FO prépare activement la grève interprofessionnelle, votée lors de son dernier congrès, la CGT, elle, mise surtout sur la manifestation nationale parisienne qui partira à 13 heures de la place de la République en direction des Invalides. La centrale a prévu "plus de 250 cars" venant de toute la France pour acheminer les manifestants, d'autres s'étant inscrits pour venir par le train. Soixante-cinq défilés sont également programmés en région. Côté grève, près de 460 syndicats d'entreprises publiques et privées y appellent, selon la CGT.

Plusieurs des principaux syndicats d'enseignants et du personnel de l'Éducation nationale ont aussi appelé à la grève, notamment le SNUipp-FSU (1er syndicat du primaire), et le Snes-FSU, principal syndicat du secondaire. Mais à la SNCF, la CGT n'a pas déposé de préavis de grève (seul SUD-Rail l'a déposé, FO n'étant pas représentative).

"Mettre le paquet"

En organisant un défilé national, la CGT veut rompre avec les journées d'action des deux dernières années qui étaient de moins en moins suivies. La journée du 26 juin dernier à l'appel de la seule CGT n'avait rassemblé que 4 800 personnes à Paris, selon la police, et celle du 14 octobre pour la défense de la sécurité sociale, 5 500. La CGT elle-même n'avait pas fourni d'estimation. "Les syndicats vont mettre le paquet, il y aura du monde. Ils vont faire en sorte que ce ne soit pas un échec", estime une source gouvernementale.

La CGT avance "dix bonnes raisons" pour descendre dans la rue, partagées par les autres syndicats, notamment pour des "augmentations de salaire et la relance de l'économie", pour "en finir" avec le gel des salaires des fonctionnaires, "dire non au projet de loi Macron", "renforcer les services publics locaux". Son leader, Philippe Martinez insiste aussi sur une réduction du temps de travail à 32 heures.

"Se faire entendre"

La mobilisation intervient dans un contexte social chargé : les syndicats sont inquiets de la demande patronale d'une révision du contrat de travail - rejetée pour le moment par le gouvernement - et du projet de loi sur le dialogue social. Au vu des résultats des départementales, ils préviennent : "Il y a un mécontentement, il faut être aveugle pour ne pas le voir", affirme Jean-Claude Mailly, numéro un de FO. "Il faut combattre l'austérité et ses effets néfastes et se faire entendre par le gouvernement."

Pour Philippe Martinez, les salariés ont "sanctionné la gauche". "Il faut arrêter l'austérité dont le résultat est le chômage et la montée de la xénophobie." Adepte du "rapport de force", il table sur la journée de jeudi pour "se faire entendre".

Un "changement de cap"

La récrimination des syndicats rejoint celle de politiques au lendemain des départementales : les écologistes ont demandé un "changement de cap", Martine Aubry, maire de Lille, un infléchissement en faveur "de l'emploi et de la croissance". Plus véhément, l'ex-ministre Arnaud Montebourg a dénoncé des "politiques absurdes". À gauche, Lutte ouvrière, le NPA et le Front de gauche soutiennent l'initiative.

L'analyse est différente du côté des syndicats réformistes : pour le leader de la CFDT Laurent Berger, "il n'y a pas d'austérité en France", mais des "inégalités". Irrité, Jean-Claude Mailly a accusé son homologue d'être "de facto complice" de la montée du Front national. La CFDT n'a "de leçon à recevoir de personne" en matière de défense des salariés, a rétorqué sèchement M. Berger.

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