En 2013, la Fnaut réalisait une étude sur les attentes des voyageurs et le potentiel de développement des dessertes ; en 2014, elle adressait une lettre ouverte au Premier ministre pour réclamer des mesures de sauvegarde et de développement des TET ; en mars 2015, l’association d’usagers publie un manifeste des usagers pour le renouveau des trains Intercités. Alors que la Commission Duron doit rendre son rapport avant l’été, la Fnaut présente ses propositions pour développer les TET.

A première vue, les Intercités vont très mal. Augmentation de 70% du déficit d’exploitation entre 2011 et 2014, soit 325 millions d’euros l’année dernière en raison d’une baisse du trafic pour la sixième année consécutive… La Fnaut reste cependant convaincue que les mauvais chiffres enregistrés sont liés à un mauvais positionnement de l’offre. C’est pourquoi elle préconise de revoir complètement la proposition de la SNCF : tarifs, fréquences, dessertes, distribution des billets, services à bord…

L’association d’usagers attend également que l’Etat, autorité organisatrice des TET, fixe les orientations "concernant les services voyageurs d’intérêt national" dans le cadre du Schéma national des services de transport prévu dans la loi du 4 août 2014 portant réforme ferroviaire. Dans ce cadre, la Fnaut estime que "le caractère national des trains Intercités doit être préservé et valorisé". C'est "un outil indispensable à l'aménagement du territoire".

La Fnaut fait ainsi six propositions :
- répondre aux besoins de déplacement, en particulier pour la desserte des villes moyennes et des axes transversaux ;
- concevoir des dessertes adaptées aux besoins de mobilité en valorisant l’accessibilité des villes de province, le maillage national du réseau, les relations de cabotage, les trains de nuit et les relations parallèles aux LGV et les relations internationales (avec une réelle concertation avec les usagers) ;
- réinventer les méthodes d’exploitation en développant le cadencement, les compositions modulables de trains, les services à bord (prises de courant, WiFi, restauration…) et les trajets directs ou à défaut en améliorant les modalités de correspondances ;
- simplifier les méthodes de commercialisation en modérant les tarifs, en homogénéisant les méthodes de distribution des billets et en généralisant la réservation facultative ;
- clarifier les responsabilités de l’État et des régions en gardant à l’exécutif la définition du réseau ferroviaire national et la reconstitution du réseau Intercités à l’échelle nationale ;
- pérenniser les financements des trains Intercités en garantissant le mécanisme de financement intermodal (contribution plus importante des sociétés concessionnaires d’autoroute, fiscalité écologique) et les ressources pour le gestionnaire de l’infrastructure, et en permettant l'ouverture à la concurrence.

Si la Fnaut soupçonne la SNCF de ne vouloir garder que les quelques lignes Intercités rentables, il n’en demeure pas moins que l’entreprise a modifié sa stratégie pour reconquérir une partie de sa clientèle et améliorer le taux d'occupation des rames : offre Happy Hour (-50%) sur les trains de dernière minute (J-2 à J-5) pour 177 destinations Intercités et offre 100% Eco sur les Paris-Bordeaux en plus des Paris-Toulouse qui concurrencent les services de covoiturage.

Reste à convaincre une Commission Duron tentée de rationaliser l'offre entre les TGV, les Intercités et les TER.

Florence Guernalec