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20/10/2014

Un train cher et difficile à vendre à l'étranger

http://www.lesechos.fr/journal20141020/lec2_industrie_et_...

Lionel Steinmann / Journaliste | Le 20/10 à 06:00

La concurrence s'est accrue et les politiques français veulent que le TGV soit une vitrine technologique. Résultat : il est trop cher.

Alstom et la SNCF, souvent alliés dans les appels d'offres, ont le plus grand mal à décrocher des contrats pour le TGV français. Le temps des succès est passé : le contrat marocain remonte à 2007, celui avec l'italien NTV à 2008. Tout d'abord, parce que la grande vitesse ferroviaire est un marché certes prestigieux, mais de niche. « Cela ne représente que 6 % à 7 % du marché mondial du ferroviaire », pointe Bertrand Mouly-Aigrot, associé au cabinet Archery. Et la tendance n'est pas à la croissance, au contraire. Les projets de nouvelles lignes russes traînent depuis des années, et l'appel d'offres pour la liaison entre Rio de Janeiro et São Paulo, au Brésil, a été repoussée in extremis l'an dernier. Très coûteux, ces projets sont également compliqués à porter politiquement, la priorité allant désormais, dans les pays en développement, au « mass transit » (métros, trains de banlieue, tramways).

La concurrence s'est aussi considérablement accrue. « Il y avait 4 constructeurs, dont Alstom, sur ce créneau il y a vingt ans. On en compte 11 aujourd'hui », note Bertrand Mouly-Aigrot.

Le « TGV du futur », qu'Arnaud Montebourg avait intégré dans ses 34 projets illustrant la « nouvelle France industrielle », aura du mal à inverser la tendance, du fait des tensions qui apparaissent sur la feuille de route du nouveau train. « Les politiques persistent à vouloir que celui-ci soit une vitrine de la technologie française, alors que les clients potentiels attendent plutôt un TGV pas forcément plus rapide, mais moins cher », explique Bertrand Mouly-Aigrot.

Baisse de la marge opérationnelle

La SNCF, client de référence et partenaire, est notamment sur cette ligne, pour faire face à la baisse régulière de sa marge opérationnelle sur l'activité grande vitesse. La compagnie ferroviaire est très motivée pour aider Alstom à exporter ses TGV : faute de clients internationaux, l'Etat a fermement prié la SNCF en 2012 de commander 40 rames Euroduplex pour maintenir les emplois sur les sites d'Alstom fabriquant les TGV, alors que l'entreprise a déjà un parc de plus de 400 rames, largement suffisant pour couvrir ses besoins…

L. S., Les Echos

18:18 Publié dans SNCF, TGV | Lien permanent | Commentaires (0)

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