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24/05/2014

SNCF, RFF et les régions : des relations compliquées

http://www.lefigaro.fr/societes/2014/05/21/20005-20140521...

Par Valérie Collet Publiéle 21/05/2014 à 22:07

Guillaume Pepy, PDG de la SNCF, et Jacques Rapoport, celui de RFF.

 

Le projet de loi préparé par Guillaume Pepy devrait mettre fin aux rivalités entre les deux entreprises qui ont pesé sur les projets communs.

Plus jamais ça! C'est en résumé l'argumentaire que les dirigeants de la SNCF et de Réseau ferré de France (RFF) avancent pour garantir que dorénavant les commandes de trains destinées à accompagner la croissance du trafic régional tiendront compte des disparités des infrastructures sur le terrain. Leur réponse à la pluie de critiques qui s'est abattue sur eux mercredi est déjà prête: le projet de loi de réforme ferroviaire qui sera débattu dès le 16 juin réconciliera les équipes de RFF et de la SNCF qui ont travaillé pendant près de dix-sept ans en ennemies. Ce qui a conduit leurs ingénieurs à travailler en dépit du bon sens.

Ce projet de loi, défendu - et concocté - par le président de la SNCF, Guillaume Pepy, doit donner naissance à un grand groupe SNCF composé d'une structure de tête, Groupe SNCF, et de deux établissements publics industriels et commerciaux (Epic), l'un tourné sur le réseau (SNCF Réseau) et l'autre sur l'exploitation (SNCF Mobilité).

Le projet de loi prévoit d'en finir avec une anomalie trop longtemps tolérée par la SNCF: les régions, qui organisent les transports régionaux sur leur territoire, payent leurs commandes de trains régionaux (3 milliards pour les trains commandés à Alstom et à Bombardier), mais c'est la SNCF qui possède ce matériel et contrôle la maintenance, qui pèse près de 20 % des coûts. En mars, neuf régions ont décidé de créer une association d'étude sur le matériel roulant. L'objectif est de s'affranchir de la SNCF en s'impliquant directement dans le choix du matériel roulant, son prix… Elles souhaitent aussi définir elles-mêmes les tarifs du TER jusqu'à présent encadrés au niveau national.

«France bashing»

On comprend qu'elles aient vu rouge lorsque les dirigeants de RFF et de la SNCF leur ont proposé de contribuer à payer le surcoût de 50 millions d'euros de travaux pour réaménager les quais des TER trop larges. Il aura fallu que l'affaire tourne au scandale pour que le patron de RFF déclare qu'il allait payer «sur ses ressources propres» le rabotage des quais sans mise à contribution des régions. Le président de l'Association des régions de France (ARF), Alain Rousset, a donc déclaré que le problème était réglé au «niveau financier» tout en regrettant que l'affaire des TER vire au «France bashing»: «Nos entreprises ne seraient pas capables de faire des trains? Nos services publics capables de fonctionner? Est-ce qu'il ne vaut pas mieux dire que les régions viennent de commander 2,5 milliards-3 milliards de trains neufs? Tout ça fait 4500 emplois chez Bombardier et chez Alstom.»

Un discours citoyen qui n'empêche pas les régions de batailler pour participer plus activement à la gouvernance et au pilotage du futur Groupe SNCF, qu'elles financent très largement. Elles allouent au total 5,8 milliards d'euros par an au «système ferroviaire» français, dont 4,4 milliards pour le TER et le Transilien. Un effort qui donne voix au chapitre.

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